Les vautours espagnols vont-ils leur faire fermer le bec ?

 


Un aveu : je commence à ne plus supporter certains imbéciles ignorants, intégristes fanatiques du sauvage, surtout lorsque celui-ci n'est nullement menacé aux niveaux mondiaux ni européens, mais par contre menace des formes essentielles de biodiversité ordinaire et/ou agricole que le Grenelle de l'Environnement, d'ailleurs, a placé dans son programme de réflexion ; il était temps!… Dommage cependant que, dans le Grenelle, ordinaire et agricole ne soient pas envisagées dans le même groupe de réflexion, elles sont liées, mais c'est une autre histoire.

Nos intégristes, disais-je, ne savent pas du tout, mais pas du tout, de quoi ils parlent!!! Ils agitent des mots, y a du vent derrière.

En voilà une nouvelle preuve, à propos des vautours puisque nos petits marquis rougissent d'une sainte et coquette fureur lorsque les éleveurs, ces ânes et imbéciles pyrénéens c'est connu, disent que depuis quelque temps ils attaquent et bouffent les bêtes vivantes. Mais c'est pas possible Monsieur, vous n'y connaissez rien, ces bestiaux c'est pas sélectionné pour ça par notre Mère Nature, c'est des CHA-RO-GNARDS on vous dit ! Sur leurs forums de discussion, ils convoquent même Darwin et ses copains, c'est bien, ils ont lu, bravo!
Et bien, ils vont continuer à lire puisqu'ils savent le faire …

Le texte vient d'Espagne, et c'est sans doute aussi des ânes et imbéciles intenses qui propagent la même nouvelle. Mais là, on frise l'incident diplomatique, parce que les crétins pyré-niais en question c'est rien moins que le Conseil des Ministres, sommet de l'ânerie ibère, c'est connu ça aussi. Et les écologistes espagnols eux-mêmes trouvent que ça ne va pas, preuve s'il était nécessaire que l'écologie sérieuse, ce n'est pas l'intégrisme des bruyants.

C'est du 25 mai 2007, et c'est lisible dans un journal où braient, sans doute, des journalistes quadrupèdes eux aussi ? L'humanité, décidément, sur les deux versant de nos montagneupyrénéesvouzêtesnozamours, s'asinise irrémediablement. Que fait Sarkozy?????

A lire dans le journal La Nueva España :

Voir également El Comercio digital

Bruno Besche-Commenge
14 juillet 2007

Observations

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LA NUEVA ESPAÑA - Oviedo - 25 mai 2007


Le Gouvernement autorise que les bêtes mortes dans les champs soient abandonnées aux vautours. Les autorités sont obligés de constater que les charognards manquent de nourriture, elles veulent ainsi éviter les attaques sur le bétail.

Vendredi dernier, le Conseil des Ministres a donné son feu vert à un décret permettant de laisser des animaux morts à l'air libre pour nourrir les oiseaux charognards. Par ce moyen, le Gouvernement espère éviter que les vautours attaquent le bétail vivant, un phénomène qui n'a cessé de prendre de l'ampleur ces quatre dernières années, depuis l'obligation d'incinérer les cadavres qui a suivi la " maladie de la vache folle ".

Le dernier épisode vient d'avoir lieu, le 3 mai, quand une centaine de vautours ont attaqué une vache et son veau nouveau-né, et les ont tués tous deux, dans la vallée de Mena, à la limite des provinces de Burgos et de la Biscaye, sans que le propriétaire ne puisse rien faire pour les en empêcher. Affamés, les oiseaux ont pris l'animal nouveau-né pour un cadavre. (1)

Ces attaques ont lieu depuis que la Députation de Biscaye a fermé la "buitrera" (réfectoire pour les vautours) de la Sierra de Ordunte. D'après les organisations agricoles de la Province de Burgos, cela a conduit les charognards à changer de comportement: faute de nourriture, ils s'attaquent à présent aux bêtes vivantes pour survivre, y compris aux chevaux.

Ces derniers mois, des éleveurs de cette zone et de la comarque byscayenne de Las Encartaciones se sont plaints de ces attaques de vautours. Les groupes écologistes ont critiqué la décision de fermeture de la "buitrera" de Ordunte destinée à alimenter les charognards. Elle avait commencé à fonctionner en juin 1987 dans le but d'éliminer les charognes et le bétail mort en montagne ou dans les fermes. Ce n'est cependant pas le seul endroit où se produisent de tels problèmes: des attaques ont eu lieu sur tout le territoire espagnol.

Le nouveau décret précise: "dans ces réfectoires pour oiseaux, lorsque les autorités auront constaté que, pour une zone donnée, les besoins alimentaires des oiseaux ne peuvent être satisfaits, on pourra utiliser des animaux des espèces bovines, ovines et caprines, de même que des animaux sauvages dont la chasse est autorisée". Cette solution cherche à éviter la perte d'oiseaux comme le vautour fauve, le vautour noir, le percnoptère, le gypaète, l'aigle royal, l'aigle ibérique, le milan royal et le milan noir.

L'an dernier, en mars, on avait trouvé trois vautours fauves empoisonnés à la strychnine dans les Asturies : l'un à Quirós et les deux autres à Somiedo. Les vautours fauves sont nombreux dans le versant occidental de la Sierra de Aramo où on a localisé trente quatre couples sûrs et quatre possibles.

1- Note de Bruno Besche-Commenge : Explication peu satisfaisante. Et la vache ? Pour un camion en panne ?
La même scène m’a été racontée hier sur la montagne du Bergons, dans les Hautes-Pyrénées, par un éleveur qui y estive ses vaches. La mère était la vache-reine du troupeau, très vive, puissante, elle portait d’ailleurs la plus grosse cloche. Elle a affronté les vautours qui attaquaient son veau. Le bruit de sa cloche, inhabituel à ce rythme et cet intensité, a attiré trois autres vaches peu éloignées qui sont arrivées au galop. Ensemble, elles ont fait fuir ce qu’il faut alors sans doute appeler la meute des vautours. L’éleveur était trop loin pour intervenir assez vite.
C’est là un des grands intérêts de laisser en montagne les bêtes simplement en liberté surveillée: elles gardent quelque chose du sauvage qui leur permet d’affronter de telles situations, et bien d’autres choses d’ailleurs, trop longues à expliquer ici. La pâturage extensif en semi-liberté est caractéristique, et reconnu comme un des éléments fondateur des races pyrénéennes de bétail comme d’autres races rustiques. Un des éléments centraux de la biodiversité agricole. -
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El Comercio Digital du 24 juin 2007


Voir aussi, parmi d'autres, sur le site de El comercio digital un article du 27 juin 2006, intéressant aussi pour les attaques d'ours qui se propagent hors du territoire où ils étaient fixés, et s'approchent même de la zone côtière. L'explication avancée est toujours celle de la disparition des cadavres de bétail suite à l'épidémie de " la vache folle ".
On peut douter que ce soit la seule explication, et rappeler l'analyse des scientifiques sur l'avenir de la population d'ours dans les Asturies. En 2005, le biologiste Javier Naves posait une question qui était une réponse ; se demandant ce qui allait advenir si cette population augmentait, il écrivait alors : " Je ne sais pas si nous avons l'espace suffisant. Où allons-nous les mettre ? Ils ne peuvent pas trouver place dans les Asturies ".

Pour les vautours, l'article de El Comercio digital précise : " Ces derniers mois les informations et les photographies se sont accumulées qui montrent ces oiseaux attaquant des bêtes vivantes, ce qui préoccupe beaucoup les éleveurs de Castille-et-León et ceux de la Navarre ".

Source : El Comercio digital du 24 juin 2007

[Ndr : Le problème se pose donc bien au delà des seules Pyrénées et voir Décret royal espagnol - Dérogation à la directive UE .]

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El Gobierno autoriza dejar animales muertos en el campo para los buitres


Las autoridades, que pretenden evitar los ataques al ganado, deben constatar que las aves carroñeras carecen de alimento

El Consejo de Ministros dio luz verde el viernes a un decreto que permite dejar animales muertos al aire libre como alimento para aves carroñeras. Con esta medida, el Gobierno pretende evitar que los buitres ataquen al ganado vivo, un fenómeno que se ha multiplicado en los últimos cuatro años, desde que una norma contra las "vacas locas" obligó a incinerar todos los cadáveres.

El último episodio de este tipo tuvo lugar el pasado día 3, cuando un centenar de buitres atacaron a una vaca y su ternero recién parido y acabaron con la vida de ambos en el valle de Mena, en el límite de la provincia de Burgos con Vizcaya, sin que el propietario del ganado pudiera hacer nada por impedirlo. Las aves, hambrientas, confundieron al animal recién nacido con un cadáver.

El ataque se produjo después de que la Diputación de Vizcaya cerrase la buitrera (comedor de buitres) que tenía en la sierra de Ordunte, lo que provocó, según las organizaciones agrarias burgalesas, que estas aves carroñeras estén cambiando sus costumbres, debido a la falta de alimentos, y ataquen ahora a animales vivos, incluso caballos, para sobrevivir.

En los últimos meses, ganaderos de esta zona de Burgos y de la comarca vizcaína de Las Encartaciones han denunciado ataques de buitres, y grupos ecologistas han criticado la decisión de la Diputación de Vizcaya de cerrar la buitrera que mantenía en Ordunte para alimentar a estas aves carroñeras, que empezó a funcionar en junio de 1987, con el objetivo de eliminar la carroña y reses muertas de montes y caseríos. Aunque no es ésta la única zona donde hay problemas, los ataques se han sucedido en todo el territorio español.

El nuevo decreto establece que "podrán utilizarse animales de las especies bovina, ovina y caprina, así como animales salvajes de caza en los muladares o comederos de aves, cuando las autoridades hayan comprobado que las necesidades alimenticias de estas aves en una zona no están cubiertas". La medida pretende paliar la pérdida de especies como buitre leonado, buitre negro, alimoche, quebrantahuesos, águila imperial, águila ibérica, águila real, milano real y milano negro.

En marzo del pasado año, tres buitres leonados aparecieron muertos envenenados con estricnina en Asturias. Uno de los ejemplares fue recogido en Quirós y dos de ellos en Somiedo. Los buitres dominan la vertiente occidental de la sierra del Aramo, se han localizado en el área 31 parejas seguras y cuatro posibles.

Source : Lne.es " Oviedo - Asturias 25 mai 2007

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Le Grand Charnier

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