Les éoliennes en montagne en France et ailleurs

Logo Facebook
Vous êtes ici : Accueil > Environnement-Pyrenees > Energie-Renouvelable > Eolien-Eoliennes >

L'implantation des éoliennes va-t-il devenir, à moyen terme, une calamité européenne?
Quoique les Pyrénées ne soient pas directement touchées par cette tendance de l'écologie politique, compte tenu de ce qui se passe à l'Est de la chaîne pyrénéenne et en Epagne, nous devons être particulièrement attentifs au phénomène.
Il est claire qu'au nom des dogmes et principes de l'écologie politique, il est politiquement correct de s'aligner sur de l'antinucléaire. De ce fait, tout ce qui n'est pas nucléaire est bon sans soucis des conséquences autres que les radiations qui, en Europe occidentale, n'ont pas affectés grand monde en 25 ans.

Alors qu'EDF enterre ses lignes, que des précautions sont prises pour que les oiseaux ne percutent pas les lignes à haute tension, les câbles de télésièges et téléphériques dans les stations de ski, le clôtures de prairies et qu'il se développe des mouvements contre les THT (Très Haute Tension), des esprits bien pensants, c'est à dire des gens qui se prennent pour la bonne conscience populaire, s'efforcent de développer des éoliennes.

Par ce dossier, je vous laisse le loisir d'apprécier:

Eoliennes en Navarre en 2001
Source de la photo: http://www.juracretes.ch

- Informations techniques et juridiques

- Présence géographique de parcs éoliens

- Les Eoliennes contestées notamment par par les associations

- Les Eoliennes et l'environnement

- Liens intéressants

- Les leçons énergétiques inattendues du Danemark

L'engagement éolien est critiqué, même si les résultats sont là.

Le Danemark est-il le bon élève de la classe énergétique?
La question vaut d'être posée, alors que ce pays, petit et prospère, situé au nord de l'Allemagne, est le champion mondial de l'énergie éolienne: 15 % de son électricité provient du vent faisant tourner les pales de ses 5.400 éoliennes.
Dans une étude récente, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) rend une réponse très nuancée.
Bon élève, oui semble-t-elle dire, mais pas pour les bonnes raisons.
Le Danemark a la chance de disposer en mer du Nord de pétrole et de gaz, qui couvrent largement ses besoins énergétiques. Pourtant, le pays ne se repose pas sur cette manne: il est aussi un champion de l'efficacité énergétique, au coude à coude avec la Suisse et le Japon. Sa consommation globale d'énergie a diminué de 0,1 % par an depuis 1973, quand l'ensemble des pays développés ont vu la leur croître de 0,9 % chaque année. Il fait notamment bien mieux que la France, qui a relâché ses efforts depuis 1983.
Ces bons résultats sont-ils à mettre en rapport avec l'autre spécificité énergétique du Danemark: la présence massive, une tous les 8 km2, d'éoliennes?
L'appréciation des experts de l'AIE sur ce choix éolien est réservée.
Certes, il a permis de développer une industrie puissante, faisant de Vestas le leader mondial des turbines éoliennes. Même si ce développement impressionnant s'est en partie opéré grâce à un prix subventionné accordé au courant éolien. De plus, les éoliennes n'ont pas suffisamment aidé le Danemark à contrôler ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Ses émissions ont en effet crû de + 11 % par rapport à 1990, alors que le pays devrait les réduire en 2010 de - 21 % selon le protocole de Kyoto.

Dépendant des subventions
En fait, l'accent mis sur l'éolien s'est fait au détriment d'autres investissements qui auraient coûté moins cher pour un meilleur résultat: "Le coût de réduction des émissions de CO2 par le soutien aux énergies renouvelables a été plus élevé que cela aurait été le cas à travers des programmes d'efficacité énergétique ou le marché international des émissions", analysent les experts, qui répètent ce message plusieurs fois. En conséquence, ils recommandent d'utiliser le marché européen des quotas d'émission et de recourir paralèllement - le marché seul ne pouvant suffire à contrôler les émissions de GES - à de nouvelles mesures domestiques.
L'éolien présente aussi un autre inconvénient, souligne l'AIE: il n'assure pas une grande régularité de production. En cas de tempête, notamment, les aérogénérateurs doivent s'arrêter. En janvier 2005, le Danemark n'a ainsi échappé au black-out que parce qu'il a pu importer de l'électricité de ses voisins scandinaves et allemand.
En fait, l'éolien reste dépendant des subventions:
lorsque le gouvernement les a fortement réduites en 2005, la construction des aérogénérateurs a été suspendue. Les experts en ont conclu que "la technologie actuelle est encore éloignée de la compétitivité commerciale". La subvention n'est plus que de 1,65 centime d'euro au Danemark, contre 8,4 centimes en France et 8,6 centimes en Allemagne.
L'agence recommande donc au gouvernement de Copenhague de poursuivre ses efforts d'efficacité énergétique: cette politique, la plus rentable, possède encore un fort potentiel. L'AIE insiste aussi sur la prise en compte du transport, exclue de la stratégie énergétique danoise, alors que c'est là que les émissions augmentent le plus.
Prudence à l'égard des éoliennes, effort redoublé sur l'efficacité énergétique, politique de contrôle des transports: ces leçons tirées du cas danois pourraient utilement inspirer d'autres gouvernements européens.

Auteur: Hervé Kempf
Source: Le Monde Energétique du 5 octobre 2006

- Danemark, le pays où l'électricité est la plus chère

Coûts de l'électricité (Source: National Utility Consulting Group, étude nationale sur l'électricité En euros/kWh)

- Le Conseil d'Etat suspend le tarif de rachat de l'électricité éolienne

Le Conseil d'Etat a annulé l'arrêté ministériel fixant le tarif de rachat par EDF de l'énergie éolienne. Rendue publique le 6 août, cette décision est un croche-pied au développement des aérogénérateurs. En effet, ceux-ci ne trouvent pour l'instant leur rentabilité que par l'obligation qui est faite à EDF de racheter l'électricité qu'ils fournissent. Un arrêté du 10 juillet 2006 a fixé le prix de ce rachat à 8,2 centimes par kilowattheure pour les 10 premières années d'exploitation. Ce texte avait été attaqué en 2006 par l'association Vent du Bocage, opposée au développement de l'énergie éolienne. Le Conseil d'Etat a suspendu l'arrêté en raison d'un vice de forme, l'administration n'ayant pas, lors de la préparation du texte, consulté les organismes adéquats.

Si cette décision ne remet pas en cause le fonctionnement des éoliennes déjà installées, elle devrait bloquer l'ouverture de nouveaux parcs. En effet, les opérateurs ne peuvent fonctionner sans passer un contrat avec EDF, que celle-ci, sans arrêté fixant le prix, ne pourra signer. "Il est probable que les contrats qui auraient dû être signés dans les prochaines semaines risquent de prendre du retard", dit André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables. Pour Jean-Louis Butré, président de Vent du Bocage, "la décision du Conseil devrait normalement entraîner la suspension du programme de construction demandé par le lobby des promoteurs qui fait actuellement fortune sur des bases tarifaires qui n'existent plus."

Manque de transparence

Au ministère de l'écologie, on souligne que le Conseil d'Etat a jugé qu'il y avait vice de forme, mais n'a pas remis en cause le mode de calcul du tarif. Un nouvel arrêté, reprenant pour l'essentiel les dispositions du précédent, sera rapidement préparé, et "devrait être prêt en septembre", indique-t-on au cabinet du ministre.

Cette "péripétie désagréable", selon le terme de M. Antolini, intervient alors que l'intérêt économique du développement de l'éolien en France a été mis en cause par l'Institut Montaigne, d'inspiration néolibérale. Dans une étude publiée fin juillet, cet institut conclut qu'un développement d'ampleur de l'éolien "ne répond pas à un besoin en France et qu'il induirait des surcoûts pour la collectivité pouvant dépasser 2,5 milliards d'euros par an à l'horizon 2020". L'institut pointe notamment le tarif de rachat, jugeant "qu'un prix trop haut génère des rentes indues au détriment de l'intérêt général".

Le Syndicat des énergies renouvelables prépare une réponse à cette analyse. Il devrait souligner que les mécanismes d'aide publique "sont nécessaires pour donner une visibilité de long terme aux investisseurs". Ce débat est cependant assez difficile à démêler, faute de transparence, et la conclusion de l'Institut Montaigne devrait pouvoir être partagée par tous: "Les données officielles sur le coût du développement de l'éolien en France font cruellement défaut. Dans un souci de transparence, il serait utile que soit publiée une évaluation officielle des objectifs fixés par le Grenelle de l'environnement en matière d'éolien."

Auteur: Hervé Kempf
Source: Le Monde du 10 août 2008

- Coqs de bruyère contre éoliennes, un combat sur la crête des Vosges

Des fumerolles montent des vallées, après la pluie, rejoignant le ciel gris et lourd. On dirait les panaches de dizaines de volcans, émergeant d'entre les courbes alanguies des sombres monts qui se succèdent sur l'horizon. Le regard ne distingue pas de signe de présence humaine, sinon, très loin, la tache du lac de Gérardmer et ses maisons, en un amas indistinct. Paysage profond et magnifique.

Mais la sérénité qui se dégage de Gazon du Faing, sur la crête des Vosges, pourrait ne pas perdurer; des traits blancs verticaux pourraient apparaître sur la droite et rompre la ligne d'ondulation des montagnes. Il s'agit d'éoliennes, dont le projet déclenche une dispute acerbe entre écologistes. Côté alsacien, la communauté de communes de Kaysersberg (Haut-Rhin) veut implanter cinq éoliennes de 139 mètres de haut au sud du col du Bonhomme.

"Nous sommes engagés dans une démarche de développement durable, explique Roger Bleu, le président de la communauté, dans sa mairie du Bonhomme. Chaufferies au bois, toits photovoltaïques, aide à la rénovation écologique de l'habitat, soutien à l'agriculture environnementale, piscine sans chlore, nous voulons être une référence dans ce domaine. Les éoliennes viennent naturellement compléter le tableau." La communauté mettra sur la table environ 60 % des 18 millions d'euros d'investissement, afin de tirer bénéfice du projet. "Les éoliennes seront aussi un levier économique, poursuit M. Bleu, nous attendons la taxe professionnelle et, après douze ans, un revenu annuel de 500.000 euros."

Mais le projet a suscité une vive opposition du côté lorrain. La question du paysage, trop subjective, n'est pas un argument suffisant. C'est sur la présence du grand tétras, alias coq de bruyère, un oiseau imposant (le mâle pèse 5 kg) qui vit dans les tapis de myrtilles des sapinières, que la controverse s'est focalisée. "C'est une espèce clé de voûte de l'écosystème forestier, dit Louis-Michel Nageleisen, président du Groupe Tétras Vosges (GTV), une association dédiée à la protection de l'animal. Sa présence signifie qu'un habitat est dans un équilibre riche en espèces de toutes sortes."

Mais, dans les Vosges, les coqs de bruyère, se portent mal: de cinq cents dans les années 1970, ils ne sont plus qu'une centaine aujourd'hui. Cependant, sur la réserve naturelle du Tanet Gazon du Faing, à quelques encablures du col, la population semble repartir à la hausse. "Elle pourrait recoloniser d'autres sites vers le nord, et nous voudrions établir un corridor biologique, dit M. Nageleisen. Or les éoliennes seraient placées juste sur ce corridor. Elles constitueront une nuisance par elles-mêmes et par la fréquentation humaine qu'elles induiront sur les chemins créés."

Cette préoccupation a convaincu les élus Verts lorrains, comme Daniel Béguin ou Jean-François Fleck, conseillers régionaux, alors que les Verts alsaciens soutiennent le projet. Et, à discuter avec les uns et les autres, on n'est pas loin de les entendre s'envoyer... des noms d'oiseaux.

Des compensations pourraient-elles faire avaler la pilule éolienne? La communauté de communes s'engage à empêcher l'exploitation forestière sur 700 hectares, ce qui élargirait l'espace tranquille où peut vivre le coq. Mais le GTV doute: "Je n'ai rien vu d'écrit, dit M. Nageleisen. Et au lac Blanc, où l'aménagement de la station de ski devait s'accompagner de compensations biologiques, on n'a quasiment rien vu. De plus, les compensations ne peuvent qu'atténuer l'impact de l'infrastructure, pas l'empêcher."

M. Bleu assure de sa volonté de réaliser les compensations promises: "Nous y consacrerons plus de 600 000 euros sur vingt-cinq ans." Et il élargit le débat: "Le problème du tétras, c'est qu'il est dérangé par les pénétrations en forêt. Il faudrait limiter la fréquentation de la réserve de Gazon du Faing et alentour. Je suis partisan de ne plus autoriser la route des Crêtes aux véhicules automobiles."

Mais, à court terme, le problème, ce sont les éoliennes. Biodiversité ou énergies nouvelles? "Si l'homme n'est pas capable de sauver le grand tétras, il ne pourra pas se sauver lui-même", dit Jean-Marie Triboulot, du GVT. A quoi Henri Stoll, maire de Kaysersberg et dont René Dumont est le maître à penser, répond: "Leur problématique, c'est de sauver le tétras. J'ai une autre problématique: sauver le monde." La planète a rendez-vous au col du Bonhomme.

Auteur: Hervé Kempf
Source: Le Monde du 14 août 2008

- Polemique autour du prix du vent

Une etude contestee estime le surcout a un milliard d'euros par an d'ici 2020.
Enervement dans le monde effervescent de l'eolien. Une enieme etude vient a nouveau de secouer les pales des aerogenerateurs francais. A l'origine, Vincent Le Biez, eleve ingenieur du corps des Mines, qui publie a l'Institut Montaigne (think tank patronal reconnu) une etude plutot critique sur l'efficacite economique et ecologique de l'eolien, battant en breche les arguments des plus hautes autorites de regulation de l'energie.
D'apres lui, le developpement de l'eolien en France "ne repond pas a un besoin, etant donne la sobriete du parc de production electrique francais en termes de CO2 [grâce au nucleaire, ndlr]". Il ecorne passablement l'objectif affiche lors du Grenelle de l'environnement, qui fixe a 25 000 megawatts (MW) la puissance eolienne installee d'ici a 2020. "Si cet objectif devait se realiser, il se traduirait par un surcout de 1 milliard d'euros par an d'ici a 2020 et de 2,5 milliards d'euros au-dela." C'est-a-dire 100 euros par an et par foyer.

Ennemis.
Face aux inquietudes liees au pouvoir d'achat, l'argument fait mouche. Mais il en faut plus pour decoiffer Andre Antolini, truculent president du Syndicat des energies renouvelables, qui voit dans cette etude une vulgaire commande des ennemis du Grenelle. "Le Grenelle a retenu des objectifs ambitieux en matiere de renouvelables, ce qui decoit certains. Si on suit les previsions de ce jeune eleve-ingenieur, on dit adieu au Grenelle. Et on ne remplit pas les objectifs de la directive europeenne, qui fixe a 20 % notre part de renouvelables d'ici a 2020."

Mais l'etude l'interroge... En effet, le chiffre de 100 euros est sans commune mesure avec celui calcule par la Commission de regulation de l'energie (CRE) qui, elle, estime le surcout actuel de l'eolien a 90 centimes d'euros par foyer et par an. Il faut dire que les deux resultats ne racontent pas la même chose: l'etude de l'institut calcule le cout supporte par la collectivite pour mettre en place une politique, tandis que la CRE a mesure le cout de l'eolien sur la facture d'electricite. "Ce chiffre etait valable en 2006, quand il y avait un parc eolien d'1 GW [1.000 MW]. Mais même en extrapolant, on reste assez loin des valeurs de l'Institut Montaigne", indique un porte-parole de la CRE. "Nous determinons le montant des compensations versees a EDF pour avoir achete plus cher de l'electricite renouvelable. Lui cherche a savoir ce que represente le cout global pour la collectivite du changement de mix energetique francais."

Ce n'est pas logique, mais c'est ainsi: produire de l'energie a base de vent coute plus cher. Histoire de lancer la filiere, l'electricite produite grâce au vent est achetee par EDF a un tarif superieur, en l'occurrence 82 euros le megawattheure contre 65 euros pour l'electricite du marche. EDF paie donc 17 euros de plus par megawattheure eolien. Ce surcout est en realite supporte par tous les Francais, qui s'acquittent d'une taxe, la contribution au service public de l'electricite (CSPE), proportionnelle a leur consommation. "Il faut voir cette taxe comme un investissement permettant d'accompagner la montee en puissance progressive de la filiere", rassure Antolini.

"Energie fatale."
Argument supplementaire de l'etude critique, le manque de flexibilite des aerogenerateurs. "En matiere d'energie, il faut produire autant qu'on consomme", explique Vincent Le Biez. "Or, l'eolien est une energie fatale: on est oblige de l'injecter dans le reseau quand elle arrive et elle n'est pas previsible." La variabilite de l'energie eolienne est une realite physique, mais les progres de la modelisation et de la prevision meteorologique permettent de mieux l'anticiper. D'autant qu'on sait mieux prevoir les pics de consommation d'electricite. La France reste le deuxieme gisement eolien en Europe, derriere la Grande-Bretagne. "Le vent souffle toujours quelque part", rappelle l'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'energie (Ademe), qui a dresse quelques atlas eoliens departementaux.

Diversification.
Par ailleurs, chaque kilowattheure eolien evite l'emission de 300 grammes de CO2. La CRE prevoit une production eolienne de 5,5 TWh (5.500 GWh) pour 2008, soit 1,65 million de tonnes de CO2 evitees (sur un total d'emissions francaises d'environ 500 millions). "Je n'ai aucun probleme avec l'eolien, previent Vincent Le Biez. On peut dire qu'il participe a la diversification du bouquet energetique francais. Mais on n'a pas besoin que 10 % de la consommation d'electricite soit couverte par de l'eolien. Comme on subventionne cette energie, cela pourrait couter trop cher." Au fond, le debat depasse la question du surcout et de la facture EDF des particuliers. Quel prix accepte-t-on de payer pour doter son pays d'energies propres?

Un developpement qui s'accelere
En mai 2008, plus de 2.200 eoliennes avaient vu le jour en France, ce qui correspond a une puissance installee de pres de 3.000 megawatts (MW). Apres avoir lambine jusqu'en 2006, la France rattrape son retard, notamment grâce a un tarif de rachat attractif de l'electricite issue du vent, et installe desormais 1000 MW par an. D'apres le Syndicat des energies renouvelables, les permis de construire deja attribues portent a 7 300 MW les capacites eoliennes theoriques francaises. Cela ne fait que commencer. Dans le cadre du Grenelle, l'objectif affiche est de 25 gigawatts de puissance installee d'ici a 2020.

Auteur: Laure Noualhat
Source: Libération du 4 août 2008

- "Horrifiés à l'idée de voir 15.000 éoliennes en France"

Des associations de défense du patrimoine et des fédérations hostiles aux éoliennes ont défilé samedi à Paris contre "le programme démentiel" du Grenelle de l'environnement pour l'éolien en France. Entretien avec l'un des organisateurs.

Haro sur les éoliennes. Ces grands mâts blancs qui intègrent progressivement le paysage français ont eu les pales qui sifflent samedi à Paris. Un collectif d'associations de défense du patrimoine et de fédérations hostiles aux éoliennes a en effet défilé contre "le programme démentiel" du Grenelle de l'environnement pour l'éolien en France. Ce "Collectif du 4 octobre", qui revendique l'adhésion de quelque 160 associations plus les soixante appartenant à la Fédération du développement durable (FED), a organisé une marche entre la place Denfert-Rochereau et le ministère de l'Ecologie, boulevard St Germain.

Certaines personnalités rejoignent leur combat, comme Valéry Giscard d'Estaing, qui mène depuis plusieurs mois une croisade contre le développement de l'énergie éolienne. L'ancien président de la République a récemment durci son discours en évoquant "un business souvent douteux" et une énergie pas "renouvelable" mais "subventionnée". Il met également en garde contre la défiguration de la nature par "la rotation de ces silhouettes dégingandées et funèbres". Entretien avec Jean-Louis Butré, l'un des organisateurs de la manifestation, qui n'en pense pas moins.

Le Figaro.fr - En quoi, selon vos dires, le programme éolien du Grenelle de l'environnement est-il "démentiel"?

Jean-Louis Butré - C'est démentiel dans le sens où au Grenelle de l'environnement, c'est le syndicat des énergies renouvelables, donc les promoteurs éoliens, qui ont dirigé les discussions. Il sort de ses réunions un plan qui demande l'installation de 12.500 machines. Tout est centré sur l'éolien, alors que c'est une énergie complètement débile pour la France, puisque ça va amener d'énormes surcoûts.

Près de 10% de l'électricité produite par le vent en 2020, comme le demande le Grenelle, n'est-ce pas un réel "plus" écologique pour la France?

Le surcoût annuel créé par la construction de ces éoliennes peut atteindre les 2,5 milliards d'euros, soit cent euros par ménage français. Pourquoi faire de l'électricité avec des machines qui n'ont aucune rentabilité, qu'il faut subventionner?

Vous affirmez que les éoliennes constituent "une erreur stratégique mettant en péril le pouvoir d'achat des Français". Quel rapport en l'éolien et le porte-monnaie des Français?

Quand un Français regarde sa facture d'électricité, il constate qu'une taxe de 4,5% est prélevée. Or, elle sert de plus en plus à payer ce surcoût éolien. Mais ces 4,5% ne vont pas suffire. Imaginez la somme à payer quand on passera de 2.000 à 15.000 machines... D'ailleurs, EDF a déjà officiellement demandé un milliard d'euros supplémentaire à l'Etat, car ces éoliennes nécessitent l'installation de lignes à haute-tension.

Vos détracteurs estiment qu'à travers votre combat, c'est aussi le lobby pro-nucléaire qui s'exprime...

La FED est constituée de gens issus de mouvances différentes: des altermondialistes comme des pro-nucléaires. Moi, je trouve que le nucléaire est un mal nécessaire. Nous sommes obligés d'en passer par cette énergie, donc autant le faire bien maintenant.

Pensez-vous être vraiment entendu par le gouvernement?

Nous avons été reçus par des collaborateurs du ministère de l'Ecologie.
Nous sommes horrifiés à l'idée de voir 15.000 mâts qui vont tourner sur la France alors qu'on a un des pays les plus beaux au monde, que certains veulent uniformiser.

Auteur: Samuel Potier
Source: Le Figaro du 4 octobre 2008