La Pastorale Pyrénéenne

 

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Après le discret scandale de la triste fin de l’ACP, les nouveaux dirigeants de la nouvelle association qui a choisi un nouveau siège social tentent d’assurer la continuité des principes de cohabitation avec une nouvelle image et un nouveau discours. Et tous les membres s’empressent de colporter la bonne nouvelle. Il n’y a que des journalistes pour être dupe de la réalité et ne pas voir que ce sont des anciens de l’ACP qui assurent une continuité, avec les mêmes personnels, pour une même mission avec les mêmes financements d’état. Une fois encore, l’environnement devient business où l’ours n’est qu’un alibi et non une finalité.

 


Quel que soit le discours tenu pour tromper les interlocuteurs, La Pastorale Pyrénéenne remplace l’Association pour la cohabitation pastorale (ACP), entité rattachée à l’équipe technique de suivi de l’ours et créée après les premiers lâchers, en 1999. Aujourd’hui, elle fonctionne comme une association à part entière, soutenue par le ministère de l’Écologie.

Depuis longtemps, (à priori depuis sa création en 1999) elle s’intéresse discrètement à la protection contre le loup dans les Alpes en relation avec l’Institut de l’Elevage (IDE). Même si ce partenariat semble effacé sur le site web de l’IDE, La Pastorale apparaît de plus en plus clairement dans les réunions alpines depuis 2011. Nous sommes loin des discours de l’époque de sa création et de la notion de "pyrénéenne". Ainsi, le loup comme l'ours, devient un alibi pour une chasse permanente aux subventions. A se demander à quoi serve les structures agricoles et pour qui.

Lettres de La Pastorale Pyrénéenne
Le financement de la Pastorale

Les chiens de protection

 

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La Pastorale Pyrénéenne


Beaucoup d’entre vous connaissaient l’Association pour la Cohabitation Pastorale. Aujourd’hui l’ACP n’existe plus et c’est la Pastorale Pyrénéenne qui prend son relais.

La Pastorale Pyrénéenne ne milite pas pour la réintroduction de l’ours mais néanmoins considère que la présence de l’ours et plus largement de la faune constituent une composante comme le tourisme ou la chasse avec lesquelles il faut compter.

Nous considérons que les engagements pris par l’Etat sur la question de l’ours sont tels, qu’il n’y aura pas de retour en arrière et que de ce fait il vaut mieux se positionner comme force de propositions et de négociations dans l’intérêt du pastoralisme.

La Pastorale Pyrénéenne souhaite s’engager fortement pour contribuer à ce que le pastoralisme conserve toute sa place dans nos montagnes sans pour autant négliger le fait que nous ne sommes pas les seuls utilisateurs de cet espace.

Nous pensons qu’au moment où on nous annonce la disparition des primes à la production, et que le cours de la viande, notamment celle de l’agneau, poursuit sa chute amorcée il y a déjà longtemps, une alternative est indispensable pour garantir le maintien et le développement des structures pastorales.

Ainsi, la Pastorale Pyrénéenne s’engage par ses actions (information, formation, mise en place de chiens de protection, élaboration d’analyses sur l’optimisation des moyens de protection, aide à la constitution de dossiers) à accompagner les éleveurs, les bergers, les vachers et les apiculteurs dans la mise en oeuvre de moyens de protection. L’association s’attache également à établir une concertation avec les services administratifs concernés par la cohabitation, en vue de définir les actions à entreprendre et les moyens à mettre en oeuvre.

Dans ce cadre, la Pastorale Pyrénéenne constitue une entité importante au service du pastoralisme, capable de défendre au mieux les intérêts des éleveurs, des bergers, des vachers et des apiculteurs.

La Pastorale Pyrénéenne est avant tout une association d’éleveurs, de bergers, d’agriculteurs. Quelle que soit nos diverses opinions concernant la présence des grands prédateurs sur les zones montagneuses, nous considérons qu’il est de notre intérêt, et de notre devoir d’éleveurs, de tout mettre en oeuvre pour assurer la protection de nos troupeaux. C’est le sens de toutes les actions que nous tendons à mettre en oeuvre et à développer.

Pour enrichir nos réflexions, confronter nos points de vue, faire progresser les moyens de protection, nous espérons que vous nous rejoindrez à La Pastorale en apportant vos expériences, vos idées ou plus simplement votre soutien afin de contribuer à pérenniser le pastoralisme pyrénéen.

Si la Pastorale Pyrénéenne est utile pour faire valoir vos intérêts, sachez qu’il est également nécessaire que l’association repose sur un socle toujours plus représentatif et toujours plus solide.

Les fruits du travail effectué par la Pastorale Pyrénéenne sont aussi à récolter en dehors des frontières des Pyrénées. En l’occurrence, le travail que nous effectuons en matière de chiens de protection, par exemple, (recensement, production de chiots de qualité, technique de mise en place, formation, évaluation des chiens,…) est au service de tous. Nous profitons donc de cette lettre pour dire aux éleveurs des autres régions de France que nous avons aussi besoin de leur solidarité.

Pour terminer, nous comptons sur vous pour relayer ce message et inviter le plus grand nombre à nous rejoindre.

Gilles MOUNIC
Président de la Pastorale Pyrénéenne

Source : Lettre de La Pastorale de juin 2008

Commentaires : un positionnement conforme à son histoire....


L’éditorial du premier président de La Pastorale Pyrénéenne relu en décembre 2013, apparait assez étonnant. Selon son président, cette association, continuité d’une association très militante en faveur des introductions d’ours dans les Pyrénées, « ne milite pas pour la réintroduction de l’ours ». Voilà donc une information importante vite démentie par la suite de la phrase : « mais néanmoins considère que la présence de l’ours et plus largement de la faune constituent une composante comme le tourisme ou la chasse avec lesquelles il faut compter ». Comparer un grand prédateur du cheptel ovin et autre comme l’ours au tourisme et à la chasse est pour le moins osé et peut inquiéter quant à la démarche intellectuelle. Et il précise plus loin : « Quelle que soit nos diverses opinions concernant la présence des grands prédateurs sur les zones montagneuses, nous considérons qu’il est de notre intérêt, et de notre devoir d’éleveurs, de tout mettre en œuvre pour assurer la protection de nos troupeaux. C’est le sens de toutes les actions que nous tendons à mettre en œuvre et à développer ». Stupéfiant ! Il reconnait que les troupeaux ne sont pas protégés, ce qui est exact, mais ne précise pas pourquoi ils ne le sont pas et surtout de quoi et de qui faut-il les protéger. Nous pourrions également tenir un autre raisonnement en approfondissant la réflexion : quel est le danger ?.... L’ours… Plus d’ours, plus de danger donc pas besoin de protection supplémentaire. Mais accepter le principe d’un état de fait imposé tel que des introductions d’ours c’est déjà accepter les introductions passées et à venir. Un positionnement largement rejeté lors de la consultation publique de 2011. Et le président de La Pastorale insiste : « Nous considérons que les engagements pris par l’Etat sur la question de l’ours sont tels, qu’il n’y aura pas de retour en arrière et que de ce fait il vaut mieux se positionner comme force de propositions et de négociations dans l’intérêt du pastoralisme ». Voilà un positionnement qui sacrifie le pastoralisme sur l’autel du tout sauvage pour les grands prédateurs. Et ils veulent donner des moyens, non pas aux éleveurs mais à l’état pour poursuivre son œuvre destructrice au profit de grands prédateurs au milieu des troupeaux en souhaitant « s’engager fortement pour contribuer à ce que le pastoralisme conserve toute sa place dans nos montagnes sans pour autant négliger le fait que nous ne sommes pas les seuls utilisateurs de cet espace ».

Par cette phrase, La Pastorale nie l’histoire du pastoralisme depuis des millénaire, renie le travail accompli par les anciens et exclu et néglige les instances officielles du pastoralisme qui vont des chambres d’agriculture aux commission départementales et gestionnaires d’estives et d’espace que sont les groupements pastoraux et les commissions syndicales. La Pastorale veut s’imposer comme étant l’interlocuteur et le prestataire incontournable afin de remplacer les structures officielles et traditionnelles qui n’acceptent pas la présence de l’ours. Voilà donc une nouveauté qui, hors des structures agricoles liées au Ministère de l’agriculture et ses services déconcentrés est totalement inventée par les services du Ministère de l’Ecologie à coup de fortes subventions de l’ordre de 420 000 euros par an.

Et ce président zélé nous fait de la prospective économique : « Nous pensons qu’au moment où on nous annonce la disparition des primes à la production, et que le cours de la viande, notamment celle de l’agneau, poursuit sa chute amorcée il y a déjà longtemps, une alternative est indispensable pour garantir le maintien et le développement des structures pastorales ». Impensable ! En 2013, tout dément cette affirmation osée. Les primes, sous une autre forme, sont maintenues et même renforcée pour la montagne, les cours se maintiennent et les labels de qualité permettent de les faire progresser en même temps que la mise en place de circuits courts. Mais pour le faire, il ne fallait pas avoir un positionnement d’abandon comme exposé plus haut. Il fallait être capable de résister et avancer sans collaborer avec ceux qui voulaient tout détruire en introduisant des prédateurs que les anciens avaient combattus.

Tout aussi incroyable, La Pastorale, petite structure associative d’opérette, voudrait rivaliser avec les Chambres Consulaires en s’engageant « par ses actions (information, formation, mise en place de chiens de protection, élaboration d’analyses sur l’optimisation des moyens de protection, aide à la constitution de dossiers) à accompagner les éleveurs, les bergers, les vachers et les apiculteurs dans la mise en œuvre de moyens de protection ». Voilà ce qui se fait déjà depuis très longtemps et avec succès. Mais en fait, structure de propagande du ministère de l’écologie au service de ce ministère et des associations pro-ours, elle veut contrebalancer les structures agricoles en s’attachant « également à établir une concertation avec les services administratifs concernés par la cohabitation, en vue de définir les actions à entreprendre et les moyens à mettre en œuvre ». L’objectif n’est donc pas la défense du pastoralisme mais bien le développement des ours dans les Pyrénées en favorisant la cohabitation très largement refusée par les pyrénéens malgré les nombreux sondages propagandistes.

La conclusion est d’un cynisme décapant lorsque nous lisons que : « la Pastorale Pyrénéenne constitue une entité importante au service du pastoralisme, capable de défendre au mieux les intérêts des éleveurs, des bergers, des vachers et des apiculteurs ».

La meilleure défense de ces professionnels de l’élevage de montagne n’est-il pas de faire en sorte qu’il n’y ait pas de prédateurs perturbant la vie des estives ?

Et la suite….

N’ayant pas grand succès dans les Pyrénées pour une cohabitation avec l’ours, voilà que, depuis 2011, la pastorale devient de plus en plus alpine probablement pour une cohabitation avec le loup. Sans doute appeler au secours par des fonctionnaires du Ministère de l’Ecologie, a-t-elle la prétention de suppléer aux insuffisances de Férus avec Pastoraloup ou bien remplacer le CERPAM et les Chambres d’Agriculture ? Voilà une affaire intéressante à suivre. Le plus intéressant sera également de connaître le montant de la subvention…. 420 000 Euros par an pour ses modestes activités dans les Pyrénées….

Mais le plus étonnant est de voir progresser ses relations avec l’Institut de l’Elevage depuis 1999 (époque de l’ACP) tout en constatant que Franck Dieny, de la FNO s’assoit à la même table pour discuter de tests comportementaux très discutables quant au protocole, avec des gens sont très loin de partager l’opinion officielle de la Fédération Nationale Ovine. Franck Diény nous avouera-t-il un jour qu’il est pour la cohabitation et les primes qui vont avec ? D’autres le font et ne s’en cachent pas.

A suivre…..

Louis Dollo, le 4 décembre 2013


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Les actions de La Pastorale Pyrénéenne


Chiens de protection : Sélection, mise en place et suivi des chiens de protection sur l’ensemble du massif pyrénéen, conseils et formation auprès des éleveurs, bergers.

Echanges agricoles : La Pastorale Pyrénéenne organise des rencontres, des réunions de travail, afin de réfléchir sur les moyens de protection pour qu’ils soient adaptés à nos estives et exploitations. Des groupes de travail sont à votre disposition : pastoralisme, chien de protection, clôtures, communications.

Informations : Edition d’une lettre d’information et création d’un site internet, autant d’outils de communication pour vous tenir informé de notre travail et des actualités pastorales

En 2007

Chiens de protection

  • 35 nouveaux chiens placés, 143 montés sur 61 estives
  • Participation au Programme National des Chiens de Protection des troupeaux, coordonné par l’Institut de l’Elevage
  • Troisième participation à Tech’Ovin, salon national du mouton
  • Diverses démonstrations sur l’utilisation des chiens de conduite et de protection

Pastoralisme

  • Mise en place d’analyses sur l’optimisation des moyens de protection sur différentes estives

Echanges agricoles

  • 10 réunions de travail avec les adhérents
  • Participation à diverses manifestations agricoles
  • Concertation avec les différentes administrations : Comité de gestion de l’espace montagnard, commission dégâts ours…

Source : Lettre de La Pastorale de juin 2008

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Rencontres entre éleveurs, bergers italiens et pyrénéens


Du lundi 26 novembre au jeudi 29 novembre 2007 des éleveurs pyrénéens et des animateurs chiens de protection de la Pastorale Pyrénéenne se sont rendus en Italie dans le Parc National des Abruzzes. Ce séjour a été financé par le programme Life Coex. La participation des éleveurs pyrénéens s’est organisée à partir du volontariat.

Ce séjour a permis de rencontrer des éleveurs italiens confrontés à la présence de l’Ours et du Loup ainsi que les services scientifiques du Parc National des Abruzzes. Les échanges riches et nombreux nous ont permis de mieux appréhender la situation de l’élevage de montagne, les conditions de la cohabitation avec les grands carnivores.

Le contexte économique de l’élevage ovin en montagne est là-bas aussi très difficile. Une crise structurelle profonde engendre des mutations profondes : baisse des prix, disparition des abattoirs, normes européennes changeantes et toujours plus contraignantes. Aussi, depuis plus de vingt ans le nombre d’exploitations ovines diminue. De nombreuses reconversions ont lieu vers l’élevage bovin moins contraignant et plus rentable, et également vers des activités d’éco-tourisme (gîte, camping, hôtel, artisanat…). L’activité touristique est devenue le moteur économique de cette zone montagnarde à deux heures de route de Rome. Seuls des éleveurs pratiquant la vente directe, les labels bio semblent réussir à assurer la pérennité de leurs exploitations.

Dans la région du Parc National des Abruzzes, l’Ours et le Loup sont intégrés dans les pratiques pastorales et acceptés par les éleveurs. Pourtant les aides allouées par l’Etat pour faire face à cette contrainte sont réduites et se limitent à l’indemnisation des dégâts. Il n’existe pas de plan d’accompagnement au pastoralisme lié à la contrainte des prédateurs sauvages. En fait, les systèmes de protection pour réduire la vulnérabilité à la prédation sont inscrits dans la culture pastorale… Pour l’élevage ovin, le système de protection repose sur le gardiennage, la conduite des troupeaux et l’utilisation de nombreux chiens de protection (Matin et Maremma des Abruzzes).

Le nombre de chiens de protection se situe autour d’une proportion d’un chien pour 60 brebis. Pour les bovins la vulnérabilité vis à vis de la prédation se situe au moment de la période de vêlage lors des quinze premiers jours. Pour y remédier les troupeaux sont regroupés pour permettre aux mères de défendre collectivement les petits. Apparemment les chiens de protection ne sont pas utilisés pour protéger les troupeaux bovins.

Pour les éleveurs des Abruzzes la principale difficulté à leur activité est le contexte économique difficile et la forte densité de Cerf élaphe. L’acceptation des grands prédateurs y est surprenante pour nous pyrénéen. Les éleveurs italiens les considèrent comme des habitants légitimes de la montagne.

Comme eux sur le même territoire ils semblent résister à un environnement parfois hostile. Il semblerait surtout au vu de nos observations que la présence continue de ces animaux, leur protection dès 1923 pour l’Ours brun, ait engendré une habitude «de vivre ensemble». La politique presque jusque boutiste de l’Etat français à vouloir exterminer ces animaux pourrait avoir généré une culture de destruction bien inscrite dans la population montagnarde et pastorale. L’évolution des mentalités semble être le domaine le plus lent dans les sociétés humaines…

Aussi, ce type de voyage est une chance. Il permet justement de confronter des mentalités différentes façonnées par une histoire personnelle et sociétale autre. Cette richesse dans les échanges met nos modes de pensées dans un contexte plus large. Nous pensons qu’il serait nécessaire de poursuivre ce type d’échanges, de rencontres. Nous aimerions reconduire cette expérience avec d’autres éleveurs. La période du mois de septembre nous semble la plus adaptée au niveau des disponibilités des éleveurs.

Pour être acceptée et protégée par les habitants d’un territoire, la biodiversité dans son ensemble doit devenir une ressource économique directe ou indirecte. La seule dimension éthique (respect de toute forme de vie) et écologique (équilibre des écosystèmes) ne suffit pas à permettre l’acceptation sociale d’espèces sauvages présentant des contraintes. Un grand champ de travail, d’écoute et de collaboration entres éleveurs, politiques, environnementalistes, biologistes, et économistes devrait s’ouvrir pour parvenir à résoudre l’équation de l’activité économique et de la préservation de la biodiversité.

Auteur : Olivier Salvador, La Pastorale Pyrénéenne
Source : La lettre de la Pastoral Pyrénéenne - juin 2008

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Lettres de La Pastorale Pyrénéenne


Au moment de la réalisation de cette page, le site Web de La Pastorale Pyrénéenne n’existe plus. Impossible de disposer de toutes les « lettres » adressées à ses adhérents. Nous avons pu en récupérer deux complètes et une partielle (juin 2008) dont nous avons reproduit ci-dessus une partie des textes pour une bonne information de nos lecteurs.

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