Les Patous c'est pas tout

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Aux yeux des écologistes défenseurs de l'importation d'ours dans les Pyrénées, la présence de chiens de protection "Patou"serait LA solution à tous les problèmes de cohabitation en même temps que la présence de bergers. Le "Plan Ours" en fait un objectif qualitatif et des protocoles viennent compléter une littérature que l'expérience de milliers d'années de pastoralisme ne pouvait connaître.
Mais voilà qu'au fil du temps l'expérience livresque montre ses limites et des faits récents prouvent, une fois de plus que l'idéologie fait mauvais ménage avec le réalisme du terrain.

- Bon et Mauvais Chiens

Le groupement pastoral de Bruges a mis en place des chiens de protection dans les troupeaux transhumants sur ses estives qui ne disposent, par ailleurs, d'aucune cabane et très peu de points d'eau permanents au point que des citernes mobiles ont été mises en place pour les bovins. Le protocole de la DIREN a été respecté.
Un "conseiller" de l'ACP travaillant pour le compte de la DIREN (ou l'inverse, le flou administratif est total) est venu de l'Ariège conseiller sur le choix des chiens.
Tout semblait parfait jusqu'à ce dimanche 22 juillet où les randonneurs sont nombreux à travers les estives du Merdanson. Et puis, il se trouve des bons et des mauvais chiens, de bons et de mauvais gardiens.
Mais qu'est-ce qui est bon ou mauvais et pour qui?

- Un bon chien de protection est celui qui surveille et défend son troupeau.

Dans ce cas le Randonneur est un intrus et il ne passera pas.
Alors, il devient mauvais pour le randonneur et la question se pose pour la commune: Pastoralisme ou Tourisme?

- Le mauvais chien de protection est celui qui abandonne son troupeau pour suivre le touriste

Le Touriste, émerveillé devant un tel animal dont il ferait bien son chien de salon, lui donne à manger et de la tendresse. Et oui, la pauvre bête est abandonnée par ces vilains éleveurs qui abandonnent aussi leurs brebis.
Alors le chien suit cette opportunité de friandise sans doute plus agréable que les croquettes recommandées par la DIREN et l'ACP. Et de chemin en chemin, le chien se retrouve sur une autre estive, au milieu d'un autre troupeau. Et là commence la bagarre avec un autre chien de protection ou bien les brebis ont peur de l'intrus qui ne comprend pas qu'elles aient peur de lui. Dans ce cas, le résultat est le même qu'avec l'ours.

- Situation à Bruges

C'est ce qui s'est passé sur les estives de Bruges. Un chien d'un troupeau du Merdanson est parti avec des touristes et s'est retrouvé au Pla d'Izou.
Conclusion,
dimanche soir, lors de la visite quotidienne de l'éleveur, il n'avait plus que 14 brebis sur 90. Lundi, il cherchera les autres s'il les retrouve.
En attendant,
le chien a été redescendu et ne retournera plus en estive. C'est un mauvais qui ne sert à rien. Quant aux autres, il est peu probable que l'expérience écologiste se poursuive.

- Conclusions

Contrairement à tout ce qui peut être dit et écrit, les chiens de protection Patou, ça ne fait pas tout et ce n'est pas aussi efficace que ce que certains veulent bien le dire. La dernière prédation à Orlu en est une preuve sans parler du drame récent en Maurienne avec des loups.
Parrions qu'à l'avenir, le Groupement Pastoral de Bruges évitera de faire confiance à la DIREN.

Louis Dollo, le 23 juillet 2007

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