De l'incompréhension à l'incompétence... le refus du dialogue écologiste

 

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Le loup, l’ours.... dans les Alpes et les Pyrénées sont source de polémiques mais également de problèmes matériels directs et indirects difficiles de voir et observer pour un non initié aux pratiques pastorales et la vie en milieu rural de montagne. Les conséquences de cette présence des grands prédateurs ne sont pas sans incidences, le plus souvent négatives, sur les conditions vie, l’organisation sociales des vallées mais aussi sur le tourisme.

Ces contraintes nouvelles engendrent des incompréhensions accentuées par des conseils et recommandations de mouvement écologistes manifestement incompétents qui se positionnent arbitrairement et avec audace comme étant des spécialistes. Une telle situation ne peut qu’engendrer des conflits qui conduisent pratiquement toujours à un dialogue de sourd dans le meilleurs des cas ou a une rupture totale de dialogue allant jusqu'au conflit. Le probléme des chiens de protection, par définition en liberté pour assurer une protection efficace et à priori "agressifs" à l'égard des intrus qui s'aventurent à proximité des troupeaux, en est un exemple particulièrement sensible. Nous publions ci-dessous les réactions du président d'eun association écologiste AVES et nous la commentons.

Billet d’humeur : Qui veut la peau du loup en France ?


Après le débat sans fin sur la présence de l’ours dans les Pyrénées, c’est celle du loup qui est une nouvelle fois mise sur le tapis par les zournalistes du Dauphiné Libéré. Libéré de quoi me direz-vous ? Probablement libéré du loup, ce prédateur sanguinaire qui fait peur aux touristes et provoque des nuits blanches aux moutons...


"Il y a un lobby écolo à qui on a tout cédé".
Quand un journal local titre un article sur le loup avec une telle citation, on peut toujours chercher l’objectivité, on ne la trouvera pas !

Dans son article paru dans l’édition 73A du 28/09/2008 (61438), le Dauphiné Libéré n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il reprend toutes les citations anti-loup pour en faire un nouveau tome sur un sujet déjà largement abordé.

Quand il n’y a pas d’actualité chaude ou de méfaits de Canis Lupus à dénoncer, il faut trouver un nouvel angle pour justifier d’un tel article. Mais comme ils sont super forts au Dauphiné et jamais à court d’imagination quand il s’agit d’opposer les écolos au monde de l’élevage, ils ont décidé de créer une nouvelle peur qui pourrait conduire à l’élimination du loup : la peur du patou !

Le patou est un chien qui défend les troupeaux dans les estives.
Avec la présence permanente d’un berger, c’est un atout devenu indispensable pour protéger les troupeaux des prédateurs.

« Dans les montagnes, il y a des loups, des troupeaux, et des touristes. Ça fait trois, c’est un de trop ».
« Il faut que vous réhabilitiez le monde de l’élevage, qui est passé du statut de victime à celui de coupable ». Une bonne partie des zones de montagne ne vit que du tourisme, et la tentation pourrait surgir d’écarter les patous puisque les vacanciers les craignent.
« S’il n’y a plus de patous, et plus d’éleveurs, il faudra qu’on paie pour défricher nos montagne, et bientôt qu’on paie pour que les touristes y viennent ». (les fautes d’orthographe sont d’origine)

Alors, si on remet tout ça dans l’ordre, ça donne :

  • les touristes ont peur du patou
  • les gens qui vivent du tourisme dénoncent la dangerosité des patous
  • la pression du loup oblige les éleveurs a avoir des patous
  • les éleveurs sont montrés du doigt car ils font fuir les touristes
  • les éleveurs sont indispensables à l’entretien de la montagne, mais ne pourront se passer de patous que si on extermine à nouveau le loup

En résumé, le loup est la cause de tous les problèmes et tous les moyens sont bons pour s’en débarrasser. Ils sont forts ces zournalistes, non ?

L’article se termine par une citation. Notez que la dernière phrase n’est pas entre guillemets et a donc été rajoutée par les auteurs de l’article :
« j’ai promis à mes deux gamins que je leur laisserai la montagne comme mon père me l’a laissée ». En y mettant les moyens.

Une montagne comme mon père me l’a laissé signifie-t-il "sans loup" ou "sans troupeaux divaguants de 2000 têtes" ?
ça m’étonnerait que les éleveurs acceptent de revenir au temps où un berger menait son troupeau de 200 bêtes dans la montagne, pour la production de lait et de fromage, tout en entretenant correctement le paysage... Parce que dans ce cas, le loup ne serait pas un problème pour eux ! Aujourd’hui, on élève de gros troupeaux pour la viande, ce qui est moins contraignant, mais pas nécessairement bon pour le milieu naturel...

Les français seraient-ils tout simplement devenus allergiques à tout ce qui est sauvage ? Certaines associations envoient des écovolontaires garder les troupeaux bénévolement pour aider les bergers, sans que leur discours n’évolue. Peut-être sont-ils simplement opposés à tout partage du territoire...

Voir en ligne : Etude du KORA sur le chien de protection (PDF)

Auteur : Christophe Coret
Source : AVES-France du 28 septembre 2008

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Commentaire de cet article


Sarcasmes et moqueries n’augure pas d’une grande intelligence et ne participent pas au bon état d’esprit d’un dialogue. D’ailleurs, Christophe Coret et AVES ne s’intéressent pas au dialogue. Dans le propos ci-dessus ils ont trois objectifs :
Critiquer les journalistes qui participent par la diffusion de l’information et des opinions à la démocratie
Critiquer les éleveurs qui empêchent l’établissement d’espaces sauvages
Placer insidieusement l’idéologie du « tout sauvage ».

Pourquoi un journal ne pourrait-il pas avoir une ligne éditoriale orientée. Personne ne compare le Figaro avec Libé ou Marianne. Chacun connaît les orientations politiques des uns et des autres. Personne ne critique ce fait. Pourquoi en serait-il autrement ?
« Objectivité » signifie « sans parti pris » c'est-à-dire sans esprit critique. Tous les journalistes doivent-ils être comme des toiles cirées ? Ne sont-ils pas libres d’écrire ce qu’ils pensent être juste ou bien, doivent-ils obligatoirement écrire comme Monsieur Coret et AVES pense ? Est-ce que la ligne de pensée  Monsieur Coret et d’AVES est plus objective que celle d’un journaliste ?
Commencer à critiquer la presse sous cet angle c’est faire preuve d’une certaine forme de totalitarisme qui conduit assez facilement au fascisme. Tout en reconnaissant le droit à Monsieur Coret d’exprimer son opinion, il faut faire attention à ne pas tomber dans une certaine dérive dangereuse.

Si le journaliste reprend toutes les citations anti-loup, c’est son droit. Pourquoi ne le ferait-il pas ? Le même journal avec le même ou un autre journaliste peut très bien reprendre toutes les citations pro-loup. Où est le problème ?

En fait, Monsieur Coret qui, depuis sa Normandie, est bien loin des problématiques ours, loups, patous des Alpes et des Pyrénées n’aime pas que l’on critique ses animaux fétiches qu’il n’a probablement jamais vu et qui, en tout état de cause, ne le gêne pas dans l’exercice de sa profession d’infirmier pas plus que dans sa vie courante. Ainsi donc il critique le fait que le journaliste relate la peur occasionnée tant par le loup que par les chiens Patou dont il est reconnu à partir des nombreux procès qu’ils attaquent l’homme. Décidément chez AVES on n’aime pas du tout la liberté d’expression.

Oui, le Patou est un chien qui défend le troupeau contre la présence de tout intrus. Et pour défendre, il ne faut pas qu’il se présente comme un chien de salon. Il doit être vif, agressif, menaçant et doit pouvoir attaquer tout ce qui est étranger au troupeau y compris les randonneurs.

La présence permanente d’un berger ? Comme au Moyen-âge ? Est-ce qu’il y a des bergers permanents dans les enclos de brebis de la baie de Somme ou du Mont Saint-Michel ? Une clôture suffit. Et bien, en montagne, il existe des barrières naturelles dans lesquelles se fixent les moutons. Pourquoi faudrait-il un garde ? Pour garder les touristes ? Est-ce le rôle du berger ? Puisqu’il faut revenir des années en arrière, existait-il jadis autant de touristes qu’aujourd’hui ? Non ! Les temps changent et avec le temps les pratiques changent. Apparemment le normand ne le comprend pas.

Et comme tout a changé depuis l’époque où il y avait encore des loups il y a une centaine d’année, force est de constater qu’aujourd’hui le loup et ce qui en découle, le Patou, ne sont pas compatibles avec les activités du 21ème siècle. Cela déplait sans doute aux amis du loup, mais c’est un fait dont il convient de tenir compte.

Le loup n’est pas la cause de TOUS les problèmes mais il est la cause d’un problème important pour l’élevage et maintenant le tourisme.

Le plus extraordinaire est de voir Monsieur Coret et AVES donner des conseils d’élevage. Quelles compétences a-t-il dans ce domaine ? Imaginer un retour à 200 bêtes par éleveur c’est inciter à la pauvreté. C’est ne rien connaître des contraintes économiques de l’élevage. Mais, bon… écrire des énormités autant que des imbécilités est son droit. Le problème est qu’à travers sa fonction de président d’AVES il peut influer sur l’opinion. De toute manière, personne n’imagine un tel retour en arrière tout comme personne n’imagine que Coret ne revienne aux soins infirmiers des armées de Napoléon. Alors, pourquoi vouloir imposer aux seuls éleveurs de montagne cette régression économique et sociale ?

Il le dit lui-même sous forme interrogative : « Les français seraient-ils tout simplement devenus allergiques à tout ce qui est sauvage ? ». Il rêve d’une vie sauvage. Pas pour lui en Normandie. Mais pour les autres, bien loin de son lieu de vie.

Hitler disait la même chose en voulant revenir 1000 ans en arrière...Stéphan Carbonneaux dans un rapport comment WWF, FERUS et ADET voulait revenir 2000 ans en arrière. En fait toutes ces personnes ne s’intéressent pas vraiment à la nature. Ils ont une haine de l’homme et ils poursuivent une idéologie qui a vu le jour dans les années 30… Une forme de totalitarisme des plus condamnables. Est-ce que c’est cela que nous voulons en France ?

Incompréhension et incompétence mènent tout droit au refus de dialogue… un dialogue qui, de toute manière ne servirait à rien dans la mesure où les éleveurs refusent l’idéologie proposée.

Louis Dollo, le 23 avril 2010

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