A la veille du Comité de Massif des Pyrénées, les associations écologistes et éleveurs de montagnes mettent la pression

 

A la veille de la réunion du Comité de Massif des Pyrénées prévue le 26 juillet en présence de Chantal Jouanno, Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, les associations écologistes pro-ours, chasseurs et éleveurs de montagne mettent la pression. Pour les uns il y a urgence à faire d'autres introductions et pour les autres il faut cesser le Plan ours. Nous faisons ucu une revue de presse avant le 26 juillet en même temps qu'un état des lieux des forces en présence.


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées

 

 

Pyrénées : campagne des pro-ours


Les associations favorables à la réintroduction d'ours dans les Pyrénées ont fait campagne aujourd'hui à Toulouse, avec une pétition pour "des lâchers réguliers, prioritairement en Béarn mais aussi en Pyrénées centrales".

"Il faut lâcher un ou deux ours par an jusqu'à ce que la population soit effectivement viable, on préconise un rythme lent mais régulier pour que chacun ait le temps de s'adapter", dit Alain Reynes, directeur de l'association "Pays de l'ours-ADET", déplorant que le monde agricole, hostile à l'ours, "refuse d'en discuter".

 L'association, qui assure avoir déjà recueilli 10.000 signatures, espère que la ministre de l'Environnement, Chantal Jouanno, viendra dans les Pyrénées en juin pour annoncer un nouveau plan car, souligne la pétition, "depuis le 1er janvier la France n'a plus de plan de restauration de la population d'ours dans les Pyrénées, malgré les engagements annoncés, non tenus".

La population pyrénéenne d'ours compte une vingtaine d'individus après deux naissances en 2009, "avec un noyau principal d'une douzaine dans les Pyrénées centrales, trois mâles dans les Pyrénées occidentales et quelques autres dans la partie orientale", selon M. Reynes.

Face aux anti-ours, notamment les éleveurs qui ont multiplié les manifestations depuis le lâcher de cinq ours slovènes en 2005, M. Reynes fait valoir le développement des mesures de protection des troupeaux. "Le plan ours a permis de développer la population de chiens de troupeaux de plusieurs dizaines par an pour atteindre 300 unités, et de cofinancer le salaire de 200 bergers", souligne M. Reynes.

Du côté des anti-ours, l'association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP) leur reproche de ne pas parler "des éleveurs démoralisés" ni des "restrictions préfectorales (...) sur tous ces loisirs de montagne (cueillette, randonnée, chasse, pêche) que la loi commence à qualifier de "dérangeants" pour les ours.

Source : AFP / Le Figaro du 19 mai 2010

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Deux ours supplémentaires dans les Pyrénées


Bonne nouvelle pour les uns, mauvaise pour les autres, les Pyrénées comptent officiellement deux ours de plus depuis le 29 juin, où les traces de deux oursons de l'année ont été relevées dans le département de l'Ariège. Les oursons et leur mère avaient été préalablement observés le 20 juin, mais l'équipe ours n'a pu valider cette observation qu'en relevant les traces des oursons, une semaine plus tard, dans la commune de Couflens.

S'il faudra attendre des tests génétiques sur des prélèvements de poils ou de fèces, pour connaître le sexe des oursons, il en va de même de l'identité des parents. Néanmoins, le mâle devrait être l'ours Pyros. Introduit en 1997 en provenance de Slovénie, il est notamment connu pour être le père de tous les oursons nés dans les Pyrénées centrales depuis 1998. Une situation qui illustre le paradoxe d'une population ursine en croissance (6 individus en 1995 pour une vingtaine aujourd'hui), mais génétiquement très fragile, pour ne pas dire plus.

En effet, si la découverte de ces naissances peut ravir les tenants des ours, force est de constater que les ours sont en mal de partenaires. Depuis plusieurs années, les seules naissances enregistrées proviennent des Pyrénées centrales, où le mâle Pyros 'règne en maître absolu'. A l'inverse, les maigres populations orientales et occidentales ne sont constituées que de mâles et appelées à disparaître sans renfort de femelles.

Alors que la réintroduction, en deux temps, de huit ours a montré la viabilité des Pyrénées à accueillir et faire prospérer une population ursine, il est aujourd'hui urgent d'y apporter un peu de diversité génétique, notamment de femelles. C'est dans ce cadre qu'est attendue la présentation du nouveau Plan Ours, à la fin juillet, par la secrétaire d'Etat à l'écologie Chantal Jouanno.

Auteur : Pascal Farcy
Source : Echo-Nature du 3 juillet 2010

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Pour la Ligue ROC, la biodiversité est un atout pour l'emploi


Jeudi 1er juillet 2010, Madame Létard, Secrétaire d'Etat en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat, va signer une convention avec le Groupement d'intérêt public des Ateliers Techniques des Espaces Naturels (GIP ATEN) et l'Association pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) pour la mise en place d'une étude « Structuration d'une filière professionnelle biodiversité ». La Ligue Roc s'en félicite.

Cette convention est une suite directe des travaux du Comité de filière Biodiversité mis en place dans le cadre du « Plan National pour les emplois verts ». C'est la Ligue Roc, partie prenante du Comité de pilotage de ce Plan, qui avait proposé et obtenu la création de ce Comité de filière biodiversité.

Concrètement, cette étude sur la filière emploi vise à structurer cette filière en plein essor, qui pourrait générer de 20.000 à 30.000 postes d'ici 2020. Il s'agira dans un premier temps d'identifier clairement les métiers, pour orienter ensuite les besoins en formation et faciliter le développement de la filière. L'objectif est de former des professionnels au service du vivant, afin de garantir notre qualité de vie assurée grandement par le bon état des écosystèmes.

Pour Christophe Aubel, Directeur de la Ligue Roc, « le lancement de cette étude sur la filière d'emploi est une excellente nouvelle. On voit trop souvent la préservation de la biodiversité comme une contrainte alors qu'elle est avant tout une opportunité. La biodiversité nous est indispensable car de sa qualité dépend notre qualité de vie présente et future, mais elle est aussi un pilier pour un modèle de développement soutenable, et, on le voit avec le lancement de ce travail, un atout possible pour l'emploi ».

Communiqué de la Logue ROC du 3 juillet 2010


La ligue a toujours été réservée quant aux introductions d'ours dans les Pyrénées pour ne pas dire, à certains égards, hostile. Elle a toujours été en marge des autres associations pro-ours et de la FNE même si elle en est adhérente.

La préoccupation de la Ligue ROC et Hubert Reeves est essentiellement la biodiversité avec une vision de développement durable autour de ses trois pilliers : environnement, social et économique. A cert égard, on peut imaginer des emplois nouveaux à court terme qui, à moyen terme ne seront que des évolutions de l'existant. Le positionnement de la Ligue ROC n'est spécifiquement lié à la problématique pyrénéenne, à l'ours et à la venue de Chantal Jouanno au Comité de Massif des Pyrénées. La Ligue maintient, dans ce domaine, un cap général avec une vision globale depuis près de 20 ans. . Voir le site internet de la Ligue ROC

Louis Dollo, le 10 juillet 2010


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Naissances d'ours et attaques de troupeaux nourrissent la guerre des lobbies

La guerre entre pro et anti-ours a rebondi jeudi dans les Pyrénées en épousant le rythme biologique des plantigrades: deux naissances en Ariège ont réjoui leurs amis, alors que les éleveurs dénonçaient les attaques de troupeaux depuis la fin de l'hibernation.

Les deux camps demandent à l'Etat des prises de position radicalement opposées.

L'Association pour le développement durable des Pyrénées (Adet) a jugé "indispensable de renforcer cette population d'ours très rapidement" par de nouvelles introductions d'ours slovènes, alors que l'Association de sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées (Aspap) demande à l'Etat de ne pas envisager de nouveaux lâchers.

"M. Sarkozy vous devez arrêter tout cela", a lancé le président de l'Aspap Gérard Dubuc lors d'une manifestation de 200 éleveurs, jeudi, à Saint-Girons (Ariège).

Le plan ours a permis de réintroduire cinq animaux slovènes en 2006, soulevant la colère des éleveurs. Ils étaient plus de 2.500 manifestants à Tarbes en mars 2010 contre d'autres introductions en 2010, dénonçant le risque "d'ensauvager la montagne".

La secrétaire d'Etat à l'Environnement Chantal Jouanno avait annoncé en janvier le principe de nouveaux lâchers.

Selon Frédéric Decaluwe, membre de l'équipe technique du suivi de l'ours au ministère, au moins 17 ours ont été recensés fin 2009. Une autre estimation fait état de 20 à 22 ours.

Les anti-ours redoutent des annonces imminentes, alors qu'Alain Reynes, directeur de l'Adet, réclame une à deux réintroductions par an pour favoriser reproduction, renouvellement génétique et franchir le seuil de 50 ours, nécessaire selon les experts pour assurer la présence durable de l'ours dans le massif.

"Soit on veut un élevage extensif de qualité et ce sera sans ours soit on veut vraiment des ours et il faudra en mettre 200 en disant aux gens +foutez le camp+", rétorque Bruno Besch-Commenge, de l'Aspap.

Pour M. Decaluwe "il est clair que 20 individus ne sont pas viables, au-delà cela dépendra de la répartition des mâles et des femelles et de conditions favorables à la reproduction".

Pour le scientifique, la détection le 20 juin de traces d'oursons accompagnant des adultes, sur la commune ariégeoise de Couflens, à une quinzaine de km de la frontière espagnole montre que le centre des Pyrénées (au moins 11 individus l'an dernier) constitue "un milieu favorable".

Pour les pro-ours il est urgent d'introduire deux femelles dans les Pyrénées occidentales, où on compte trois mâles sans femelle.

Les opposants ariégeois réunis jeudi à Saint-Girons ont réaffirmé que la cohabitation était "impossible", dénonçant des "prédations catastrophiques" en juin.

Selon Gérard Dubuc, maire de Saint-Lary-en-Ariège, "l'équipe technique ours a expertisé 50 cadavres dont trente au moins sont sans aucun doute imputables à des ours".

Les scientifiques ne contestent pas ces chiffres mais M. Decaluwe les relativise, rappelant que les victimes des ours (sitées à 90% en Ariège) étaient "environ 300 par an en 2006 et 2007, et moitié moins en 2008 et 2009". Selon l'ADET, les attaques d'ours représentent 1% des morts de brebis.

Les pro-ours et l'équipe technique appellent à renforcer la protection des troupeaux, même si l'Aspap estime que ces mesures ne sont pas dissuasives.

Certains anti-ours indiquent en forme de menace contre les ours: "on va s'en occuper".

Source : Romandie / AFP du 5 juillet 2010

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Chantal Jouanno à Toulouse est attendue
Le lundi 26 juillet prochain à Toulouse, Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, s’est invitée au Comité de Massif. Selon plusieurs sources, elle vient expliquer à nos élus comment préserver la biodiversité pyrénéenne, et sans doute annoncer de nouveaux lâchers d’ours.

Cette initiative fait grand bruit dans les milieux des éleveurs et des chasseurs mais aussi du côté des acteurs du tourisme. Pour eux, selon Philippe Lacube, Président de la coordination pyrénéenne ADDIP : « Les Pyrénées n’ont pas de leçons à recevoir. »

Selon nos sources, les élus du comité de massif ont reçu un courrier avec des fiches et prévu un rassemblement de délégations de chaque vallée pyrénéenne devant la Préfecture de Région Lundi 26 juillet 2010, place Saint Etienne, à partir de 9h30

Selon l’ADDIP : « La venue d’une Ministre de l’Ecologie nous donne l’occasion exceptionnelle de faire entendre notre refus de voir les Pyrénées transformer en sanctuaire du sauvage. Ne la manquons pas. Nos élus par deux fois avaient voté contre les introductions, nous les avons appelés à rester fidèles à leur position ».

Et l’ADDIP avance des arguments en précisant que : « Aucune législation européenne n’oblige à réintroduire sur notre territoire, leur cohabitation avec le pastoralisme est scientifiquement reconnue impossible, toutes les zones à ours en Europe sont des zones où les activités humaines sont considérées comme dérangeantes, voire nuisibles, et sont exclues du développement, le sénat espagnol a voté à l’unanimité pour que décision obtienne le consentement des Communautés Autonomes et des Communes concernées ».

Ils précisent également que : « Sous la bannière "les Pyrénées ne sont pas la frontière sauvage", nous défendrons notre modèle de développement durable pyrénéen, basé sur un pastoralisme vivant ».

La Ministre est prévenue. Reste à savoir de quelle manière les élus réagiront si, d’aventure, elle devait annoncer l’introduction de nouveaux plantigrades. Deux slogans font leur apparition : « Montagnard, garde ta liberté ! » et « Si nous ne voulons pas revivre 1997 ou 2006, c’est aujourd’hui qu’il faut agir ».

Quelle forme pourrait prendre cette action ?

Dernière minute

Nous apprenons que les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA s’associent à l’ASPP 65 pour participer au rassemblement Place Saint Etienne à Toulouse devant la Préfecture de Région où se déroulera la réunion du Comité de massif. Un car est prévu au départ des Hautes-Pyrénées. Des précisions seront communiquées en fin de semaine pour l’heure de départ par secteur.

Auteur : Louis Dollo
Source : Tarbes-Infos du 21 juillet 2010

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Plan "ours" : annonce attendue lundi


Pour l'instant rien ne figure dans l'agenda officiel de la ministre mais la venue de Chantal Jouanno, lundi prochain à Toulouse semble se confirmer. La secrétaire d'Etat à l'écologie doit effectivement participer au comité de massif des Pyrénées qui se tient ce 26 juillet à Toulouse. Et sa venue est très attendue. Notamment par les opposants à la réintroduction du plantigrade dans les Pyrénées qui craignent l'annonce d'un nouveau plan ours, synonyme de nouveaux lâchers. En octobre dernier, Chantal Jouanno avait déjà déclaré qu'il fallait continuer dans cette voie.

Le comité de massif, constitué d'élus, de socioprofessionnels et de responsables du milieu associatif doit étudier plusieurs pistes concernant le développement du massif. Pastoralisme, tourisme et bien évidemment réintroduction de l'ours seront ainsi au centre des débats. Les opposants ont prévu de manifester lundi matin, des bus devraient notamment partir de l'Ariège pour rejoindre la préfecture de région à Toulouse. .

Auteur : E. D
Source : L'Indépendant du 22 juillet 2010

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Ours : L'Association FERUS signale à Chantal Jouanno qu'il y a urgence à agir


Après qu'aient été successivement envisagés les mois d'avril, de mai et de juin ... vous allez enfin évoquer la question de l'ours devant le Comité de Massif lundi 26 juillet.

Nous savons par expérience le temps nécessaire pour préparer des lâchers d'ours et nous voyons venir à grands pas la date au-delà de laquelle il ne sera techniquement plus possible de les réaliser dès 2011.
Vous avez déclaré et répété que vous ne serez pas la Ministre qui renoncerait à sauver l'ours dans les Pyrénées, et nous vous faisons confiance. Mais l'ours ne peut plus attendre.

De fait, ne pas lancer les préparatifs dès maintenant revient à reporter les lâchers pour plusieurs années car 2012 sera sans aucun doute peu propice au lancement d'un tel plan. Et qui sait dans quel état sera alors le noyau occidental du Béarn, déjà si réduit ?

Malgré les engagements, malgré les obligations légales de la France, quel serait alors le bilan de l'année internationale de la biodiversité pour la France en l'absence de toute mesure concrète pour l'ours brun qui reste une de nos espèces les plus menacées ?

Toute annonce de principe sans échéance concrète pour 2011 serait considérée par nos associations comme un renoncement de votre part et nous n'aurons alors d'autre choix que de relancer les actions citoyennes et juridiques, notamment auprès du Parlement et de la Commission européenne.

C'est parce que nous refusons ce scénario catastrophe que nous vous demandons une nouvelle fois, et solennellement, d'annoncer lundi 26 juillet à Toulouse non seulement le principe, mais aussi la mise en oeuvre concrète du nouveau plan de restauration de la population d'ours dans les Pyrénées, incluant des lâchers dès le printemps 2011.

Les associations membres de CAP - Ours
Association Pyrénéenne des Accompagnateurs en Montagne 66, section Catalane du Syndicat National des Accompagnateurs en Montagne (APAM 66), APATURA, Association Nature Comminges (ANC), Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d'Intervention Eco-Pastoral - Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), Mille Traces, Nature Midi-Pyrénées, Nature Midi-Pyrénées comité local Hautes-Pyrénées, L'oeil aux aguets, Pays de l'Ours-ADET (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d'Etude de Protection et d'Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest section Béarn (SEPANSO Béarn), Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, France Nature Environnement Midi-Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), WWF France.

Communiqué de presse du 23 juillet 2010

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Les pro-ours à Jouanno: "il y a urgence"


Une quinzaine d'associations favorables au développement de la population d'ours dans les Pyrénées estiment "qu'il y a urgence à agir", dans un communiqué adressé à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno à la veille d'annonces sur "la biodiversité" dans les Pyrénées. Chantal Jouanno a annoncé vendredi qu'elle se rendrait lundi à Toulouse "à la rencontre des membres du Comité de massif des Pyrénées afin de proposer l'élaboration d'une stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité". La ministre a ajouté dans un communiqué que ce déplacement serait notamment l'occasion de "revenir sur la situation particulière" des ours. Chantal Jouanno avait déclenché en janvier la colère des anti-ours -- principalement des éleveurs qui dénoncent les attaques de troupeaux - en annonçant qu'il y aurait de nouvelles "réintroductions" de plantigrades. L'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip) a appelé vendredi à un rassemblement anti-ours lors de la visite de Chantal Jouanno estimant dans un communiqué qu'il "ne fait aucun doute que la secrétaire d'Etat vient vanter (...) les bienfaits des lâchers d'ours". Les pro-ours, parmi lesquels France Nature Environnement et Pays de l'Ours-ADET, s'alarment de leur côté que le sujet n'ait pas été tranché depuis six mois, compte tenu du "temps nécessaire pour préparer des lâchers d'ours".

Source : TF 1 du 24 juillet 2010

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Un appel des pro-ours à Chantal Jouanno


Une quinzaine d'associations favorables au développement de la population d'ours dans les Pyrénées estiment qu'"il y a urgence à agir", dans un communiqué adressé à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno à la veille d'annonces sur "la biodiversité" dans les Pyrénées.

Chantal Jouanno a annoncé hier qu'elle se rendrait lundi à Toulouse "à la rencontre des membres du Comité de massif des Pyrénées afin de proposer l'élaboration d'une stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité". La ministre a ajouté dans un communiqué que ce déplacement serait notamment l'occasion de "revenir sur la situation particulière" des ours.

Chantal Jouanno avait déclenché en janvier la colère des anti-ours - principalement des éleveurs qui dénoncent les attaques de troupeaux -, en annonçant qu'il y aurait de nouvelles "réintroductions" de plantigrades. L'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip) a appelé hier à un rassemblement anti-ours lors de la visite de Mme Jouanno estimant dans un communiqué qu'il "ne fait aucun doute que la secrétaire d'Etat vient vanter [...] les bienfaits des lâchers d'ours".

Les pro-ours, parmi lesquels France Nature Environnement et Pays de l'Ours-ADET, s'alarment de leur côté que le sujet n'ait pas été tranché depuis six mois, compte tenu du "temps nécessaire pour préparer des lâchers d'ours". "Nous vous demandons une nouvelle fois solennellement d'annoncer lundi [...] non seulement le principe, mais aussi la mise en oeuvre concrète du plan de restauration de la population d'ours dans les Pyrénées, incluant des lâchers dès le printemps 2011", déclarent-il à la ministre.

Source : AFP / Le Figaro du 24 juillet 2010

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Deux ours de plus dans les Pyrénées ?


La secrétaire d'État à l'Écologie Chantal Jouanno sera à Toulouse lundi. Elle se rendra à la réunion de Comité de massif pyrénéen pour évoquer un plan en faveur de la biodiversité. Va-t-elle annoncer de nouvelles réintroductions d'ours ?

« Deux ours vont être réintroduits prochainement dans les Pyrénées ». C'est un membre de l'administration qui l'affirme sous couvert d'anonymat. Quand ? « Ils seront lâchés à l'automne », ajoute-t-il. Où ? « En Béarn, dans le massif du Barétous ». D'où viendraient-ils ? « D'Espagne, des Cantabriques ».

L'hypothèse de nouvelles réintroductions avait été évoquée en janvier par la secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno. Mais interrogé avant-hier, les services du ministère nous répondent : « Il ne s'agit que d'une rumeur ! »

Chantal Jouanno vient pourtant ce lundi à Toulouse. Elle va annoncer « un plan sur la biodiversité », et indique qu'elle « reviendra sur la situation particulière de l'ours, du bouquetin, du vautour fauve et du desman des Pyrénées ». Elle ne se contentera sans doute pas de déclarations de bonnes intentions.

La ministre précise aussi « qu'elle ira à la rencontre des membres du Comité de massif des Pyrénées afin de proposer l'élaboration d'une stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité, prenant pleinement en compte les dimensions économiques et humaines des territoires pyrénéens ainsi que leurs richesses patrimoniales ».

La question de l'ours est un sujet qui fâche et divise. Les fourches sont déjà levées. Lundi, plusieurs centaines de Pyrénéens, hostiles à l'ours, viendront en bus à Toulouse pour manifester. « Il ne fait aucun doute que la secrétaire d'État vient vanter… les bienfaits des lâchers d'ours », réagit dans un communiqué l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées, l'Addip, qui appelle au rassemblement.

D'un côté des éleveurs, des élus, qui ne veulent plus de l'ours croqueur de brebis, même si les attaques sur les troupeaux dues aux plantigrades ne représentent qu'1 % des prédations.

De l'autre, les associations de protection de l'environnement qui réclament « d'urgence » de nouvelles réintroductions de plantigrades. « La protection des espèces animales est une des obligations des pays membres de l'Union européenne », rappellent-elles.

Les positions sont tranchées, paraissent inconciliables. L'une après l'autre, les ministres se repassent la patate chaude. D'abord Nelly Ollin, puis Chantal Jouanno.

Après un round d'observation d'un an, la secrétaire d'État arrive avec un plan. « Vous avez déclaré que vous ne serez pas la ministre qui renoncerait à sauver l'ours, et nous vous faisons confiance. Mais l'ours ne peut attendre », demande le CAP-ours, un collectif d'associations.

Les membres du Comité de massif pyrénéen sont dubitatifs. Parmi eux, Marc Carballido, vice-président du conseil régional Midi-Pyrénées : « Les Pyrénées ont des difficultés économiques : l'agriculture de montagne souffre, le tissu industriel se délite, on assiste à la casse des services publics. On pense que le massif pyrénéen doit être vivant, et que l'on doit conduire en priorité des actions en direction des hommes ».

Le conflit entre les pro et les anti ours commence aussi à lasser.

Décryptage - Biodiversité : c'est un choix de société

Mais, au fait, de quoi parle-t-on lorsqu'on évoque la biodiversité ? D'un concept récent, puisqu'il s'est forgé parallèlement à la prise de conscience croissante de l'extinction des espèces, dans les dernières décennies du XXe siècle, du fait notamment de la destruction de leur milieu par l'homme.

Ce faisant, la fusion des mots « biologie » et « diversité » date des années 80. La biodiversité, c'est donc « un puzzle complexe », rappelle Christian Arthur, responsable de la faune au Parc National des Pyrénées.

Un puzzle qui regroupe la diversité des écosystèmes, des espèces et des populations, mais aussi celle des gènes dans l'espace et dans le temps ainsi que leur organisation et leur répartition au sein des écosystèmes. Dit la définition.

Concrètement ? « On ne pourra jamais faire l'analyse globale à tous les étages, connaître chaque détail de l'ensemble », explique le chercheur. Par contre, ce que l'on sait, c'est que « si on prend un puzzle de la Joconde et qu'on retire 5 à 10 % des pièces, on saisit encore l'ensemble de la toile. Par contre, il arrive un moment où à force de supprimer des pièces, l'ensemble disparaît. Mais à quel moment, à quel seuil ? C'est ce qu'il convient aussi de déterminer », explique le scientifique.

Sachant cependant que la nature n'a jamais connu d'âge d'or où tout était parfait, statufié et en équilibre.

Les Pyrénées sont un bon exemple de ces ensembles évoluant constamment.

« L'homme n'a colonisé la partie occidentale de la montagne pyrénéenne que depuis moins de 5 000 ans. À cette époque, elle était couverte de forêts. Espèces et habitats se débrouillaient plutôt bien sans lui et son arrivée a eu peu de conséquences au début », rappelle ainsi Christian Arthur. Ensuite ? Au XIXe siècle, la part de la forêt n'est plus que de 3 %. Les ours, sangliers et isards ne doivent leur survie qu'à la médiocre portée des escopettes (fusils) de l'époque. Aujourd'hui ? La forêt a retrouvé 37 % de son domaine d'origine. Et les Pyrénées demeurent le dernier massif alpin du sud de l'Europe à conserver des spécificités uniques : elles sont « un pôle de migrations des espèces d'Europe du nord, d'Europe orientale et des espèces méditerranéennes où l'on trouve par exemple les deux tiers des rapaces d'Europe » souligne Christian Arthur. Où l'on trouve l'ours, aussi, « espèce du nord, qui a trouvé refuge en altitude à la fin de la glaciation ». Ou des espèces endémiques à l'instar du desman. Mais « le débat, ce n'est pas de sanctuariser ou non les Pyrénées. Elles ne pourront rester le refuge de grandes espèces symboliques et un lieu d'accueil pour toutes les espèces que si c'est accepté par tout le monde » pointe le scientifique. « C'est donc un choix de société et d'aménagement du territoire à faire et c'est à la société de le faire » conclut-il.

 

«L'ours, c'est la grande question» - Interview

Qu'attendez-vous de la visite de Chantal Jouanno ?

Pour être clair, c'est une visite qui n'a pas lieu à la demande du Comité de massif pyrénéen. La secrétaire d'État à l'Écologie souhaite faire une déclaration sur la biodiversité, et je n'en sais pas plus. On réagira à chaud. J'ajoute que la date du 26 juillet ne paraît pas très opportune. Nous sommes en période de vacances. J'espère que les membres du Comité de massif honoreront la réunion.

Dans le dossier sur la biodiversité, il sera question de l'ours…

Dans les Pyrénées, la biodiversité est très riche. Si la ministre vient reconnaître que cette biodiversité a été préservée par les Pyrénéens, les agriculteurs, les collectivités, cela ira. Mais si on a une déclaration sur l'intention de réintroduire d'autres ours, cela tombera en milieu hostile.

Le Comité de massif pyrénéen est-il hostile à l'ours ?

L'ours, c'est la grande question. Des ours provenant de Slovénie ont été réintroduits dans les Pyrénées. Certains semblent s'adapter. Je pense qu'il faut laisser le temps aux Pyrénéens de patrimonialiser ces plantigrades. Une pause est nécessaire. Et puis pourquoi tout focaliser sur l'ours ? On occulte ainsi tous les efforts entrepris par ailleurs pour préserver la flore et d'autres animaux. Les Pyrénéens sont très soucieux de leur environnement. Qu'on cesse donc de leur mettre la pression sur cette question de l'ours ! Et puis se préoccuper de biodiversité, c'est aussi et d'abord se préoccuper du sort des hommes. En montagne, la population diminue. Les villages n'ont plus de services publics. Le pastoralisme a des difficultés. Et imposer des contraintes lourdes, comme la réintroduction de l'ours, ne fait qu'ajouter aux difficultés. Tant que l'ours s'en prendra aux troupeaux, il y aura des problèmes. Les éleveurs ont déjà tellement de mal à vivre !

Recueilli par S.B.

Carnet rose ce printemps dans les Pyrénées

Trois vieux ours de souche pyrénéenne en vallée d'Aspe dans les Pyrénées-Atlantiques, une quinzaine d'autres dans les Pyrénées centrales. Et ce printemps, deux nouvelles naissances. En Ariège, sur la commune de Couflens, une ourse et ses oursons ont été aperçus; l'équipe technique de suivi des plantigrades a confirmé le carnet rose le 29 juin.

Il y aurait donc à l'heure actuelle une vingtaine d'ours dans les Pyrénées. En réalité, 17 plantigrades sont officiellement répertoriés, dont la présence a été formellement attestée.

La maman des petits qui sont nés ce printemps pourrait être Caramelles, née en 1997, ou bien sa fille, qui n'a pas de nom. Il est maintenant difficile de suivre la population des plantigrades à la trace dans les Pyrénées.

Les ours slovènes réintroduits à partir de 1996, Ziva, Mellba, et Pyros se sont vite débarrassés de leur collier qui n'émet plus. Mellba a été tuée par un chasseur en 1997.

Des cinq plantigrades lâchés en 2006 dans les Pyrénées centrales, Sarousse, Balou, Hvala, Franska et Palouma, il n'en reste plus que trois : Franska a été écrasée sur une route, Palouma a été découverte morte au pied d'une falaise .

L'équipe de suivi des ours, qui dépend du ministère de l'Environnement, communique des relevés sur un répondeur (Tél. 05 62 00 81 10). Présence de crottes, de poils, relevés d'empreintes, prédations sur des brebis.

C'est ainsi que l'on a appris la naissance de deux oursons ce printemps. Et que l'on sait que trois plantigrades, dont Hvala et Pyros, sont passés en Espagne. Depuis le début de l'été, à l'exception de prédations en Ariège, il semble que les ours se tiennent à carreau. Dans les Hautes-Pyrénées, ce sont les vautours qui causent des dégâts et du souci aux bergers.

Reste que la population d'ours n'est pas assez nombreuse pour pouvoir survivre dans les Pyrénées. Notamment en vallée d'Aspe, où l'arrivée d'une oursonne serait indispensable pour assurer la descendance des derniers plantigrades. La mort de Cannelle, tuée par un chasseur fin 2004, menace la survie de la souche pyrénéenne.

Auiteur : P. C.
Source : La Dépêche du Midi du 24 juillet 2010

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Le sort des ours dans les Pyrénées sera fixé lundi


Chantal Jouanno doit présenter lundi à Toulouse son plan pour la biodiversité incluant l'ours pyrénéen.

La secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, est attendue de pied ferme lundi à Toulouse.

Lors de la réunion du comité de massif, elle présentera son plan pour « la biodiversité» dans les Pyrénées, et évoquera notamment la très épineuse question de l'ours. « Ce déplacement sera l'occasion de revenir sur les situations particulières de l'ours, du vautour fauve, du bouquetin et du desman des Pyrénées», indiquent les services du ministère.

Il s'agit de la première visite dans la région de la secrétaire d'État, qui avait déclenché en janvier la colère des anti-ours en annonçant de nouvelles « réintroductions ». l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip) appelle à un rassemblement anti-ours lundi matin devant la préfecture de région.

Les associations pro-ours, réunies dans CAP-ours, exhortent, pour leur part, la secrétaire d'État à « la mise en oeuvre concrète du nouveau plan de restauration de la population d'ours dans les Pyrénées, incluant des lâchers dès le printemps 2011. »

Source : La République des Pyrénées du 24 juillet 2010

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Chantal Jouanno à la pêche aux ours

La secrétaire d'État à l'Écologie Chantal Jouanno présentera lundi 26 juillet à Toulouse un plan pour "la biodiversité" dans les Pyrénées, dans lequel sera notamment évoquée la question "particulière de l'ours", indiquent ses services dans un communiqué.

La dite "stratégie de valorisation de la biodiversité, prenant pleinement en compte les dimensions humaines et économiques des territoires pyrénéens ainsi que leurs richesses patrimoniales", sera présentée aux membres du Comité de massif des Pyrénées.

Cette instance gouvernementale de concertation, comprenant des représentants des collectivités locales, des socioprofessionnels et du secteur associatif est co-présidé par François Maïtia, vice président (PS) du Conseil régional d’Aquitaine et Dominique Bur, préfet de Haute-Garonne.

En attendant l’arrivée de Chantal Jouanno, les partisans et les opposants à la réintroduction du plantigrade ont déjà débuté la bataille des communiqués.

"Il ne fait aucun doute que la secrétaire d'Etat vient vanter (…) les bienfaits des lâchers d'ours", estime l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip), qui appelle à un rassemblement anti-ours lundi à partir de 09h30 devant la Préfecture lors de la visite de Mme Jouanno.

De son coté, l’association Pays de l’Ours-Adet est confiante "dans la volonté de la Ministre de sauver l’ours dans les Pyrénées. "Nous vous demandons une nouvelle fois solennellement d'annoncer lundi (...) non seulement le principe, mais aussi la mise en œuvre concrète du plan de restauration de la population d'ours dans les Pyrénées, incluant des lâchers dès le printemps 2011", déclarent-il à la ministre.. Ses membres estiment que le nombre d’ours, une vingtaine au total sur le versant français des Pyrénées, doit être doublé pour assurer la préservation de l’espèce (lire Libe Toulouse du 17/07/2010

Il s'agit de la première visite dans la région de Mme Jouanno, qui avait déclenché en janvier la colère des anti-ours -principalement des éleveurs qui dénoncent les attaques de troupeaux, en annonçant qu'il y aurait de nouvelles "réintroductions" de plantigrades "parce que sinon la population n'est pas viable".

Auteur : J-M.E avec AFP
Source : LibéToulouse du 23 juillet 2010

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Toulouse / Chantal Jouanno au Comité de massif : L’ours sera-t-il encore relâché ?


La Ministre de l'Ecologie sera à Toulouse ce lundi 26 juillet 2010. Les pro et anti ours attendent ses déclarations sur une éventuelle reprise du plan de réintroduction des ours dans les Pyrénées.

Chantal Jouanno, ministre de l'Ecologie, est en charge du dossier de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées (DR).

De nouveaux lâchers d’ours dès le printemps prochain. Voilà ce qu’espèrent entendre de la bouche de Chantal Jouanno les associations membres de Cap – Ours, et favorable à la poursuite du plan d’introductions d’ours dans les Pyrénées. Le lundi 26 juillet 2010, la ministre de l’Ecologie sera présente à Toulouse pour participer au Comité de massif. La question de la poursuite, ou non, du plan de réintroduction des ours sera bien sûr abordée. Mais les associations craignent que celui-ci ne soit reporté encore d’une année… et donc de plusieurs, car l’année 2012 sera une année électorale.

Source : Pyrénéesinfo.fr du 23 juillet 2010

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Jouanno va évoquer l'épineux cas de l'ours dans les Pyrénées lundi à Toulouse


La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno présentera lundi à Toulouse un plan pour "la biodiversité" dans les Pyrénées, et évoquera notamment la très épineuse question de l'ours, indiquent vendredi ses services dans un communiqué.

Mme Jouanno "ira à la rencontre des membres du Comité de massif des Pyrénées afin de proposer l'élaboration d'une stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité, prenant pleinement en compte les dimensions humaines et économiques des territoires pyrénéens ainsi que leurs richesses patrimoniales", précise le texte.

Le Comité de massif des Pyrénées est une instance de concertation sur le développement de la montagne, comprenant des représentants des collectivités locales, des socioprofessionnels et du secteur associatif.

"Ce déplacement sera l'occasion pour Chantal Jouanno de revenir sur les situations particulières de l'ours, du vautour fauve, du bouquetin et du desman des Pyrénées", poursuit le communiqué.

Il s'agit de la première visite dans la région de Mme Jouanno, qui avait déclenché en janvier la colère des anti-ours -- principalement des éleveurs qui dénoncent les attaques de troupeaux --, en annonçant qu'il y aurait de nouvelles "réintroductions" de plantigrades "parce que sinon la population 'n'est pas viable".

"Il ne fait aucun doute que la secrétaire d'Etat vient vanter (...) les bienfaits des lâchers d'ours", a réagi dans un communiqué l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip), qui appelle à un rassemblement anti-ours lors de la visite de Mme Jouanno.

"Sous la bannière +Les Pyrénées ne sont pas la frontière sauvage+, nous défendrons notre modèle de développement durable pyrénéen, basé sur un pastoralisme vivant, réservoir de biodiversité, support des autres activités dont le tourisme", ajoute le texte.

Au début du XXe siècle, quelque 150 ours se trouvaient encore dans le massif. En 1954, il n'en restait plus que 70, et 7 ou 8 en 1990.

Dès la fin des années 1980, un programme de restauration de la population a été engagé, avec la réintroduction de trois ours bruns de Slovénie, suivis en 2006 de 5 nouveaux plantigrades.

Selon Frédéric Decaluwe, membre de l'équipe technique du suivi de l'ours au ministère, au moins 17 ours ont été recensés fin 2009. Une autre estimation fait état de 20 à 22 ours.

Source : Romandie / AFP du 23 juillet 2010

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Pro et anti-ours attendent l'intervention de Chantal Jouanno de pied ferme


La secrétaire d'État à l'Écologie Chantal Jouanno fera une déclaration sur la biodiversité demain à Toulouse. Les anti-ours ont prévu de faire le déplacement. Les « pro » disent l'urgence de lâchers rapides.

On ne sait pas quelle en sera la teneur, mais l'intervention de Chantal Jouanno, demain devant le Comité de massif des Pyrénées à Toulouse (31), est très attendue. Autant par les pro-ours, qui indiquent à la secrétaire d'État à l'Écologie qu'« il y a urgence » à agir. Que par les « anti », qui crient au danger pour les activités pastorales.

On ne sait pas ce qu'elle annoncera, mais certains ont leur idée sur le contenu de son « plan en faveur de la biodiversité ». Hier, nos confrères de la « Dépêche du Midi » citaient un membre anonyme de l'administration. Lequel annonçait deux lâchers, à l'automne, en Béarn, « dans le massif du Barétous », de deux individus issus des Cantabriques (Espagne).

« ô montagnard »

« C'est ce qui se dit depuis plusieurs mois, et c'est tout à fait plausible, puisque cela provient de diverses sources politiques et administratives », confirme Philippe Lacube, le président de l'Association pour le développement durable de l'identité pyrénéenne (Addip), fer de lance du front anti-réintroductions.

En conséquence, les « anti » ont prévu de marquer les esprits, en présentant demain à Toulouse des délégations venues de toutes les vallées pyrénéennes : de la haute Soule et du Béarn à l'Ouest, jusqu'à la Cerdagne et à l'Aude à l'Est. « Nous comptons sur 150 personnes environ, réunies face à la préfecture de région, derrière le mot d'ordre suivant : "Ô montagnard, garde ta liberté." »

Philippe Lacube affirme que « pour obtenir une population viable d'ours dans les Pyrénées, il faudrait au moins 120 à 130 animaux. Pour nous, c'est une vision politique du massif, qu'on consacre à l'ensauvagement, au détriment des activités humaines. »

Si des lâchers du côté du Barétous sont confirmés, les locaux sont prêts à se mobiliser. C'est le cas de Sébastien Uthurriague, maire de Larrau, en haute Soule, qui sera de la délégation toulousaine. « Sur notre commune, l'agriculture est la principale activité économique. On compte, l'été, jusqu'à 30 000 ovins, 5 000 bovins et 1 000 équins. Et des jeunes continuent de s'installer. Si on lâche des prédateurs là-dedans, tout sera remis en question. » Et de pointer, lui aussi, le spectre de l'« ensauvagement ».

Mais, dans le camp d'en face, c'est la menace de l'extinction qu'on agite. Pour CAP Ours, le collectif qui regroupe les « pro », renoncer à des réintroductions rapides dans l'ouest des Pyrénées, cela signifie la disparition de l'espèce du secteur. Car, sur les 17 spécimens recensés sur l'ensemble de la chaîne, le « noyau occidental » ne recense que trois individus. Lesquels, qui plus est, sont des mâles isolés : Aspe Ouest, de souche pyrénéenne ; Néré, de lignée slovène ; et Canellito, le petit de la fameuse Cannelle, abattue en 2004.

Engagements européens

« Vous avez déclaré et répété que vous ne serez pas la ministre qui renoncerait à sauver l'ours dans les Pyrénées, et nous vous faisons confiance. Mais l'ours ne peut plus attendre », lance à Chantal Jouanno la quinzaine d'associations regroupées dans le collectif CAP Ours. « Ne pas lancer les préparatifs dès maintenant revient à reporter les lâchers pour plusieurs années. Et qui sait dans quel état sera alors le noyau occidental du Béarn, déjà si réduit ? » s'interrogent les signataires.

Parmi eux, Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours-Adet. « Je ne sais pas ce que va annoncer Chantal Jouanno, mais je ne vois pas ce que cela peut être à part des lâchers. Sauf à annoncer qu'elle renonce à la préservation de l'ours, et que la France dénonce ses engagements pris dans le cadre de la convention de Berne de la directive habitat de 1992. Et si elle doit annoncer des lâchers, ce sera en Béarn. »

Alain Reynes, dont l'association réclame deux lâchers par an dès 2011, ajoute « qu'il serait temps qu'on se mette en conformité avec ses obligations, et de ne pas faire semblant de les découvrir, en criant au viol ».

À noter qu'entre les deux camps, il y en a un qui ne croit guère à une annonce : c'est Jean Lassalle, le député-maire Modem de Lourdios-Ichère. « Chacun va jouer son rôle. Les manifestants manifesteront. Chantal Jouanno fera un cours magistral sur la biodiversité, mais n'annoncera rien : on est trop près des élections cantonales. » Réponse demain.

Auteur : Gwenaël Badets
Source : Journal Sud Ouest du 25 juillet 2010

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Un gentil ours sur une voiture....
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