Réintroduction ou introduction de l'ours dans le Vercors

 

C’est vers 1937 / 1940 que le dernier ours a disparu des Alpes notamment du Vercors. C’est 40 à 50 ans plus tard vers la fin des années 1980 que l’idée germe dans l’esprit de certaines personnes dites « naturalistes » d’introduire des ours dans les Alpes comme dans les Pyrénées. Le 30 septembre 1990, ARTUS écrit sur son site Web : « Aujourd'hui, le ministère de I’Environnement, I‘association ARTUS et le Parc naturel régional du Vercors ont entrepris d'examiner sous tous ses aspects la faisabilité d'une opération de réintroduction ».


Le ton était donné en fait dans le cadre d’une opération commerciale de la Maison de Valérie [Dossier : L'ours communicateur] qui se servait de l’image de l’ours pour sa promotion. Et de gros moyens sont mis en œuvre. Artus précise : « Sur ce dossier comme sur celui des Pyrénées centrales, une équipe pluridisciplinaire est à l’œuvre. Une partie importante de l'étude est achevée, qui conclut à de bonnes potentialités dons le Vercors et le Haut-Diois ».

Avant même d’avoir le rapport en main, Artus y croyais vraiment. Mais c’était déjà le début du mensonge et des faiseurs d’illusions : « Si la consultation des populations et des acteurs économiques concernés se poursuit dons de bonnes conditions pourront bientôt entrer dans une phase active de consultation et d’expérimentation. En l’état actuel des travaux, un optimisme raisonné l'emporte ». Qui dans les Alpes a été consulté ? Existe-t-il des comptes rendus de ces consultations ? Rien !

Très rapidement est publié le résultat d'une étude réalisée par le Centre Ornithologique Rhône-Alpes (CORA = LPO de la région Rhône-Alpes) et financée par….. La Maison de Valérie (Entreprise fermée n'ayant plus d'existence propre), le Secrétariat d'Etat à l'Environnement et ARTUS qui est, dans les faits, une sorte filiale de « greenwashing » de La Maison de Valérie en ayant même le même siège social à côté de Blois dans le Loir et Cher. Les introductions d’ours dans les Pyrénées comme dans les Alpes, sont, à ce stade, en 1990 et jusque vers 1997, des opérations essentiellement commerciales. L'ours devenait un alibi économique et financier. La notion d'écologie et de protection de l'espèce était devenue secondaire.

En 1991, une journaliste de La Vie Publique, François Degert, met les pieds dans le plat en écrivant un article : « Les élus sous la griffe de l’ours » Page 23, elle mentionne le projet d’introduction d'ours dans le Vercors : "Artus organise des voyages d'études, dont le dernier en date, dans les Abruzzes, a profité à quelques élus du Vercors, des chasseurs, des éleveurs, des agriculteurs, en présence de Véronique Herrenschmidt, de la direction de la protection de la nature au ministère de I'Environnement". ... "De nouveaux projets sont élaborés en commun, notamment un projet de réintroduction de l'ours dans le Vercors, un autre dans les Pyrénées centrales, à Melles". C’est le projet du Vercors qui devait se réaliser avant celui des Pyrénées.

En 1992, c’est la journaliste pyrénéenne,Marianne Bernard, qui sort un livre très critique sur certaines pratiques écologistes en Béarn. Une vision très différente de celle présentée officiellement par la mouvance environnementaliste du moment : « Génération démagogie ». Un livre qui n’a pas plus aux « commerçants » de l’ours. La totalité du stock chez l’éditeur a été acheté pour être mis au pilon. C'est à cette période qu'est organisé le retour médiatique du loup dans le Parc National du Mercantour, véritable montagne journalistique.

Dans le même temps, en Béarn, Jean Lassalle mène un combat sans précédent contre les réserves Lalonde, base des introductions pyrénéennes. En 1994, il gagne son combat et crée l’IPHB (Institut Patrimonial du Haut Béarn). Plus question de lâcher des ours dans ces vallées. Il fallait tromper ailleurs…

Est créé l’ADET, véritable montage pour mieux tromper l’Europe et percevoir des subventions… D’impressionnantes subventions sont versées par l’Europe à ARTUS et l’ONC (devenu ONCFS).

Le 4 mai 1995, Roland Guichard, fondateur de l'association Artus et PDG de La Maison de Valérie, et Alain Arquillière, vétérinaire, agissant pour le compte de l'Etat français, ont pris en catimini la route de la Slovénie, se jurant l'un l'autre de ne revenir en France qu'avec... un ours vivant.

Mais rien ne se passera comme prévu par ces commerçants et idéologues de la nature. Après les premières introductions d'ours dans les Pyrénées en 1996 et 1997 à Melles dans la Haute-Garonne, les engagements ne sont pas tenus. Les ours ne restent pas sur les quatre communes prévues, les prédations se multiplient, le désenchantement apparaît. Situation négative pour le business. Il s'agissait d'une véritable manipulation menée par quelques fonctionnaires du Minsitère de l'Environnement. La Maison de Valérie se désengage… Et les introductions dans le Vercors tombent dans l’oubli….

En 2014, un illuminé retrouve sans doute ces quelques informations et ressort cette idée sous la forme d’une pétition aussi stupide qu’idéaliste à une époque où les alpins sont excédés par les prédations de loups. Veut-on créer un nouveau front conflictuel pour occuper les éleveurs et laisser courir le loup ?

 

 


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