Le voile se léve sur la réintroduction d'ours

 

Petit à petit nous en aprenons un peu plus sur l'opération de renforcement de la population d'ours. Curieusement le gouvernement est incapable de présenter un plan global en une seule fois. Il faut toujours attendre réunion après réunion pour avoir des échos. Aucun plan de communication ce qui favorise toutes les rumeurs. Mais peut-être que la Ministre ne sait pas où elle met les pieds ou ne sait pas où relâcher les 5 ours ni même si elle pourra le faire vu le peu d'empressement des communes à manifester leur accord.


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Renforcement de la population d'ours dans les Pyrénées en 2006

 

Premières fuites sur le nom des communes concernées


La ministre de l'Ecologie devait annoncer la localisation de son plan le 13 mars. Trois communes sont concernées en Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne et Ariège. Le Béarn serait épargné. Une réunion est organisée à Escot jeudi

Nelly Olin, la ministre de l'Ecologie, devait dévoiler les détails de son plan de réintroductions d'ours dans le massif des Pyrénées vers la mi-décembre, puis en février. Aux dernières nouvelles, elle s'exprimera le 13 mars. D'après le cabinet du ministère, il s'agissait de laisser encore du temps de réflexion à l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn, qui s'oppose à l'opération. Mais Jean Lassalle a déjà pris connaissance du rapport qui développe l'articulation du dispositif. Et il ne se gêne pas pour griller la politesse à Paris. Selon lui, le Béarn serait " épargné " pour l'instant. Les territoires sur lesquels les plantigrades seront lâchés concerneraient, pour l'heure, trois communes dont la posture était favorable à l'ours : Bagnères-de-Bigorre (zones de La-Mongie-Tourmalet) dans les Hautes-Pyrénées; Arbas en Haute-Garonne; et Massat, en Ariège. " D'après mes informations, l'Etat veut maintenant aller très vite. On peut s'attendre aux réintroductions dès la fin du mois de mars. Au plus tard, début avril ", explique Jean Lassalle." En principe, le Béarn n'est pas concerné. Mais on ne sait jamais. Pour moi, en tout cas, c'est un passage en force. C'est quelque chose qu'on ne peut pas accepter ".

Manif à Toulouse.
Les réactions ne se feront pas attendre longtemps. A l'évidence, l'heure du branle-bas de combat a sonné. Avant une manifestation prévue le 7 mars à Toulouse, le premier rendez-vous est donné à la mairie d'Escot, ce jeudi, à 20 heures. L'Institution patrimoniale et l'Association des élus de montagne ont rapidement fait jouer leurs réseaux et envoyé des invitations aux conseils municipaux, aux chasseurs, aux bergers... Tous les acteurs du dossier devront y débattre de la situation à la lumière des nouveaux éléments portés à leur connaissance. Le matin, à Oloron-Sainte-Marie, le conseil de gestion de l'Institution aura déjà ouvert la discussion lors d'une réunion prévue de longue date. Le représentant de l'Etat qui y siège habituellement sera-t-il en mesure d'éclairer les intentions ministérielles ?

La polémique sur la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées s'est rallumée, le 1er novembre 2004, à la mort de Cannelle, la dernière femelle de souche béarnaise. Un mois plus tard, au terme d'une longue évaluation du nombre d'individus présents sur l'ensemble des Pyrénées, l'Institution patrimoniale s'était engagée favorablement pour accueillir deux nouvelles ourses. Mais l'élan avait été rompu après les déclarations du ministre de l'Ecologie de l'époque, Serge Lepeltier. Celui-ci souhaitait tripler la population ursine en cinq ans, à l'échelle du massif.

Si l'objectif de Nelly Olin n'a pas changé, il est aujourd'hui question de réintroduire cinq fauves d'origine slovène. Une initiative appuyée par de nombreuses associations de protection de la nature comme Férus, l'Adet, le Fiep ou encore la Sepanso. En Aspe, les maires d'Accous et d'Etsaut sont les seuls élus des vallées à défendre publiquement cette position. Partout ailleurs, de l'Ouzom à l'Ossau et du Barétous à la Soule, le consensus s'est construit autour d'une farouche opposition.

Auteur : Patrice Sanchez
Source : Sud-Ouest du 27 février 2006

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Le voile se lève


D'après un rapport du Conseil national de la protection de la nature, le dispositif concerne bien quatre femelles et un mâle

Instance rattachée u ministère de l'écologie où siègent les hauts fonctionnaires concernés, plusieurs associations de défense de l'environnement, scientifiques et représentants agricoles, la commission " Faune " du Conseil national de la protection de la nature a examiné, mi-février, le projet de plan de restauration et conservation de l'ours brun, ainsi que la demande d'autorisation de transport d'ours. Le rapport trace les objectifs généraux du renforcement, les objectifs et les moyens, les mesures agro-sylvo-pastorales et la mise en oeuvre d'une stratégie globale de cohabitation.
Il rappelle l'origine du projet qui consistait à doubler la population d'ours dans les Pyrénées en trois ans, pour atteindre le chiffre de trente individus en 2008.

Nelly Olin, la ministre de l'écologie (1), a mis un frein à cette ambition dès sa prise de fonction. Il n'est plus question que de cinq ours. L'implantation de quatre femelles et un mâle est prévue au printemps. La commission ne localise pas les territoires d'accueil. Mais le Béarn ne serait pas concerné à ce jour (lire ci-dessus). En revanche, est programmée une " évaluation de l'état de la population en 2010 ".

" Inscrire la restauration de la population d'ours dans une perspective de préservation du patrimoine et dans sa dimension de massif transfrontalier ", figure parmi les objectifs. Les signataires (2) du rapport font, par ailleurs, allusion à la concertation menée sur le terrain l'année dernière : " Il est apparu l'importance première de prendre en compte et conforter le pastoralisme et l'exploitation forestière ".

En ce qui concerne les aides, les agriculteurs s'inquiétaient d'une forme de " chantage " dans l'accès au plan agro-sylvo-pastoral. Il doit désormais " être élaboré pour des raisons économiques, sociales et environnementales, indépendamment du renforcement de la population d'ours ". Il n'en demeure pas moins mentionné au dispositif de réintroduction.
Les aides sont " maintenues voire renforcées " pour le gardiennage permanent, le portage du matériel, le regroupement des troupeaux, le recours à des chiens patous, l'utilisation de clôture électrique ou l'appui technique auprès des éleveurs. Par ailleurs, sept techniciens pastoraux itinérants sont prévus en 2006, contre cinq en 2005. Selon le document, le programme sera financé, cette année, par le ministère de l'écologie. De 2007 à 2013, il est évoqué l'éventuel appui financier de l'Europe et de l'étude d'une mesure spécifique.

Auteur : Patrice Sanchez
Source : Sud-Ouest du 28 février 2006

(1) Elle doit dévoiler son plan le 13 mars à Paris.
(2) Les représentants des professions agricoles ont voté contre

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Observations


Un lâcher à La Mongie Tourmalet ? Ou dans le secteur ?
Voilà un joli spectacle à envisager. La station de ski ferme le lundi de Paques soit le lundi 16 avril. Nous pouvons donc déjà imaginer que le lâcher se fera après cette date. Mais il y aura encore beaucoup de neige à cette altitude et sans nourriture. Prenons le pari que dans ce cas les Toy monteront la garde sur la crête du Tourmalet pour l'effaroucher et pourquoi pas le faire descendre aux Coustous de Bagnères ? Joli spectacle de montreurs d'ours à ne pas louper !

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