Le mouflon

 

Le site Web de l’ONCFS (consulté le 15 décembre 2013) nous précise que : "La taxonomie du Mouflon de Corse a fait l’objet de récentes révisions. La sous-espèce dénommée traditionnellement "Mouflon de Corse" (Ovis ammon musimon) prend la dénomination "Ovis gmelini musimon" avec trois variétés : Mouflon de Corse (var. corsicana), Mouflon de Sardaigne (var. musimon) et Mouflon de Chypre (var. ophion)".


Pour ce qui concerne la France et l’Europe continentale, l’ONCFS précise : "Les Mouflons introduits en Europe et plus ou moins hybridés avec des moutons domestiques ou d’autres Mouflons sont regroupés et nettement distingués sous l’appellation de "Mouflon méditerranéen" (O. g. musimon x Ovis sp.) ». Une telle distinction n’est pas sans incidence sur le statut de protection de cet animal. En effet, « les annexes II et IV de la directive habitats ne font explicitement référence qu’aux "populations naturelles - Corse et Sardaigne" d’Ovis ammon musimon".

Nous ne parlerons donc ici que de « mouflon » ou « mouflon méditerranéen » c’est-à-dire ceux que nous trouvons des Alpes aux Pyrénées en passant par le Caroux.

Le mouflon dans les Pyrénées


Tableaux de chasse départementaux de mouflons

Critères de détermination du sexe et de l’âge

"Le Mouflon est un des plus petits mouflons d’Eurasie. Comme tous ses congénères, il présente un dimorphisme sexuel et saisonnier très prononcé. Mâle adulte : poids, environ 3 5-50 kg ; longueur, environ 130-140 cm ; hauteur au garrot, environ 75 cm. Femelle adulte : poids, environ 25-35 kg ; longueur, environ 120-130 cm ; hauteur au garrot, environ 65 cm".

"Les deux cornes du mâle, présentes systématiquement, sont triangulaires à la base et généralement symétriques ; elles peuvent atteindre 90 cm de longueur ; leurs courbures sont très prononcées et différentes suivant les origines des populations. Chez les femelles cornues, les cornes sont courtes et souvent dissymétriques".

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Répartition géographique

"Le mouflon méditerranéen a été introduit avec succès en France continentale et dans d’autres pays d’Europe notamment en Autriche, Tchécoslovaquie, Allemagne, Hongrie, Hollande, Italie, Suisse, U.R.S.S., Pologne, Roumanie, Yougoslavie, Espagne, Danemark, Finlande et Luxembourg. Des animaux de même origine ont pu s’acclimater en divers points des Etats-Unis (Texas, Californie, îles Hawaï) et dans l’archipel des Kerguelen. On dénombrait, en 1968, 32 000 mouflons d’origine corse ou sarde, dont les deux tiers en Europe et à l’Ouest de l’Oural et un tiers dans le nouveau monde".

Distribution de l’espèce en France continentale
"L’histoire du mouflon méditerranéen est essentiellement cynégétique. Certes, quelques scientifiques et naturalistes ont vu dans son introduction une possibilité de protéger le mouflon de Corse à partir du continent. Mais il faut bien reconnaître que les artisans de son développement ont été dès l’origine des forestiers et des chasseurs interpellés par la disparition des grands ongulés. Le mouflon leur est apparu comme un gibier complémentaire potentiel. Ils ont estimé qu’il pouvait occuper une niche considérée alors comme vacante. D’autres motivations ont vu le jour par la suite, comme la diversification de peuplement ou la valorisation touristico-économique de massifs soumis à la déprise agricole. A la suite de la première introduction en 1949 dans le Mercantour, les lâchers se sont poursuivis à raison de 3 acclimatations réussies tous les 2 ans en moyenne (5 pour la décennie 70)".
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" En 1995, dernière enquête nationale, 65 populations avaient fait souche (65 en 1989). Elles étaient réparties sur 25 départements (23 en 1989). Elles occupaient 0,67% du territoire national (non compris la Corse), soit environ 3 666 km² (respectivement 0,55% et 3 000 km2 en 1989)".

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Statut juridique

Directive "Habitats-Faune-Flore" : En France, seules les populations insulaires de Corse sont concernées par cette directive qui ne s’applique pas au mouflon méditerranéen que nous trouvons des Alpes au Pyrénées.

Mesures réglementaires en France : Au niveau national, le Mouflon (de Corse et méditerranéen) a le statut d’ "espèce de gibier dont la chasse est autorisée". Il est soumis au plan de chasse obligatoire depuis 1978. En Corse, sa chasse est officiellement interdite depuis 1953 par les arrêtés d’ouverture de la chasse. Une instruction ministérielle aux préfets du 10 février 1989 leur interdit "toute délivrance d’autorisation de transport de mouflons vivants à destination de la Corse".

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Etat des populations et menaces potentielles

Le site Web de l’ONCFS manque pour le moins d’informations sur ce sujet. Selon ce qui est menstionné, les derniers chiffres connus datent de 1995. Nous pouvons y lire : "En 1995, les effectifs étaient estimés à 11 317 individus avant chasse (6-7 000 en 1989). Ils sont les plus élevés dans les deux régions méditerranéennes Provence-Alpes-Côte-d’Azur (5 336) et Languedoc-Roussillon (2 403)".
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" Six populations dépassaient les 500 individus : les Dourbes (Alpes-de-haute-Provence), Caroux-Espinouse (Hérault), la Haute-Tinée (Alpes-Maritimes), le Carlit (Pyrénées-Orientales), Chaudun (Hautes-Alpes) et le Parpaillon (Hautes-Alpes et Alpes-de-haute-Provence). Les deux premières populations avaient dépassé les mille individus".

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Propositions de gestion

"Globalement, le bilan de l’acclimatation du mouflon méditerranéen en France est contrasté car y voisinent des succès et des échecs d’initiatives souvent individuelles, non encadrées techniquement et très rarement soumises à une évaluation concertée".
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"Quelle politique ad opter pour les populations existantes ?
"Il faut favoriser à l’avenir les succès notamment, comme pour le chamois et l’isard, en définissant dans le cadre d’orientations faunistiques régionales des objectifs et des plans de gestion concertés à moyen et long-terme, population par population, et soumis à des évaluations périodiques. Dans ce cadre, l’éradication de certaines populations ne doit plus être considérée comme un sujet tabou. Elle peut être une forme de gestion pertinente pour les populations qui sont constituées d’une forte proportion d’individus aberrants, qui vivent dans des habitats trop défavorables (domaine vital trop petit, enneigement hivernal trop important,…), qui sont en compétition inter-spécifique avec un ongulé autochtone ou une autre espèce sauvage, ou dont la présence n’est pas compatible avec les activités humaines (compétition inter-spécifique et hybridation avec les ovins domestiques, dégâts aux cultures). Pour celles qui présentent des individus atypiques mais qui vivent dans un environnement favorable, il est d’ailleurs possible de recréer immédiatement une nouvelle population à partir d’une bonne souche.

"Est-il souhaitable de procéder à de nouvelles introductions ?
"La réponse est plus complexe lorsque l’on évoque la pertinence de nouvelles introductions. La demande est essentiellement cynégétique, le mouflon étant un gibier recherché par une catégorie de chasseurs. Des naturalistes ont également montré de l’intérêt pour cette espèce dans le but d’enrichir certains milieux, ou pour son rôle dans le régime alimentaire de grands prédateurs. Enfin, quelques projets touristicoéconomiques envisagent d’utiliser le mouflon comme produit d’appel.
"Néanmoins, la demande cynégétique est faible parce que les populations d’ongulés autochtones sont aujourd’hui largement reconstituées, les chasseurs aux chiens courants ne veulent pas de mouflons et les chasseurs de grand gibier sont globalement peu nombreux. Cette demande est maintenant souvent réorientée par les techniciens cynégétiques vers l’amélioration de la gestion d’une espèce localement présente, voire vers une réintroduction. Il est important, dans tous les cas, qu’une étude de motivation précise l’objet de la demande réelle et précède, le cas échéant, une étude de faisabilité intégrant en particulier l’impact prévisionnel sur l’environnement. Le mouflon ne doit plus être acclimaté, comme par le passé, de façon intempestive et sans objectifs de gestion et de valorisation à long-terme.
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"Mais le débat moderne sur les introductions à venir est alimenté par la prudence de rigueur que tout promoteur en ce domaine se doit d’avoir quant à l’impact du nouvel acteur qu’il met en situation dans un écosystème ayant déjà son fonctionnement. Il convient en effet de ne pas renouveler certaines erreurs. L’introduction du mouflon méditerranéen, pourtant pratiquée à grande échelle, n’a révélé à notre connaissance que de rares nuisances apparentes à l’environnement comme la prédation de plantes endémiques en milieu insulaire aux Canaries ou aux Kerguelen. La compétition inter-spécifique n’a pas été évaluée précisément à ce jour.
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"Contrairement à une idée reçue, le mouflon méditerranéen, comme le mouflon de Corse, est incapable à lui seul de limiter les ligneux anciennement contrôlés notamment par le brûlage dirigé et le pâturage ; la disparition des milieux pâturés ouverts au profit de la forêt lui est ainsi défavorable. Seule la gestion raisonnée de populations d’ongulés domestiques et sauvages sympatriques capables d’abroutir les ligneux permet d’obtenir de tels résultats.
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"Ces précautions étant prises, le mouflon peut participer à la biodiversification des écosystèmes modifiés. Il peut également remplir une fonction économique (développement d’excursions à thème, tourisme cynégétique), notamment sur quelques secteurs méditerranéens où la déprise agricole est prononcée. Dans les projets à venir, la priorité doit être donnée aux animaux originaires de Corse.

"Néanmoins, l’avenir du mouflon méditerranéen en France passe maintenant plus sûrement par l’amélioration du statut qualitatif et quantitatif des populations existantes".

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Source : Cette page est constituée d'extraits du site Web de l'ONCFS consulté le 15 décembre 2013, où vous pourrez trouver des informations complémentaires

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