L'ours en Italie

 

Contrairement à ce que beaucoup d'associations et militants de protection de l'ours en France peuvent dire, il existe de problèmes de cohabitation en Italie entre l'ours et les populations locales.

L'ourse Daniza, un problème dans le Trentin en Italie
Rapports sur l'ours dans le Trentin

 

 

Historique

Il existe essentiellement deux pôles de population d'ours en Italie

  1. Le Parc National des Abruzzes
  2. Le Trentin où les introductions semblent être abandonnées suite à de nombreux problèmes comme dans les Pyrénées.
Les vidéos

 
   

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Ours dans les Pyrénées
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L'ours en Europe

 
Les ours des Abruzzes sous l'oeil du GPS


Les scientifiques tentent de convaincre le gouvernement italien d'élargir la zone de protection destinée à l'ours marsicain, menacé d'extinction.

Après une heure d'affût, la voilà qui nous apparaît enfin dans la pénombre du petit matin, emplissant nos jumelles des reflets argentés de son pelage. Avec ses deux oursons, Gemma est l'un des 60 ours bruns marsicains (« Ursus arctos marsicanus ») du parc national des Abruzzes, le massif le plus élevé des Apennins (2.912 mètres), où fut créé en 1923 l'un des tout premiers espaces protégés de la faune sauvage en Europe. Comme 5 autres de ses congénères, cette femelle porte au cou un émetteur GPS. Une première qui doit aider les scientifiques du parc à sauver cette espèce endémique en sursis. « Les prélèvements de fourrure nous ont permis d'identifier 53 génotypes, dont une trentaine sont des femelles, explique Aldo Di Benedetto, le directeur du parc. C'est insuffisant. Il faudrait au moins 150 individus pour garantir l'espèce. »

Grâce au satellite, son équipe connaît déjà mieux les habitudes de l'ours, ses exigences territoriales et ses comportements reproducteurs, espèrant ainsi optimiser le développement de l'espèce. « Le suivi GPS a bouleversé la connaissance théorique que nous avions de l'animal », explique le vétérinaire du parc. En suivant Claudio, un mâle solitaire de 200 kilos sur l'écran de son ordinateur, il a constaté que l'espace vital de l'ours, qu'on croyait restreint, était parfois supérieur à 15.000 hectares. « Sous sa démarche tranquille, notre ours est capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres par semaine. C'est trois fois plus que nous ne l'avions imaginé. »

Le monitoring fournit aux hommes de Di Benedetto de précieuses indications sur le régime alimentaire de l'ours. « Quand il se fixe sur un territoire, c'est qu'il y a trouvé une zone de nourrissage abondante. Il nous suffit d'y aller pour étudier son assiette. » Baies de nerprun énergétiques, baies de sureau, fruits d'arbrisseau, mais également cerfs, biches, chevreuils et chamois réintroduits avec succès dans les années 1970, constituent son menu. Plus rarement, l'ours prélève aussi quelques poules et du miel dans les fermes de la région, comme à Bisegna, où sa gourmandise a conduit ses défenseurs à créer une association qui règle l'addition de ses repas aux paysans...

L'ours marsicain, plus léger et plus docile que son cousin européen, chassé en Slovénie, intéresse les scientifiques qui lui ont trouvé des similitudes génétiques troublantes avec l'ours des cavernes, disparu au quaternaire. Existe-t-il un lien de parenté entre les deux espèces ? Peut-on comparer leurs modes de vie ? Ces questions enthousiasment les paléontologues, mais aussi les spécialistes de la faune sauvage, qui y voient l'occasion d'affiner la stratégie de leurs programmes de conservation. « Nous recevons des équipes scientifiques du monde entier, explique Di Benedetto. Elles viennent voir cet écosystème des Abruzzes qui a gardé son équilibre originel. C'est un monde qui vit en autarcie avec, en haut de la chaîne alimentaire, plusieurs espèces de grands prédateurs qui cohabitent malgré la présence de l'homme. » Il en est ainsi du loup : 7 meutes reproductrices de 5 à 12 individus vivent et se reproduisent dans le parc. L'espèce diffuse à partir de là dans les Apennins, où on a recensé 300 individus, puis vers le Mercantour, les Alpes, et même les Vosges.

Aldo Di Benedetto aimerait réserver le même sort à l'ours. « Compte tenu de ses besoins territoriaux, la surface du parc est insuffisante pour accueillir une population numériquement reproductive et vitale. Il faut élargir sa zone de distribution. » Dans ses limites actuelles (50.000 hectares pour la zone centrale), le parc ne peut abriter que 80 ours, soit moitié moins que le nombre nécessaire pour garantir l'espèce. Les scientifiques proposent d'étendre le périmètre de protection : d'une part, en classant la zone périphérique (80.000 hectares) en réserve naturelle ; d'autre part, en aménageant des corridors de circulation protégés reliant les Abruzzes aux parcs voisins de Gran Sasso (160.000 hectares) et de Majella (75.000 hectares).

Les bergers approuvent
Mais les oppositions sont nombreuses, du côté des populations comme des politiques. « Les pressions viennent de toute part », se plaint Di Benedetto. Entre 1963 et 1969, une carence dans la direction du parc avait permis aux promoteurs de rafler 3.000 hectares au territoire de l'ours. Cette fois, c'est un projet touristique jugé vital par la région, qui a débloqué 38 millions d'euros pour la réalisation d'une liaison téléphérique entre deux stations situées dans la zone périphérique, qui hypothèque les chances du programme d'extension de l'espace protégé. Le parc a obtenu un gel du projet grâce au programme européen Natura 2000, qui empêche le développement des activités sur des habitats d'espèces en danger. Mais jusqu'à quand ?

« Le combat s'annonce mal », reconnaît Di Benedetto. Aussi arme-t-il son discours d'arguments économiques pour convertir à la cause de l'ours le gouvernement et les trois régions concernées par son projet. « Intacte, la nature est une rareté économique, martèle-t-il. Le bassin versant des Abruzzes constitue une réserve en eau de 1.150 millions de mètres cubes par an pour l'irrigation et l'alimentation urbaine, soit l'équivalent de 32 millions d'euros. Ses immenses forêts de hêtres sont capables d'absorber 12 millions de tonnes de CO2 par an, qu'on peut valoriser 50 millions d'euros. »

Argument supplémentaire : l'adhésion presque unanime des bergers, héritage d'une mythologie qui place la louve à l'origine de la civilisation romaine. Patricio garde un troupeau de 600 bêtes pendant l'été. Et depuis quarante ans qu'il exerce, il croise fréquemment le loup, l'ours et le lynx, qui prélèvent quelques brebis dans son troupeau. « C'est mon impôt pour avoir le droit de pâturer dans cette nature sauvage. J'y laisse mes bêtes en liberté, pour qu'elles aient une chance de s'échapper. Les chiens défendent ce qu'ils peuvent, et le gouvernement me rembourse les pertes. » De juin à octobre, plusieurs milliers d'ovins transhument dans les montagnes des Abruzzes. Les autorités veillent à l'équilibre.

Les cultivateurs sont aussi mis à contribution. Depuis 2000, ils ont planté 3.500 arbustes à baies et arbres fruitiers pour servir de garde-manger à l'ours... « C'est le futur de l'espèce qui pousse », se réjouit Di Benedetto. A raison de 2 ou 3 oursons par portée, l'espèce serait sauvée dans trente ans.

Auteur : Paul Molga
Source : Les Echos

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La mère de l’ours Bruno capturée


L’ourse Jurka, mère de JJ1 (alias Bruno, l’ours tué en Allemagne en juin dernier) et de JJ2 (l’ours réapparu en Suisse en été 2005) a été capturée la nuit du 22 au 23 août, anesthésiée puis équipée d’un collier émetteur. Pendant l’opération, ses 3 petits nés cet hiver se sont tenus à distance et ont ensuite rejoint leur mère lorsqu’elle a commencé de se réveiller.
Depuis le printemps, les agents du service de la forêt et de la faune (Servizio Foreste e Fauna) tentaient de capturer Jurka suite à son comportement peu farouche envers les humains et son habitude à rechercher de la nourriture (moutons, lapins, poules) près des habitations. Bien qu’elle n’ait jamais manifesté de comportement agressif envers les humains, l’Etat avait décidé d’équiper l’animal afin de pouvoir effectuer un monitoring plus intense.
Jurka est âgée de 8 ans et a été réintroduite dans le Trentin italien en 2001.

Un rassemblement pour l’ours Bruno
Début août, quelque 500 personnes se sont rassemblées dans un village du sud de l’Allemagne, Schliersee, pour pleurer la mort de l’ours Bruno et protester contre son tir autorisé le mois dernier par les autorités. C’est à Schliersee que l’ours Bruno a été tué le 26 juin dernier. De nombreux hôtels et restaurants du village se sont plaints d’avoir perdu des centaines de clients pendant la saison estivale, les touristes boycottant le village pour protester contre la mort de Bruno.

Une ourse victime d’une avalanche dans le Trentin
Le cadavre de l’ours retrouvé en juillet dans la vallée de Tovel, Trentin (nord de l’Italie), a été identifié : il s’agit de Brenta, une femelle slovène de 7 ans réintroduite en mai 2002. Les fractures découvertes sur la carcasse, déjà en état de décomposition avancée lorsqu’elle a été découverte, laissent penser que l’ourse est morte suite à une avalanche.

Source : FERUS du 24 août 2006

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Empoisonnement d'ours ?


La police italienne enquête sur l'hypothèse d'empoisonnement volontaire des trois ours morts dans un parc national. Les montagnes des Abruzzes, dans le centre de l'Italie, abritent les derniers ours indigènes du pays, qui sont désormais moins d'une cinquantaine et sont considérés comme étant en danger critique d'extinction. L'Italie a également importé des ours d'origine slovène afin de les relâcher dans les Alpes.

Source : JDD du 2 octobre 2007

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Qui a tué l'ours Bernardo ?


Polémique en Italie après la découverte de cinq ours morts dans le parc national des Abruzzes, dans le centre du pays.

Il en resterait moins d'une cinquantaine vivant à l'état sauvage en péninsule et ils sont considérés comme en danger critique d'extinction.

Mais leur présence insupporte les éleveurs, qui n'ont pas tardé à être accusés d'empoisonnement... Des tests sont actuellement en cours sur les carcasses des cinq plantigrades, trois adultes et deux petits.

Elément troublant, deux loups ont aussi été retrouvés morts, ainsi qu'une chèvre empoisonnée, qui aurait pu servir d'appât pour les prédateurs....

Ce responsable de l'association WWF locale explique que la présence de nourriture empoisonnée dans cette zone est un fait, et qu'il offre symboliquement une récompense de dix mille euros à qui pourra briser la loi du silence.

L'un des ours morts n'était autre que Bernardo, dix ans, mascotte de la colonie, et connu pour ses expéditions régulières dans les fermes et les jardins locaux pour y chercher pitance.. Il s'était attiré une réputation d'"ours à problèmes".

Source : Euronews du 4 octobre 2007

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Trois ours morts découverts dans les Abruzzes (Italie). L'empoisonnement suspecté


Les gardes du Parc ont trouvé un ours brun marsican mort à l'intérieur du Parc National des Abruzzes, de Lazio et de Molise. Le troisième cadavre d'ours retrouvé en quelque jours.

Selon une note des gardes, l'animal mort, le troisième, a été trouvé "dans le même secteur où avaient été découverts les corps de Bernardo et de sa "compagne", les deux autres individus retrouvés morts les 30 septembre et 1er octobre.

Le dernier ours serait un sujet plus jeune par rapport aux deux autres animaux.

Selon le rapport du Parc, avant toute investigation, l'hypothèse de l'empoisonnement est la plus probable.

"La répétition de ces cas de mortalité renforce la thèse d'un empoisonnement même s'il n'est pas exclu que ce soit accidentel et donc pas nécessairement lié à la volonté de supprimer Bernardo, considéré dans le passé comme un ours à problème", a dit Livia Mattei, biologiste et fonctionnaire du Parc.

"L'événement met en evidence l'existence d'un sentiment de profond abandon du territoire, où à cause de quelques irresponsables, on risque de compromettre ce précieux patrimoine biologique d'une espèce en voie de disparition", a-t-elle ajouté.

Il y a quelques jours, les responsables du Parc avaient commencé les recherches de Bernardo, préoccupés de ne plus recevoir de signaux du collier émetteur de l'animal.

Source : ADET - Pays de l'ours du 4 octobre 2007

Commentaire : Le mensonge et la manipulation environnementalise "pro-ours"


Le communiqué ci-dessus de l'ADET est un parfait exemple de l'incompétence ou de la poursuite de mensonges grossiers de la part de cette association à l'origine des introductions d'ours slovènes dans les estives pyrénéennes.

Parler de " compagne " de l'ours Bernardo c'est faire part d'une totale ignorance du comportement des ours ou bien sombrer dans un délire imaginatif d'une fécondité intellectuelle hors du commun. Les ours ne vivent pas en couple. Ils se rencontrent lorsque la femelle est féconde et se séparent. Pire encore. La femelle avec des petits repousse les mâles qui ne recherchent qu'à tuer les oursons pour couvrir la femelle.

Par ailleurs, et depuis toujours, il est expliqué au public, notamment pyrénéen, que la cohabitation entre hommes / pastoralisme et les grands prédateurs (ours et loups) est exemplaire aussi bien dans les Abruzzes en Italie que dans les Monts Cantabrique et Asturies en Espagne. L'éleveur / berger pyrénéen ne serait qu'un être buté et ignare incapable de compréhension et seul de son espèce en Europe. Nous voyons aujourd'hui ce qu'il en est avec des actions beaucoup plus " hard " que dans les Pyrénées.

Les " ânes et imbéciles " des Pyrénées, comme s'exclamait Nelly Olin, ex-ministre de l'écologie aujourd'hui retournée dans l'ombre et les oubliettes de la République ne seraient-ils que des enfants de cœur au regard des actions menées dans les autres pays européens ?

Le fait est que les mensonges accumulés au cours des 25 dernières années au sujet de l'ours commencent à tomber. D'autres ne manqueront pas de se dévoiler notamment des omissions manifestement volontaire dans des rapports de la DIREN Midi-Pyrénées qui, curieusement, selon les propos de son directeur adjoint, Thierry Galibert, veut " renouer le dialogue " (Cf. émission sur France 3 Aquitaine qui doit être diffusé samedi 6 octobre 2006 à 11h30 dans le cadre de " La voie est libre réunissant outre la DIREN mais aussi Pierre Casassus-Lacouzatte pour l'ADDIP, Didier Hervé, directeur de l'IPHB et Jean Lauzet de la SEPANSO)
Reste à savoir avec qui le dialogue doit être mené et si le dialogue est possible face à des prédations cruelles et au comportement passé de certains agents de l'Etat.

A force de vouloir humaniser des espèces sauvages, notamment des grands prédateurs et en voulant faire de l'imaginaire une réalité, nous en arrivons au ridicule et la stupidité.

Cela n'est pas grave. Le ridicule ne tue pas. Par contre l'ours et le loup tuent. C'est bien cela la réalité d'une cohabitation imposée par la force.

Mais le pire des comportements face à cette situation où l'éleveur est avant tout une victime sinistrée c'est que le WWF appelle à la délation en Italie en offrant une prime. Un peu comme à la méthode des chasseurs de primes aux états unis ou un retour aux heures sombres qu'à connu l'Europe au milieu de XXème siècles. Pas étonnant de la part de cette organisation lorsqu'on connaît ses origines fondatrices controversées..

Louis Dollo, le 4 octobre 2007

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Scandale au coeur du parc des Abruzzes
Au cours de ces dernières semaines, le parc des Abruzzes est revenu sous les feux de la rampe, alors que l’on n’en entendait plus parler depuis plusieurs années. L’ours brun a fait irruption dans les chroniques, mais avec de mauvaises nouvelles cette fois : de nombreux animaux ont été assassinés. Un « massacre annoncé », qui prouverait, comme tout le monde le pense, que le Parc n’est désormais plus le même qu’autrefois...

Nous avons interviewé le Groupe Ours Italie qui a mené une enquête documentée et approfondie sur le sujet. Son fondateur et coordinateur, le Professeur Franco Tassi, semble plutôt réticent à se laisser interroger sur un sujet aussi délicat, qui mine à la base l’image et la crédibilité du Parc. Nous avons appris, entre autres, qu’était justement menée à cette période une nouvelle analyse socio-économique au titre éloquent : « Que de mensonges au sujet de l’ours ». Mais il a également été possible d’extraire quelques morceaux intéressants des textes de conférences, rencontres, débats et interventions télévisées. Nous les avons recueillis au profit de nos adhérents, soutiens, sympathisants et correspondants, qui nous avaient réclamé des nouvelles. Nous le faisons avec la pleine conviction que, dans cette histoire, il faille révéler, quel qu’en soient le coût, une vérité depuis trop longtemps cachée.

Chronique d’un massacre annoncé : morts d’ours en série
On a parlé d’infections virales, puis de strychnine, et donc d’empoisonnement des eaux. Dans certains cas, on a évoqué des causes naturelles, des changements physiologiques et donc la sélection naturelle (pauvre Darwin !). Des discussions, enquêtes, analyses sont en cours. Une fois écartée la thèse surprenante et un peu ridicule des parasites pour les deux oursons retrouvés morts (celle-là même qui fut évoquée à l’automne 2006 lorsque succombèrent les chamois), vient celle des oursons tués par un mâle par amour. Le groupe Ours révèlera une réalité bien différente (l’époque des amours n’est-elle pas le printemps ?), rappelant que l’ancienne administration du parc disposait d’une très belle scène filmée par la caméra, précieuse révélation sur ce qui arrive en cas de « rencontres rapprochées » de ce type. Et comment se fait il que, comme certains le soutiennent, la présidence du Parc soit tenue à l’écart de certains faits ?
Le fait le plus étonnant est que la direction de l’Institut a mis solennellement au défi quiconque de prouver le contraire. Mais n’est-ce pas cette même direction qui tentait maladroitement de cacher les faits ?
Qui sait si la Magistrature, dernière, mais non des moindres, espérance de vérité, voudra acquérir les documents et témoignages en question, en disposant immédiatement des expertises qui, on l’espère, n’impliqueraient ni le Parc, ni les forestiers, acteurs principaux de cette « tragédie à l’italienne ».

Manifestations et remèdes
Dans un Parc qui était le symbole de la protection la plus aboutie, on n’assiste plus aujourd’hui qu’à des pleurs, lamentations et luttes. Mais les personnes concernées ne restent pas inertes : défilé dans des émissions de télé, passerelles médiatiques et déclarations solennelles, avec une succession de solutions géniales : interforce, blitz, RIS, NOE, 007, arrestations des criminels pour délit contre l’Etat. Le triplement du nombre de forestiers dans le parc (de 1.000 à 3.000), rappelle un peu l’armée envoyée à Aspromonte à l’époque des séquestrations... Il ne reste qu’à s’assurer que l’Etat se constituera partie civile contre les criminels (mais le parc l’a déjà fait en Italie avec de remarquables résultats). L’intervention la plus édifiante vient des grands experts qui, sur les quotidiens nationaux, donnent la liste détaillée des poisons les plus facilement disponibles, utilisés par les braconniers pour tuer les animaux. Les travailleurs clandestins, désormais à court de strychnine, de cyanure et d’arsenic les remercient.

Résonnants et amplifiés par les médias, ces déclarations et remèdes pourraient ne pas dissuader les destructeurs de la nature. Un seul exemple suffira à illustrer la situation réelle. Quand, en septembre 2003, une pauvre ourse est trouvée empoisonnée avec son petit dans le secteur du Latium, les enquêtes des forestiers furent efficaces, menant à la découverte d’un entrepreneur de la zone. Il est vrai qu’un procès fut mené, mais on n’en entendit plus parlé.

Atmosphère pesante
Mais pour comprendre les véritables causes du désastre et individualiser les responsabilités, il faut se mettre dans l’atmosphère pesante, nébuleuse et réticente qui flotte depuis quelques temps dans le Parc. La crise environnementale se reconnaît à une profonde crise culturelle : l’éclat qui le fit un jour briller n’est plus, l’effet parc qui attirait le meilleur de l’écotourisme international s’est dissout et aucun signe d’avenir meilleur n’est perceptible. Ces faits dramatiques de l’automne 2007 seront commémorés comme l’un des pires moments de l’Institution, qui a pourtant vécu en un peu moins d’un siècle de vie de graves mésaventures.

Depuis un bon moment, elles s’est trouvée prisonnière d’un pessimisme ambiant auquel personne ne semble capable de proposer un remède.

Les plaintes se portent sur des abus en tout genre : construction, braconnage, déboisement, décharges et MotoCross. La surveillance est minimale : il n’y a plus de service de nuit, ni de refuges permanents de haut niveau... L’invasion du bétail domestique n’est pas contenue. Celle-ci ne concerne pas que quelques bergers locaux (ceux avec lesquels le Parc avait autrefois établi des relations spéciales), elle concerne surtout des troupeaux de « vaches sacrées » en provenance de l’extérieur, d’éleveurs nomades, souvent non dénués de soutiens politiques.

Mais au fond de tout cela, le problème vient du délabrement organisationnel. Le parc a dix douzaines de travailleurs, mais ils sont souvent mal employés. Rien pour la campagne alimentaire pour la faune, ni pour l’opération "Arme blanche" pour fournir des chiens capables de garder des brebis. Des centres de visite sont fermés ou abandonnés, des aires faunistiques sont dans des conditions déplorables et il n’y a aucune innovation dans les stratégies de communication. Dire qu’il y a une trentaine d’années, ce parc était imité par tous et considéré comme la référence.

La recherche « invasive »
Avec la tactique du classique rebond, la politique s’est déchargée du problème dans les gueules affamées de la recherche à long terme, ruineuse et interminable ; un véritable acharnement scientifique contre lequel se déchaîne aujourd’hui la colère des locaux (« La faillite de la politique des radio émetteurs » titrait il y a quelques jours un quotidien). Les ours serviraient avant tout aux publications et aux carrières des grands chercheurs : aussi serait-il dommage qu’ils tombent les uns après les autres, victimes de la niaiserie humaine. Bernardo, Serena, et beaucoup d’autres dans les Abruzzes. Bruno en Bavière. Jurka dans le Trentin. Cannelle dans les Pyrénées. Un massacre qui pouvait être évité et qui fera frissonner quand ces victimes innocentes auront complètement été recensées.

Qui sait combien d’ours bruns ont réellement été tués ? Le 1er mai 2004, dans un journal local, la direction du parc confessait que depuis 2002, pas moins de 16 animaux étaient concernés. Le groupe Ours Italie en retenait déjà une vingtaine. Sept autres victimes ont été découvertes au cours de ces dernières semaines. Une analyse objective de la situation pourrait estimer qu’au moins une trentaine d’ours ont été perdus au cours de la période 2002-2007. Il serait très intéressant de comparer ces pertes à celles de la période 1997-2001 (et non pas avec la celle de la moitié du siècle précédent, comme quelqu’un essaie de le faire à partir d’une inquiétante manipulation des chiffres et des dates). En sortiraient peut être quelques surprises...

Combien coûtent réellement ces études à la collectivité ? Personne ne le sait vraiment. Quelqu’un affirme que la seule union européenne aurait déboursé près de 25.000.000 d’euros au cours de la dernière décennie pour des sujets variés. Mais comment cet argent a-t-il été dépensé ? Quels en ont été les réels bénéficiaires ? Et pourquoi ne pas y ajouter aussi les crédits accordés par des institutions variées et par divers sponsors et particuliers ?

Qui a révélé la vérité sur le désastre ? Quels ont été les auteurs, les promoteurs, les exécutants et plus tard, ceux qui ont gardé le silence ?

Et puis, un ours n’existe-t-il que si on le capture, mesure, pèse et si on en analyse l’ADN ? Jusqu’à il y peu, on affirmait avec une arrogance universitaire que les ours qui survivaient étaient peut être une vingtaine : mais alors comment est-il possible qu’aujourd’hui, on compte déjà une trentaine de cadavres ?

Nous sommes sincères, et nous vous regardons dans les yeux : pour vous, qu’est-ce qui compte le plus ? Le bien-être des chercheurs ou le salut des ours ? Comme pour beaucoup d’autres animaux en danger, le vrai facteur limitatif de la conservation ne réside pas tant dans la carence des recherches scientifiques que dans le manque absolu d’approches écosociologique et interdisciplinaire, de capacité à diriger, de pragmatisme et de crédibilité.

Beaucoup des considérations ici exposées étaient contenues dans un livre, le seul jamais écrit sur l’ours brun après des années d’expérience directe. Mais ce livre semble désormais épuisé, disparu, introuvable et il est probable qu’en Italie, personne ne s’occupera de sa réédition (voir le communiqué de presse n°30 de septembre 2007).

Conclusions
Sans anticiper les jugements définitifs, nous pouvons retenir que l’ours a été utilisé des pires façons, par tous et dans l’intérêt de chacun. Comme objet médiatique pour attirer des touristes, comme passerelle médiatique pour se réunir sur l’estrade et déverser de splendides galimatias. Mais il y a une retombée moins douloureuse parce qu’aujourd’hui, à la différence d’il y a trente ans, le pays et la communauté locale semblent avoir pris conscience de sa valeur, et peut être que la graine qui germe finalement pourra se transformer en des gardiens plus vigilants. Le dilemme « Homme ou Ours ? » pourrait finalement laisser place au précepte « Homme et Ours », en convainquant toujours plus de la valeur de la nature, de l’avantage à en utiliser les ressources avec précaution, et surtout, de la nécessité éthique de respecter la Création.

Peut-être demain, qui sait ? Un rêve, une espérance, une utopie. Mais en regardant la réalité actuelle, une chose est sûre : nous avons perdu beaucoup d’ours et l’Italie se retrouve, comme il y a un demi-siècle (en 1964, avec la première motion de censure de l’Union mondiale pour la nature) protagoniste d’un véritable « scandale international ».

Communication du Professor Franco TASSI - novembre 2007

Professor Franco TASSI
Centro Parchi - Villino 16/4
Viale Gorgia Leontini, 330
00124 ROMA - CASALPALOCCO
Le revers de la médaille

Durant des années, les associations de protection de l'environnement favorable à l'importation d'ours dans les Pyrénées nous ont expliqué que partout ailleurs dans le monde tout se passait bien entre l'homme et l'ours.

Difficile de dire le contraire lorsqu'il n'existe aucune opposition possible et surtout aucun moyen de communication rapide et facile pour pouvoir juger. De même, il était facile de convaincre lorsqu'on dispose d'un quasi monopole de la communication et le soutien total d'un ministère de l'écologie acquis à la cause des grands prédateurs sans grand souci de réflexion des conséquences humaines, économiques, sociales mais aussi environnementales.

Aujourd'hui, Internet existe. Les communications sont rapides, faciles et peu coûteuses. Il est possible de rentrer en relation avec le monde entier pour échanger des expériences et des connaissances. Le mensonge ne peut plus être une règle pour faire accepter n'importe quoi. C'est ce qui se passe pour l'ours.
Ce que nous découvrons dans les Abruzzes c'est que, comme dans de nombreux autres pays, la cohabitation n'existe pas. La présence des grands prédateurs s'avèrent être une contrainte difficile voir même impossible à accepter. Elle se trouve être imposé parfois par pure idéologie sans aucune connaissance et compétence dans la nature des activités humaines que l'on veut faire coexister.

Le Parc des Abruzzes en Italie n'échappe pas à cette observation tout comme en Espagne dans les Mont Cantabrique.

Louis Dollo, le 23 novembre 2007

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Suivi génétique 2007 de l’ours dans le Trentin

23 ours ont été détectés dans la province du Trentin et les régions voisines. Le suivi génétique a été effectué avec la collecte opportuniste d’échantillons ; seule la zone du parc naturel Adamello Brento a bénéficié cette année d’une collecte systématique (pièges à poils). Cette collecte systématique s’effectue alternativement chaque année dans l’ensemble de l’aire occupée solidement par l’ours (afin notamment de réduire les coûts). Le suivi opportuniste, basé sur la découverte aléatoire de poils et de crottes, permet de collecter de nombreuses informations.

23 génotypes différents ont été détectés en 2007 (Jurka, capturée, non incluse). D’autres ours peuvent être présents bien que non identifiés génétiquement. Parmi ces 23 animaux, 10 sont des mâles, 12 des femelles plus un individu dont le sexe est inconnu (un ourson né en 2007). Tous les oursons de Jurka nés en 2006 ont été détectés : 2 mâles, JJ3 et JJ5 détectés en Suisse et dans la province de Brescia (Val Camonica) et la femelle JJ4 identifiée en août dans le Val Genova (ouest du Trentin).

6 animaux au moins (tous de jeunes mâles) ont effectué de longs déplacements, errant aussi sur des territoires hors de la province du Trentin. En plus de JJ3 et JJ5, un autre ours a rejoint la Suisse, 2 autres ont atteint le sud Tyrol ; un autre semble avoir gagné la zone de Monte Baldo (province de Vérone). 17-18 ours sont donc probablement présents dans le Trentin.

En prenant en compte les plus longs déplacements effectués par les jeunes mâles en 2007, la petite population des Alpes centrales est actuellement distribuée sur une aire de plus de 5000 km², même si la zone occupée par les femelles est plus petite (1100 km²) et complètement incluse dans l’ouest du Trentin.

2 portées ont été repérées en 2007 avec un total de 3 oursons (soit depuis 2002, au moins 13 portées différentes et 27 oursons). La structure des âges est la suivante : 9 adultes (7 femelles et 2 mâles), 11 jeunes (4 femelles et 7 mâles) et 3 oursons (1 femelle, 1 mâle et 1 individu de sexe indéterminé). Les « jeunes » sont des mâles âgés de 1 à 5 ans et les femelles de 1 à 3 ans.

12 ours ont disparu depuis 2002 : 4 morts, 1 capturé et 7 non détectés depuis au moins 2 ans. Ils représentent 33 % de la population théorique : un nombre important cependant selon les références bibliographiques principales concernant les populations d’ours européennes.

Pour la première fois depuis 2003, la moyenne d’âge est en hausse, montrant un bon taux de survie des jeunes nés en 2006. Par ailleurs, le nombre d’ours détectés en 2007 est plus important qu’en 2006 (23 contre 22) en dépit d’un faible taux de reproduction en 2007 (un taux prévu à cause du faible nombre de femelles reproductives en 2007). La tendance générale montre une population toujours en petite augmentation même si on est loin d’un succès définitif.

Texte source (en anglais) : Forest and Wildlife Service, Autonomous Province of Trento du 10 janvier 2008

Commentaires

Ces introductions d'ours n'amuse, manifestement, que les techniciens qui justifient des emplois et quelques rares chercheurs qui jouent aux apprentis sorciers.

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Trentin : la soeur de l'ours "JJ3" s'est noyée dans un lac


Une ourse de deux ans s'est noyée dans un lac de la région italienne du Trentin Haut-Adige après avoir été anesthésiée par des garde-chasses. Il s'agit certainement de la soeur des plantigrades "JJ3", abattu en avril dans les Grisons, et "Bruno".

L'animal était en train de fouiller les poubelles d'un hôtel près de Trente lorsque les garde-chasses lui ont administré une piqûre anesthésiante. Ils souhaitaient doter l'animal d'un collier avec un émetteur pour pouvoir le surveiller. Effrayé, le plantigrade a réussi à fuir en direction d'un lac, dans lequel il est tombé une fois que le produit anesthésiant a commencé à agir, rapporte le quotidien "La Repubblica".

L'animal est très vraisemblablement la soeur de "JJ3" et de "Bruno", précise le journal. Les autorités ont ordonné des tests génétiques.

"Bruno" a été tué en juin 2006 en Bavière. Un garde-chasse grison a abattu son frère "JJ3" en avril dernier dans la région de Thusis, aux Grisons, car il présentait un danger pour les humains.

Source : Romandie / ats du 14 juin 2008

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Doit-on en conclure que toute cette lignée familiale fait partie des ours à problème que les slovène ont l'heureuse idée de céder "aux pays qui ont foi en l'ours" ?

Curieux, cette suite de problèmes

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Ours : bonnes et mauvaises nouvelles des Abruzzes


Le dimanche 7 décembre, un ours mâle adulte a été retrouvé mort par des randonneurs sur la commune de San Donato de Valcomino, dans la Réserve des Monti della Duchessa, réserve en continuité naturelle avec le parc régional du Sirente-Velino. Il présente tous les symptômes d’un empoisonnement ; il faudra attendre les résultats des analyses génétiques pour confirmation. La réaction des associations de protection de la nature a été immédiate : elles déplorent l’insuffisance des contrôles sur le territoire et des engagements des institutions pour garantir la survie de l’espèce. Selon le WWF « parmi les actions à mettre en place à court terme, il faut interdire immédiatement la chasse et le ramassage des champignons sur les secteurs où du poison est trouvé, une mesure qui, dans autres régions comme la Toscane, a réduit fortement cette pratique scélérate ». L’organisation propose également de réglementer davantage l’utilisation des poisons utilisés dans les appâts empoisonnés.

Dans la Réserve des Monti della Duchessa, 2 ours étaient jusqu’alors présents depuis l’année dernière et étaient suivis par les gardes de la réserve. Aujourd’hui on ne connaît pas la situation du deuxième ours.

En 18 mois, 8 ours ont été retrouvés morts de diverses causes parmi lesquelles l’empoisonnement.

Côté bonnes nouvelles, les observations 2008 ont montré 6 femelles avec oursons dont 4 avec 2 oursons soit un total de 10 oursons. Pour la petite population d’ours des Abruzzes, c’est une très bonne nouvelle ! Toutefois les premiers résultats des analyses génétiques indiquent un nombre total d’individus vraiment petit : entre 36 et 66 individus (avec une moyenne de 44 individus). La fin des recherches génétiques confirmera ou non mais il semblerait que ces chiffres soient définitifs.

Source : FERUS du 18 décembre 2008

Observation :il semble que là aussi, l'acceptation sociale ne soit pas tout à fait celle que l'on veut bien nous faire croire.

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