Un ours accidenté en Ariège - Août 2008

Logo Facebook
Vous êtes ici: Accueil > Faune-Pyrenees > ours > Ariege > Ours-Accident-Ariege-08-2008

Cette histoire d'ours accidenté sur la RN 20 dans la vallée de l'Ariège dans les Pyrénées n'est pas autre chose qu'une simple histoire banale d'un animal qui se fait percuter par une voiture. Accident courant avec des sangliers ou chevreuil qui parfois tourne au drame de la route.
Mais voilà. Avec un ours on s'attaque à un symbole de l'écologie. De ces symboles que l'on monte en épingle sans qu'il y ait un véritable intérêt.... Sauf que l'accident aurait pu avoir des conséquences plus dramatiques.

- Ce matin, accident avec un ours en vallée de l'Ariège - Pyrénées

A 10 h 22, kairn.com est le premier prévenu. Un correspondant, informé par la gendarmerie est sur place. La nouvelle est immédiatement diffusée :

"A 8h ce matin, sur la commune de Mérens, sur la quatre voies de la route entre Ax les Thermes et le col du Puymorens, un ours est entré en collision avec un minibus transportant des enfants handicapés venant d'Andorre. Ces personnes sont en cours de rapatriement vers leur domicile à Fougères dans l'ouest de la France. L'ours s'est relevé et a poursuivi sa course. La gendarmerie est sur les lieux."

Source: Kairn.com du 15 août 2008 à 10h22

Quoiqu'étant un banal accident de la circulation n'ayant, fort heureusement, fait aucun blessé parmi les passagers, l'affaire prend immédiatement une dimension nationale. Les correspondants locaux de la presse régionale sont sur les lieux et l'AFP diffuse.... Normal, ils font leur métier.

Louis Dollo, le 15 août 2008

- Ariège: un ours percute un minibus, pas de blessés

Un ours qui traversait vendredi matin une portion à quatre voies de la RN20 à Mérens-les-Vals (sud de l'Ariège) a percuté sans faire de blessés un minibus transportant des handicapés qui ont dû continuer leur chemin en train, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

Le groupe de handicapés et leurs accompagnateurs, qui revenaient d'Andorre, ont dû prendre le train pour terminer leur voyage de retour vers Fougères (Ille-et-Vilaine) d'où ils sont originaires.

L'ours "s'est apparemment affaissé" sous le choc avant de reprendre sa course, a précisé la gendarmerie.

L'Equipe technique ours, venue sur place, a effectué des prélèvements de poils qui permettront l'identification de l'animal, selon la même source.

"Des indices montrent qu'il pourrait être blessé" a précisé la préfecture samedi soir dans un communiqué, en ajoutant: "L'équipe de l'office national de la chasse et de la faune sauvage entreprendra des recherches dans les heures à venir".

Cinq ours slovènes - quatre femelles et un mâle - ont été lâchés du 25 avril au 22 août 2006 dans les Pyrénées françaises dans le cadre d'un plan de restauration et de conservation décidé par le ministère de l'Ecologie et très fortement critiqué par des éleveurs et des élus locaux qui multiplient les manifestations d'opposition.

Deux de ces plantigrades avaient été tués accidentellement en 2006 et 2007. Parmi eux, l'ourse Franska, percutée en août 2007 par un militaire qui circulait près de Lourdes sur une 2x2 voies.

Cette femelle cristallisait depuis son arrivée une bonne partie du mécontentement des éleveurs en raison de ses nombreuses attaques d'ovins.

La réintroduction de ces plantigrades divise l'opinion publique dans le massif pyrénéen.

L'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), à la tête des opposants, dénonce "une écologie de salon" faisant fi des réalités agropastorales, et met en garde contre le danger des ours pour les touristes, les éleveurs et les troupeaux.

Un de ses porte-parole Claude Carrière a déclaré samedi soir sur France 3 Sud que l'accident de vendredi montre que "l'animal a été transporté sur un territoire qui n'est pas adapté, il fallait le laisser sur son territoire" en Slovénie.

De son côté, l'Association Pays de l'Ours-ADET (association pour le développement durable des Pyrénées centrales) soutient au contraire la réintroduction au nom de la biodiversité et estime qu'elle génère un potentiel touristique.

Elle a réclamé samedi "l'aménagement de passages spécifiques sur les sites de traversée parfaitement connus" grâce aux émetteurs que portent les ours. Elle souhaite ainsi des "passages à ours" sous certaines portions de la RN20 en Ariège comme de la RN134 en vallée d'Aspe (Pyrénées-Atlantiques).

La population d'ours dans les Pyrénées est estimée entre 8 et 20 individus, répartis sur l'Ariège, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l'Aude et le versant espagnol.

Source: AFP / Google du 15 août 2008

- Critiques des environnementalistes

Les environnementalistes critiqueront le titre: "un ours percute un minibus, pas de blessés"

Pourquoi ce ne serait pas le minibus qui a percuté l'ours? Nous pouvons effectivement l'envisager sous cet angle. mais un animal qui vient se mettre sous vos roues et se fait percuter, cela s'appelle comment?

Louis Dollo, le 15 août 2008

- Un ours percute un minibus

Un ours qui traversait ce matin une portion à quatre voies de la RN20 à Mérens-les-Vals, dans le sud de l'Ariège a percuté sans faire de blessés un minibus transportant des handicapés qui ont dû continuer leur chemin en train.
Le groupe de handicapés et leurs accompagnateurs, qui revenaient d'Andorre, ont dû prendre le train pour terminer leur voyage de retour vers Fougères, dans l'Ille-et-Vilaine d'où ils sont originaires.
L'ours "s'est apparemment affaissé" sous le choc avant de reprendre sa course, selon la gendarmerie.
L'Equipe technique ours, venue sur place, a effectué des prélèvements de poils qui permettront l'identification de l'animal.
Cette équipe comprend notamment un biologiste et des représentants de l'Office national des forêts et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.
Cinq ours slovènes - quatre femelles et un mâle - ont été lâchés du 25 avril au 22 août 2006 dans les Pyrénées françaises dans le cadre d'un plan de restauration et de conservation décidé par le ministère de l'Ecologie et très fortement critiqué par des éleveurs et des élus locaux qui multiplient les manifestations d'opposition.
Deux de ces plantigrades avaient été tuées accidentellement en 2006 et 2007.

Source: Le Figaro du 15 août 2008

- Toute la presse...

Toute la presse nationale reprendra aproximativement la même chose que ce qui été dit ci-dessus auquel il faut rajouter le communiqué de la Préfecture ci-dessous.

Louis Dollo, le 16 août 2008

- Communiqué de la préfecture de l'Ariège le 15/08/2008 à 13h15

Le 15 août 2008 à 8 h 00, près de la commune de Mérens les Vals, un minibus transportant des 10 personnes a heurté un animal qui traversait la nationale 20.
Les indices relevés par les techniciens de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) montrent qu'il s'agit d'un ours.
Dans cette collision, aucun passager du minibus n'a été blessé et tous ont été rapidement pris en charge par un organisme spécialisé.
En outre, l'accident n'a occasionné aucune gène à la circulation.
L'ours, après le choc, s'est enfui. D'autres indices relevés montrent qu'il pourrait être blessé.
L'équipe de l'ONCFS entreprendra des recherches dans les heures à venir.

Source: Préfecture de l'Ariège, le 15 août 2008

- Un ours percuté par un minibus en Ariège

Pays de l'Ours-Adet rappelle l'importance des passages "faune".

Ce 15 août, vers 8 H, un minibus a percuté un ours brun sur la Route nationale 20 en Ariège, aux alentours du village de Mérens les Vals, fort heureusement sans faire de blessé.
Le groupe de jeunes de retour de vacances en Andorre a toutefois pu poursuivre sa route vers Fougères en Ile et Vilaine.

Chaque année, 30 000 collisions avec des animaux sauvages sont enregistrées sur les routes de France, essentiellement avec des chevreuils, des sangliers et des cerfs. Pour ce qui concerne l'ours, c'est la seconde enregistrée, après celle qui a causé la mort de la femelle Franska l'an dernier.
Fort heureusement, 98% des collisions avec les animaux sauvages ne provoquent aucun dommage corporel aux occupants des véhicules.

Du fait de la richesse faunistique du département, la nationale 20 en Ariège est particulièrement concernée. Ainsi, une vingtaine de collisions avec des sangliers a été enregistrée en 2007, et les élus locaux interviennent régulièrement auprès des pouvoirs publics et dans la presse à ce sujet.

On sait également que l'ours brun traverse régulièrement les routes de son territoire. Par exemple l'ours Boutxy entre octobre 99 et mai 2002: grâce à son émetteur de suivi, on a pu constater qu'il a traversé 46 fois cette même nationale 20, dans ce même secteur.

Ce phénomène est également constaté dans tous les pays européensabritant une population d'ours : Croatie, Roumanie, Slovénie, Grèce ... Tous ont pris des mesures, en particulier la construction de passages à ours et grande faune sur les routes les plus accidentogènes.

Pays de l'Ours-Adet se félicite que cet accident n'ait pas provoqué de dommage corporel et attire l'attention des pouvoirs publics et des collectivités sur l'importance d'aménager les routes afin d'assurer la sécurité des hommes comme de la faune.
Des solutions existent, notamment l'aménagement de passages spécifiques sur ces sites de traversée parfaitement connus.
Cette portion de RN20 est particulièrement concernée, comme d'autres secteurs routiers pyrénéens, comme la RN134 en vallée d'Aspe par exemple.

Source: Communiqué de l'ADET-Pays de l'ours du 15 août 2008 à 19 h 07

- Commentaire

Décidément, ces malheureux pro-ours ne savent plus comment justifier leurs positions. Ce communiqué en est la preuve navrante. Jugez-en...

1/ "Pays de l'Ours-Adet rappelle l'importance des passages" faune " ".../... " ...l'importance d'aménager les routes afin d'assurer la sécurité des hommes comme de la faune. ".../... " ...l'aménagement de passages spécifiques... ".../... " ... comme la RN134 en vallée d'Aspe... "
Décidément, l'ADET a une vision très réduite des Pyrénées et son directeur, Alain Reynes (avant d'être à l'ADET il était au FIEP et connaît donc bien la problématique de la vallée d'Aspe), a la mémoire courte ou sélective. S'il n'est pas contestable que des passages de traversée des routes à grande circulation soient aménagés pour la faune sauvage, il faut noter que Franska a été percutée et est morte au-dessus du pont de passage de la faune sauvage et non dessous. Contrairement à ce que certains défenseurs de l'ours, notamment Roland Castells, Maire de Bagnères de Bigorre, les éleveurs n'avaient pas "bouché" le passage aussi large qu'une autoroute. Les journalistes y avaient garé leurs voitures pour aller faire des photos. Par ailleurs, pour la RN 134 de la vallée d'Aspe, un certain nombre de recommandations avaient été faites à l'Etat qui en avait la charge. Aucun Ministre "Vert" de l'époque ne s'est ému du non respect de ces recommandations.
D'un côté, nous avons un cas d'inefficacité du passage par l'ourse et de l'autre le non respect par l'état de ses obligations et des recommandations de ses propres services auquel il faut rajouter qu'il n'y a eu aucune manifestation des associations en faveur de ces passages sur la RN 134 pas plus que la RN 20 depuis plus de 10 ans ou alors de manière ... si molle!

2/ "...l'ours Boutxy entre octobre 99 et mai 2002.../... il a traversé 46 fois cette même nationale 20". Observation incontestable qui prouve une chose : les Pyrénées ne sont pas un espace sauvage. La question est donc de savoir s'il est acceptable d'avoir des animaux sauvages de ce type au milieu des habitats et activités humaines. La réponse est inscrite dans l'histoire depuis au moins le XIVème siècle: c'est non!

3/ "Chaque année, 30 000 collisions avec des animaux sauvages sont enregistrées sur les routes de France." N'exagérons pas et restons raisonnable en allant directement à la source de l'information. Selon le site de la "Prévention Routière", "Près de 25.000 collisions de véhicules avec des animaux sauvages sont recensées chaque année sur les routes françaises. 46% de ces accidents sont causés par des sangliers, 34% par des chevreuils et 5% par des cerfs. Un chiffre qui devrait aller encore en augmentant avec la prolifération constatée de la faune sauvage... "Ce n'est pas neutre non plus mais ce n'est pas une raison pour balancer n'importe quel chiffre comme il a été fait sur le nombre fantaisiste de brebis mortes en montagne hors prédation d'ours.

4/ "Fort heureusement, 98% des collisions avec les animaux sauvages ne provoquent aucun dommage corporel... ".../..." ... une vingtaine de collisions avec des sangliers a été enregistrée en 2007... "Voilà une bonne occasion pour justifier des battues aux sangliers y compris dans les zones de présence de l'ours. Désolé pour les amis des animaux anti-chasses, mais c'est une association écologiste qui s'exprime pas une société de chasse.

5/ "Ce phénomène est également constaté dans tous les pays européens abritant une population d'ours: Croatie, Roumanie, Slovénie, Grèce ... "Tout à fait exact. Nous pouvons même rajouter que l'ours mange ou tue un certain nombre de personnes, ce qui est particulièrement encourageant pour l'acceptabilité sociale de son importation. Nous comprenons mieux pourquoi les pyrénéens refusent l'ours pour vivre tranquillement. Parions que les touristes sont dans le même ca de figure. En clair, ce n'est pas parce que ce phénomène d'accidentologie existe dans d'autres pays que les pyrénéens doivent obligatoirement l'accepter dans les Pyrénées. Dans ces conditions, pourquoi pas, aussi, les autres régions de France?

Aucun des arguments avancés par l'ADET n'est acceptable. Mieux encore, cette association nous montre sa totale incohérence en plus de nous prouver que les Pyrénées ne sont pas une région sauvage pour des animaux sauvages ayant besoin d'un vaste territoire.

Louis Dollo, le 18 août 2008

- Mystère autour de l'ours accidenté

Mérens-les Vals. Après la collision entre un minibus et un plantigrade vendredi matin.

Aucune nouvelle de l'ours qui a percuté vendredi matin, un minibus sur la RN 20, à Mérens-les-Vals. Les recherches entreprises par les membres de l'Office national et de la faune sauvage (ONCFS) avaient été arrêtées vendredi soir. Elles avaient été menées intensément par une dizaine de fonctionnaires épaulés par deux vétérinaires. L'équipe avait ratissé un secteur faisant rayon de 500 à 700 mètres autour du point de collision. L'équipe s'appuyait sur quatre chiens pisteurs, dressés à ce genre de recherches, mais ils n'ont rien détecté. "Les chiens n'ont manifesté aucune émotion particulière" relevait hier matin, Jean-Marc Duchet, le secrétaire général de la préfecture. Ce qui permettrait de penser, avec beaucoup de prudence, que peut-être l'animal n'est plus là. Le secteur est un fond de vallée, très escarpé et rocheux rapidement gagné par les bois.

Hier matin une nouvelle équipe a été chargée à nouveau de reprendre des recherches sur le même secteur pour confirmer les observations de la veille. Concernant les analyses de poils qui ont été prélevés sur le lieu de l'accident, et qui permettront de déterminer de quel ours il s'agit, on est dans l'attente des résultats, qui ne seront pas connus avant quelques jours (est-ce Boutxy?).

Aménager des passages

L'association Pays de l'ours-Adet indiquait dans un communiqué que "du fait de la richesse faunistique la nationale 20 en Ariège est particulièrement concernée (par les collisions avec des animaux sauvages)." Une vingtaine auraient été enregistrées en 2007. "On sait également que l'ours brun traverse régulièrement les routes de son territoire. Pays de l'Ours-Adet, se félicite que cet accident n'ait pas provoqué de dommage corporel et attire l'attention des pouvoirs publics et des collectivités sur l'importance d'aménager les routes afin d'assurer la sécurité des hommes comme de la faune. Des solutions existent, notamment l'aménagement de passages spécifiques sur les sites de traversée parfaitement connus!". Vice-président de l'ASPAP (anti-ours), Claude Carrière continue à marteler ses deux solutions. à la griffe. "Lemonde pastoral a assez de soucis et on n'avait vraiment pas besoin de ça. Soit on enlève les ours, soit on les cantonne au sein des communes qui ont délibéré pour leur réintroduction. Et je demande également que l'on retrouve cet ours qui, blessé, représente un risque énorme pour les promeneurs".

Auteur: J.-Ph.C. avec St.M.
Source : La Dépêche du Midi du 17 Août 2008