La mort de l'ourse Franska et ses suites

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L'ourse Franska est morte. Après palouma c'est la seconde victime de la bêtise humaine qui conciste à importer des ours de Slovénie pour les faire vivre dans les Pyrénées et ainsi satisfaire l'idéologie sectaire d'une petite poignée d'environnementalisme contre la volonté des pyrénéens.


Cliquez pour la vidéo du lâcher de Franska le 28 avril 2006
au Chiroulet (Bagnères de Bigorre - Hautes-Pyrénées)

Les suites judidiaires de la mort de Franska

- L'ourse Franska tuée par une voiture près de Lourdes

L'ourse Franska, amenée de Slovénie en France dans le cadre de la réintroduction de l'ours brun dans les Pyrénées, a été tuée jeudi matin par une voiture près de Lourdes, apprend-on auprès de la gendarmerie.

"L'ourse Franska est décédée ce matin à 06h30 sur la voie rapide proche de la commune de Vigère, près de Lourdes", a précisé à Reuters un porte-parole.

L'accident s'est passé dans une partie dégagée de la route. Visiblement, a-t-il précisé.

Depuis son arrivée dans le département des Hautes-Pyrénées, en avril 2006, Franska a tué, selon les éleveurs, des centaines de brebis, surtout depuis la fin de sa période d'hibernation.

Ils ont manifesté en juillet contre le maintien de l'ourse dans les Pyrénées.

Fin juillet, lors d'une rencontre avec des élus et des éleveurs de Midi-Pyrénées, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet avait refusé d'envisager la capture ou le retrait de Franska.

Source: Agence Reuters - 09.08.07 | 08h59

- Franska: tout ça pour ça

Franska ne s'allongera pas sur le divan des experts étrangers qui devaient analyser son comportement pour décider de son avenir dans les Pyrénées. Celle que les anti-ours présentaient comme une terreur des troupeaux, une psychopathe des estives, a été tuée accidentellement hier au petit matin par une camionnette (lire ci-dessous) en traversant la RN 21, une double voie qui longe le gave de Pau à 5 km au sud de Lourdes.

Ainsi s'achève la saga de cette ourse slovène qui depuis son introduction, le 28 avril 2006, sur les hauteurs de Bagnères-de-Bigorre, avait défrayé la chronique au point de provoquer la venue de Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, pour une réunion de crise le 27 juillet dernier.

Car selon les éleveurs, Franska n'était pas une ourse comme les autres. Carnivore, elle savait être aussi carnassière: en quelques mois elle avait déjà croqué 150 brebis, soit un coup de dent trois fois plus ravageur que les autres plantigrades.

"Quand elle n'a plus faim, elle tue encore, n'hésitant pas à abandonner ses proies", avaient raconté les bergers furieux contre cette ourse qui, au fil de ses prédations, avait singulièrement relancé la polémique sur le programme de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées.

De manif sur le Tour de France en battue clandestine à l'ours, le ton était vivement monté ces dernières semaines, les anti-ours convoquant même l'Elysée pour arbitrer un conflit vieux de dix ans entre éleveurs et défenseurs de la biodiversité.

Franska était-elle un accident de parcours, une erreur de casting? Ou au contraire l'ourse slovène n'apportait-elle pas enfin la preuve que la cohabitation entre les plantigrades et les hommes était impossible dans les Pyrénées? Ces questions sont bien sûr aujourd'hui plus que jamais au centre du débat.

Une certitude toutefois: il y a bien eu tromperie sur la marchandise des autorités slovènes: car contrairement à l'âge mentionné sur sa carte d'identité, Franska n'avait pas 7 ans, âge maximum exigé sur le contrat passé entre les deux pays, mais 17 ans, d'après l'analyse d'une de ses dents par un laboratoire bordelais. Trop vieille pour s'adapter à un nouveau milieu? C'est en substance ce que laissent entendre des acteurs locaux du dossier, version contestée par le comité d'experts mis en place par le ministère de l'Environnement.

En tout cas, pour l'association pays de l'ours ADET, "il est indispensable de procéder rapidement à de nouveaux lâchers pour garantir la présence des ours à long terme dans les montagnes".

A trop vouloir sortir des clous tracés par les hommes, Franska est morte, hier, d'un (presque) banal accident de la route. Mais le débat sur la présence de l'ours dans les montagnes n'a pas fini de faire trembler les Pyrénées.

Auteur: Hervé Monzat
Source: La Dépêche du Midi du 10 août 2007

- "Elle s'est écrasée sur mon pare-brise"

"Il était environ 6 heures 20 du matin et le jour se levait à peine. Tout d'un coup, j'ai vu une masse brune traverser la voie rapide en plein milieu et je n'ai pu éviter le choc"

Brigadier-chef au 1er RHP de Tarbes, Thierry Letessier est encore stupéfait d'avoir percuté avec son Kangoo 4x4 l'ourse Franska, même si comme tout militaire qui se respecte, il sait contenir ses émotions.

Responsable du centre militaire de Barèges et bien connu dans le pays Toy, le brigadier-chef se rendait en mission sur Toulouse pour sauter en parachute quand soudain...

"Il y a eu un seul point de percussion. L'ours s'est écrasé sur le pare-brise. Sous l'impact, la voiture a décollé du sol et a atterri sur deux-roues. Heureusement, les airsbags se sont déclenchés pour amortir le choc", ajoute le militaire.

"Les gendarmes ne m'ont pas cru"
Juste après la collision, Thierry Letessier a vite repris ses esprits. Il est sorti du véhicule sans une égratignure et s'est précipité "pour voir l'animal".

"Quand j'ai vu que c'était un ours, j'ai pensé tout de suite que c'était le début des ennuis", commente-t-il.

"Mais le plus drôle dans l'histoire, raconte le militaire, c'est quand j'ai appelé les gendarmes pour signaler l'accident. Au début, ils ne m'ont pas cru et j'ai dû me prévaloir de mon identité de militaire et préciser qu'il ne s'agissait pas d'une farce pour donner de la crédibilité à mon témoignage."

"Sur le coup, j'aurais pu me tuer mais Saint-Michel (le saint patron des parachutistes) était avec moi car je m'apprêtais à sauter en parachute" a souligné le militaire, sans perdre le sens de l'humour.

Auteur: Cyrille Marqué
Source: La Dépêche du Midi du 10 août 2007

- Une mort, des questions: Comment a-t-elle pu se retrouver à cet endroit?

Alors qu'on la croyait dans la montagne, Franska s'apprêtait tranquillement à traverser une autoroute sans prendre la peine d'emprunter la passe à gibier aménagée sous la route. Peut-être trop étroite pour elle? Pour quelle raison l'ourse, qui se trouvait en pleine montagne le 26 juillet au moment de la table ronde organisée à la préfecture entre la secrétaire d'Etat à l'Ecologie et les différents interlocuteurs impliqués dans le dossier ours, est-elle redescendue? Aurait-elle été traquée et acculée à traverser la route? Ou suivait-elle son instinct?

Pour les pro-ours, l'endroit où Franska a trouvé la mort faisait partie de son territoire. Elle était en zone de montagne dans le massif du Hautacam et traversait la route située à quelques centaines de mètres d'altitude au sud de Lourdes pour allers vers le Pibeste. La position de l'ours, en fond de vallée, hier matin, apporte de l'eau au moulin des anti-ours se tuant à expliquer aux autorités que les ours réintroduits ne sont pas adaptés aux Pyrénées. Pour eux Franska, coupée de ses montagnes slovènes, avait un "comportement anormal".

Le comité de suivi et le secrétariat d'Etat à l'Ecologie ont-ils bien suivi le dossier?

Depuis plus d'un mois, le comité de suivi technique de l'ours et la préfecture de région ne communiquent plus sur Franska pour ramener la paix dans les esprits à la suite des actions menées par les anti-ours. A quoi sert le comité de suivi, s'interrogent nos lecteurs qui n'ont de nouvelles des ours que lorsqu'ils se font remarquer?

Fallait-il la capturer?
Devant les prédations (près de 150 brebis) et les errements de Franska, aperçue à plusieurs reprises sur un chemin et dans un village des Hautes-Pyrénées, éleveurs et élus ont souhaité sa capture pour pouvoir travailler sans craindre une attaque de l'animal. On était à un cheveu de la capture de Franska le jour de la visite de Nathalie Kosciusko-Morizet, lorsque l'ourse qui semait le scandale se décida à regagner les sommets. L'éventualité d'une capture a été repoussée. Et la question de la création d'une immense réserve préconisée par les éleveurs et les élus est restée en suspens.

Combien reste-t-il d'ours et d'ourses dans les Pyrénées?

Il reste une vingtaine d'ours dans les Pyrénées. La plupart ne font jamais parler d'eux.

Auteur: Martine Cabanne
Source: La Dépêche du Midi du 10 août 2007

- Les réactions à chaud à la mort de Franska

- Chez les oposants à l'introduction d'ours: "Une immense satisfaction"

"C'est une immense satisfaction, un grand soulagement pour les éleveurs du département" nous dit Marie-Lise Broueilh pour laquelle et les associations qu'elle représente "les activités humaines et la présence de l'ours dans les Pyrénées sont incompatibles."

"On a subi un préjudice énorme avec Franska qui était une ourse dévoreuse de moutons, qui tuait pour tuer et traumatisait les bêtes restantes. L'affaire est classée, c'est l'apaisement, l'été finira dans le calme, c'est très important pour nos troupeaux". Elle réaffirme ainsi l'opposition des antis-ours à l'introduction de nouveaux plantigrades. "Si les autorités décident de réintroduire des ours, alors nous mettrons le feu à la montagne."

Marie-Lise Broueilh présidente de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen (ASPP 65)

- Chez les Pro-Ours: "Une triste nouvelle"

"C'est pas de chance! C'est une triste nouvelle. On se serait bien passé de cet accident qui nous rappelle que la population de l'ours est fragile malgré les opérations de réintroduction."

François Arcangeli estime qu'il est "indispensable de remplacer par deux nouveaux lâchers" les ourses Franska et Palouma. "Sans les réintroductions de 1996, 97 et 2006, les Pyrénées ne compteraient plus que deux ours (mâles) alors qu'il y en a actuellement une vingtaine. Cet effectif amputé de deux femelles ne permet plus de garantir la présence des ours dans le massif. On va donc demander rapidement au ministère que ces ours soient remplacés."

François Arcangeli, maire d'Arbas (Haute-Garonne) et président de l'Association Pays de l'Ours-ADET

- Au Ministère de l'Ecologie, La secrétaire d'Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet: "Le plan continue"

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie affirme: "D'abord, c'est essentiel, les deux automobilistes sortent indemnes de ce triste événement qu'il faut prendre en compte dans l'évaluation que j'ai demandée. Avec l'ourse Palouma en 2006, deux femelles sont mortes et le plan est à mi-parcours. Ses objectifs et les engagements internationaux de la France doivent être respectés. Mais je veux qu'on mette à profit l'automne pour, tous autour d'une table, se concerter et réfléchir à l'amélioration des procédures et des suivis. Il n'y a pas d'urgence."

- Franska: le FIEP porte plainte

Suite à la mort de l'ourse Franska le 9 août 2007, le FIEP Groupe Ours Pyrénées porte plainte pour perturbation intentionnelle d'espèce protégée et atteinte à sa conservation.
En effet, à plusieurs reprises durant le mois de juillet 2007 des battues ont été organisées contre cette ourse et des éleveurs ont annoncé leur intention d'abattre Franska.
Pour le FIEP ces traques régulières ont perturbées l'ourse Franska et l'autopsie de sa dépouille a relevé la présence de plusieurs dizaines de plombs à l'arrière train datant d'un mois environ attestant qu'elle a essuyé des tirs.
Il s'agit de faire cesser de tels agissements et de rétablir l'Etat de droit dans les Pyrénées.

Source: FIEP

- Ours à problèmes? Plus de problème!

Nous apprenons la mort accidentelle de l'ourse Franska fauchée par un véhicule au lever du jour sur la quatre voies Lourdes - Argelès.

Nous avions avec insistance auprès des pouvoirs publics dénoncé, au delà du ridicule de ce plan de réintroduction d'ours slovènes dans les Pyrénées, le caractère atypique de cette ourse à problèmes qui élisait domicile dans les villages et promenait sur routes et autoroutes.

Nous avions dénoncé avec force le danger qu'elle représentait en matière de prédation sur les troupeaux mais surtout pour la sécurité des citoyens.

Il est heureux qu'il n'y ait pas eu de drame humain pour autant que notre niveau d'information puisse en témoigner.
Nous constatons néanmoins que l'entêtement du ministère de l'écologie, sous l'emprise des lobbies écologistes, à ne pas vouloir appréhender la réalité de la situation que décrivent depuis longtemps les responsables professionnels et politiques locaux, aurait pu conduire au pire. Tout autant que nous constatons que sans cet entêtement Franska gambaderait encore en Slovénie si son retrait avait été effectif en début de saison.

Nous espérons que la disparition de Palouma et de Franska mettra un terme à ce plan de réintroduction utopique et fossoyeur d'argent public destiné simplement à faire rêver ceux qui n'ont pas à vivre avec l'ours et plus généralement avec les grands prédateurs.

Communiqué de Bernard Moules - Secrétaire général FDSEA Midi-Pyrénées

- Palouma, Franska... Faut-il remplacer ces ours dans les Pyrénées?

Depuis la révélation ce matin de la mort de l'ourse Franska, les réactions vont bon train. Réaction d'AVES France...

Sur le site du ministère de l'écologie, un communiqué de presse a été publié:

"Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, confirment la mort d'un ours intervenue ce jour vers 6 heures 30 du matin sur la route nationale 21, commune de Viger dans le département des Hautes-Pyrénées, à la suite d'une collision accidentelle de l'animal avec une voiture.

Il s'agit de Franska, une ourse en provenance de Slovénie qui avait été relâchée en avril 2006.

L'accident n'a causé aucune victime humaine ni aucun blessé.

La dépouille de l'animal a immédiatement été prise en charge par les services de l'Etat et a été transportée à l'Ecole vétérinaire de Toulouse afin d'y être autopsiée.

Une enquête est conduite afin de déterminer les circonstances précises de l'accident."

La presse, qui avait déjà été attirée par l'odeur du sang de brebis ces derniers mois, trouve enfin un épilogue à son feuilleton de l'été. Franska la prédatrice est morte. Vive Franska!

Les réactions sur les forums reflètent bien la division de la population sur les réintroductions d'ours dans les Pyrénées. Nombreux sont les français qui n'ont pas compris que le renforcement des populations d'ours et la sauvegarde de cette espèce n'est pas seulement un caprice d'écolo rural. Maintenir les grands prédateurs sur notre territoire est avant tout un moyen de protéger l'environnement dans lequel nous vivons.

Imaginez quelques instants les Pyrénées lorsque l'homme aura réussi, dans quelques années, à détruire toutes les espèces sauvages qui y vivent... Nous avons déjà un joli tunnel du Somport, qui a créé la polémique dans les années 90. Qu'est-ce qui empêchera la création d'une autoroute pour remplacer la N134? Qu'est-ce qui empêchera les investisseurs de transformer les Pyrénées en horribles parcs à touristes, comme sont les Arcs dans les Alpes?

Les réactions des représentants des éleveurs sont sans doute les pires. Bernard Moules, Secrétaire général de la FDSEA de Midi-Pyrénées, a déclaré: "Si on nous avait écoutés, Franska vivrait des jours heureux et paisibles en Slovénie" pendant que Jean-Louis Cazaubon, Président de la chambre régionale d'agriculture de Midi-Pyrénées, ironisait en affirmant que "franchement, Franska a été victime de son comportement atypique", et que "Franska n'avait pas d'avenir sur notre massif." Pour lui, "Quoi qu'en pensent le ministère de l'Ecologie et les experts internationaux, ce n'est pas la peine d'être grand devin pour deviner que la biotope pyrénéen n'est plus adapté à de tels animaux"...

Alors que certains affirment être soulagés par la mort de Franska (bien qu'ils ne lui voulaient aucun mal et ne demandaient que son retrait) et disent que les Pyrénées vont enfin retrouver le calme et les éleveurs dormir sur leurs deux oreilles, d'autres sont plus directs dans leurs attaques.

"C'est une immense satisfaction, un grand soulagement pour les éleveurs du département", a témoigné Marie-Lise Broueilh, présidente de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen des Hautes-Pyrénées (ASPP-65). "On a subi un préjudice énorme avec Franska, qui était une ourse dévoreuse de moutons, qui tuait pour tuer et traumatisait les bêtes restantes. L'affaire est classée, c'est l'apaisement", a ajouté cette opposante au plantigrade. Les autorités doivent "tirer les leçons de l'échec du plan de réintroduction de l'ours. Si elles décident de réintroduire des ours, nous mettrons le feu à la montagne", a-t-elle poursuivi.

De notre côté, nous nous permettrons de rappeler qu'AVES France:

Comme pour Palouma, la mort de Franska a eu lieu "accidentellement" après des battues illégales. Coïncidence?

Alors, faut-il remplacer les deux ourses qui ont été "victimes d'accidents"?

Oui, à la seule condition que l'Etat garantisse la protection de ces animaux. La justice (qui est paraît-il la même pour tout le monde) doit condamner ces actes. Nous connaissons les organisateurs de ces battues illégales puisqu'ils n'hésitent pas à vanter leurs actions dans la presse. Qu'attend la justice pour les rappeler à l'ordre? Pourquoi trouve-t-on des bergers pour manifester, mais pas pour garder les troupeaux?

Rappelons au passage à ceux qui auraient pu l'oublier que ce qui coûte le plus cher dans le plan ours n'est autre que la sauvegarde du pastoralisme... Alors nous nous permettons de reprendre les paroles de la buvette des alpages:
"Désabonnez-vous à la Dépêche! Ne mangez plus d'agneaux ou de fromages d'éleveurs qui refusent la cohabitation. Ils sont cons, soyons dûrs! Les ourses Cannelle, Palouma et Franska doivent être remplacées!"

Enfin, à tous ceux qui pensent qu'il y a des problèmes plus grave sur cette Terre, qu'ils n'oublient pas que l'homme n'est pas le centre du monde et qu'il évolue sur une planète... et qu'à force de perturber les équilibres, il y a de fortes chances pour qu'il se conduise lui même à sa perte.

Source: AVES - Francejeudi du 9 août 2007
Auteur: Christophe Coret
Président de l'association AVES France
65 rue des bons enfants
76000 Rouen

- Commentaires sur l'article de Christophe Coret d'AVES-France

Les propos de Christophe Coret sont le reflet de l'irresponsabilité incompétente.Les éleveurs pyrénéens ne refusent pas l'ours en tant que tel mais constatent que, comme leurs parents et grands parents, la cohabitation n'est pas possible.

Il est facile de parler comme Christophe Coret lorsque l'on est pas directement concerné dans sa vie quotidienne. Mais imaginons un seul instant que l'on installe un renard dans son appartement sans lui demander son avis sous un prétexte fumant de vouloir protéger l'espèce et nous verrons la réaction. En moins excessif, nous voyons déjà comment beaucoup de personnes se comportent lorsque des taupes viennent bousculer la pelouse. Car pour ceux qui ne le savent pas, une estive en montagne c'est le prolongement d'une exploitation agricole. Y installer des prédateurs signifie une spoliation interdisant l'activité professionnelle.

Alors toutes ses élucubrations n'ont pas grand intérêt. L'agneau ou le mouton n'ont pas été boycotté tout simplement parcequ'il y a de la qualité. Le fromage fermier et l'AOC Ossau-Iraty se vendent bien et mieux que ceux qui prétendent accepter l'ours (à peine 30 producteurs sur plusieurs centaines).

Christophe Coret peut continuer à parler, celà ne sert à rien.

- La mort de Franska, "ours à problèmes"

Elle semble dormir, tranquille et repue, énorme masse brune au milieu de la route. Comme un bon gros nounours. Mais même si l'été est pourri, l'hibernation n'est pas encore de saison, et Franska n'était pas un bon gros nounours.

La nouvelle de l'accident dont a été victime l'ourse slovène, percutée par deux voitures dans les Hautes-Pyrénées, était à la "une" de la plupart des journaux télévisés, jeudi 9 août.

Sur la RN21, c'est une véritable scène de crime: une traînée de sang sur l'asphalte, des gendarmes prenant des mesures et des photos... même le sous-préfet s'est déplacé. Les circonstances de l'accident pourraient se résumer ainsi: l'ourse n'a pas vu un premier automobiliste qui n'a pas vu l'ourse qui n'a pas vu un deuxième automobiliste...

Allez, un dernier gros plan sur ce cadavre qu'on dirait fait de peluche, et retour sur une histoire qui finit tristement à la rubrique des ours écrasés et qui avait pourtant si bien commencé.

Qu'elle était mignonne, Franska, au printemps 2006, quand elle a surgi du camion parti la chercher en Slovénie pour repeupler les tanières pyrénéennes; elle gambadait museau au vent, ambiance "30 millions d'amis". Quelques mois plus tard, son cas ravivait la polémique entre amis des plantigrades et bergers. L'ourse aurait tué plus de cent brebis, c'est une "serial killeuse". Dans les Pyrénées, ils disent "ours à problèmes"...

On zappe de chaîne en chaîne, d'un camp à l'autre, des hauts plateaux à la vallée, avant d'avoir enfin une explication. "Est qualifié d'"ours à problèmes" celui qui s'attaque à des bêtes surveillées et protégées", affirme un pro-Franska. Ah bon, alors quand une brebis se fait croquer, si elle est loin des yeux - sinon du coeur - de son maître, c'est pas un problème?

On rezappe. Là-haut dans les estives, les éleveurs jubilent - "on est complètement contents" -, ils espèrent qu'on ne mettra plus d'ours dans les pattes de leurs troupeaux. Exactement le contraire de ce que réclament les écologistes, là-bas dans la vallée. Et là, à Paris, dans le jardin du ministère, la secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, tente de ménager la chèvre et le chou - pardon, l'ours et la brebis: "La question du remplacement de Franska doit être posée dans le cadre du bilan à mi-parcours qui est prévu cet automne."

Dernière image des lieux de l'accident, au moment où les gendarmes débarrassent la chaussée des 120 kg de Franska. Tandis que tous les commentaires chutent sur le nombre de plantigrades (une vingtaine) qui continuent à arpenter les Pyrénées, on se dit que l'ours est d'abord un prédateur: il chasse, il tue, il ne sait pas qu'il faut regarder avant de traverser. Tiens, ce serait pas ça, le problème?

Auteur: Isabelle Talès
Source: Le Monde du 11.08.07

- Encore des sondages idiots

Plusieurs médias ont lancé des sondages sur Internet avec presque toujours la même question. La Dépêche du Midi n'échappe pas à cette mode de la stupidité.

Après la mort de Canelle, puis Palouma et maintenant Franska, faut-il continuer à réintroduire des ours dans les Pyrénées?

Nombre de votants: 7544

Source: La Dépêche du Midi - Sondage du jeudi 09 août 2007

Pourquoi un tel sondage est-il stupide?
Les raisons sont multiples et notamment
1/ Il existe la possibilité de voter plusieurs fois et même dans certains cas, d'installer des systèmes de vote automatique.
2/ Il ne s'adresse qu'à ceux qui dispose d'Internet et sont lecteur du site sur lequel le vote est organisé.
3/ L'échantillon peut être orienté par un appel à voter massivement dans certains milieux quelque soit celui-ci.
4/ Ces sondages n'ont pas plus de valeur que ceux faits antérieurement aux lâchers de 2006 et les écologistes s'en servent comme argumentaire dans tous leurs documents remis au Ministère.
5/ Il accentue les conflits entre partisans et opposants sur des bases non scientifiques et peu sérieuses.(Cf. Document de travail établi par FERUS et remis à Nathalie Kosciusko Morizet le 26 juillet 2007 à Toulouse à partir de la question posée par La Dépêche du Midi: "Faut-il capturer l'ourse Franska?")

Le plus extraordinaire avec le groupe de la Dépêche du Midi c'est que le milieu ultra environnementaliste à diffusé sur tous ses forums l'appel suivant:

"Désabonnez-vous à la Dépêche! Ne mangez plus d'agneaux ou de fromages d'éleveurs qui refusent la cohabitation. Ils sont cons, soyons durs! Les ourses Cannelle, Palouma et Franska doivent être remplacées!"

Ca vous inspire quoi?
Le sectarisme idéologique, le terrorisme intellectuel, la haine et les conflits passent par ce type de comportement auquel La Dépêche du Midi se rend complice par ignorance de la mentalité écologiste ou par volonté de manipulation comme c'est le cas (très minotitaire) de la part de quelques journalistes de leur rédaction.

Heureusement que c'est une voiture militaire qui a eu l'accident. Si ça avait été un éleveur ou moi-même je serai allé immédiatement en garde a vue..... Avec une telle haine! Et il faudrait que les éleveurs se laissent marcher dessus?

Cela n'empêche pas Arcangéli (Président de l'ADET, Maire d'Arbas) d'appeler au dialogue alors que sur le forum de son association ce sont des appels à la haine qui sont développés. De quel dialogue parle-t-il?

Il serait temps que les lecteurs ne se laisse pas abuser par toutes ces manipulations qui existent depuis le début des années 1990 avec parfois encore plus de violence contre les populations montagnardes et ceux qui ne partagent le même avis que les "écolos".

Louis Dollo, le 11 août 2007

Nota: La Dépêche du Midi est citée ici en exemple en raison de sa position de principal média régional. Mais elle n'est pas la plus concernée et n'est pas directement visée. Le problème ce sont les sondages de ce type pas le support et les journalistes qui y travaillent.

- "L'ourse n'a cessé d'être traquée"

La mort de Franska vous a t-elle surpris?

Non, pas vraiment. C'était une mort programmée, à partir du moment où l'ourse n'avait ni territoire, ni tranquillité, ni sécurité. Pour qu'un renforcement d'espèce soit réussi, il faut supprimer les causes qui ont provoqué la diminution: garantir la paix de l'animal et sa possibilité de se nourrir."

Rien de tout cela n'a été fait?

Pas vraiment. Le lâcher de Franska s'est fait à la sauvette, dans un lieu inapproprié et hyper-fréquenté, le Chiroulet. Il n'y avait aucun repère pour elle, pas de trace d'ours depuis des décennies. De plus, depuis l'instant de son lâcher jusqu'à sa mort, Franska n'a bénéficié d'aucune tranquillité. Elle n'a cessé d'être traquée, dérangée; elle n'a pu se familiariser avec son nouveau territoire et ses possibilités de nourrissage. Elle est restée erratique et ça explique ses grands déplacements en quête de nourriture."

On a prêté à Franska un comportement anormal d'agressivité, d'hyperprédation?

"Ca s'explique tout à fait. Un ours est à 80 % végétarien. Le milieu où a été lâchée Franska est riche, mais fallait-il qu'elle puisse l'exploiter. Ramasser des végétaux, tubercules, des fruits... exige du temps et donc de la tranquillité. Traquée sans arrêt, l'ourse a paré au plus pressé pour se nourrir efficacement, d'où des prédations animales. Plus on gêne les ours, plus ils deviennent carnivores, se nourrissant à la sauvette. Quant à "l'hyper- agressivité" de Franska, elle est normale: on la retrouve chez les humains qu'on importune sans arrêt et "mal dans leur peau".

Faut-il reprendre les réintroductions et avec des ours slovènes?

"Oui, à condition que les ours soient accueillis et non imposés. Une fois encore, il leur faut la tranquillité. Cela se passe bien en val-d'Aran, en Haute-Garonne ou en vallée d'Aspe où il n'y a pas ou peu de dégâts. Quant au "problème" de l'origine slovène des ours, c'est ridicule: selon les lois de Mendel, le gène slovène est du même caractère que le pyrénéen...

Recueilli par H. Dubarry
Source: La Dépêche du Midi du 11 août 2007

- Franska: retour sur une mort "programmée"

Vingt-quatre heures après la mort de Franska, écrasée jeudi au petit matin sur une double voie routière près de Lourdes, la tension est retombée dans les Pyrénées. Comme si la disparition de l'ours slovène enlevait une épine du pied aux belligérants d'un conflit qui s'était singulièrement enflammé cet été. Au fil des prédations de l'animal, les anti-ours étaient même arrivés à reprendre la main dans un débat où l'opinion publique était pourtant nettement favorable à la présence de l'ours dans les montagnes.

Hier matin, le cadavre de Franska a été autopsié à l'école vétérinaire de Toulouse sans que rien ne filtre sur les causes de la mort. Le rapport devrait vraisemblablement confirmer la thèse de l'accident privilégiée par l'enquête. Peu importe. Sur le fond, cette disparition ne règle en rien le débat qui oppose depuis dix ans le monde de l'élevage et les partisans de la biodiversité. Si les premiers ont exprimé, sans retenue, leur joie jeudi en apprenant la mort de la "croqueuse de moutons", pour les pro-ours le combat continue. Ils ont aussitôt réclamé de nouveaux lâchers à la ministre de l'Ecologie. Un brin embarrassée, Nathalie Kosciusko-Morizet a fait savoir que "la question n'était pas d'actualité "mais que le programme de réintroduction n'était pas remis en cause". Bref, il est urgent d'attendre... Reste deux questions: à force de traquer et de diaboliser l'animal, la mort de Franska n'était-elle pas inéluctable, pour ne pas dire programmée?

Enfin pourquoi ce programme de réintroduction d'espèces sauvages suscite autant de passions en France? En Slovénie, les ours traversent aussi la route et les experts estiment qu'une vingtaine de bêtes sont écrasées par an. Et en Italie, dans le Trentin, un animal sur deux périrait accidentellement sans retenir l'attention de quiconque ni générer d'affrontement entre les rats des villes et les rats des champs. En attendant, la guerre de l'ours continue. La mort de Franska offre juste une trêve aux deux camps.

Auteur: Hervé Monzat
Source: La Dépêche du Midi du 11 août 2007

- Franska, une mort annoncée et des problèmes qui restent

La mort accidentelle de Franska sur la voie rapide entre Lourdes et Agos Vidalos mercredi dernier n'est qu'un accident banal comme nous pouvons en voir avec tout le gros gibier en France et à l'étranger. En Slovénie, le problème se pose également avec les trains. Cette disparition n'est pas un véritable événement en soi.

Pour l'ASPP 65 ce qui est important c'est que les éleveurs puissent retrouver la sérénité et la tranquillité pour exercer librement le métier qu'ils ont choisi. Eleveur/berger dans un village de vallée ou de montagne avec de petites surfaces d'exploitation complétées par les estives.

C'est aussi l'espoir que des estives abandonnées ou partiellement vidées depuis l'introduction des ours Slovènes puissent à nouveau retrouver vie et que les bergers et éleveurs puissent en tirer une ressource suffisante de leur exploitation et maintenir la vraie biodiversité de nos montagnes qui s'est construite au fil des siècles voire des millénaires grâce au pâturage.

Franska n'est qu'un élément révélateur des objectifs des ultra environnementalistes qui veulent introduire des ours exogènes dans un milieu ou le développement des activités humaines d'hiver et d'été n'a pas laissé de place à l'ours des pyrénées.

Leur acharnement pour implanter des ours Slovènes met en évidence, une méconnaissance totale des contraintes techniques et économiques des éleveurs, un refus de prendre en compte les conséquences destructrices irréversibles sur un milieu d'une biodiversité à la richesse exceptionnelle et la volonté de classer la seule exploitation durable du milieu naturel comme sans importance.

Ces environnementalistes qui imposent aujourd'hui leur désir sont incapables d'avoir une vision globale de la biodiversité, de l'environnement et du développement durable en s'attachant à une seule espèce emblématique sans jamais approfondir les conséquences d'importations coûteuses d'ours qui auraient sans doute vécus dans de meilleures conditions dans leur pays d'origine malgré l'existence d'un plan de chasse pour réguler leur prolifération.

Franska comme les autres ours importés n'est que le révélateur d'une écologie politique malade de ses dogmes et de son idéologie dépassée tournée contre l'homme et plus spécialement contre ceux qui habitent et travaillent sur les territoires de montagne.

La mort de Franska ne doit pas nous faire oublier que tous les problèmes restent à régler.

1/ les préalables à toutes discussions avec les pouvoirs publics à savoir le retrait de Boutxy et l'arrêt du plan d'introduction d'ours

2/ les problèmes que rencontrent les autres éleveurs / bergers pyrénéens avec d'autres ours, que ce soit en vallée d'Aspe, à Melles, dans le Biros, le haut-Ariège ou chez nos amis espagnols de la Navarre à l'Alt Anéou.

3/ les problèmes de fond liés

La mort de Franska n'efface pas les problèmes de sinistres occasionnés par les vautours à l'occasion desquels des éleveurs / bergers se font outrageusement qualifier de menteurs ou de "chasseurs de primes" par certaines administrations publiques et des associations ultra environnementalistes irresponsables.

La mort de Franska n'est qu'un accident occasionnel lié à la confrontation du monde animal sauvage et du monde moderne vécu par la majorité de la population française. Elle apporte la preuve que les Pyrénées ne sont pas un espace sauvage mais un milieu humanisé où vit de manière régulière et permanente toute une population et où s'exercent des activités humaines à tous les niveaux et à tous les étages montagnards.

Cette mort d'une ourse ne remet pas en question les actions en cours menées par l'ASPP 65 et les syndicats agricoles notamment l'aide et assistance matérielle aux éleveurs victimes d'un sinistre de la part des grands prédateurs (constats, aide juridique, etc...)

Par ailleurs, l'ASPP 65 n'oublie pas et tient aussi à apporter son soutien à ceux qui, dans les Alpes, le Jura et le Massif Central souffrent de la présence du loup et de toutes ses conséquences économiques, sociales et humaines. Elle soutiendra les élus savoyards qui viendront lundi et mardi chercher de l'aide dans les Pyrénées.

Communiqué de presse du 13 août 2007.
Contact presse: Marie-Lise Broueilh

- Autopsie de Franska: mort accidentelle mais des dizaines de plombs et un dépôt de plainte

L'autopsie de l'ourse slovène Franska, tuée jeudi près de Lourdes (Hautes-Pyrénées) après avoir été percutée par deux véhicules, a confirmé que la mort de ce plantigrade "a une origine accidentelle", a annoncé lundi le tribunal de Tarbes.

L'autopsie, effectuée vendredi dernier à l'école vétérinaire de Toulouse sur réquisition du parquet de Tarbes, a cependant également révélé que Franska avait été atteinte il y a un mois environ de plusieurs dizaines de plombs, sans lien avec la mort de l'animal.

"Les résultats de l'autopsie corroborent les constatations effectuées sur les lieux de l'accident le 9 août et les investigations menées. La mort de l'animal a une origine accidentelle", indique dans un communiqué le substitut du procureur de la République, Laurent Griffon.

"L'expert atteste que Franska a subi deux blessures. La première au niveau de l'arrière-train gauche: la patte arrière gauche a été totalement sectionnée, ainsi qu'une artère, causant une blessure hémorragique mortelle à très court terme. La seconde au niveau du thorax: les côtes et la colonne vertébrale ont été fracassées, ce qui a provoqué la mort immédiate de l'ourse", précise le texte.

Plusieurs dizaines de plombs
"Les clichés radiographiques réalisés préalablement à l'autopsie mettent aussi en évidence la présence de plusieurs dizaines de plombs de petit calibre ayant atteint l'animal sur l'arrière-train, il y a environ un mois selon l'expert, qui exclut formellement que ces plombs puissent être à l'origine de la mort de l'ourse", ajoute le communiqué.

Le vétérinaire a constaté qu'avant son décès "l'animal était en bonne santé, sans doute âgé d'environ 17 ans pour un poids de 120 kg", indique-t-il.

Franska a été percutée tôt jeudi matin par deux voitures en traversant la RN21 qui longe, sur quatre voies, le gave de Pau, près de Viger, à 5 km au sud de Lourdes.

Introduite au printemps 2006 dans les Pyrénées, en même temps que quatre autres ours slovènes, Franska avait attaqué depuis plusieurs troupeaux, tuant près de 150 brebis et attisant le mécontentement des éleveurs et des élus de la région, qui demandaient sa capture et son retrait des Pyrénées.

L'ADET scandalisée
Dans un communiqué diffusé ce lundi, l'Adet-Pays de l'ours se dit scandalsée.

"Plusieurs dizaines de plombs ont été retrouvés dans le corps de Franska lors de son autopsie. Même s'ils ne sont pas la cause directe de la mort, Franska était blessée et on ne peut exclure que cela ait influé sur son comportement.

Qui sait si Franska aurait traversé cette route à ce moment-là si elle n'avait été dérangée, pourchassée, stressée et blessée?

Après les insultes, les pressions, les menaces, les manifestations violentes, le saccage de la mairie d'Arbas, les agressions, le miel contenant du verre pilé, les battues illégales en plein été, voici maintenant les coups de fusil!? Ca suffit! Combien de temps allons-nous laisser une poignée d'opposants braver toutes les lois pour une cause dont ils ont été déboutés par les tribunaux à plusieurs reprises? Est-il admissible que dans un état de droit une minorité cherche à détruire par la violence ce qui a été démocratiquement décidé?

Il serait inacceptable que l'on recule sur ce dossier emblématique de la protection de la biodiversité en France sous la pression de quelques délinquants violents.

La seule réponse possible est le remplacement automatique par deux individus de tout ours retrouvé mort suite à des actions illégales d'opposants. Nous en appelons au Gouvernement pour rétablir l'état de droit dans les Pyrénées et faire respecter la loi et la décision démocratique de restaurer une population viable d'ours dans les Pyrénées."

Dépot de plainte
L'association Ferus de son côté a décidé de déposer plainte. "En août 2006, Ferus a déposé plainte contre les battues d'effarouchement de l'ourse Franska. Or, l'autopsie de l'animal prouve aujourd'hui que les anti-ours ne se sont pas contentés d'effaroucher mais ont tiré sur cette ourse avec du vrai plomb pour l'abattre", explique l'association dans un communiqué. Ferus porte plainte pour tentative de destruction d'une espèce protégée et porte également plainte contre tous les participants aux battues ayant eu lieu en 2007 dans la continuité de sa plainte déjà déposée en août 2006. "Des milices d'autodéfense ne sauraient imposer leur loi sur le sol français!"

Source: La Dépêche du Midi du 13 août 2007

- On a bien tiré sur Franska

On a bien tiré sur Franska, même si plusieurs dizaines de plombs de chasse retrouvés sur l'animal sont sans lien direct avec sa mort. Hier, le procureur de la République de Tarbes a rendu publiques les conclusions de l'autopsie effectuée vendredi par l'école vétérinaire de Toulouse sur réquisition du Parquet. Il s'agit d'une première communication avant que soit divulgué, dans une dizaine de jours, le rapport complet qui prendra également en compte les résultats des analyses toxicologiques pratiquées sur Franska. On saura alors quelle suite, judiciaire ou pas, le procureur entend donner à ce dossier à rebondissements.

Mais si on peut déplorer ces traces de plombs suspectes, les conclusions sont claires: Franska est bien morte des suites de ses blessures provoquées lors de la collision survenue le 9 août sur la RN 21, à 5 km au sud de Lourdes. L'autopsie, précise un communiqué du substitut du procureur, "corrobore les constatations effectuées sur les lieux de l'accident". Franska a été atteinte au niveau de l'arrière-train gauche. La patte arrière a été totalement sectionnée, ainsi qu'une artère, provoquant une grave hémorragie. Le plantigrade a été heurté aussi au thorax. Côtes et colonne vertébrale ont été "fracassées", ce qui a provoqué le décès immédiat de l'ourse. Au moment des faits, précise encore le vétérinaire, "l'animal était en bonne santé, sans doute âgé d'environ 17 ans pour un poids de 120 kg..."

Reste ces fameux plombs de petit calibre mis en évidence par des radiographies réalisées avant l'autopsie. Des traces qui remontent à un mois, selon l'expert.

Introduite au printemps 2006 dans les Pyrénées en même temps que quatre autres plantigrades, Franska s'était très vite distinguée par des attaques à répétition de troupeaux. Excédés par ces dégâts, les éleveurs avaient manifesté devant la préfecture de Tarbes, le 11 juillet, avant d'entreprendre des battues dans la vallée du Nistos. La femelle avait été repoussée à coups de pétards sur le territoire de Montréjeau, non loin de l'autoroute. C'était il y a un mois justement. Les coups de fusil datent-ils de cet épisode? L'hypothèse n'est pas écartée.

Dans tous les cas, cette expertise confirme la traque de l'animal qualifié d'animal dangereux et qui a été longtemps pourchassé. Hier, les conclusions de l'autopsie ont suscité la colère des partisans de l'ours qui ne comprennent pas que les pouvoirs publics se montrent aussi laxistes face aux agissements de certains éleveurs. L'association Ferus a décidé, ce lundi, de porter plainte pour tentative de destruction d'une espèce protégée.

Auteurs: J-M. Decorse et J. Battoue
Source: La Dépêche du Midi du 14 août 2007

- "Le laxisme de l'Etat, ça suffit"

Hier, des responsables agricoles savoyards et pyrénéens étaient réunis à Castanet (31) pour tenter de répondre aux "problèmes" liés aux grands prédateurs. Objectif? Mettre en place une "stratégie commune" face à la présence de l'ours, du loup, du lynx et du vautour.

Pendant ce temps, la publication des résultats de l'autopsie a fait monter la tension d'un cran. "Il est temps que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités face à une poignée d'individus prêts à faire la guerre Le laxisme de l'Etat, ça suffit...". François Arcangeli n'a pas caché sa colère. Le maire d'Arbas (31) et président de l'association Pays de l'ours-ADET est revenu sur les événements de ces derniers mois, sur les démonstrations de force, les saccages et les dégradations commises, selon lui, par "une minorité délinquante qui laisse croire qu'elle représente la majorité des Pyrénéens". "On a vu des hommes armés tirer en l'air sans que cela suscite de réactions des responsables de l'Etat. Pour des faits moindres, des jeunes de banlieue auraient été interpellés".

Du côté des opposants, le ton est différent: "Des traces de plomb sur l'animal, et alors? Pour moi, ce n'est pas un événement. Ce qui m'intéresse, c'est le problème de fond, celui de la présence de l'ours", souligne Francis Ader, de l'Association de défense de l'identité pyrénéenne (Adip). Quant à Marie-Lise Broueilh, présidente de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen, elle voit dans le rapport du véto "une façon habile de l'Etat de détourner l'attention sur ses propres responsabilités. "Quatre jours avant l'accident, l'ourse avait été observée au même endroit. Elle avait déjà traversé cette route. Qu'ont fait alors les services techniques?", interroge l'éleveur. "C'est une diversion. Le vrai responsable de la mort de l'ours est le préfet qui a laissé faire cet effarouchement sans rien dire..." Et Marilyse Broueilh de poursuivre: "Qu'on me prouve que ces plombs ont été lâchés il y a un mois. Comment peut-on être aussi précis?"

Auteur: J-M. Decorse
Source: La Dépêche du Midi du 14 août 2007

La Vierge... et Franska

Le Théâtre de verdure du vallon de Salut et la prairie qui le domine ont servi de cadre admirable à la célébration de l'office solennel de l'Assomption. Cette année, ce projet que l'abbé Courtade caressait depuis des années a pu se réaliser. Il avait échoué les années précédentes à cause du mauvais temps. 2007 restera donc dans les mémoires grâce au soleil qui a décidé de participer à la réussite d'un voeu cher au curé de la paroisse de Saint-Vincent.

C'est donc en présence de Rolland Castells, maire, conseiller général de Bagnères, et d'une grande foule de fidèles, que la grand-messe de l'Assomption a été célébrée. L'animation musicale était assurée par le groupe des Chanteurs montagnards d'Alfred Rolland, sous la direction d'Alain Naves, renforcé par l'ensemble Vox Bigerri, dirigé par Pascal Caumont, professeur au conservatoire Henri-Duparc, du Grand Tarbes, sans oublier la chorale des fidèles.

Une messe très animée donc, une liturgie mariale digne de celles de Lourdes; à signaler que les Chanteurs montagnards ont interprété la "Messe d'Alfred Rolland", l'une des oeuvres de musique sacrée qui fut donnée en l'honneur du pape de l'époque...

A l'issue de l'office, l'abbé Courtade a rappelé qu'une cinquantaine de jeunes Bagnéraises et Bagnérais allaient partir pour un voyage à Rome: un voyage organisé par la paroisse, qui finance en particulier celui des enfants des familles les plus démunies.

Lui succéda à la tribune Rolland Castells, pour adresser quelques mots à l'assistance nombreuse. Il se félicitait de la réussite de cette messe, dans le cadre du vallon de Salut, et du succès du festival A Voix haute. Il profitait de l'occasion pour annnoncer son intention de demander au ministère de l'Environnement la possibilité de récupérer la dépouille de l'ourse Franska, récemment morte. Il désire la faire naturaliser et la présenter, dans le futur, dans le cadre du Muséum d'histoire naturelle du vallon de Salut. Une nouvelle qui n'a pas fini d'être commentée, une façon comme une autre de "redorer" une mauvaise réputation du plantigrade, au regard de ses méfaits. Est-ce un bon présage? Au même moment, à la verticale du théâtre de la nature, un vol de vautours tournoyait, à la recherche de la pitance (plusieurs dizaines... on en voit de plus en plus au-dessus de la cité thermale!).

Enfin, pour terminer en beauté le festival, c'est sous un chapiteau dressé au musée Salies qu'un repas bigourdan attendait les festivaliers, accompagnés par la Friture Moderne et les chanteurs du festival A voix haute. Rendez-vous est donné pour la 4e édition.

Auteur: G. Bringuier
Source: La Dépêche du Midi du 21 août 2007

- Franska: l'autopsie confirme l'accident

Les dizaines de plombs dans l'arrière-train ne sont pas à l'origine de la mort de l'ourse.

L'autopsie de l'ourse slovène Franska qui a été percutée jeudi par le véhicule d'un militaire sur la route nationale 21 au sud de Lourdes (Hautes-Pyrénées) a confirmé que "la mort de l'animal a une origine accidentelle". Laurent Griffon, substitut du procureur de Tarbes, a indiqué hier que l'expert de l'école vétérinaire de Toulouse "atteste que Franska a subi deux blessures".
La première a sectionné sa patte arrière gauche et une artère ce qui a causé une hémorragie "mortelle à très court terme" pour Franska.
Mais c'est le second choc au niveau de sa poitrine, "les côtes et la colonne vertébrale ont été fracassées", qui a "provoqué la mort immédiate de l'ourse". Les radiographies du cadavre de Franska, accusée d'avoir attaqué plusieurs troupeaux et tué cent-cinquante brebis et traquée par des éleveurs mécontents, ont révélé que son arrière-train avait été criblé "il y a environ un mois" de plusieurs "dizaines de plombs de petit calibre".L'expert exclut "formellement que ces plombs puissent être à l'origine de la mort de l'ourse".
Les traces de ces coups de fusil prouvent que Franska ne menaçait pas les anti-ours tireurs puisqu'elle leur tournait le dos. Des pro-ours considèrent que ces battues ont pu "déranger" l'animal et "le pousser" vers des routes dangereuses.
Le vétérinaire expert a constaté qu'hormis les plombs, Franska "était en bonne santé, sans doute âgée de 17 ans, pour un poids de 120 kilos".
L'animal avait été introduit au printemps 2006 dans les Pyrénées, en même temps que quatre autres ours venant de Slovénie.

Auteur: P. T.
Source: Libé du 14 août 2007

- La courte vie de Franska dans les Pyrénées

Franska, lâchée le 28 avril 2006, n'a guère eu le temps de s'acclimater aux Pyrénées. L'ourse slovène a été tuée au petit matin du jeudi 9 août sur la RN 21, à hauteur de Viger, après avoir été heurtée par deux voitures. On l'a retrouvée, fracassée contre le rail de sécurité de la 2 x 2 voies. Sur place, une tente a été immédiatement déployée par les gendarmes du service de l'identification criminelle. Ces enquêteurs ont procédé à des relevés pour tenter d'expliquer l'enchaînement des faits. Il semble que Franska, descendue de Gazost où elle avait commis quelques prédations, s'apprêtait à regagner le massif du Pibeste. Mais cette fois, elle n'avait pas emprunté le tunnel aménagé pour les bêtes sauvages. Elle a sauté le grillage protecteur...

Terreur des troupeaux et bête noire des éleveurs, elle n'était plus qu'une masse informe. La nouvelle a fait grand bruit, suscitant autant de soulagement que de colère. Car il s'agissait du deuxième décès accidentel d'un plantigrade relâché dans le cadre du plan de restauration de l'ours dans les Pyrénées. Palouma, dans le Louron, était tombée elle-même d'une barre rocheuse...

Franska avait été lâchée en catimini, dans un contexte explosif. Avant son arrivée, les anti-ours avaient sorti leurs griffes. Une manifestation avait même été organisée à Bagnères-de-Bigorre. Et les battues d'effarouchement s'étaient multipliées au rythme de ses prédations: 150 brebis dépecées. Plus tard, l'expertise confirmera la mort accidentelle du plantigrade, elle a révélé aussi qu'on avait tiré sur Franska: plusieurs dizaines de plombs de chasse ont été retrouvés sur l'animal...

Auteur: Josiane Battoue
Source: La Dépêche du Midi du 27 décembre 2007

- Ne m'appelez plus jamais Franska!

Suite à la mort de Franska, le Canard Enchaîné émet des doutes sur le caractère fortuit de cette mort.

Ils ont raison d'avoir des doutes mais pas pour celles qu'ils exposent. Le militaire habite et travaille à Barèges, en Pays Toy, au Centre d'Entraînement Montagne (CEM). Il se rendait à Tarbes pour 7h au 1er RHP pour aller faire un saut en parachute et conserver sa qualification. Rien d'anormal et aucune suspicion possible, l'accident ayant eu lieu à 6h30... 30 mn avant son rendez-vous à Tarbes.

Mais on peut noter que ce militaire a reçu les félicitations officielles de son Chef de Corps au cours d'une prise d'arme quelques mois plus tard pour "son courage et son sang froid" à l'occasion de cet événement peu banale en France... plus classique en Slovénie.

Lire l'article du Canard Enchaîné