Massif Central rime aujourd 'hui avec Margeride et l'Aubrac ou encore les départements de la Lozère, le Cantal, l’Aveyron et la Haute-Loire en débordant sur plusieurs régions
administratives à l’histoire très différente. Mais un autre nom sonne pour des raisons trés différentes: le Gévaudan. Tout le monde connaît la bête mais peu de personne ne la
rapporte à ces départements où le loup a fait sa réapparition fracassante, dans des proportions importantes, en 2012. Nous relatons ci-dessous un court résumé de cette histoire de
loup ou… de bête du Gévaudan.
- Historique
Il est communément admis par la communauté scientifique que les populations reproductrices de loups ont disparu de France entre 1930 et 1939. Néanmoins, il faut noter que dans le
Massif Central, la mort connue des derniers loups date de:
- 30 juin 1764:
Aux Hubacs (sur la commune de Saint-Etienne-de-Lugdares, en Ardèche), Jeanne Boulet, une adolescente de quatorze ans est dévorée.
- 6 janvier 1765:
Une jeune femme du village de Saint-Juéry, Delphine Courtiol, est attaquée par un loup. Cet hiver là une vingtaine de personnes ont succombé aux crocs de "la bête"
depuis qu'elle s'est manifestée officiellement pour la première fois le 30 juin 1764 aux Hubacs - En savoir plus....
- 4 décembre 1869:
Le Petit Journal à Paris écrit: "Nous extrayons du Courrier de la Lozère les renseignements suivant: Une bande de loups nous parait s'être établie sur les plateaux qui dominent
le Malzieu. Elle a déjà fait dans ses environs les plus regrettables ravages. Au village de Couffoures -sic- un propriétaire a eu neuf brebis dévorées dans une semaine"
- 1951:
Sur la commune de Grandrieu (massif de la Margeride), un loup a été abattu. Ce serait, officiellement, le dernier loup abattu en Lozère
- 20 juin 1977:
Sur la commune des Salces (massif de l'Aubrac), Albert Pégorier tue un loup. Et comme on ne sait jamais quand il y en a ou il n'y en a plus, on dit: "Il s'agit du dernier loup de
Lozère, avant son retour au début des années 2000"
- 9 octobre 1997:
Une automobiliste percute un loup sur la RN 122 à hauteur du plan d'eau de Laveissière. L'animal avait été filmé l'année précédente par un vidéaste amateur. D'où venait ce loup?
Des Alpes lointaines? A-t-il été introduit par l'homme? Le canidé était, évidemment... d'origine italienne.
- "Le premier cas documenté de loup ayant franchi le Rhône remonte à 1997. Dès 1999, nous avons eu des preuves de sa présence dans le Massif central", explique Éric Marboutin, chef
de projet à l’ONCFS*, chargé de la surveillance des populations loup et lynx.
Source: Déclaration au JDD du 7 juillet 2013
- Février 2006:
Confirmé par un communiqué de la préfecture de Lozère du 24 mai
2006 par le préfet Mourrier, un couple de loup était bien présent sur l'Aubrac lozérien
- La Lozère Nouvelle publie un article sur Gonzalo Diaz, accompagnateur en montagne: "La présence du loup sur l'Aubrac est un secret de polichinelle". Le loup est là.
Il est assez curieux que le loup ne soit pas craintif de l'homme et soit aussi facilement visible....
D’où venaient ces loups? Etaient-ils les derniers rescapés? Venaient-ils d’élevages? Ces informations ne semblent pas connues.
A suivre.....
- Sur la piste de la bête du Gévaudan
Dans la présentation d’une "randonnée dans les paysages de la Margeride et de l'Aubrac" dans le journal
Les Echos n° 19762 du 29 Septembre 2006 • page 112, Renaud Czarnes précise:
La province du "Gévaudan n'est plus. Cette ancienne province se répartit aujourd'hui entre la Margeride (Lozère, Cantal, Haute-Loire) et l'Aubrac (Lozère, Cantal, Aveyron).
Débarrassé de ces angoisses géographiques, on peut enfin, l'esprit léger et le pas alerte, rejoindre Saint-Juéry, au nord-ouest de la Lozère, pour une première randonnée. Nous
sommes dans une zone de transition entre la Margeride, terre de granit, de paysages de prairies et de forêts profondes, et l'Aubrac, terre de basalte, de vastes plateaux d'altitude
et d'anciens volcans. Le village semble à l'écart du temps. Pour tout dire, en cette magnifique journée d'été, il semble même vivre au ralenti". La présentation des lieux étant
faite, il aborde les faits historiques:
C'est ici que, le 6 janvier 1765, une jeune femme du village, Delphine Courtiol, sortit dans son jardin. Mal lui en prit. Selon un document d'époque conservé aux archives du
Puy-de-Dôme, "cette beste ly aperçut et fut à elle, la saizit par le col, luy a fait une ouverture aux mameles et luy a mangé la face". Ce même jour, un peu plus tard, une jeune
fille de Morsanges (Cantal), à quelques kilomètres de là, fera également une funeste rencontre. En cet hiver 1765, la bête n'en est pas à son coup d'essai. Une vingtaine de
personnes ont succombé à ses crocs depuis qu'elle s'est manifestée officiellement pour la première fois le 30 juin 1764 aux Hubacs (sur la commune de Saint-Etienne-de-Lugdares, en
Ardèche), dévorant Jeanne Boulet, une adolescente de quatorze ans.
Les naturalistes militants trouveront surement une justification pour prétendre que ce témoignage est faux. Néanmoins, nous constatons qu’il n’est pas le fruit d’une manipulation
idéologique et que d’autres constats du même type ont bien eu lieu.