Groupe National Loup (GNL) du 14 octobre 2013

 

Cette réunion du groupe national loup se présente en pleine crise. Les prédations n’ont pas diminuée. Les tirs de prélèvement ou de défense sont aussi inefficaces que les mesures de protection, les actions devant la juridiction administrative des ONG écologistes remettent en cause les possibilités de tirs et de réalisation du quota de 24 loups, la condamnation d’un berger, les manifestations contre un Symposium, l’exaspération des éleveurs et bergers….. Bref, rien pour favoriser un dialogue serein si toute fois un dialogue est encore possible dans une telle situation.

 


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Le loup

 

Groupe National Loup, éleveurs et bergers en désespérance


Considéré par certains comme étant plutôt une réunion de bilan intermédiaire, pour d’autres elle était l’expression d’une grande désespérance notamment chez les éleveurs et bergers, qu’ils soient propriétaire ou salariés. Cinq mois après le début du nouveau plan national d'action, il ne fallait pas s’attendre à de grandes nouveautés sauf que les éleveurs excédés réagissent comme jamais ils ne l’ont fait.

Quelques-uns des thèmes principaux abordés

Officiellement, les thèmes qui devaient être développés étaient :

  • L’état avancement des réorientations de certaines modalités de suivi de l'espèce. L’ONCFS a expliqué son orientation vers une plus grande réactivité de la détection des groupes de loups sédentarisés avec de nouvelles méthodes de travail pour plus de réactivité dans la mise à jour des estimations d'effectifs. Volonté affirmée mais d’une efficacité relative pour ne pas dire sans grand intérêt pour les véritables usagers concernés que sont les éleveurs.
  • Le bilan des constats d'attaques qui, en gros se situent au même niveau que l'an dernier à la même période. Preuve de l’inefficacité des moyens mis en œuvre par le plan loup
  • Le bilan des mesures de gestion avec quelques 250 autorisations de tir de défense, 25 autorisations de tir de défense renforcé, et une quinzaine d'autorisation de tir de prélèvement. Mais constat que l’autorisation de tirs des chasseurs en cours de battue nécessite de revoir les conditions juridiques des arrêtés préfectoraux, ceux-ci étant suspendus par le Tribunal Administratif de Nice qui, comme les associations écologistes, se soucie assez peu de la détresse des éleveurs.
  • Le principe de l'installation de groupes de travail transversaux sur les mesures de protection notamment sur l’évaluation de l’efficacité, l'objectivation du caractère non protégeable de certaines situations et quelles nouvelles actions pour les cœurs de parc nationaux dans l’hypothèse d’une situation de droit constant au niveau actuel qui, manifestement, n’est plus tolérable.

Ferus et le WWF – France claquent la porte

Ferus et WWF-France ont expliqué leur démarche dans un communiqué de presse. Une décision de leur part sans grand intérêt pour plusieurs raisons :

  • Ils ne servent à rien et ne sont d’aucune utilité pour trouver des solutions aux problèmes des éleveurs. Certes, ils représentent un courant d’idées qui est hors du temps et préconisant un retour en arrière de 2000 ans (rapport de 2008 sur l’ours), en prônant une idéologie de développement du tout sauvage propre à la « deep ecology » et en passant son temps à engager des procédures judiciaires contre tout ce qui pourrait être un début de solution pour la vie des bergers.
  • Ils fondent toutes leurs démarches sur le mensonge. A cet égard citons notamment le rapport 1992 Pastoraloup ou encore le document de présentation Pastoraloup 2013 impliquant abusivement le CERPAM
  • Ils laissent sur place FNE dont ils sont membres, ce qui revient à participer indirectement au dialogue.
  • Ils n’ont pas démissionné du GNL mais seulement suspendu leur participation. Action digne d’une crise d’adolescence sans avenir.
  • Incohérence de la politique de cette association militante : Après avoir critiqué l’ADDIP de pratiquer la politique de la chaise vide au groupe national Ours dans les Pyrénées, Ferus et le WWF font la même chose au GNL mais pas pour les mêmes raisons.

Toujours plus de loups

Pour des raisons de pure politique, pour la seconde année consécutive on nous ressert un plat froid avec 250 loups (1) tout en mentionnant un taux de progression de 19%. Original mais il y aura toujours de bonnes explications statistiques totalement incompréhensibles pour mieux noyer le poisson. Si l’éleveur évoquait des raisons similaires quant à l’évolution de son cheptel, on l’internerait immédiatement. Mais là, c’est l’ONCFS qui parle. Donc c’est vrai…. Et nous découvrons :

  • Trois nouvelles meutes dans le Verdon et une 4ème non confirmée, entre les Alpes de Haute-Provence et le Var (Canjuers Ouest, Soleilhas, Argens, peut-être Montdenier).
  • Une baisse de la prédation partout, sauf dans la Drôme (Diois), le Var, les Alpes de haute-Provence et une très forte aggravation dans les Préalpes de Grasse.
  • L’observation des statistiques fournies nous montrent que nous avons déjà 838 troupeaux attaqués dont 217 dans les A1lpes de Haute-Provence qui vient en tête des attaques, 171 dans les Alpes-Maritimes, 114 dans les Hautes-Alpes, 57 dans le Var, 8 dans le Vaucluse et 1 dans les Bouches du Rhône.
  • Nous constatons une augmentation du pourcentage de troupeaux attaqués plusieurs fois ce qui signifie que les mesures de protection mises en place et les tirs de défense sont inefficaces. D’autres mesures s’imposent.

A ce niveau de l’observation statistique des faits, nous pouvons déjà assuré, comme nous l’écrivions en mars dernier, que le Plan Loup 2013-2017 est inefficace et ne fait qu’aggraver la désespérance des éleveurs et bergers tout en accroissant le déséquilibre et l’inégalité entre éleveurs soumis à prédations et les autres. Situation discriminatoire inacceptable. Mais le problème est sans doute aussi tout autre. Nous dire inlassablement que nous en sommes à 250 loups est de moins en moins crédible d’autant que dans les couloirs, hors des discours officiels, le chiffre de plus de 300 loups est régulièrement avancé. Mais il ne faut pas le dire…. Pourquoi ? Tout simplement pour ne pas déclarer la population viable et ouvrir la porte à l’autorisation d’une trentaine de loups à tuer.

Combien y a-t-il de loups ?

Le nombre de loups relève du flou artistique le plus complet tout comme son arrivée autant surprise que médiatique en 2012. Mensonges et manipulations pourraient bien être le maitre mot. Dans tous les cas, la vérité est méconnue. Ainsi, nous explique-t-on du côté ONCFS que : « On fait le bilan des effectifs fin mars de chaque année ... vu que cet été on vient de détecter 3 nouvelle meutes (1 de plus à côté de Canjuers, deux autres de plus pas loin de là, dans le 04).... Je suppose que si les bilans démographiques entrées/sorties (naissance/mortalité) sont dans la moyenne d'ici mars 2014... Les effectifs évolueront.... » Et ça fait une année de gagnée pour réagir. Du côté d’une certaine administration, il est urgent d’attendre et ne rien faire. Pourquoi pas ? Cette situation présente au moins l’avantage de calmer les écologistes toujours aussi bruyants et influents que minoritaires.

Par ailleurs, la régulation tournant à la bouffonnerie avec seulement 5 loups tués sur 24 autorisés et des actions judiciaires perdantes, il ne faut surtout pas bouger les effectifs. Et ce n’est pas demain que nous connaîtrons la vérité. . En attendant, les éleveurs et bergers sont dans une profonde détresse et le contribuable paie des millions d’Euros pour rien sauf la satisfaction d’une petite minorité agissante qui développe une idéologie et des objectifs très éloignés du développement durable.

Un vrai scandale financier

Hormis le fait que des millions d’Euros sont déversés à fonds perdus aux associations écologistes autant par l’Etat que par les Régions mais parfois aussi les départements qui tentent d’acheter leur tranquillité écologique, la gestion du loup coûte des dizaines de millions d’Euros aux contribuables français, alors que ceux-ci sont pressé comme des citrons. Et rien n’est fait pour trouver une solution franco-française à cette situation. La preuve ! L’impasse dans laquelle nous nous trouvons.

Impasse matérielle de tirs impossibles ou inefficaces pour faire peur aux loups comme l’expliquait Christophe Castaner, député et Président du GNL, à notre micro le 8 avril dernier et confirmé le 6 mai à radio DICI.

Impasse juridique avec une directive européenne « habitats » qui limite les moyens d’action tout en ayant une législation française contraignante pour l’Etat et dont il n’est jamais fait état avec l’article L 113-1 du Code Rural.

Impasse populaire avec des parlementaires qui ne cessent de déposer des projets de loi au Sénat et à l’Assemblée nationale tendant à éliminer des loups. Mais aussi pression des syndicats agricoles et des associations d’éleveurs.

L’inefficacité de la régulation en même temps qu’une prise de conscience généralisée de ceux qui n’ont pas claqué la porte du GNL dont France Nature Environnement de l’existence d’une « désespérance » des éleveurs conduit le gouvernement à rechercher des solutions financières dramatiques à une période où les caisses de l’Etat sont vides. Le loup, pire que l’ours dans les Pyrénées, est une véritable pompe à finance. C’est ainsi que l’idée germe d’imposer aux régions de prélever sur le FEADER - [Synthèse de la législation de l'Union Européenne]. Fond qui n’est pas en principe fait pour ça. Et là on sombre dans le mélange des genres face à Ministère de l’écologie sans aucun moyen. La région PACA perçoit déjà 65 % du montant national destiné au FEADER. Le distribuer au loup c’est amputer la région, de manière importante, de toutes autres formes de développement rural notamment de ses moyens structurant pour gérer une espèce emblématique qui n’est pas en danger et n’apporte rien à la biodiversité.

Une désespérance totale

Impasse juridique immédiate avec l’application de la directive européenne « habitats » inadaptée à la situation, impasse financière, impasse technique quant aux mesures de protection, plongent éleveurs et bergers dans une totale désespérance qui entraine, à court terme, une catastrophe écologique. Comment peut-on envisager qu’un jeune puisse s’installer éleveur ou reprendre l’exploitation de ses parents. Le loup devient un obstacle à tout développement, toute vie humaine. C’est le constat fait au cours de cette réunion. Mais c’est aussi le souhait de ceux qui ont claqué la porte du GNL que de voir se vider montagnes et vallées de tous ses habitants traditionnels afin de revenir au sauvage. Idéologie d’un autre temps et d’une époque assez peu glorieuse. Mais ce type de nostalgique existe.

De leur côté, les éleveurs engage un bras de fer, une résistance contre ce phénomène très minoritaire mais agissant à tous les niveaux de la vie publique. Le communiqué des syndicats agricoles et de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture traduit très bien le sentiment de ces professionnels de l’élevage de montagne. Ils « exigent une régulation efficace des loups ». Et ils vont plus loin pour atteindre le « plafond de 24 loups conformément à l’arrêté du 16 mai 2013 ». Pour eux : « Ces tirs doivent être effectifs ; y compris pendant la période d’enneigement ; y compris dans les cœurs de parcs nationaux qui sont aujourd’hui des lieux de non droit en matière de régulation des prédateurs ». Et ils tapent du poing sur la table : « L’Etat a une obligation de résultats ». Et pour cela ils éliminent toute cette « usine à gaz » de zones en se limitant plus à des individus mais à des meutes entières comme le préconisaient les écologistes qui ont claqué la porte : « Les prélèvements de loups, avec le concours des chasseurs (après sécurisation juridique), doivent être effectués dans tous les territoires concernés par les attaques des loups et porter sur des meutes entières ».

Pour conclure, les syndicats agricoles demandent : « …. il est plus que temps de laisser le dogmatique de côté et d’entendre les demandes pragmatiques et pleines de bon sens des acteurs de terrain qui participent, au quotidien, à la création de richesses tant sur le plan économique, environnemental et social dont notre pays a tant besoin ». En fait, ils ne demandent rien d’autre que de respecter les principes du développement durable définis autant par la Conférence de Rio que par le Grenelle de l’Environnement, précisément ce auquel les ONG écologistes ne font jamais référence.

Louis Dollo, le 16 octobre 2013

(1) Selon l'ONCFS, les effectifs estimés en sortie d'hiver sont : 2010/2011 : environ 200 loups, 2011/2012 et 2012/2013 : environ 250

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