L'ours brun en Roumanie

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Contrairement à ce que beaucoup d'associations et militants de protection de l'ours en France peuvent dire, il existe de nombreux problèmes de cohabitation en Roumanie entre l'ours et les populations locales. Pire ! Leur nombre et leur prolifération inquiètent les autorités de même que leur présence proche de l'homme.

- Présentation de l'ours brun en Roumanie

L'ours brun d'Europe, Ursus arctos, a toujours occupé les vastes forêts dans les montagnes et les collines de la Roumanie. Bien que son habitat naturel tend à se situer dans les zones boisées, les ours migrent de plus en plus vers la périphérie des zones urbaines, attirés par la nourriture laissées par l'homme.

Le nombre d'ours a évolué au fil du temps en raison du régime politique en Roumanie, du contrôle des espèces associées et de la popularité de la chasse au trophée dit "pour le sport". Les chiffres actuels pourraient être de l'odre de 5.500 ours. Une nette augmentation depuis les années 1940 et 1950, lorsqu'il n'y en avait que 860.

La densité d'ours la plus importante se situe dans le centre-nord de la partie des Carpates roumaines, en particulier dans les comtés de Mures, Neamt, Harghita, Covasna, Brasov, et Buzau. La population d'ours roumains est la plus forte des populations restantes en Europe et les Carpates avec environ 43% des ours européens. Cette région a donc une importance internationale clé dans la conservation des ours bruns et, en raison de l'augmentation de l'interaction homme-ours, fait également l'objet de nombreux travaux de recherche en gestion efficace des ours et de leurs habitats au sein de la Roumanie.

- Informations diverses

- Historique

- Les vidéos et photos

- Histoire et chasse à l'ours en Roumanie

Il est difficile de trouver chiffres et témoignages sur le nombre d'ours en Roumanie avant la fin de la dictature communiste en 1989.

Le fait est que, en 2006, pendant que l'on s'évertue en France à protéger envers et contre tout l'Ours brun des Pyrénées, en Roumanie on vous propose des chasses à l'ours touristiques...
Cette activité très rentable rapporte pas moins de 3,5 millions d'euros par an à la Roumanie. 90% de ce montant provient de chasseurs étrangers (français, espagnols, allemands, américains, arabes,...). Ce ne sont pas moins de 2000 chasseurs, que la Roumanie accueil chaque année, près à verser jusqu'à 20.000 euros pour s'offrir la tête de Teddy.

Si l'on faisait abstraction de toute sensibilité envers cet animal, protégé par la convention de Berne, nous pourrions dire "pourquoi pas?", vu que la Roumanie possède sur son territoire un des plus forts quotas d'ours de l'Europe... Oui,...mais...

Jusqu'en 1989, seul Nicolae Ceausescu, ancien président de la république socialiste de Roumanie, a le droit de chasser l'ours. Lorsqu'il quitte le pouvoir, le pays compte 8.000 ours bruns. Or, selon des écologues et organisations écologistes, en une décennie seulement, avec la démocratisation de la chasse, "40 à 60% de la population ursine a disparu de la Roumanie. "Et ils précisent: " C'est plus d'un millier de ces animaux qui disparaît chaque année du territoire roumain."

Difficile pour nous d'apprécier mais s'il disparaît "plus d'un millier de ces animaux" par an, il ne devrait pratiquement plus en avoir en 2008. Ce qui est loin d'être le cas selon les divers incidents qui surviennent et les articles de presse qui en témoigne. Néanmoins, les écologistes persistent dans leurs démonstrations

"En tant qu'écologues confirmés vous connaissez parfaitement la biologie d'ursus arctos non? Je me permets de vous faire un petit rappel. En bon stratège "K", l'ours a une durée de vie longue (20 à 25 ans), une progéniture peu nombreuse (1 ou 2 oursons tous les 3 ans) et une maturité sexuelle tardive (vers 3 ans). Autant dire que le renouvellement des populations ne se fait pas en 5 minutes. Le prélèvement de chasse intensif fait chuter les effectifs de l'ours qui ne parvient pas à renouveler sa population. De plus, les chiffres officiels du nombre d'ours, donné par les autorités roumaines, sont sur évalués, 6.000 ours, afin d'attirer les chasseurs étrangers. Les biologistes, eux, donnent le chiffre de 2000 ours... "Selon un biologiste qui ne signe pas son commentaire....
Et à l'occasion d'une pétition lancée par AVES Roumanie à priori sans le soutien du WWF, il est précisé: "A cela s'ajoute les infractions comme l'emploi de charognes comme appât, l'abattage directement dans les tanières en période d'hibernation, la spécialisation insuffisante des gardes chasse et... le braconnage."

Difficile dans tout cela d'avoir une vérité historique de la situation tout autant qu'une connaissance du présent, chacun tirant la couverture à lui avec une toile de fond de propagande et probablement de mensonge.

Une chose est certaine: en 2006, des sociétés de chasse offrent la possibilité d'abattre un ours pour un peu plus d'un millier d'euros au cours de "safaris"

Louis Dollo; le 15 février 2008

- La chasse à l'ours ou au loup pour promouvoir l'image de la Roumanie

Une conférence internationale sur la chasse, au loup ou à l'ours, se tiendra du 28 avril au 1er mai à Bucarest, avec plus de 200 invités de 80 pays, pour "promouvoir l'image de la Roumanie à l'étranger", a annoncé lundi l'Association roumaine des chasseurs.

"L'organisation de cette conférence en Roumanie est destinée à consolider le prestige international de ce pays dans un domaine où sa réputation est déjà largement reconnue", a précisé un communiqué de l'association, présidée par le Premier ministre Adrian Nastase.

La Roumanie est l'un des rares pays européens où le gros gibier abonde toujours et les quotas annuels de chasse sont très élevés. Ainsi, selon le ministère de l'Agriculture, quelque 300 ours, 370 loups et 4.800 sangliers ainsi que plus de 6.000 renards pourront être chassés en 2004 en Roumanie.

En voie d'extinction dans la plupart des pays européens, les loups seraient entre 2.000 et 3.500 en Roumanie, tandis que la population de lynx s'élèverait à quelque 2.000 exemplaires.

Ces chiffres sont toutefois contestés par l'association écologiste AVES, selon laquelle le gibier est "surévalué", notamment pour des raisons pécuniaires, car un chasseur étranger devra payer 5.000 euros pour un ours brun, surnommé le "roi des forêts des Carpates".

Selon cette association, la population d'ours bruns a baissé de 60% ces trois dernières années en Roumanie.

Le Premier ministre roumain a toutefois rejeté ces allégations, ainsi que les conseils des experts etrangers sur la protection des ours en Roumanie.

Les associations écologistes étrangères, "tiennent à nous donner des conseils sur les ours, alors que dans leurs pays, ces animaux ont disparu depuis longtemps", a lançé M. Nastase.

La chasse est l'un des passe-temps favoris de nombreux hauts responsables roumains. Fin décembre, le ministre de l'Agriculture Ilie Sarbu s'est blessé accidentellement, lors d'une partie de chasse en compagnie de M. Nastase et de plusieurs autres dirigeants roumains. Hospitalisé courant janvier, le ministre a depuis repris ses fonctions.

Source: AFP du 26 avril 2003

- Alerte à la rage en Roumanie: le maire de Brasov veut éradiquer les ours

Le maire de Brasov (centre de la Roumanie), Gheorghe Scripcaru, a affirmé lundi vouloir faire euthanasier les ours qui descendent des forêts entourant la ville pour chercher de la nourriture dans les poubelles, après le décès samedi d'un homme mordu par un ours brun enragé.

"Dans cette région il y a trop d'ours qui posent des problèmes. Pour éviter d'autres accidents mortels il faut prendre des mesures radicales, dont l'euthansie", a-t-il indiqué à l'AFP. "Je ne vais plus tolérer cette cohabitation qui dure depuis des mois entre les ours et des habitants des banlieues de Brasov, qui encouragent inconsciemment les animaux sauvages à chercher de la nourriture dans la ville", a ajouté M. Scripcaru. Les autorités sanitaires de Brasov, ville de 350.000 habitants, sont en état d'alerte après ce décès provoqué par la rage, le premier depuis 30 ans en Roumanie. Sept autres personnes ont été blessées par ce même ours enragé, dont certaines sont dans un état grave et risquent d'être amputées. Elles ont été vaccinées lundi. Selon le maire de Brasov, une cinquantaine de chiens, chats et renards susceptibles d'avoir été contaminés sont encore recherchés pour être vaccinés. En juillet dernier, deux autres Roumains avaient été hospitalisés dans un état grave après avoir été attaqués par trois ours affamés au sortir de l'immeuble où ils habitaient, dans la banlieue de Brasov. La Roumanie est l'un des rares pays européens où le gros gibier abonde toujours et les quotas de chasse (342 ours et 555 loups pour 2005) sont très élevés. Les associations écologistes estiment pour leur part que les chiffres du gibier donnés par les autorités sont "surévalués pour des raisons économiques". La semaine dernière, le roi Juan Carlos d'Espagne avait effectué une visite privée à Covasna (centre) afin de participer à une partie de chasse à l'ours et au sanglier. L'ancienne star du cinéma français Brigitte Bardot, reconvertie dans la défense des animaux a récemment accusé le gouvernement roumain d'encourager le "massacre" d'espèces menacées et appelé Bucarest à respecter les conventions internationales en la matière.

Source: AFP, le 18/10/04

- La chasse à l'ours s'intensifie en Roumanie sur fond d'alerte à la rage

La chasse à l'ours s'est intensifiée ces derniers jours à Brasov (centre de la Roumanie) où un plantigrade enragé a semé la panique, après avoir tué deux personnes et blessé six autres, dont une grièvement.
Des dizaines de chasseurs, guettent depuis deux jours les lisières des forêts qui entourent cette ville de 350.000 habitants, blottie au coeur des Carpates, afin d'abattre "un grand nombre d'ours", comme l'a décidé lundi le maire de Brasov, Gheorghe Scripcaru.
"J'ai demandé à l'association des chasseurs d'abattre le plus grand nombre possible d'ours, afin d'empêcher une propagation de la rage, car, avant toute chose, j'ai le devoir de protéger les habitants de cette ville", a déclaré mercredi à l'AFP M. Scripcaru.
En quarantaine pour les trois mois qui suivent, plusieurs quartiers de Brasov sont placés jours et nuit sous la surveillance d'une cinquantaine de policiers et gendarmes.
Confinés chez eux, les habitants vivent depuis le début de la semaine avec l'angoisse de la rage et "dès la nuit tombante ils sont invités à ne pas sortir de leur logement, pour ne pas entraver la traque à l'ours", a précisé le maire.
Selon lui, la responsabilité de ces agressions est aussi imputable aux habitants de deux banlieues de Brasov, Racadau et Noua, qui, dans un premier temps, "s'étaient réjouis de la présence de ces animaux sauvages, les encourageant même à descendre des forêts pour chercher de la nourriture dans les poubelles".
Ces derniers mois, les ours fouillant les ordures ménagères de Brasov sont devenus une véritable attraction pour des touristes roumains et étrangers, très nombreux à visiter cette ville historique, au vieux passé germanique remontant au 13e siècle.
Brasov, l'ancienne Kronstadt austro-hongroise, est située à proximité du château de Dracula, le personnage de l'écrivain irlandais Bram Stocker, inspiré du mythe crée autour du prince sanguinaire roumain du XVe siècle, Vlad Tepes (l'Empaleur).
En juin dernier, toujours à Brasov, deux personnes avaient déjà été blessées par des ours affamés, avant de pouvoir se réfugier dans le hall d'un immeuble.
"La fréquente utilisation de la viande en guise d'appât par un nombre croissant de chasseurs, incite les animaux à ne plus chercher par eux-mêmes de la nourriture dans les bois", a estimé un responsable de l'association des chasseurs, Nicolae Selaru.
"Les ours, dont le nombre est estimé à environ 5.000 en Roumanie, deviennent donc dépendants de la nourriture offerte par l'homme, ils vont s'habituer à mendier et à fouiller les poubelles", a-t-il précisé.
La Roumanie est l'un des rares pays européens où le gros gibier abonde toujours et les quotas de chasse (342 ours et 555 loups en 2005) sont très élevés. Les associations écologistes estiment pour leur part que ces chiffres du gibier donnés par les autorités sont "surévalués pour des raisons économiques".
Les autorités roumaines ont lancé en avril dernier une campagne visant à utiliser la chasse à l'ours et au loup afin de "promouvoir l'image du pays à l'étranger". Ainsi, il y a deux semaines, le roi Juan Carlos d'Espagne avait effectué une visite privée à Covasna (centre) afin de participer à une partie de chasse à l'ours et au sanglier.
L'ancienne star du cinéma français Brigitte Bardot, reconvertie dans la défense des animaux, a pour sa part accusé le gouvernement roumain d'encourager le "massacre" d'espèces menacées et appelé Bucarest à respecter les conventions internationales en la matière.

Source: Courrier International/AFP du 21 octobre 2004

- Des ours près de Brasov

Le seul mouflon du Zoo de Brasov a été tué par un ours venu de la forêt toute proche.
Les ours sont une présence de plus en plus familière dans les régions de montagne. Le nombre de cas où les animaux ont attaqué les habitants ou le bétail semble avoir augmenté ces dernières années.

Source: Roumanie.com d'octobre 2004

- Des ours pour les Pyrénées ? La Roumanie propose des ours

Le 13 janvier 2005, je reçois sur mon mail personnel, le message suivant:

J'ai recu le message sur l'ours par MountainForum. Nous seront prets, en Roumanie, de capturer et d'envoyer 5 ours en France, pour Les Pyrenees, si vous en avez besoin.
Mircea Verghelet
Office National Roumain des Forets
Service des Espaces Protejes

Croyant à une mauvaise plaisanterie, j'ai demandé confirmation et j'ai obtenu la réponse suivante:

Yes, of course. In Romania there is a high population of bear (Ursus arctos arctos), over 4500, and there will not be any problem to send 5 bears to France for repopulation. I talked also to the Ministry of Agriculture and everibody is happy with the idea.
Mircea

Après une brève et rapide recherche sur la qualité de mon interlocuteur, j'ai pu constater que l'organisme qu'il représentait était: Regia Nationala a Padurilor - Romsilva et qu'il était bien parmi les personnels responsables..

Le 18 janvier 2005, la Roumanie confirme sa proposition auprès du Ministére de l'Ecologie et du Dévelopement Durable, de l'IPHB et du Parc National des Pyrénées.

Date: Tue, 18 Jan 2005 18:47:42 +0200
From: Verghelet ariiprot@rosilva.ro
To: IPHB@wanadoo.fr, pyrenees.parc.national@wanadoo.fr, ministere@ecologie.gouv.fr, vasilelupu04@yahoo.com, louis l.dollo@wanadoo.fr
Subject: [Fwd: Re: ours]

Chers Monsieurs,
J'ai reçu le message sur l'ours de Pyrénées par MountainForum. Nous serons prêts, en Roumanie, de capturer et d'envoyer 5 ours en France, pour Les Pyrénées, si vous en avez besoin. Je confirme par ce message le message qui a été envoyé par M. Louis Dollo, et qui m'a donne vos adresses de courriel. Je peux aussi confirmer que le Ministr roumain de l'Agriculture, du Sylviculture et du Développement Durable, M. Gheorghe Flutur, soutien cette initiative.

Mircea Verghelet
Office National Roumain des Forêts
Service des Espaces Protégées

- Observations et précisions

Au départ, mon rôle s'est limité a informé de la communication du Ministre sur le Mountain Forum. Par la suite j'ai voulu en savoir plus sur ces ours roumains. Mais en aucun cas je ne suis partenaire de cette opération de réintroduction ni même favorable. En dehors des aspects sanitaires de cette population d'ours roumains, beaucoup d'autres questions ont été posées aux roumains.

Concernant les activités de nature (randonnée par exemple), les mêmes question ont été posées à la Fédération Roumaines de la Montagne. Pas de réponse à ce jour... (18 août 2006)
Louis Dollo, le 18 janvier 2005

Nous savons aujourd'hui (18 août 2006) que la France a choisi des ours de Slovénie pour des raisons génétiques et sanitaires.
Nous savons également que le nombre d'ours en Roumanie est excessif par rapport aux capacités d'accueil du pays malgré la chasse qui y est pratiquée.

- Un adolescent roumain blessé par un ours à Brasov

Un adolescent roumain a été admis à l'hôpital après avoir été attaqué par un ours lundi, alors qu'il faisait du vélo dans une banlieue de Brasov (centre de la Roumanie), a-t-on indiqué de source hospitalière.
La garçon, âgé de 15 ans, se promenait en vélo à proximité d'un foyer pour enfants abandonnés, dont il est le pensionnaire, lorsqu'il a été attaqué et mordu au bras par un ours.
Un ami qui l'accompagnait a réussi à prendre la fuite et alerter les autorités.
"Le garçon a éprouvé une grande frayeur mais n'a pas été grièvement blessé", a déclaré le dr Ioan Craciun, de l'hôpital de Brasov, où le jeune a été admis.
Les gardes-chasse de la région tentent maintenant de retrouver le plantigrade pour le soumettre à des analyses devant établir s'il est enragé ou non.
En octobre 2004, toujours dans la banlieue de Brasov, ville située au coeur des Carpates, un ours brun avait attaqué un groupe de huit personnes, tuant deux d'entre elles.
Selon de nombreux témoignages, des ours descendent souvent de la forêt voisine pour chercher de la nourriture dans les poubelles de cette grande ville de 350.000 habitants.

Source: Métro du 13 juin 2006

- Randonneurs attaqués par un ours dans les Carpates

Quatre Bucarestois ont été attaqués par un ours dans les Carpates, en Roumanie. Ils randonnaient dans le massif de Tâmpa vers Brasov lorsque l'animal leur a coupé le chemin. Comme ils ont manqué le dernier téléphérique, les quatre touristes descendaient à pied en direction de la ville. Ils ont réussi à alerter les secouristes grâce au téléphone portable et au bout de deux heures ils ont été sauvés.

La municipalité a annoncé qu'il y a un programme pour que tous les ours de la périphérie de la ville de Brasov soient déplacés dans les montagnes de Harghita, dans un parc spécialement aménagé à Zarnesti.

C'est la troisième fois que les gens sont attaqués par les ours en une semaine dans cette région. Les spécialistes disent que les ours ayant l'habitude de chercher à manger dans les poubelles deviennent de plus en plus violents car ils ne trouvent pas leur nourriture préférée et cela arrive lorsque le ramassage des ordures est effectué à la tombée de la nuit, les animaux étant obligés d'aller de plus en plus loin à l'intérieur de la ville.

Source: Roumanie.com du 20 juillet 2006

- Le nombre d'ours vivant en Roumanie est presque double par rapport à l'effectif optimum

Le nombre d'ours vivant en Roumanie a augmenté ces dernières années. A présent sont enregistrés plus de 7.000 exemplaires, à savoir de 60 % plus que le nombre optimum, évalué a 4.000.

"Les effectifs d'ours sont trop grands, d'une manière à inquiéter à l'heure actuelle. Cela a fait augmenter les dégâts aux rangs de la population, mais aussi les coûts du maintien de l'ours brun en Roumanie", a déclaré pour la Rompres Vasile Lupu, secrétaire d'Etat au ministère de l'Agriculture.

La pénétration de l'homme dans l'habitat naturel de l'ours brun, la prolifération des chalets construits dans les forêts, l'exploitation chaotique du bois, voilà seulement quelques raisons des déviations comportementales des ours, présents de plus en plus souvent dans l'environnement des hommes, a précisé le secrétaire d'Etat du ministère de l'Agriculture, de la Forêt et du Développement rural. Selon un projet entamé par le ministère de l'Environnement et de l'Administration des Eaux - projet en débat public jusqu'au 1er septembre courant 2006 -, le taux de récolte à l'ours dans la saison de chasse 2006-2007 est de 300 exemplaires, supérieur de 20 % /50 exemplaires/ par rapport à la dernière saison.

Les plus grands effectifs d'ours habitent les départements d'Arges, Valcea, Hunedoara, Harghita, Covasna, Sibiu, Brasov, Neamt, Bacau et Bistrita-Nasaud. D'autres raisons de la hausse des effectifs d'ours sont le nombre plus grand des femelles (65-70 % ) et la croissance naturelle de 6-7 % , alors que le rapport normal des sexes est 1: 1 et la croissance naturelle est de 4 % dans une stucture normale.

"Il faut y ajouter l'alimentation artificielle qui détermine une natalité qui dépasse 2 ou 3 petits, au lieu de 1 ou 2 oursons pour une femelle", a declaré Nicolae Selaru, directeur de l'Association générale des Chasseurs et des Pêcheurs sportifs. Il y a eu aussi de nombreux cas où les femelles ont eu quatre petits. En 2005 une femelle a eu cinq oursons, le troisième cas de ce type au monde.

Source: Investir-Roumanie du 25 août 2006

- La chasse accourt en Roumanie

Pays européen le plus peuplé en ours, il attire des milliers d'amateurs étrangers.
La Roumanie sera-t-elle le paradis des chasseurs européens? Fort possible, car ce pays est l'un des rares où le gros gibier abonde toujours. Selon les chiffres officiels, il y aurait quelque 6 700 ours dans les monts des Carpates. "C'est 60 % de plus que le nombre optimum", annonçait, il y a quelques mois, Vasile Lupu, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Agriculture. Ce chiffre fait de la Roumanie le pays le plus peuplé en ours de toute l'Europe. Mais il n'y a pas que ces plantigrades: des dizaines de milliers de loups, de sangliers, de renards ou de cerfs errent dans les forêts roumaines qui couvrent le quart du pays.
"Massacre".
Les chasseurs occidentaux n'ont d'ailleurs pas attendu l'entrée de la Roumanie dans l'Europe pour venir ici. Chaque année, des milliers de Français, d'Allemands ou d'Italiens participent à des chasses qui se terminent parfois à la une des médias. Ainsi, voici deux ans, lors d'une partie organisée par le richissime homme d'affaires Ion Tiriac (l'ancien manager de Boris Becker), à laquelle participaient plusieurs financiers étrangers et l'ancien Premier ministre Adrian Nastase, pas moins de 185 sangliers furent abattus en deux jours. "Massacre!" s'était exclamée la presse locale. "Pas du tout, a alors répondu l'incriminé; la réserve comptait 600 têtes, il y en avait 200 de trop. D'ailleurs, je n'organise qu'une seule partie de chasse par an." En 2004, un autre incident avait impliqué le roi d'Espagne, Juan Carlos, qui aurait tué cinq ours et deux sangliers d'affilée.
L'ancienne star du cinéma français Brigitte Bardot, reconvertie dans la défense des animaux, a d'ailleurs accusé le gouvernement roumain d'encourager le massacre d'espèces menacées. Sensibilisé à la question, le président Jacques Chirac avait soulevé ce problème avec Adrian Nastase, en lui parlant de l'inquiétude que le tourisme de chasse suscitait pour la préservation des espèces. Réponse de l'intéressé: "Les associations écologistes étrangères nous donnent des conseils sur les ours alors que, dans leurs pays, ces animaux ont disparu depuis longtemps." La Roumanie a même proposé à la France de lui envoyer gratuitement cinq ours pour les Pyrénées, l'Hexagone préférant finalement des spécimens slovènes.
Beaucoup de femelles.
Alors que les militants de la cause animale estiment que les chiffres sont surévalués en Roumanie, l'Association roumaine des chasseurs pense que le chiffre de 6 700 ours est bien réel. Les raisons de cette hausse de l'effectif: "Le nombre beaucoup plus grand de femelles par rapport aux mâles. Le rapport des sexes est ici de deux à un, alors que le rapport normal est de un pour un. Autre raison, depuis quelques années, les hivers sont de plus en plus chauds et les ours hibernent de moins en moins." Par conséquent, il arrive que des femelles aient trois ou quatre petits, contre un ourson en temps normal.
Sans contredire ces chiffres, Mircea Dutu, recteur de l'université écologique de Bucarest, apporte un autre éclairage. Depuis quelques années, le comportement des ours a changé et les cas d'agression de personnes se multiplient. "Avant, l'ours fuyait l'homme ; aujourd'hui, il n'a plus peur", affirme-t-il. En effet, depuis la chute du régime communiste, bon nombre de forêts ont été restituées à leurs anciens propriétaires. "L'homme a donc pénétré dans l'habitat naturel de l'ours brun en construisant des chalets dans les forêts. De plus, l'exploitation chaotique du bois perturbe l'habitat naturel des ours." Chaque été à Brasov, dans le centre de la Roumanie, on dénombre des attaques parfois mortelles. Pour Mircea Dutu, ce ne sont pas seulement les ours qui posent problème, mais aussi le public. "Les ours sont attirés par les habitations des banlieues de Brasov et par les touristes qui leur offrent à manger. C'est irresponsable!" Les mois d'été, ces ours dits "éboueurs" sont d'ailleurs une attraction constante pour les touristes roumains et étrangers, malgré les efforts déployés par la mairie qui place des policiers et des gendarmes à la lisière des zones forestières.
"Acte de cruauté".
Pour la saison 2006-2007, le quota de la chasse à l'ours est de 300 bêtes. "Ce quota est bien respecté, assure Vasile Lupu ; il n'y a pas de danger d'extinction de l'espèce. On a vu d'ailleurs que, malgré ces quotas, le nombre d'ours ne cessait d'augmenter." Selon un diplomate occidental en poste à Bucarest, la Roumanie ne devrait toutefois pas promouvoir les parties de chasse comme objectifs touristiques: "Dans nos sociétés, la chasse est perçue de plus en plus comme un acte gratuit de cruauté envers les animaux. Ce serait dommage que la Roumanie, qui dispose d'un magnifique potentiel touristique, soit connue à travers l'Europe uniquement pour ses parties de chasse organisées pour des hommes d'affaires occidentaux fortunés en quête de gros gibier."

Auteur: Luca Niculescu
Source: Libération du lundi 8 janvier 2007

- Observation

Cet article nous amène la preuve que l'espèce n'est pas en péril. Pas la peine d'en importer pour en faire l'élevage dans les Pyrénées pour que dans 50 ans on les chasses après avoir vidé le pays de sa population humaine.

La biodiversité c'est aussi l'humain

- Libearty, première réserve naturelle pour ours captifs

Une première européene en matière d'écologie: dans la ville de Zarnesti (département de Brasov, 169 kilomètres nord-ouest de Bucarest) a été crée la première réserve naturelle protégée pour les ours de Roumanie, appelée "Libearty".
La réserve occupe une superficie de 60 hectares de forêt de chênes, et est le résultat d'un projet international réalisé par l'Association "Millions d'amis" de Brasov, la mairie de Zarnesti, qui a offert gratuitement le terrain, et la Société mondiale pour la Protection des Animaux (WSPA), qui a alloué jusqu'à présent plus d'un million d'euros pour son financement.
Entourée d'une clôture métallique électrifiée de 3 mètres de haut, "Libearty" offre aux 15 "pensionnaires", venant des différents zoos et exploitations sylvicoles du pays, tout le "confort" nécessaire à la vie en demi-liberté: bassins d'eau, arbres spécialement préparés pour grimper, endroits destinés à l'alimentation, abris individuels.

Le bâtiment de l'administration sera terminé d'ici l'été prochain. Il abritera aussi un centre médical destiné aux ours. La voie d'accès pour les touristes sera églament achevée.

C'est l'acteur français Pierre Brice, interprète du fameux Winnetou de la série homonyme des années 1960, qui a présidé à l'inauguration du centre. Grand passionné des animaux, Pierre Brice a baptisé à cette occasion deux ourses âgées d'un an, Sofia et Gina, "d'après les noms de deux excellentes amies, Sophia Loren et Gina Lollobrigida".

Source: Roumanie.com du 21 janvier 2007

- Le triste sort des ours de Roumanie

La situation des ours roumains est peu enviable. Enfermés dans des cages, maltraités, ils ne sont pas réellement protégés par la loi roumaine. Mais des associations se mobilisent pour sauver une des plus grandes richesses de la Roumanie, un pays où vivent près de la moitié des ours d'Europe.

Le fait que la moitié des ours d'Europe vive en Roumanie devrait remplir d'orgueil le peuple roumain. En effet, les statistiques démontrent qu'il s'agit là d'une richesse unique sur le continent européen, où le nombre de ces animaux baisse d'année en année.

Malheureusement, au pays des Carpates, "faire de l'argent" semble parfois être devenu la seule raison de vivre et la chasse à l'ours est un marché à ne pas sous-évaluer. C'est aussi un grand divertissement pour les étrangers de passage.

En plus de la chasse, qui chaque année cause la disparition de centaines d'ours, il existe un autre piège: la captivité et les mauvais traitements. Plusieurs d'entre eux sont montrés près des restaurants où l'on se divertit en les regardant et en leur donnant quelque chose à manger.

Une campagne est actuellement menée, en Roumanie, pour la libération des ours en captivité. Les organisations Libearty et Hotnews.ro, initiateurs de la campagne, se battent afin de convaincre les "maîtres" des ours et les autorités locales de libérer les animaux. Ils seront ensuite emmenés dans une réserve près de Zarnesti-Brasov.

Jusqu'à présent, vingt ours ont été sauvés et vivent désormais dans la réserve de Zarnesti, tandis qu'une trentaine sont encore prisonniers de leur petite cage de fer et de ciment, à proximité de restaurants et d'auberges. Les ours des cirques et des jardins zoologiques vivent aussi un véritable enfer en Roumanie. Transformés en objets, ils sont humiliés, maltraités, vendus, tenus en cage, condamnés à une vie d'enfermement.

Malheureusement, l'initiative proposée par Libearty et Hotnews.ro n'a pas encore eu d'écho médiatique. Les organisations dénoncent le manque d'engagement des institutions à faire respecter les lois sur cette question.

La réserve Libearty, dans la localité de Zarnesti-Brasov, occupe 60 hectares d'une forêt de chênes. Elle a été inaugurée il y a un an, grâce à une coopération internationale entre l'association " 30 millions d'amis "de Brasov, la commune de Zarnesti, qui a mis gratuitement le terrain à disposition, et la Société Mondiale de Protection des Animaux (WSPA), qui a donné près d'un million d'euros.

Ici, les ours récupérés tentent de s'habituer à la vie en semi-liberté. Ils ont des bassins d'eau, des arbres où ils peuvent grimper, de la nourriture et des abris individuels. Ils doivent s'adapter à cette transition entre l'agonie et la liberté, et ce n'est pas si facile.

Durant sept ans, Christina Lapis, l'initiatrice du projet, a récolté des fonds pour la libération des ours. Cet argent n'est pas utilisé pour racheter les animaux, même si leurs propriétaires en demandent parfois des sommes importantes pour libérer leurs ours. Par exemple, le propriétaire d'un ours de Manda, dans le conté de Brasov, a demandé 700 euros pour son ours âgé de cinq ans enfermé dans une cage misérable de 10m², cachée entre les machines agricoles d'une société commerciale.

"Nous ne leur donnons pas d'argent, car cela encouragerait ce genre de pratique, a souligné Chritina. Ce sont souvent les autorités qui doivent intervenir pour libérer les animaux en captivité".

L'histoire de Libearty commence avec la mort de l'ourse Maia, enfermée depuis plus de dix ans dans une cage. Après une vie impossible, Maia s'est suicidée: l'ourse s'est littéralement déchiqueté les pattes inférieures, et est morte vidée de son sang.

D'autres ours ont eu plus de chance: parmi ceux qui sont arrivés à Zarnesti, il y a aussi Mura, l'ourse artiste qui durant des années a dansé la lambada au cirque Globus, Odi, qui a vécu 12 ans dans une cage de 12m², ou encore Ionica, une ourse de 23 ans enfermée sa vie entière dans un zoo de la Moldavie roumaine. Depuis 6 mois, c'est à dire depuis sont arrivée dans la réserve, Ionica reste adossée au mur et ne se déplace que de deux mètre à droite ou deux mètre à gauche.

L'appel à la libération des ours n'a pas provoqué de réaction de la part des autorités. En revanche, les habitants des communes ont réagi par centaine. Beaucoup racontent sur Internet des cas désespérés d'ours rencontrés près de restaurants, d'auberges de montagne, de jardins zoologiques.

Doru, par exemple, écrit que l'on doit continuer à dénoncer ce type de maltraitance et espère que les autorités de protection de l'environnement et des animaux ne resteront pas les mains dans les poches. De plus, il se souvient avoir vu, à 5 km de Sebes, aux abords d'un motel, deux ours et un chat sauvage, enfermés dans de petites cages dans des conditions précaires.

D'autres dénoncent les conditions de certains zoos, où les animaux sont affamés, enfermés dans des cages étroites, humiliés et maltraités par les visiteurs. Bientôt, les jardins zoologiques de Roumanie, membre de l'Union européenne (UE), devront se soumettre aux normes de l'UE. "Déjà, nous sommes confrontés à de nombreuses demandes de sauvetage. Mais notre parc n'est adapté que pour une cinquantaine d'ours. Si leur nombre devait doubler, cela signifierait une surpopulation et donc de mauvaises conditions", explique Christina Lapis. Il s'agit donc d'une situation d'urgence. Les fonds nécessaires pour poursuivre cette initiative pourraient bien être trouvés grâce à des financements de l'UE, si bien sûr des projets valables sont présentés.

Par ailleurs, la fourrure des ours peut également être vendue. Pour la récupérer, on continue d'employer des méthodes atroces: des sacs de plastique sont enduis de graisse de porc, les ours les mangent, s'étouffent et meurent. La fourrure est ensuite vendue pour quelques millions d'euros à des chasseurs étrangers "moins chanceux".

Les autorités roumaines gonflent souvent les chiffres officiels afin de permettre d'abattre un nombre plus élevé de bêtes. Selon les statistiques officielles, le nombre d'ours aurait augmenté ces dernières années de 5.700 à 7.350 individus. Ainsi, pour la saison de chasse de 2007-2008, 350 ours pourraient être abattus. En revanche, selon Libearty, le nombre total d'ours en Roumanie ne dépasserait pas 3.500 ou 4.000. Ainsi, pour la saison de chasse, 10% de leur population sera abattue, alors que leur croissance naturelle n'est réellement que de 4%.

La raison de cette falsification des chiffres est facile à comprendre: pour chaque ours abattu, on paie une taxe de 10.000 euros, un chiffre considérable. La Roumanie est en fait l'unique pays où s'organise de véritables chasses à l'ours: des centaines d'ours assassinés chaque année. La situation est différente en Bulgarie ou en Slovaquie où, selon la presse de Bucarest, il n'est permis de chasser que de 10 à 20 ours. Pour les autorités, une telle chasse se justifie par le nombre trop élevé d'ours. On invoque également le fait que les ours affamés descendent dangereusement des montagnes vers les villages. Mais une chasse effrénée est-elle vraiment la solution adéquate à ce problème?

Auteur: Mihaela Iordache
Source: Osservatorio sui Balcani du 30 avril 2007 - Traduit par Caroline Target pour le courrier des Balkans du mercredi 9 mai 2007

- Observations

Vu le nombre d'ours en Roumanie, il est assez clair que l'espèce n'est pas menacée de disparition en Europe. Dans ces conditions, pourquoi en importer dans les Pyrénées, là où ils ne sont pas les bienvenue?

Protéger une espèce est une chose. la laisser envahir le quotidien des citoyens en est une autre. Est-il normal des laisser proliférer à tout craindre ? Ou bien, doit-on en capturer pour les répartir dans toute l'Europe y compris aux portes des grandes villes comme paris?

Et puis, en reprenant le titre, il est curieux que l'on ne voit jamais "triste sort pour un humain qui s'est fait tuer par un ours". On s'inquiéte plus du sort des ours que de celui des humains auxquels on impose de vivre avec..

Louis Dollo, le 10 mai 2007

- Les effectifs d'ours brun de Roumanie, bien qu'importants, méritent la protection de l'homme, estiment les autorités de Bucarest

L'ours brun est répandu en Roumanie sur une superficie de quelque 70 000 km2, dont 93% dans la zone alpine et 7% dans la zone préalpine.

Les effectifs d'ours brun de Roumanie représentent 47,2% de ceux qui existent en Europe. Le braconnage est peu significatif (sont enregistrés moins de 20 cas par an) et les situations où l'ours est chassé accidentellement, en vertu du droit à la légitime défense, pendant la chasse à d'autres espèces sont rares.

Les autorités roumaines jugent nécessaire une campagne d'information et d'éducation, ayant pour but de combattre la fausse image négative de cette espèce. Elles considèrent aussi comme nécessaire l'élaboration d'un plan de management de l'ours brun, lequel permette la classification des aires de sa présence, la prévention des dégâts qu'il peut provoquer et le dédommagement de la population affectée, la réalisation d'un rapport entre les effectifs d'ours brun et le fonds cynégétique. Le plan devra en outre assurer la stabilité des effectifs d'ours brun, en réserves, dans les départements de Harghita, Covasna, Mures, Brasov (centre de la Roumanie).

Bucarest essaie actuellement d'envoyer à Bruxelles des données exactes concernant les effectifs d'ours brun de Roumanie.

Source: Investir-Roumanie du 29 août 2007

- En Roumanie vit le plus grand nombre d'ours bruns, loups et pélicans blancs de l'Union européenne

En Roumanie vivent les plus grandes populations d'ours bruns, loups et pélicans blancs de l'Union européenne, le pays étant le seul à avoir 5 régions biogéographiques, a déclaré ce mardi, à Sibiu (centre), Marita Arvela, représentante de la Commission européenne.

La Roumanie a beaucoup d'habitats et espèces, étant la seule qui ajoute 5 régions biogéographiques à l'UE, a précisé Marita Arvela, dans le cadre de la Conférence internationale Nature 2000.

L'ambassadeur Donato Chuarini, chef de la mission de la Commission européenne en Roumanie, a pour sa part relevé l'importance du Programme européen Natura 2000. Ce programme est la solution par laquelle l'UE assure la continuité de la diversité existante dans la nature et des pratiques qui ne nuisent pas à la biodiversité. Selon les officiels européens, ce réseau écologique de protection est unique au monde.

La Roumanie a été appréciée à la conférence de Sibiu, le seul défaut mentionné étant le fait que le pays était le seul membre de l'UE qui n'avait pas envoyé la liste de sites désignés pour les oiseaux.

Les 80 spécialistes du domaine de la protection de l'environnement de Roumanie, auxquels se sont ajoutés quelques dizaines d'Autriche, Pays-Bas et République tchèque, analysent les 25-26 septembre, à Sibiu, la contribution des Etats membres de l'UE à la préservation des habitats et des espèces.

Par Natura 2000 est créé un réseau de lieux d'Europe où existent des espèces de plantes et animaux de grande valeur. Dans l'UE existent 25 000 tels endroits, appelés sites Natura 2000. La Roumanie proposera environ 15% de son territoire pour ce réseau. La décision finale dans la sélection des sites appartient à la Commission européenne.

Source: Investir Roumanie du 25 septembre 2007

- Ours: Roumanie, ruraux, urbains et ruralité

Tiens, quelqu'un parlait de la Roumanie... En Roumanie, il y a encore des ours et des loups qui vivent librement, et cela ne pose problème à personne. Les paysans et les bergers roumains ne s'en plaignent pas, et il y a très rarement des accidents.

J'ai vécu dans ce pays, y compris et surtout dans le milieu rural, et donc je sais de quoi je parle. En fait, les bergers ne se plaignent pas des attaques d'ours ou de loups car ce sont effectivement des bergers et pas des éleveurs: ils gardent leurs troupeaux à l'ancienne et utilisent des grands chiens robustes - le berger carpatique (ciobanesc carpatic) ou le berger mioritique (ciobanesc mioritic) - pour surveiller leurs troupeaux et éviter ainsi les attaques d'ours ou de loups. Comme quoi, l'homme peut vivre et faire de l'élevage même en présence d'animaux prédateurs....

Je pense en outre qu'il est erroné et même fallacieux d'opposer les gens de la campagne "qui savent de quoi ils parlent" aux gens de la ville "qui ne savent rien", car beaucoup de gens de la campagne en France ont perdu les savoir-faire et les compétences de leurs aïeux sur l'autel de la modernisation de l'agriculture (et des modes de vie) et par l'insertion totale de celle-ci dans le système de production capitaliste (rentabiliser, faire fructifier les gains, etc.). La paysannerie française est morte dans les années 1960 (cf. Henri Mendras, La Fin des paysans, 1967). Elle a aujourd'hui été remplacée dans les campagnes par des éleveurs, des cultivateurs et autres exploitants agricoles - c'est-à-dire des "professionnels" de l'agriculture, d'une part, et par des néo-ruraux, c'est-à-dire des gens qui habitent à la campagne et travaillent en ville, d'autre part.

D'une certaine manière, les derniers "paysans" français, ce sont paradoxalement ces citadins qui, du printemps à l'automne, cultivent leur jardin ouvrier.... Finalement, je me demande si l'on n'assimile pas trop facilement les chasseurs au monde agricole et celui-ci aux seuls "professionnels de l'agriculture". Or la ruralité ce n'est pas seulement cela.

Force est cependant de constater que certains cherchent à défendre leur vision étriquée des choses en la justifiant au nom d'une prétendue "ruralité" (celle des "professionnels" de l'agriculture) dont ils se présentent comme étant les seuls représentants. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois....

Auteur: Brdet (Témoignage)
Source: Le Point.fr du 13 mars 2008

- Réactions à ce témoignage

Patrick Ignorance
jeudi 13 mar 22:17
J'ai le sentiment d'une très grande mauvaise foi de la part de l'auteur de ce témoignage à moins que ce ne soit une très grande ignorance de la réalité. Il suffit de parcourir quelques articles de journaux qui sont à cette page pour comprendre que tout n'est pas aussi rose qu'on le dit. Quant à la garde des troupeaux, le contexte géographique, social, culturel et économique n'ont pas grand chose à voir avec la France et parions que dans quelques années la problématique sera la même.

gronours Nounours
jeudi 13 mars 16:54
J'aimerais voir la tête du randonneur ou du pêcheur de truites dans les Pyrénées qui se retrouve tout d'un coup face à face avec un gros nounours pas en peluche! J'appréhende moi-même cet instant avec une certaine réserve sur mes capacités de sprinter...

Jean-Pierre Bravo
jeudi 13 mars 22:26
Je salue ce témoignage plein de tolérance et de clairvoyance. Habitant moi-même les Hautes-Pyrénées, je suis bien placé pour voir ce qu'est devenu l'agriculture et l'élevage. Du maïs avec tout ce qu'il faut de pesticide à perte de vue en bas, et en montagne, des bêtes livrées à elles-mêmes sans berger et que les éleveurs montent voir une fois par semaine pour leur porter le sel. Pas étonnant qu'un ours de passage prélève une ou deux brebis sur ces troupeaux non gardés et non protégés. Quant au commentaire de Nounours: je précise que je me balade dans les Pyrénées depuis plus de 40 ans et dans des coins où il y avait encore des ours (et oui, il reste des ours de souche pyrénéenne, car l'ours n'a jamais totalement disparu des Pyrénées) et je n'ai jamais eu d'appréhension. Quand on s'intéresse à l'histoire des Pyrénées sur les derniers 150 ans, jamais un accident mortel impliquant un ours, alors qu'en 1900 on estimait le nombre d'ours à encore environ 150. Je dirais même au contraire que l'idéal de beaucoup de Pyrénéens, c'est de "voir" l'ours et ceux qui l'ont vu s'en souviennent toute leur vie... et en sont toujours revenus intacts et en vie... On ne peut pas en dire autant des ours qui ont croisé des chasseurs...

claudiu beve
On vit avec les ours
vendredi 14 mars 07:46
Habitant moi-même la ville de Brasov en Roumanie connue pour un lieu où se cotoient les ours et les hommes, je confirme ce que dit l'auteur de cet article. Il y a de temps à autre incidents et accidents, souvent générés par des humains ne respectant pas l'animal sauvage (jet de pierres, coups de bâtons). Mais les bergers et leurs brebis cohabitent sans de réels problèmes. Et la Roumanie est le pays d'Europe où l'ours se trouve en plus grand nombre... alors quelques ours en Pyrénnées et quelques loups dans les Alpes!?

Vlado Pour Patrick
vendredi 14 mars 08:14
Patrick, je connais le site que tu mentionnes, et je connais également le personnage qui en est l'auteur. C'est l'un des cadres de l'ASPAP, cette soi-disant association qui a saccagé il y a 2 ans les locaux de la mairie d'Arbas peu avant la réintroduction des 5 ours slovènes. Moi, qui vit dans un autre pays d'Europe de l'Est, et qui connaît bien les régions montagneuses de cette euro-région, je me range aux côtés de l'auteur, tout comme Claudiu et JP. Les commentaires genre de "grognous" sont trop faciles, rien de plus démagogue pour réveiller des peurs stupides chez les ignorants. L'animal le plus dangereux des Pyrénées est, et restera encore longtemps... la vipère!

Réponse de Louis
La réponse de Vlado ne brille pas par la connaissance du sujet.
Le lien donné par Patrick va sur une page de mon site c'est à dire sur celui que vous lisez actuellement. L'auteur que je suis habite Tarbes dans les Hautes-Pyrénées, n'est pas un des cadres de l'ASPAP et n'est pas non plus membre de l'ASPAP. De même je n'ai jamais mis les pieds à Arbas ce qui constitue une lacune dans mes connaissances.

Alors Vlado, avant de parler de quelqu'un il est sans doute préférable de se renseigner. Pour ce qui est des accidents en Roumanie, il y en a effectivement quelques uns. S'il s'agissait d'un accident automobile on dirait que c'est toujours un accident de trop. Mais lorsqu'il s'agit d'ours, ce n'est jamais grave, il peut toujours y en avoir un de trop.

Curieuse mentalité. Et si tu parles de l'ours comme tu parles de moi, nous pouvons douter de tes connaissances et de ta sincérité.

Louis Dollo, le 23 mai 2008

- La prévention des conflits avec les ours

Un programme de protection des ours dans les départements du centre de la Roumanie (Harghita, Covasna et Vrancea), financé par des fonds Européens, a été lancé à Miercurea Ciuc, en présence des élus du département et de spécialistes.

Le projet LIFEURSUS, sponsorisé par la Commission européenne dans le cadre du Programme Life+ durera 3 ans, et est conduit en partenariat avec l'Association du département de Vrancea pour la préservation de la biodiversité, et l'Association du département d'Harghita pour la protection de la nature.

Gabriela Netedu, Directrice de l'Agence environnementale d'Harghita, déclare que ce projet a pour but la prévention et la gestion des conflits entre les habitants du département et les ours, la préservation en l'état actuel de quinze sites "Natura 2000" localisés dans le département, ainsi que des mesures pour limiter la chute de la population des ours, due au braconnage et la mortalité des jeunes.

Les spécialistes admettent que la principale raison de l'hostilité des habitants à l'égard des ours est due aux dégradations causées par ces animaux. Les ours d'Harghita sont au nombre de 1135 d'après des recensements récents, ce qui est trop par rapport aux ressources naturelles disponibles sur place, et c'est pourquoi, ces dernières années, ces animaux se sont peu à peu rapprochés des agglomérations, en cherchant leur subsistance. Bien que les forestiers les nourrissent périodiquement, le nombre de dégâts causés par des ours sur les cultures ou les installations est en augmentation. [source: Agerpres]

Source: Roumanie.com du 26 mars 2010

- Commentaires

Alors qu'il nous a toujours été dit, dans les Pyrénées, qu'il n'y avait aucun problème de cohabitation en Europe centrale, que ce soit en Roumanie, Slovaquie, Bosnie ou Slovénie, nous voyons apparaître des conflits au fil du temps tout comme en Espagne qui était montré comme un exemple.
Il faut être un malade mental ou d'une mauvaise foi impressionnante pour affirmer que la cohabitation entre grands prédateurs et troupeaux soit possible. Il ne s'agit que d'une question de bons sens.

- Campagne du WWF pour sauver l'ours des Carpates

Le WWF est bien décidé à sauver l'ours des Carpates. L'association a lancé une campagne de collecte de fonds en Roumanie où l'habitat de l'animal est menacé par la déforestation. "Si les ours pouvaient exprimer leurs sentiments, ils diraient leur tristesse de voir leur habitat en danger", a déclaré Loana Busila, la coordinatrice du projet.

La déforestation n'est pas la seule menace qui pèse sur l'ours. Pour la Loana Busilla, une "nourriture de plus en plus insuffisante, le conflit avec l'homme et le braconnage" mettent la survie de l'espèce en danger. On compte près de 6 500 ours bruns en Roumanie. Afin de motiver les Roumains à participer à la campagne, le WWF les encourage à profiter d'une mesure concernant le transfert de 2 % de l'impôt sur leurs revenus vers des organisations non gouvernementales.

Auteur: Hélène Toutchkov
Source: Développement durable.com du 7 mai 2010

- Commentaire

Il est assez surprenant que le WWF s'intéresse à la sauvegarde des ours bruns des Carpates pour deux raisons:

  1. Selon l'UICN, ils ne sont pas en voie de disparition
  2. Ils sont chassés dans les limites d'un quota comme en Slovénie.

Si à ces deux raisons nous ajoutons qu'il y a régulièrement des personnes qui sont tuées et que le cheptel roumain d'ours est le plus important d'Europe centrale, nous pouvons nous interroger sur les véritables motivations du WWF qui sont sans doute plus politiques et idéologiques qu'écologiques.

En fait, l'idéologie du WWF étant axée pour un ensauvagement d'espaces où l'homme, responsable de tous les maux de la planète doit disparaître, il est plus facile de s'attaquer à un pays et une population faible qu'aux pyrénéens habitués à mener des combats de résistance.

Louis Dollo, le 7 mai 2010