A propos du régime alimentaire des ours, les sottises du forum de l'ADET

 

Le forum de l’ADET-Pays de l’ours a toujours brillé par ses idioties, enfantillages et sottises en tous genre. Le plus extraordinaire sont les interventions de quelques personnages qui laissent croire à une grande connaissance  sans jamais fournir de références. Des sortes de "gourou" du genre Caussimont (Président du FIEP dans les Pyrénées-Atlantiques) qui se croient détenir la vérité et toute la vérité. C’est le cas de Monsieur Jean-Paul Mercier qui intervient toujours fort à propos mais rarement de manière bien informée même s’il le laisse croire par un aplomb tout à fait remarquable.

Ci-dessous, Bruno Besche-Commenge de l’ASPAP met en lumière ce qu’il qualifie à juste titre de "sottises" et il en apporte la preuve. Nous reproduisons donc l’intégralité de son document pour une bonne information des personnes de bonne foi.

 

L’Aspap et Le Monde des Pyrénées ont mis en ligne quelques éléments d’un travail de fond sur le régime alimentaire de l’ours brun, extraits d’un travail en cours effectué par un professeur de zootechnie spécialiste de ces problèmes. Le forum de discussion de l’ADET tente d’éreinter ces données, sous la plume notamment de Jean Paul Mercier qui écrit :

  "Les chiffres présentés ici sont issus d'une thèse vétérinaire "fantaisiste" soutenue par Monsieur Louis Lagalisse (et non Laglisse) en 2002, que j’avais repérée et pour laquelle j’avais demandé des explications à P.Y. Quenette, car son nom figurait effectivement sur le document parmi les remerciements (il avait fourni quelques infos ponctuelles et aucune conclusions, évidemment) et non parmi les auteurs du texte. Il avait été formel : il n’adhérait absolument pas aux conclusions de ce « monsieur » ! Les autres noms cités : Rech et Lignereux n’en sont pas plus co-auteurs : ils faisaient partie du jury de thèse !! /…/

 "Cette manoeuvre grossière est exemplaire des manipulations (ou de l’ignorance) de ces Messieurs de l’Aspap. Il ne s’agit pas de "l’étude d’une équipe de scientifiques", mais de la thèse fantaisiste d’un apprenti vétérinaire, très contestable selon les véritables spécialistes."

  • Voir l'extrait du forum de l'ADET et l'ensemble du fil de discussion du 1 mai 2010 [Nota du 15 décembre 2013 : A la suite de la condamnation du Klan du Loup sur plainte du préfet de la Drôme, l'ADET, comme toutes les associations écologistes, a fait le ménage sur son forum pour éliminer les insultes et autres comportements condamnables. Ce lien est donc mort]

Jean Paul Mercier aurait pu éviter d’étaler ainsi son ignorance du dossier. Prenons dans l’ordre :

 1) – La thèse vétérinaire « fantaisiste » et les auteurs cités

 Tout faux. Voir : Revue Méd. Vét., 2003, 154, 10, 639-644, article intitulé : "Étude coproscopique du régime alimentaire d’une population d’ours bruns (Ursus arctos) réintroduite dans les Pyrénées (1996-1999)" et signé conjointement par tous les auteurs que tente de séparer M. Mercier : Y Lagalisse, P.Y. Quenette, J.Rech et Y. Lignereux.

Même si cet article fait suite à la thèse soutenue personnellement par Y. Lagalisse en 2002 devant l’Université Paul Sabatier de Toulouse, il s’agit bien d’un travail scientifique assumé en tant que tel par l’ensemble des auteurs dont P.Y. Quenette, qui ne s’est pas contenté de fournir « quelques infos ponctuelles » et « n’adhérait absolument pas aux conclusions de ce monsieur »,  mais est bien co-auteur de ces conclusions !

Quant au mépris dont fait preuve M. Mercier à l’égard des thèses vétérinaires quelles qu’elles soient (« recherche souvent beaucoup plus rapide et superficielle que les thèses universitaires, fréquemment tournées en dérision pour leur manque de sérieux par les scientifiques. »), il serait intéressant de connaître les réactions des Ecoles vétérinaires de France et de l’Université Paul Sabatier  … Nous nous renseignons sur ce point.

2) – Le contenu

 A) – L’ours herbivore ? Comme les poules qui ont des dents!

Sur le plan physiologique, la thèse développait une analyse non reprise dans l’article de 2003  mais indubitable, la description des caractéristiques physiologiques des espèces n’a rien de « fantaisiste », ses procédures et conclusions sont scientifiquement indiscutables :

 « il apparaît que malgré le caractère typiquement carnivore de certains ancêtres de l’ours brun, celui-ci montre un élargissement de son spectre trophique vers un type plus végétarien. Cependant ces adaptations sont majoritairement d’ordre dentaire sans autre modification du tractus digestif, si ce n’est la longueur importante de l’intestin grêle. L’ours digère donc de façon peu efficace la matière végétale» (je mets en gras, thèse p. 34)

 Cette incontournable réalité se retrouve par contre exprimée clairement dans les conclusions de l’article, à propos de l’analyse des excréments, c’est la conséquence logique de cette incapacité naturelle :

 « L’aspect grossier des restes végétaux retrouvés dans les laissées indique une faible capacité du tube digestif de l’ours brun à effectuer une dégradation poussée de la matière végétale. Celle-ci occupe de ce fait la quasi-totalité du volume des laissées, et il est possible que l’orientation phytophage de l’ours brun des Pyrénées ait été surestimée jusqu’ici» (je mets en gras, article, p. 5 – Quenette cosignataire, je le rappelle)

 B) – Limites de l’analyse des excréments ou comment masquer la réalité alors qu’elle est bien connue

  B-1) - Plusieurs de ces limites sont indiquées dans l’article, de même que la valeur statistique très faible des données recueillies. Mais un élément essentiel présent dans la thèse n’est pas repris dans l’article, il concerne l’état du matériau analysé, des excréments secs, souvent anciens, ce qui entraîne : « une perte d’informations liée au fait qu’aucun échantillon frais ne pouvait nous parvenir. » (thèse p. 42).

Les conséquences de cet état de fait ne sont pas analysées dans la thèse. Une étude canadienne permet de les comprendre, elle fournit en effet des indications essentielles sur deux éléments clefs : la durée de présence dans les excréments des restes des aliments ingérés par l’ours brun, et leur digestibilité. Voir : Geoffrey T. Pritchard and Charles T. Robbins, Digestive and metabolic efficiencies of grizzly and black bears, Can. J. Zool. 68(8): 1645–1651 (1990) (1)

La méthode suivie est exceptionnelle, en effet l’expérience a été menée dans des conditions impossibles dans la nature mais qui seules permettent de connaître avec certitude l’activité digestive des animaux sauvages : les ours ont été retirés du milieu et observés en cage comme en laboratoire, ce qui a permis d’obtenir un matériau auquel l’on n’a jamais directement accès dans la nature :

 « L'efficacité de la digestion et celle du métabolisme ont été déterminées au cours d'une période de 7 jours chez des Ours noirs (Ursus americanus) et des Ours bruns (U. arctos) gardés à des régimes alimentaires particuliers, soit quatre régimes mixtes et sept régimes ne contenant qu'un aliment. Il n'y avait pas de différences significatives entre les deux espèces quant à l'efficacité digestive ou l'efficacité métabolique. »

 Pour la digestibilité, confirmation de la piètre efficacité en ce qui concerne les végétaux et de l’inverse pour les protéines, donc l’alimentation carnée :

 « « La digestibilité des matières sèches et la digestibilité de l'énergie étaient en corrélation inverse avec le contenu en fibres du régime, alors que la digestibilité des protéines était en corrélation directe avec le contenu en protéines du régime. »

 Quant à la présence dans les excréments des restes de la consommation, l’information suivante est essentielle, elle montre comment, de fait, les excréments prélevés dans la nature et sur lesquels reposent toutes les analyses du régime alimentaire des ours masquent la réalité : « La durée de rétention des poils dans un régime constitué de viande était de 13 h. ». C’est dire qu’au delà de cette limite, la présence des poils n’est plus du tout caractéristique de l’importance réelle de la part des ongulés, sauvages ou domestiques, dans l’alimentation des ours. Les quelques poils qui restent ne sont même plus la partie visible de l’iceberg, ils sont de rares survivants du naufrage.

B-2)  - Cette situation est archi connue de tous les spécialistes. Pas besoin de chercher bien loin,  en 2000 l’Europe publiait son « Action plan for the conservation of the Brown Bear in Europe (Ursus arctos) » (Nature and Environment No. 114), traduit en français en 2006 sous le titre « Plan d'action pour la conservation de l'ours brun (Ursus arctos) en Europe ». Page 26 de la traduction, on lit :

 « Etant donné qu’elle est très digeste et d’une grande valeur nutritionnelle, la viande semble jouir de leur préférence quand elle est disponible. /…/ La plupart des études sur les habitudes alimentaires de l’ours brun se fondent sur l’analyse de leurs déjections et sous estiment l’importance des animaux, et notamment des mammifères, dans le régime de cette espèce. »

 Pour le grand idéologue qu’est Jean Paul Mercier, je lui signale qu’un des coauteurs est Jon E. Swenson que lui-même dans son intervention sur le forum de l’ADET cite comme référence, à l’inverse de ce qu’il appelle « la thèse fantaisiste d’un apprenti vétérinaire, très contestable selon les véritables spécialistes » !

Auteur : B.Besche-Commenge ASPAP/ADDIP – 3 mai 2010

  • La réponse de Jean-Paul Mercier

(1) Résumé disponible en anglais et français

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Re: dernier article aspap : le régime alimentaire des ours - Extrait du forum de l'ADET

 

Auteur: Jean-Paul MERCIER  Contacter  (78.159.27.134) 
posté le:   02-05-2010 01:02

Désolé pour cette fausse manœuvre. Je reprends ce que je voulais dire. Ne soyez pas troublés par ces affirmations Elles sont complètement erronées. Jon Swenson et le groupement de recherche scandinaves sur l'ours ont publié des dizaines de documents sur son régime alimentaire. Même en Fennoscandie, où les ours sont les plus carnivores d’Europe, du fait du climat et des faibles ressources végétales, la part animale sur l’année n’atteint pas les pourcentages indiqués. Swenson et son équipe ont publié des dizaines (peut-être des centaines ) de documents sur la question dont certains portent sur le régime comparé dans les différents pays européens. Je n’ai jamais lu de document portant sur les pays plus méridionaux, émanant de l’équipe scandinave ou d’autres scientifiques sérieux, qui parle d’une part végétale inférieure à 60,65 % au grand minimum. Et j’en ai consulté quelques centaines. Le professeur Djuro Huber, un des spécialistes européens incontestés de la question, vice président pour l'Europe de l'IBA (association mondiale de protection des ours), estime  à 93 % la part végétale du régime des ours croates (c'est à dire issus du même noyau qu'en Slovénie, qui s'étend à cheval sur la frontière croato-slovène). Les espagnols de l’Aspap s’appuient sur d’autres recherches qui aboutissent aux mêmes résultats.

 Les chiffres présentés ici  sont issus d'une thèse vétérinaire"fantaisiste" soutenue par Monsieur Louis Lagalisse (et non Laglisse) en 2002, que j’avais repérée et pour laquelle j’avais demandé des explications à P.Y. Quenette, car son nom figurait effectivement sur le document parmi les remerciements (il avait fourni quelques infos ponctuelles et aucune conclusions, évidemment) et non parmi les auteurs du texte. Il avait été formel : il n’adhérait absolument pas aux conclusions de ce « monsieur » ! Les autres noms cités : Rech et Lignereux n’en sont pas plus co-auteurs : ils faisaient partie du jury de thèse !!

Les thèses vétérinaires qui sont le produit d’une recherche souvent beaucoup plus rapide et superficielle que les thèses universitaires, sont fréquemment tournées en dérision pour leur manque de sérieux par les scientifiques. Je pense que ce monsieur a joyeusement mélangé matière sèche et poids total, restes après assimilation et matière brute. Mon ami Robin Rigg, biologiste sérieux formé à Oxford, a étudié pendant des années des centaines d’échantillons de crottes en Slovaquie avant de pouvoir établir un tableau de correspondance entre la matière sèche et la matière brute par type d’aliment. Et ses conclusions rejoignent les conclusions habituelles (plus de 70% de part végétale dans le régime de l’ours). Alors, une thèse « torchée » en quelques semaines….

Cette manœuvre grossière est exemplaire des manipulations (ou de l’ignorance) de ces Messieurs de l’Aspap. Il ne s’agit pas de « l’étude d’une équipe de scientifiques », mais de la thèse fantaisiste d’un apprenti vétérinaire, très contestable selon les véritables spécialistes. Toutes les autres références énoncées sont là pour faire du remplissage. Il est difficile de voir dans la réflexion de Jon Swenson qui insiste sur une analyse rigoureuse de la partie animale contenue dans les fèces (constituée en majorité de charognes, donc dont les restes sont plus délicats à quantifier), par exemple, une remise en cause fondamentale des proportions habituellement admises par tous les spécialistes.

On ne s’improvise pas vulgarisateur scientifique en falsifiant la réalité de manière aussi grossière, Messieurs de l’Aspap.

Source : Forum de l'ADET

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Digestive and metabolic efficiencies of grizzly and black bears


Abstract : Digestive and metabolic efficiencies of black bears (Ursus americanus) and grizzly bears (Ursus arctos) were determined in 7-day total collection trials using seven single foods and four mixed diets. No significant interspecific differences in digestive or metabolic efficiencies were observed. Dry matter and energy digestibilities were inversely related to the dietary fiber content, whereas digestible protein was directly correlated with dietary protein content. Mean retention time for hair in a meat diet was 13 h, whereas the retention time for clover was 7 h and did not differ between species. Giant pandas (Ailuropoda melanoleuca), grizzly bears, and black bears appear to have very similar digestive efficiencies and passage rates. The relationships between diet composition and digestive efficiency can be used to begin evaluating the nutritional quality of diets consumed by free-ranging bears.

Résumé : L'efficacité de la digestion et celle du métabolisme ont été déterminées au cours d'une période de 7 jours chez des Ours noirs (Ursus americanus) et des Ours bruns (U. arctos) gardés à des régimes alimentaires particuliers, soit quatre régimes mixtes et sept régimes ne contenant qu'un aliment. Il n'y avait pas de différences significatives entre les deux espèces quant à l'efficacité digestive ou l'efficacité métabolique. La digestibilité des matières sèches et la digestibilité de l'énergie étaient en corrélation inverse avec le contenu en fibres du régime, alors que la digestibilité des protéines était en corrélation directe avec le contenu en protéines du régime. La durée de rétention des poils dans un régime constitué de viande était de 13 h, alors que la rétention du trèfle durait 7 h et ces durées ne différaient pas d'une espèce à l'autre. Les Pandas géants (Ailuropoda melanoleuca), les Ours bruns et les Ours noirs semblent avoir la même efficacité digestive et la même vitesse de passage des aliments. Les relations entre la composition du régime alimentaire et l'efficacité de la digestion peuvent servir à entreprendre l'évaluation de la qualité nutritive des aliments consommés par les ours en liberté.

Auteurs : Geoffrey T. Pritchard and Charles T. Robbins
Source : Revue canadienne de zoologie du 30 juin 2010 
[Traduit par la revue]
Références : Can. J. Zool. 68(8): 1645–1651 (1990)  |  doi:10.1139/z90-244  |  © 1990 NRC Canada  
L'accès au texte intégral pour tous les Canadiens est rendu possible par le Programme des services de dépôt

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Réponse de Jean-Paul Mercier sur le forum de l'ADET


Re: B.Besche Comminge répond
Auteur: Jean-Paul MERCIER  Contacter  (92.161.52.232) 
posté le:   08-05-2010 23:08

Puisque Monsieur Besche Comminges m'attaque personnellement, je lui réponds :

Je pense que s'il a un peu lu sur l'alimentation de l'ours, ces noms lui diront quelque chose (en particulier J. Swenson, puisqu'il le cite ) :

 - Dans les régions les plus septentrionales, par exemple dans la vallée de Pasvik, à la frontière russo-norvégienne, les ongulés représentent, en été, entre 70 et 85 % du régime des ours. C’est le pourcentage, à mon avis, le plus important de toute l’Europe. En automne, les ongulés ne représentent plus que 30%.

Réf : Persson, I-L., Wikan, S., Swenson, J.E. & Mysterud, I. 2001: The diet of the brown bear Ursus arctos in the Pasvik Valley, northeastern Norway. - Wildl. Biol. 7: 27-37.

 - Dans la zone centrale suédoise, la répartition sur l’année est la suivante : part animale autour de 40 % (dont 14-22 % d’insectes)  et part végétale  autour de 60 %.  Réf : Dahle, B., Sørensen, OJ, Wedul, EH, Swenson, JE & Sandegren, F. 1998: Le régime alimentaire des ours bruns Ursus arctos dans le centre de Scandinavie. - Wildl. Biol. 4: 147-158.

- En Russie, dans la région de la Volga, les pourcentages sont de 25 % pour la part animale et 75 % pour les végétaux.

Réf : M.A. Vaifeld et I.E. Chestin, Bears, Moscow « Nauka » 1993

Dans les Carpates, en Roumanie, les végétaux représentent 85 % du régime alimentaire.

Réf : Management and action plan for the bear population in Romania. Ministries of Agriculture and Environment, Page 20, 2005.

En Slovaquie, la part végétale est autour de 85 %.

Réf: R. Rigg et M. Adamec, Status, ecology and management of the brown bear (Ursus arctos) in Slovakia, 2007.

Dans les Balkans, en Croatie, la part végétale serait de 95 % selon Djuro Huber, vice Président pour l’Europe de l’IBA (association mondiale de préservation des ours).

Réf : Ministries of Agriculture and Culture, Brown bear management plan for the republic of Croatia,  Février 2005

En Italie dans les Abruzzes, part végétale autour de 70 %.

Réf : Ciro Castelluci, L’orso bruno dell’Appenino centrale. 2004

En Espagne, dans les Cantabriques, part végétale autour de 85 %.

Réf : A. Clevenger et F.Purroy, El oso pardo, un gigante acorralado, 2007 

 J'ai cité les plus grands spécialistes européens de l'ours. Monsieur B. Besche Comminges en a -t-il seulement entendu parler ?Il voudra bien m'épargner ses commentaires sur les coefficients de digestibilité. Pour les mammifères, ce coef varie de 1.54 à 12.5 selon le mode de consommation de l'animal. Comment choisir la valeur approprié du coef lorsque l'étude ne dure que 5 à 6 mois et que l'on a peu de références locales ? Dans son mémoire, l'étudiant prend 3...., pourquoi pas, mais il n'y a aucune justification. De plus, l'échantillon (87 excréments retenus) est peu représentatif, il aurait fallu plusieurs centaines d'excréments différents pour obtenir un niveau réellement statistique. De plus, il s'avère que tous les excréments sont issus seulement de... 3 ours.  Et vous voudriez que je confirme qu'il s'agit d'un travail sérieux ??   B.B.C. devrait prendre contact directement avec P.Y. Quenette qui, je pense, lui répondra. J'espère qu'il aura l'honnêteté de reproduire sa réponse Jean-Paul Mercier le 7 mai 2010.

Source : Forum de l'ADET

Observations sur l'intervention de Jean-Paul Mercier


La réponse de Jean-Paul Mercier ne manque pas d’intérêt pour les lecteurs qui n’ont aucune compétence en matière de zootechnique. A la lecture des citations et références produites, nous pouvons en retenir les éléments suivants :

1/ Jean-Paul Mercier nous fourni une riche bibliographie. Le problème est que nous ne savons pas ce qui se cache derrière les titres.

2/ A aucun moment Jean-Paul Mercier n’a véritablement contredit les arguments de Bruno Besche-Commenge. Bien au contraire, il conforte ses propos.

3/ Dans la bibliographie proposée il est mentionné : « En Italie dans les Abruzzes, part végétale autour de 70 %. - Réf : Ciro Castelluci, L’orso bruno dell’Appenino centrale. 2004 ». Or dans cette région il s’agit de l'ours marsicain (Ursus arctos marsicanus) qui est, certes,  un parent de l'ours brun (Ursus arctos) comme de nombreux autres ours, mais doit-on pour autant dire que son alimentation est la même ? Jean-Paul Mercier n’apporte aucun élément.

Reprenons la conclusion de Jean-Paul Mercier point par point

1/ Il nous dit : « J'ai cité les plus grands spécialistes européens de l'ours ». Nous voulons bien le croire. Mais est-ce que ceux cités par BBC (Lagalisse Y, Quenette P-Y, Rech J, Lignereux Y.et John E. Swenson) sont des nullités, notamment Pierre-Yves Quenette ? Et puis, entendre parler de ces auteurs est une chose, nous apporter quelques éléments de lecture pour nous convaincre en est une autre.

2/ Les coefficients de digestibilité. Nous dire que : « ce coef varie de 1.54 à 12.5 selon le mode de consommation de l'animal » est particulièrement intéressant. La marge est très large et laisse uni choix impressionnant d’hypothèses. L’étude de Laglisse a retenu un coefficient de 3. Mais pourquoi pas 12 ou… 1.54 ? Là, Jean-Paul Mercier n’apporte aucun élément d’appréciation.

3/ Les conditions de réalisation de l’étude Lagalisse semble perfectible. Admettons-le. Mais là encore, Jean-Paul Mercier n’apporte aucun élément d’appréciation ou de référence puisqu’apparemment il n’existe aucune autre étude alors que celle-ci est cosignée par des noms reconnus en France. Devons-nous nous contenter de la bonne parole de Jean-Paul Mercier dont on ne connaît pas la qualité ?

Comme deux universitaires suisses, J.P. et Y.-C. Jost, auteurs de « Le grand retour de l'ours : rêve et réalité » nous poserons cette simple question : Qui est Jean-Paul Mercier ?  Un inconnu ?

Ce que nous pouvons retenir de cette controverse, c’est qu’en dehors de l’étude de Lagalisse, docteur vétérinaire (quand même), il n’existe pas d’études sérieuses sur l’alimentation de l’ours dans les Pyrénées alors que les pouvoirs publics comme les associations environnementalistes se permettent de dispenser une formation et information à qui veut bien les entendre. C’est notamment le cas de Gérard Caussimont, Président du FIEP, membre du Conseil d’administration et du conseil scientifique du Parc National des Pyrénées qui prend l’ours pour un sanglier lorsque ce n’est pas pour un bovin ou une chèvre dans une estive.

Une fois encore, nous sommes bien loin de la recherche d’une certaine vérité scientifique même avec des désaccords. Depuis 30 ans nous sommes au mieux dans l’affectif au pire dans l’idéologie. A quand la raison ?

Louis Dollo, le 1er juin 2010


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