L'ADDIP s'oppose à la protection du chien-loup bâtard par la Convention de Berne sous prétexte de "nature"

 

Les Pyrénées sont également touchées par la présence du loup, notamment dans l’Aude, les Pyrénées-Orientales et l’Ariège. Rien ne permet, officiellement, de contenir une avancée de ce prédateur vers les autres départements. C’est la raison pour laquelle l’ADDIP, coordination pyrénéenne, réagit, dans un communiqué ci-dessous, à l’adoption la recommandation n° 173 de la Convention de Berne tendant à protéger des Chiens-loups au même titre que de vrais loups.

Non aux bâtards loup/chien sous prétexte de "nature"


L’ADDIP Coordination Pyrénéenne regroupe les associations des départements pyrénéens opposées à l’ensauvagement de leur massif dont les grands prédateurs sont l’alibi et le vecteur. Elles soutient totalement les élus, associations, éleveurs du massif alpin dans leur opposition à la modification de la Convention de Berne qui place les hybrides chien/loup sous le même statut de protection tel que défini dans l’article 6 de la Convention.

Il ne s’agit donc plus ici d’une espèce sauvage que l’on préserverait pour justement ce caractère sauvage, mais de ce que l’on appelle couramment pour les chiens, de bâtards, de corniauds. L’alibi du sauvage naturel à « préserver », « retrouver », « sauvegarder » etc. s’évapore. Que reste-t-il alors ? Reste ce que l’ADDIP dénonce depuis le début : sous couvert de « nature », de « sauvage » - et ce couvert ici s’envole, le roi est nu – il s’agit d’une volonté de désappropriation de milieux humanisés depuis des millénaires, pour les transformer insidieusement en sanctuaires dits "naturels" où l’homme serait très marginal, voire totalement exclu.

Dès septembre 1997, cette volonté était clairement formulée dans Livestock subsidy systems in Europe and reform proposals to benefit large carnivore conservation (Systèmes européens de subventions à l’élevage, et propositions de réformes favorables à la conservation des grands carnivores) dont l’un des rédacteurs est comme par hasard … Luigi Boitani, le grand spécialiste des prédateurs au niveau de l’UE. Loin de limiter l’impact des grands carnivores à quelques secteurs des massifs concernés, il était clairement indiqué, page 103 : "C’est la totalité du paysage qui doit être incluse dans les plans de gestion". Et l’élevage n’était pas le seul visé, les activités touristiques étaient directement menacées, page 97, car « elles peuvent conduire à des effets négatifs sur les populations de grands carnivores. » Si le loup, porteur hautement symbolique de ce caractère naturel, sauvage, est en fait un bâtard, la solution est simple : plaçons ce bâtard au même niveau que lui, et le tour est joué !

Il est temps d’arrêter cette folie de l’ensauvagement, mais c’est l’inverse que promeut la modification de la Convention de Berne : une fuite en avant totalement aveugle à la réalité. Car que montre la réalité ? Dans des milieux comme les nôtres, semi-naturels, où l’homme est présent depuis des millénaires et avec lui son plus fidèle compagnon, le chien, c’est une utopie totalement irréaliste de vouloir imposer le loup, le vrai, le sauvage. Il y perd lui-même son caractère propre, s’abâtardit, devient du faux, du toc, un artifice. Quel paradoxe !

Le loup pas plus que l’ours ne sont des espèces menacées au niveau européen. Ils ne sont ni révélateurs ni garants de la qualité des milieux, mais des espèces opportunistes qui trouvent leur bonheur dans les dépôts d’ordure, les poubelles … Pour le loup c’est encore Boitani lui-même qui l’écrit : « C’est un vrai généraliste qui se nourrit en opportuniste de tout ce qui est le plus facilement disponible dans son habitat. /…/ L’habitat du loup a été décrit comme tout endroit où l’espèce n’est pas exterminée par les humains et où il y a quelque chose à manger. » (Plan d'action pour la conservation du loup en Europe (Canis lupus), Editions du Conseil de l’Europe, pp. 17-18).

Sans ces grands prédateurs opportunistes, nos massifs sont reconnus comme lieux de production à la fois d’aliments de grande qualité (viande et produits laitiers) et d’une biodiversité spécifique née de « la coévolution du travail de la nature et de l’homme. » (Grenelle de l’environnement, Rapport Groupe 2, Préserver la biodiversité et les ressources naturelles, page 29). « Les paysages qui abritent la plus forte biodiversité sont composés d'habitats semi-naturels. 84 % des surfaces classées « haute valeur naturelle » correspondent à des zones d’élevage en plein air (Alpes, Pyrénées…) » (site CNRS et Université d’Ivry, Science et décision 2010).

C’est cet équilibre fragile qu’il est essentiel de préserver/restaurer, pas des corniauds qui sont une injure au vrai loup qui a toute sa place dans les nombreux espaces sauvages de la planète où il vit sa vie libre de loup sans importuner les hommes ni être par eux pourchassé. Arrêtez de vous moquer et des loups et des hommes.

Source : Communiqué de presse de l'ADDIP du 8 décembre 2014

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