Rencontre entre associations des Alpes et des Pyrénées

 

Depuis plusieurs mois des contacts avaient commencé à se nouer entre éleveurs et associations alpines et pyrénéennes. Les uns sont confrontés à la problématique du loup, les autres à celle de l'ours. Les questions de fonds entre Alpes et Pyrénées sont très similaires. C'est la raison pour laquelle des acteurs des deux massifs ont décidés de renforcer leurs liens à l'issue d'une réunion qui s'est tenue le 8 décembre 2006 à Serres sur Arget (Ariège).

 

Communiqué de presse du vendredi 8 décembre 2006 : Réunion Alpes - Pyrénées


Représentants de l'association du Grand Charnier
Massif de Belledonne (Isère)


A l'initiative de l'ASPAP (Association de Sauvegarde du Patrimoine Ariège Pyrénées), diverses associations des Alpes et des Pyrénées défendant les intérêts :

  • Du pastoralisme
  • De la faune sauvage
  • De l'économie montagnarde

Se sont réunies le 8 décembre 2006 à Serres sur Arget (Ariège)

Ces associations constatent en commun que :

  • La présence des grands prédateurs est ingérable pour les divers acteurs et utilisateurs du milieu montagnard ;
  • Les montagnards des deux massifs sont confrontés à des problèmes communs auxquels l'Etat n'apporte pas de réponses acceptables ;
  • Nous réaffirmons que l'agriculture de montagne menacée par les grands prédateurs est un élément essentiel de l'économie locale de te la biodiversité.

et décident d'un commun accord de :
Tous les acteurs de cette rencontre décident de fédérer leurs moyens, leurs réflexions, leurs expériences pour de futures actions communes.

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Informations diverses


AG de l'ASPAP (Ariège), point de départ d'un renouveau des actions européennes où tout le monde se tient la main. En médaillon, Joseph Jouffrey, leader du pastoralisme des Hautes-Alpes, un des organisateurs du rassemblement européen


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
ADDIP-Coordination pyrénéenne

 
 
Anti-loups, anti-ours, même débat


Les éleveurs de brebis, des Alpes aux Pyrénées, confrontent leurs combats.
Anti-ours, anti-loups, même combat ? Les éleveurs de brebis des Pyrénées de l'Association de sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (Aspap) ont, en tout cas, invité aujourd'hui les éleveurs de brebis des Alpes à débattre en commun à Serres-sur-Arget (Ariège) de «la problématique des grands prédateurs». Cette drôle d'alliance des massifs a d'abord une raison économique : la défense des troupeaux de montagne. En 2006, il n'y a plus que 182 000 ovins dans les Hautes-Alpes alors qu'il y en avait encore 186 000 en 2005. Le loup n'en a officiellement croqué que 467. «Mais c'est une contrainte qui s'ajoute à toutes les autres. Les éleveurs qui désespèrent finissent par abandonner le métier, explique le président de la fédération ovine de ce département, Joseph Joffrey, qui conduit la délégation alpine en Ariège. C'est largement le fait du loup si les Hautes-Alpes comptent 27 % de surfaces pâturées de moins qu'il y a deux ans. Où cette hémorragie va-t-elle s'arrêter ?»

Il y a aussi une raison culturelle à ce rapprochement des éleveurs des deux montagnes. La fédération ovine des Hautes-Alpes tient quasiment mot pour mot le même discours que la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de l'Ariège : «Nos parents, y dit-on, ont chassé ces bêtes de la montagne afin de dégager de l'espace économique pour leurs activités. La protection du loup signifie que cet espace leur est repris.» «La réintroduction de l'ours est la négation de plusieurs vies de travail», précisent sur le même thème les Ariégeois de la CCI. Les éleveurs pyrénéens de l'Aspap sont convaincus que la ministre de l'Environnement, Nelly Olin, les «méprise». Les éleveurs alpins commencent à croire que les pouvoirs leur «mentent». Les ministères de l'Agriculture ou de l'Environnement ont beau leur affirmer que tel n'est pas le cas, ils sont persuadés que le loup est lui aussi «réintroduit» dans leurs montagnes. Ils demandent du coup le droit de tirer sur la bête en légitime défense de leur troupeau, avec contrôle a posteriori de l'Office de la chasse. L'Aspap demande seulement que les ours soient isolés de toute zone d'activités humaines. Dans les deux cas, il s'agit de protéger un territoire que les prédateurs et leurs amis des villes et des ministères leur contesteraient. Il y a encore une vingtaine d'ours dans les Pyrénées, dont les cinq réintroduits cet été, et selon les estimations des écologistes ou des agriculteurs, entre 100 et 300 loups dans l'arc alpin français. A Serres-sur-Arget, ce soir, à 18 heures, ce sont les opposants aux deux bêtes qui vont compter leurs forces.

Auteur : Gilbert LAVAL
Source : Libération du 8 décembre 2006

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"Nous avons remporté la bataille de l'opinion»"


Stéphane Lessieux de l'Aspap, association ariégeoise, fait un bilan de la réintroduction.

Huit mois après le lâcher du premier des cinq ours slovènes dans les Pyrénées, Stéphane Lessieux, porte-parole de l'Association de sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (Aspap), dresse le bilan d'une lutte sans relâche. Pour lui, l'Aspap, jusqu'alors «force de résistance», doit devenir aussi «force de propositions».

  • Les éleveurs de l'Aspap se sont opposés à la réintroduction de l'ours, mais en pure perte...

    Nous avons perdu la bataille de la réintroduction puisque ces bêtes, à l'exception de celle morte accidentellement [Palouma, ndlr], sont aujourd'hui dans la montagne. Mais nous avons remporté la bataille de l'opinion. Les lâchers opérés la nuit en catimini ou en force sous protection policière et militaire ont montré qu'il n'y avait pas acceptation sociale de ce fait, que le conte n'était pas aussi joli que la ministre voulait bien le présenter.

  • Comment parler de bataille gagnée si vous n'avez pas obtenu ce que vous vouliez ?

    Les Pyrénéens ont pu se présenter dans les médias comme des gens raisonnables. Nelly Olin y est apparue autoritaire et méprisante envers eux. Elle n'a pas facilité la tâche d'un prochain ministère de l'Environnement qui voudrait lancer un nouveau plan de réintroduction. Ainsi, ces cinq ours seront peut-être les derniers réintroduits.

  • Acceptez-vous pour autant ce fait accompli ?

    Non ! Nous manifesterons encore contre leur présence, et c'est dans cet esprit que nous proposons la création en montagne d'une ou de plusieurs zones spécifiques où serait regroupés la vingtaine d'ours encore présents dans les Pyrénées. Comme cela se passe en Italie, en Espagne, en Slovénie ou au Canada, où cet animal est présenté comme dangereux et est éloigné des hommes quand il s'en rapproche trop. Il y a aveuglement à croire que les prédateurs peuvent vivre là où les hommes ont leurs activités.

  • Quelles sont vos prochaines manifestations ?

    Les représentants d'associations alpines, qui demandent plus de souplesse dans la régulation de la population des loups, se joignent à notre assemblée générale. Notre lutte a fédéré les Pyrénées, elle s'élargit aujourd'hui aux autres massifs. Sur ce sujet des grands prédateurs, c'est ensemble que nous pourrions interpeller les candidats à la présidentielle et aux législatives qui suivront.

Auteur : Gilbert LAVAL
Source : Libération du 8 décembre 2006

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Les éleveurs s'unissent contre l'ours et le loup


Les opposants à la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées et à la présence des loups dans les Alpes unissent leurs actions pour lutter contre ces «prédateurs».


Les éleveurs des Pyrénées et des Alpes ont décidé de «fédérer leurs moyens, leur réflexion, leur expérience pour de futures actions communes» en créant une nouvelle « Union Alpes-Pyrénées». Une décision prise à l'issue d'une réunion entre éleveurs des deux massifs, à Serres-sur-Arget, dans l'Ariège.

Pour Stéphane Lessieux, de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (Aspap), à l'initiative de cette rencontre, « rapprocher ces deux mouvements, c'est leur donner plus de poids dans les débats, pour l'information des élus et du grand public, alors que se profilent des échéances électorales ».

Les participants des associations pyrénéennes, opposées à la réintroduction des ours slovènes, et des associations alpines comme celle du Grand-Charnier, ont exposé les problèmes communs aux montagnards des deux massifs.

Pour eux, la présence de grands prédateurs est ingérable, entraînant notamment certains agriculteurs à abandonner leurs exploitations. Une nouvelle rencontre est prévue début 2007 dans les Alpes.

Source : AFP / Plein Champ du 11 décembre 2006

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Ours, loups: les «anti» se fédèrent


Les anti-ours des Pyrénées et les anti-loups des Alpes se sont rencontrés à Serres-sur-Arget (Ariège) pour un débat sur un même thème : la problématique des grands prédateurs. L'ASPAP (Association de sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées), à l'occasion de son assemblée générale, avait invité la fédération ovine des Hautes-Alpes, dont le président, Joseph Jouffrey, résumait ainsi la situation : « Quoi qu'il advienne, nous sommes amenés à travailler ensemble ». Les Pyrénéens comme les Alpins sont d'accord sur la même chose : ils ne veulent pas laisser le champ libre aux associations qui prônent la réintroduction des grands prédateurs.

À l'occasion de la campagne électorale des présidentielles, ils vont demander aux candidats de se positionner sur le dossier des réintroductions d'animaux sauvages. La rencontre de Serres préfigure un plus large mouvement d'échanges qui avait commencé l'été dernier par de simples contacts téléphoniques. Les éleveurs pyrénéens se rendront à Gap au début de l'année 2007. Ils ne seront pas seuls : les Espagnols sont conviés ainsi que les Italiens et les Suisses. Là il sera sans doute question d'une stratégie à l'échelle européenne pour faire échec aux plans de réintroduction. Les éleveurs s'appuient en outre sur des études scientifiques du CNRS pour fortifier leur démarche.

Source : La Dépêche du Midi du 11 décembre 2006

"...Etudes scientifiques du CNRS" ????


Il s'agit d'un excès de langage journalistique manquant de précision et d'approfondissement des propos tenus par divers responsables des éleveurs. Le résumé est un peu court. Il a été fait référence aux travaux de Digard et à son association "Pro-NaturA France", Digard est au Cnrs. Le propos est devenu dans le subtil résumé du journaliste "le Cnrs". Sans être un spécialiste du sujet (surtout s'il n'est pas un spécialiste) il aurait été bon qu'il s'en tienne aux propos exacts qui lui ont été dits ou qu'il a entendu.

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Anti-ours, anti-loups : le courant passe


Les anti-ours pyrénéens et les anti-loups alpins se sont retrouvés vendredi soir à la salle polyvalente de Serres-sur-Arget autour d'un thème commun : « La problématique des grands prédateurs ». L'ASPAP (Association de sauvegarde du patrimoine Ariège -Pyrénées) avait invité les éleveurs de brebis des Alpes ; ceux-ci ont répondu présent avec, à leur tête, Joseph Jouffrey, président de la fédération ovine des Hautes-Alpes et Pierre- Yves Motte, président de la chambre d'agriculture de ce même département.

Des contacts téléphoniques nombreux avaient été pris à la fin de l'été et c'est à l'occasion de son assemblée générale que l'ASPAP avait songé à cette invitation afin de resserrer concrètement des liens déjà très évidents. « Quoi qu'il advienne, disait Joseph Jouffrey, nous sommes amenés à travailler ensemble. On peut nous appeler comme on veut (NDLR : allusion aux qualificatifs choisis par Nelly Olin) mais on sait réfléchir. L'opinion est en train de se retourner. Quand les ours approchent trop des villes, on les enlève… » Le président de la fédération ovine voit là une faille dans l'argumentaire adverse. Les anti-loups comme les anti-ours sont en tout cas d'accord sur une chose : ils ne veulent pas laisser le champ libre aux associations qui prônent la réintroduction des grands prédateurs. « Si on laisse faire, déclare Stéphane Lessieux de l'ASPAP, les éleveurs des Alpes vont bientôt se retrouver eux aussi avec des ours, et nous avec des loups. Nous allons nous unir pour faire contrepoids et profiter de la campagne électorale pour présenter notre réflexion. Nous allons solliciter les candidats pour leur demander de se positionner. »

La rencontre de Serres préfigure aussi un plus large mouvement. Les éleveurs pyrénéens se rendront dans les Alpes, à Gap, début 2007. La délégation ne devrait pas être seule puisqu'il est question de rassembler les pays voisins. Les Pyrénéens viendront avec des Espagnols dans leurs rangs ; les Suisses et les Italiens devraient également être de la partie. L'élargissement ne s'arrête pas là : les éleveurs sont aussi en contact avec des scientifiques parisiens du réseau Pro NaturA-France, notamment Jean-Pierre Digard, directeur de recherche au CNRS qui s'est penché sur les comportements anthropomorphistes vis-à-vis des animaux et la « zoophilie militante ».L'homme passerait au second plan si l'on suivait un raisonnement extrémiste. La question est évoquée dans le livre : « L'ours, les raisons de la colère » (1) qui a été lancé lors de la réunion de Serres, un chapitre est d'ailleurs consacré aux travaux de J.P.Digard. Tout cela devrait déboucher prochainement sur un colloque ; les « antis », c'est sûr, ne vont pas s'en laisser conter.

Source : La Dépêche du Midi du 11 décembre 2006

(1) - Il s'agit du texte imprimé de Violaine Bérot "Pourquoi dire non à la réintroduction"

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