L'ours JJ3, un problème pour la Suisse

 

Dès son arrivée dans les Grisons, la présence de l’ours JJ3 n’a pas été spécialement appréciée. La cohabitation avec l’ours n’est pas pour demain dans ce secteur de la Suisse. L’année suivante il sera carrément abattu.

Un deuxième ours aux Grisons : il s'en prend à des ruches


Un deuxième ours semble avoir pénétré aux Grisons. Un jeune plantigrade s'en est pris à des ruches dans le Val Müstair, en Engadine. L'apiculteur a découvert les dégâts jeudi.

Un deuxième ours semble avoir pénétré aux Grisons. Un jeune plantigrade s'en est pris à des ruches dans le Val Müstair, en Engadine. L'apiculteur a découvert les dégâts jeudi.

Le garde-chasse a découvert sur place les empreintes d'un jeune ours, a indiqué le service grison de la chasse et de la pêche. Il s'agit vraisemblablement du même animal que celui observé il y a quelques jours seulement dans la région voisine de Livigno, en Italie. Une analyse ADN de poils et d'excréments doit toutefois encore confirmer cette hypothèse.

Le jeune ours identifié à Livigno parcourt depuis quelques semaines le Tirol du sud, à l'est du Val Müstair. Il aurait tué 12 moutons à Vinschgau, selon les autorités locales. Le service grison de la chasse et de la pêche craint qu'il ne s'en prenne aussi à des moutons dans le Val Müstair, de même qu'à d'autres ruches.

Les apiculteurs sont actuellement en train de protéger leurs ruchers avec des clôtures électriques, un projet en collaboration avec le WWF et financé en grande partie par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) dans le cadre de son plan de gestion de l'ours brun en Suisse. Quant aux troupeaux de moutons, quelque 60% sont aujourd'hui déjà surveillés par des chiens.

Le jeune ours du Val Müstair n'est pas celui observé début juin à Zernez et près de Davos, relèvent les autorités cantonales. Ce dernier est un animal adulte timide dont a perdu la trace depuis.

Source : ATS du 15 juin 2007

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Le jeune ours cherchait du miel


Deux ours se baladent sur territoire helvétique: le jeune adulte qui a détruit trois ruches dans la nuit de mercredi à jeudi du côté du Val Müstair est plus jeune que l'individu repéré à Zernez (Grisons)

«Dans la nuit de mercredi à jeudi, un jeune ours s'en est pris à trois ruches d'un rucher du Val Mora (GR), une vallée latérale du Val Müstair (GR)» Pour Jon Gross, le garde-chasse grison, la bête serait de petite taille. «Nous avons repéré dans le sable une trace de patte qui mesurait 17 centimètres sur 11 centimètres.»

Selon toute vraisemblance, il ne s'agit pas de l'ours adulte repéré fin mai près de Zernez (GR) et plus récemment dans les environs de Davos. En clair, deux ours se baladeraient actuellement sur territoire helvétique. «Je pense que le deuxième plantigrade est le même individu que celui qui avait été aperçu, il y a trois semaines à moins d'un kilomètre de la frontière suisse: un jeune adulte âgé d'environ un an et demi et qui provient du Trentin en Italie», explique Joanna Schönenberger, responsable du projet ours du WWF.

Apiculteur indemnisé
Lors de son passage près de la frontière suisse, le jeune animal avait abandonné quelques poils qui sont actuellement encore examinés par les scientifiques italiens. «Nous n'avons pas obtenu les résultats des analyses. C'est la raison pour laquelle nous ne connaissons ni son nom, ni son âge exact.»

Reste que le jeune gourmand ne s'est guère délecté du fruit de ses rapines car le miel y était fort rare. «Les ruches détruites, poursuit Joanna Schönenberger, étaient essentiellement destinées à l'élevage des reines. Cela dit, les ours se nourrissent aussi des larves qui contiennent beaucoup de protéines.»

Manque de chance pour l'apiculteur, le rucher sinistré figurait sur une liste établie par le WWF afin de bénéficier prochainement d'une protection électrique efficace contre les plantigrades. «Cet incident met en évidence l'urgence de la mise en place du projet», a encore ajouté Joanna Schönenberger. L'apiculteur sera toutefois indemnisé pour les dégâts subis comme le prévoit la loi fédérale sur la chasse.

Auteur : Victor Fingal
Source : Le Matin du 16 juin 2007

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L'ours aperçu aux Grisons est le frère de "Bruno" et "Lumpaz"


Le jeune ours amateur de miel qui été aperçu ces derniers jours dans les Grisons est le frère de "Lumpaz", présent dans le canton en 2005, et de "Bruno", abattu en 2006 en Bavière (D). Les résultats des analyses génétiques ne laissent aucun doute.

Le jeune ours amateur de miel qui été aperçu ces derniers jours dans les Grisons est le frère de "Lumpaz", présent dans le canton en 2005, et de "Bruno", abattu en 2006 en Bavière (D). Les résultats des analyses génétiques ne laissent aucun doute.

Elles montrent que le jeune ours appelé JJ3 par les scientifiques est un mâle né en 2006. Il est le rejeton de "Jurka" et "Joze", parents aussi de "Bruno" (JJ1) et de "Lumpaz" (JJ2), "garnement" en romanche, a indiqué l'inspecteur cantonal de la chasse.

Par contre, les analyses ADN de trois poils découverts le 6 juin dans le Dischmatal, près de Davos, n'ont eux pas donné de résultat. Il y avait trop peu de matériel génétique, selon l'institut INFS de Bologne (Italie), pour déterminer l'identité de cet ours qui n'a plus été aperçu depuis. Une chose est sûre: il ne s'agissait pas de JJ3.

JJ3 a été aperçu pour la première fois dimanche par un chasseur dans le Val Müstair. La semaine dernière, il s'en était pris à des ruches, provoquant des dégâts minimes. Avant d'entrer en Suisse, l'animal s'était promené au Sud-Tirol où il aurait tué une douzaine de moutons. Le gouvernement italien a autorisé sa capture.

Source : Le Matin du 20 juin 2007

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Nouvelles traces d'ours en Engadine: deux ruches pillées


Deux nouvelles ruches ont été la cible d'un ours en Engadine, à Susch et Zernez (GR). Elles ont été vidées de leur miel. Les traces de morsures sont indéniablement celles d'un ours, selon un collaborateur scientifique de l'Office cantonal grison de la chasse et pêche.

Après deux ans d'absence présumée, l'ours a refait son apparition début juin en Suisse. Un animal, prénommé du doux nom de "JJ3", a été vu non loin de Zernez, à la frontière du Parc national. La présence d'un deuxième plantigrade a également été attestée dans la Val Müstair.

Source : Le Matin du 29 juin 2007

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Deux ours et non un se promènent dans les Grisons


Deux ours et non un se promènent dans les Grisons. Ils ont tué 14 moutons dans la région

Deux ours et non pas un se promènent dans les Grisons et s'attaquent aux moutons de la région, a indiqué mercredi l'office grison de la chasse. L'un des plantigrades a égorgé 10 moutons la semaine dernière à S-charl, en Engadine et l'autre a tué 4 autres ovins près du col de la Fluela dans la nuit de lundi à mardi. Cet ours a agi de façon déterminée et expérimentée, contrairement à celui qui a égorgé dix moutons la semaine dernière, selon les autorités grisonnes. Dans ce dernier cas, on a affaire à un jeune animal qui n'a pas encore une grande expérience de la chasse.

Source : TSR.ch du 4 juillet 2007

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L'ours et les bergers jouent à cache-cache


Le désamour entre les bergers grisons et les ours ne faiblit pas. Les premiers craignent toujours plus pour la survie de leurs moutons, alors que les seconds se gênent de moins en moins de s'attaquer aux fragiles ovins.

L'office grison de la chasse et de la pêche a indiqué mercredi que deux ours ont égorgé 14 moutons en l'espace de quelques jours aux Grisons. L'un d'eux pourrait être "JJ3", un jeune mâle apparu à la mi-juin en Engadine, aussi amateur de miel. L'animal, qui n'a pas encore été nommé officiellement, aurait tué une douzaine de moutons au Sud-Tirol (I) avant d'entrer en Suisse.

Un jeune mâle
La semaine dernière, les cadavres de dix moutons ont été découverts dans la vallée de S-charl, au sud de Scuol, à la frontière avec le Sud-Tirol. Les bêtes, qui font partie d'un troupeau de 200 têtes, ont été égorgées par un ours encore jeune et inexpérimenté.

"Nous pensons qu'il s'agit de JJ3", a précisé le biologiste Hannes Jenny. Le jeune mâle, âgé d'un an et demi à peine, se promène depuis un mois environ dans la région. Toutefois, l'animal n'a cette fois pas laissé de traces permettant de l'identifier par une analyse ADN.

Déjà au Val Müstair
A la mi-juin, "JJ3" s'en était pris à des ruches dans le Val Müstair. Les résultats des analyses génétiques ont montré qu'il s'agissait d'un frère de "Lumpaz" ou "JJ2", présent aux Grisons en 2005, et de "Bruno" ou "JJ1", abattu en 2006 en Bavière.

Né en 2006, "JJ3" est le rejeton de "Joze" et "Jurka". Avant d'entrer en Suisse, il aurait égorgé une douzaine de moutons au Sud-Tirol. Le gouvernement italien a autorisé sa capture. "JJ3" n'a pas encore été attrapé, selon H.Jenny.

Maman capturée
En revanche, sa mère "Jurka" a été capturée fin juin dans le Trentin, au nord de l'Italie, et pourrait être déplacée dans une autre région. Début juin, un autre ours a été observé à Zernez et près de Davos. Il s'agit d'un animal adulte plutôt timide. Il pourrait être l'ours qui a tué quatre moutons dans la nuit de lundi à mardi près du col de la Fluela, estime H.Jenny.

Mais là non plus, aucune analyse ADN ne pourra venir confirmer ni infirmer les spéculations. Le plantigrade a, dans ce cas, agi de façon expérimentée, "professionnelle". Les coups de pattes, vigoureux et précis, ont carrément brisé des os aux colonnes vertébrales des proies. Un cinquième mouton est tombé d'une falaise, vraisemblablement en fuyant son prédateur.

Source : TSR Suisse du 4 juillet 2007

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«L'ours à l'abri des balles»


L'inspectorat de la chasse des Grisons réunit les bergers pour leur enseigner les bases de la protection contre les agressions des prédateurs. Mais il n'est pas question de tirer sur les plantigrades

«Les bergers de la région sont étonnamment calmes. Il n'y aura pas de braconnage chez nous.» Hannes Jenny, un biologiste de l'Inspectorat de la chasse à Coire, faisait le point hier après le massacre de 14 moutons commis récemment par les deux ours qui se baladent actuellement dans les Grisons. «Nous allons rencontrer aujourd'hui les bergers et discuter avec eux des mesures à prendre pour se protéger des prédateurs.» Parmi les diverses options, le rassemblement de plusieurs troupeaux pendant la nuit afin de réduire au maximum la dispersion des bêtes et l'installation de clôtures électrifiées. Mais le nec plus ultra reste le chien de garde, comme le patou des Pyrénées, et, de plus en plus, un chien capable de rassembler les moutons, tel le border collie. «Si nécessaire, la Confédération prête un chien pendant une année au berger», précise Daniel Mettler, de la Défense des troupeaux, à Lausanne, une section du Développement de l'agriculture et de l'espace rural (AGRIDEA). Seul bémol, les quelque 80 chiens qui sont actuellement dans les zones à risque ne suffisent plus. «Il en faudrait beaucoup plus», estime Hannes Jenny, sans toutefois avancer de chiffres.

«C'est un jeune peu expérimenté qui a tué autant de bêtes»
"Le massacre des dix moutons près de S-charl, en bordure du Parc national, est attribué à «JJ3», environ 1 an et demi, le frère de «Lumpaz». «C'est un jeune peu expérimenté qui a tué autant de bêtes», explique Joanna Schönenberger, responsable du projet ours du WWF. Quant aux quatre autres victimes du col de la Flüela, elles porteraient les marques des pattes et des crocs du plus âgé des deux grands prédateurs (environ 2 ans et demi) actuellement en Suisse, mais qui n'a pas été identifié.

«Dans les milieux qui dépendent du tourisme, le retour de l'ours est accueilli favorablement. En revanche, une certaine anxiété est perceptible du côté des éleveurs», ajoutait Hannes Jenny. Mais le biologiste de l'Inspectorat de la chasse est formel, personne, dans les Grisons, ne veut plus la mort des ours bruns. Détail piquant, à quelques kilomètres de l'alpage de S-charl où «JJ3» s'est livré à un massacre, se situe le Musée de l'ours, qui relate la fin du dernier plantigrade, abattu près de là en 1904.

Auteur : Victor Fingal
Source : Le Matin du 5 juillet 2007

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Grisons: les deux ours sévissant dans la région sont demi-frères


Les deux ours qui se baladent depuis quelques semaines dans les Grisons sont demi-frères. Ils ont pour père "Joze". Le plantigrade non identifié jusqu'à présent s'appelle "MJ4" et sa mère est "Maja".

L'identité de "MJ4" a été établie grâce à son empreinte génétique. L'analyse a été réalisée par l'Institut national de la faune de Bologne (Italie), a indiqué l'inspecteur de la chasse du canton des Grisons. Il attend encore une confirmation écrite des analyses.

"Joze", le père de "JJ3" et "MJ4", a aussi eu avec la femelle "Jurka" deux petits bien connus en Suisse. Il s'agit de "Lumpaz" et de "Bruno", deux ours qui ne semblaient pas avoir peur des hommes.

"Jurka" n'est plus en liberté. La femelle de 130 kg a été capturée et placée dans un enclos après avoir tué de nombreux moutons et s'être approchée de zones habitées dans le Sudtirol.

"JJ3" et "MJ4" ont tué plus de 30 moutons depuis leur arrivée dans les Grisons. L'installation de clôture électrique et la présence de deux bergères avec des chiens spécialement formés pour la protection des troupeaux semble avoir mis fin aux attaques.

Pro Natura vient de publier une brochure d'informations à l'intention des touristes qui se rendent en Engadine. Ce dépliant, disponible à l'adresse internet www.pronatura.ch, contient quelques règles de comportement élémentaires à adopter dans une région à ours.

Source : 24 heures ch.du 17 juillet 2007

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Nez à nez avec l’animal


Balades, randonnées, VTT, les vacances sont aussi l’occasion de découvrir la nature et ses habitants… pas toujours cordiaux. Petit tour et conseils sur les comportements à (ne surtout pas) adopter.

Ce qui nous a mis la puce à l’oreille?
Le communiqué du WWF suisse qui, la semaine dernière, publiait ses… «conseils sur le comportement à adopter vis-à-vis d’un ours». «Les deux ours qui se promènent dans les Grisons sont au cœur de l’actualité (…). Il est conseillé à la population de faire preuve de prudence et de respect en cas de rencontre inopinée avec un ours.» Et l’organisation d’encourager, entre autres conseils, à «balancer les bras», voire à instaurer «une sorte de dialogue» avec le plantigrade qui nous fait face. A ces remarques à la fois étonnantes et certainement judicieuses, «même si on ne sait jamais comment chacun va réagir», glisse Pierrette Rey, porte-parole du WWF pour la Suisse romande, nous en avons ajouté de nouvelles concernant d’autres animaux prêts, et parfois contre toute attente, à vous montrer leurs crocs, leurs muscles, voire à vous injecter leur venin. Tour d’horizon de ce qu’il vaut mieux faire avant, pendant, voire après votre face à face avec l’animal.

Ours
La probabilité de rencontrer un ours est peu élevée. Même le WWF, qui pourtant publie ces jours ses recommandations pour savoir comment faire face à l’ours, le dit. Ils seraient deux à arpenter le territoire suisse, et plus précisément les Grisons. Reste qu’au cas où, mieux vaut savoir à quoi s’en tenir.

Avant toute chose, pour éviter de voir l’ours, le randonneur doit idéalement rester sur les sentiers, ou faire du bruit dès qu’il se trouve dans une végétation dense: parlez fort, chantez, fixez une clochette à votre bâton de randonnée ou votre cheville. Et, surtout, ne l’attirez pas en laissant de la nourriture.

Si malgré cela, vous voyez l’ours, ne vous enfuyez pas en courant. «Restez calme», insiste le WWF. Il s’agit de lui montrer que vous n’êtes ni un assaillant ni une proie. «Arrêtez-vous et faites-vous remarquer en parlant fort et en balançant les bras.» Sans faire pour autant des gestes ou des cris menaçants. Pire, ne lui jetez pas des pierres et ne tentez pas de lui donner des coups de bâtons voire de le photographier avec un flash. «C’est ce qui est arrivé récemment en Roumanie à une Américaine, et elle en est morte», relève la porte-parole.
Scénario catastrophe, l’ours attaque: couchez-vous à plat ventre, mains croisées sur la nuque et faites le mort jusqu’à ce que l’ours soit assez éloigné. www.wwf.ch

Loups, lynx
A l’opposé de l’ours qui s’habitue volontiers à l’homme quand ce dernier est assimilé à un apport de nourriture, contrairement aux légendes tenaces, le loup n’a pas d’intention agressive envers nous. «L’ours est effectivement potentiellement plus dangereux que le loup», relève Pierrette Rey, porte-parole du WWF. En Suisse, et plus particulièrement aux Grisons, au Tessin et en Valais, on estime qu’il y a entre 5 et 10 loups. Mais cela varie beaucoup. «Ils se déplacent très rapidement, jusqu’à 40 kilomètres par jour», note Pierrette Rey. Au WWF, on relève que les expériences faites au cours du XXe siècle en Europe montrent que le loup ne constitue pas un danger pour l’homme. En Italie, Luigi Boitani, spécialiste des loups, a systématiquement enquêté sur tous les bruits qui couraient sur des attaques de loups: en 20 ans de recherches, il n’a trouvé aucune preuve qu’un homme ait été blessé par un loup. En fait, le loup reconnaît l’homme comme étant un danger et l’évite.

Auteur : Florence Perret
Source : 24 heures ch. du 15 juillet 2007
Voir le site du WWF Suisse

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Sur la piste de "JJ3" dans les Grisons

Pas assez farouche, l'ours entré cet été en Suisse a dû être capturé puis équipé d'un collier GPS. Suivi de près par l'équipe du biologiste Paolo Molinari, "JJ3" doit prouver qu'à terme il peut cohabiter avec l'homme. A titre exceptionnel, nous avons pu accompagner durant deux jours les scientifiques chargés de l'observer

Bip, bip, bip-bip, bip-bip… "Le signal est très fort. Je pense que l'ours est dans la pinède, à 100 ou 200 mètres maximum", murmure Paolo Molinari en rangeant l'antenne qui lui permet de localiser grâce à la télémétrie l'ours "JJ3". Ce jeune mâle, troisième rejeton des ours slovènes Jurka et Joze, a quitté la province italienne du Trentin pour s'établir dans la région du Lenzerhorn (GR), non loin du village de Lenzerheide, où il a déjà fait plusieurs incursions remarquées pour chercher à manger, le plus souvent de nuit.

Tirs de dissuasion
"Devant tant de témérité, les autorités ont jugé que ce comportement était atypique pour un animal sauvage. En juillet, "JJ3" a donc été endormi puis équipé d'un collier GPS", poursuit le biologiste italien, mandaté par la Confédération dans le cadre du KORA (Projets de recherches coordonnés pour la conservation et la gestion des carnivores en Suisse), pour assurer le suivi de l'animal. Dans la forêt qui s'étale à perte de vue, tout est calme. "Pour ne pas le déranger, on va redescendre un peu, dit le biologiste à voix basse. Peut-être qu'il sortira en fin d'après-midi ou en début de soirée pour emprunter le chemin qui mène vers les alpages où il a l'habitude de se rendre."
En plus de rassurer la population, l'avantage de connaître jour et nuit la position du plantigrade, est de pouvoir l'effaroucher au cas où il se montre trop hardi. "C'est une opération délicate, souligne Paolo Molinari. Si un ours s'en prend à un troupeau, il faut lui tirer dessus dans les secondes qui suivent l'attaque. Le mélange de poudre est calculé de sorte à provoquer une brûlure, doublée d'une forte déflagration. Ce traumatisme permettra à l'ours, qui est doté d'une excellente mémoire, de se souvenir que le voisinage de l'homme n'est pas bon pour lui."

Calmer les esprits
Dérangé par le bruit de nos voix, un chasseur sort de la forêt, fusil en bandoulière. Ce qu'il pense de l'ours? "Je lui tirerais bien dans le cul jusqu'à ce qu'il retourne en Italie", répond-il en maugréant. "Certains chasseurs craignent la concurrence de ce grand prédateur, admet le garde-chasse qui nous accompagne. Mais beaucoup font la part des choses et l'acceptent, de même que les éleveurs (voir encadré). De manière générale, je dirais que la population des Grisons n'est pas opposée à la présence de l'ours. A condition bien sûr qu'il garde ses distances."
Une chose est sûre, le débat sur un éventuel retour de l'ours dans les Grisons n'a pas tourné à la polémique, comme on l'a vu en Valais avec le loup. "Ce sont deux cas de figure différents, analyse Paolo Molinari. Mais dans un cas comme dans l'autre, il est impératif d'établir un dialogue. Même si les vues divergent, il est important que chacun puisse s'exprimer."
Pour calmer les esprits, Paolo Molinari et son assistant Mario Theus consacrent donc passablement de temps à la sensibilisation auprès des milieux concernés, une tâche également effectuée par le WWF. La réaction de la population ? "Nous avons été plutôt bien acceptés, répond le biologiste. Le fait par exemple que Mario et moi sommes tous les deux chasseurs a permis aux gens de comprendre qu'en fin de compte nous sommes comme eux." Mais la tâche n'est pas toujours facile. Installé sur un talus qui offre un bon point de vue sur le passage que l'ours pourrait être amené à emprunter, le biologiste poursuit: "Quand je rentre dans un petit café de la région, je m'assieds toujours à la même table que les habitués. Au début, personne ne me parle. Après quinze minutes de silence, la discussion finit par s'établir, mais il faut avoir de la patience."
De même que pour guetter l'ours. Alors que le soleil entame sa descente sur les montagnes couvertes de neige, le froid dû à l'immobilité commence à se faire sentir. Le garde-chasse, qui a pris le relais du suivi, tente une dernière fois d'établir la position de "JJ3". "Il est toujours dans la pinède. Sans doute est-il encore en train de se reposer. Il faudra revenir demain."

Silence radio
Le jour suivant, nous apprendrons que "JJ3" a profité de l'obscurité pour faire une nouvelle incursion dans le village de Lenzerheide. Heureusement pour lui, il est reparti dans la pinède sans faire de dégâts. Les traits tirés après une courte nuit de sommeil passée à surveiller le plantigrade, Mario Theus nous invite à l'accompagner sur le terrain pour changer les batteries d'un piège photographique. Posé à proximité de la carcasse d'un veau tombé d'une falaise, il permet de dater précisément les passages de l'animal et, surtout, de vérifier l'état du collier GPS.
Après deux heures de marche à flanc de montagne, on touche enfin au but. A 360° degrés, on ne voit que des pâturages, des pierriers, des forêts et au loin une couronne de montagnes recouvertes de neige. "Vous voyez ? Il ne faut pas me dire qu'il n'y a pas de place pour un ours dans les Grisons. Que diraient les Croates, qui en ont plus de 2500! " A proximité de la carcasse en décomposition, l'analyse des selles atteste de l'intérêt modéré du plantigrade pour la viande, soit près de 30% de son régime alimentaire. "Contrairement au loup, l'ours est omnivore. Il mange des plantes, des fruits, des racines des guêpes et des insectes. On voit bien les restes de ses repas ici. Visiblement, c'étaient des myrtilles."
Alors que le vent se lève, Mario Theus donne le signal du départ. "C'est très impressionnant de se trouver en face d'un ours, confie-t-il tandis que nous redescendons vers l'alpage où est garé son 4×4. Mais si on est informé sur le comportement à adopter, il n'y a pas de raison de le craindre. D'ailleurs, l'ours a plus peur de l'homme que le contraire. Quant aux chances de le croiser, elles sont minimes."
En fin de journée, nous retournons nous poster près d'un défilé qui domine le village de Lenzerheide. Assis au sommet d'une butte, Paolo Molinari déploie son antenne et retient son souffle. Bip… Bip… Bip… "Le signal est très faible, annonce-t-il. "JJ3" est plus bas, sûrement encore dans la forêt". Nous ne le verrons qu'à la nuit tombée… sur l'ordinateur du biologiste. Pris en photo alors qu'il s'approchait de la carcasse, il ressemble à un enfant pris la main dans le sac en train de voler des bonbons. Malgré une pointe de déception, on ne peut s'empêcher de se sentir soulagé. Après avoir fait trop parler de lui, "JJ3" est peut-être en train de s'assagir. C'est tout le mal qu'on lui souhaite. Le destin de son clan n'a pas été heureux. Jugé trop dangereux, "JJ1" a été abattu en Bavière. Selon la version officielle, "JJ2" a disparu mais il pourrait avoir été tué par des braconniers. Quant à Jurka, leur mère, elle a été enfermée dans un enclos. Les semaines qui suivent montreront si "JJ3" réussira à vivre libre, à bonne distance de l'homme.

Auteur : Alexander Zelenka
Source : Terre et Nature le 11 octobre 2007

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Commentaires


Les suisses vivent le même phénomène que les français avec cet avantage d'avoir nettement moins d'ours que dans les Pyrénées. Mais la démarche est curieusement la même :

  1. une petite poignée d'individus qui joue avec l'ours sans grand soucis des problèmes posés aux activités humaines. Il y a des gens qui cherchent et observent le comportement de l'ours. En Europe, ça en fait beaucoup à chercher et observer la même chose.
  2. Les problèmes viennent de la même association de lobbying environnementaliste : le WWF. Un club fermé menant ses actions de dictature écologique et de terrorisme intellectuel.

On ne cherche pas de solution de cohabitation, mais on cherche à calmer les esprits, à observer le comportement de l'ours, à le suivre. Mais jamais on ne parlera de recherche ou mieux, de proposition de solution. Pourquoi ? Il n'en existe pas. De ce fait, les environnementalistes cherchent à gagner du temps pour parvenir à une phase de non retour à la situation zéro ours / zéro loup. Une véritable escroquerie morale.

L'effarouchement, comme en France, est un lamentable numéro de cirque bureaucratique. Pour être efficace, un effarouchement doit être immédiat, sur les lieux du problème. S'imaginer que l'on va effaroucher même 48 heures après le méfait relève d'un comportement imbécile (le terme est faible) ou de mauvaise foi évidente. De même, imaginer un prélèvement plusieurs semaines après la prédation n'a aucun sens. Personne ne peut garantir qu'il s'agit du bon individu qu'il s'agisse de loups ou d'ours.

Mais dans tout ça, le technocrate se donne bonne conscience surtout s'il a respecté un texte et les environnementalistes gagnent toujours du temps pour assurer leur œuvre de destruction de la vie pastorale et de la biodiversité des montagnes.

Louis Dollo, le 14 octobre 2007

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