Nombre d'ours dans les Pyrénées en 2014 : la propagande de l'ADET-Pays de l'ours

 

L’ADET—Pays de l’ours et Férus ne manquent pas de contradictions. Après s’être offusqués de l’absence de lâchers d’ours, avoir menacé la Ministre de l’écologie et estimer que celle-ci bottait en touche, les voilà satisfait de voir la population d’ours augmenter même si c’est encore "une réussite encore fragile".


Ce changement de ton et cette subite amnésie du passé sont étonnant. Plus question de menaces, souhait d’autres lâchers sans de véritables exigences et silence sur la réalité de la population d’ours dans les Pyrénées. Le communiqué de l’ADET insiste sur 31 individus détectés sans déduire les 2 ours morts pour ramener l’effectif à 29. Pourquoi insister sur 31 individus et une importante progression du nombre d’ours alors que le rapport de l’ONCFS est très clair.

Le même discours

L’ADET, comme Férus, n’a pas évolué quant aux prédations. Les dégâts stagnent. Normal, la majorité des ours ne se trouvent pas en France mais en Espagne. Or, les statistiques de dégâts ne tiennent pas compte de ceux subis en Espagne. Par ailleurs l’ADET poursuit sa manipulation sur le pourcentage de victimes de l’ours en comparant l’incomparable. Même observation qu’à l’occasion d’une émission de TV.

Quant à prétendre que « la cohabitation ours-élevage dans les Pyrénées est une réalité incontestable » ne manque pas d’un certain culot. Il suffit de voir la réaction du Comité de Massif au volet ours de la Stratégie Pyrénéenne pour la Biodiversité. Néanmoins, il est facile de l’affirmer lorsqu’aucun journaliste n’a jamais produit la moindre déclaration des organisations professionnelles agricoles. Vraiment étonnant.

Renforcer la population

L’ADET écrit que ce sont de « bons résultats »mais selon elle, ceci ne peut pas « faire oublier les menaces ». Bonne raison pour demande de « renforcer au plus tôt les deux noyaux de population d’ours afin d’en garantir la pérennité ».

Le problème est que, contrairement à 1996, l’ADET et Férus ne participent plus à la décision. Aujourd’hui, l’avis des populations concernées a plus d’importance que celui des associations environnementalistes. La décision doit également tenir compte de l'avis du Comité de Massif dans le cadre de la stratégie de développement de la biodiversité pyrénéenne qui n’est pas composée que de l’ours mais de l’ensemble du vivant animal et végétal. L’ours n’est qu’un élément parmi de nombreux autres. Et puis, ces associations ne parlent jamais de développement durable tenant compte de la présence humaine et de ses activités. Grave lacune.

L’ADET et Férus défendent une idéologie du tout sauvage excluant l’homme des territoires concernés. C’est leur droit. Le problème apparaît lorsqu’ils veulent imposer leur point de vue et qu’ils deviennent des références pour les médias.

Pour le reste, il faut relativiser l’importance de ces associations qui ne représentent qu’elles-mêmes.

Louis Dollo, le 31 mars 2015

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Retour de l'ours dans les Pyrénées : une réussite encore fragile


Le réseau Ours brun vient de livrer le bilan du suivi 2014. Bonne surprise, 31 individus ont été détectés l'année dernière dans les Pyrénées, ce qui constitue une belle croissance de la population

Ne boudons donc pas notre plaisir : l'ours et les Pyrénées sont parfaitement adaptés l'un à l'autre, en voilà une nouvelle confirmation s'il en fallait. Les lâchers réalisés en 1996-97 et en 2006 sont une réussite, l'ours est bien de retour dans les Pyrénées.

En parallèle de cette augmentation de la population, notamment depuis 2006, les dégâts au bétail stagnent. La prédation due à l'ours en 2014 représentent toujours moins de 1% de la mortalité domestique dans les Pyrénées, grâce aux mesures de protection mises en place par les éleveurs et financés par l'Etat et l'Europe.

La cohabitation ours-élevage dans les Pyrénées est une réalité incontestable.

Pour autant, ces bons résultats ne peuvent faire oublier les menaces qui pèsent sur l'avenir de l'ours et que le Gouvernement s'obstine à négliger :

  • Les deux mâles isolés en Pyrénées Occidentales (Béarn, Navarre, Aragon) attendent toujours les femelles qui leur permettront d’y maintenir l’espèce. Sans lâchers rapides, l’ours y disparaîtra rapidement, ce qui constituerait une perte patrimoniale majeure.
  • La consanguinité menace le noyau central (Comminges, Couserans, Catalogne). Le nombre d’individus fondateurs de cette petite population reste trop faible. Si les effets ne sont (heureusement) pas encore visibles, ils viendront à coup sûr à moyen terme.

Les dernières études confirment la nécessité de renforcer au plus tôt les deux noyaux de population d’ours afin d’en garantir la pérennité.

Le Gouvernement ne peut se cacher derrière les bons chiffres pour ignorer ses responsabilités. Ces bons résultats devraient au contraire l’encourager à poursuivre et amplifier une politique qui a fait ses preuves !

A noter :

  • 3 portées détectées en 2014, de 2 oursons chacune
  • Mort du mâle Balou et de l’oursonne Auberta
  • Première reproduction d’un autre mâle que Pyros depuis 1997 : Moonboots est le père de " Châtaigne " et " Gaïa, oursonnes de Hvala nés en 2013
  • Stabilité des dégâts : 128 attaques, 178 brebis, 1 ruche.
  • La densité de population d’ours dans les Pyrénées reste 5 fois inférieure à celle des Monts Cantabriques (Espagne)

Pour en savoir plus :

Source : Communiqué de l'ADET-Pays de l'ours du 31 mars 2015

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