Ours, chasse et chasseurs en Ariège Pyrénées

 

Les chasseurs d'Ariège ont été parfois divisés quant à la présence de l'ours sur leur territoire. Certains ont soutenu le plan d'introduction / importation d'ours de Slovénie. D'autres s'y sont opposés. La fédératioon des chasseurs de l'Ariège est allé jusqu'à mettre un technicien à disposition de l'Equipe Technique Ours (ETO). En 2009, la position de la fédération semble plus claire quoique ambigue quant à l'action de son technicien au sein de l'ETO.


La chasse en montagne en Ariège Pyrénées
Appel des chasseurs à manifester à Foix le 3 octobre 2009

Manifestation des chasseurs réussie


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées
Ours, chasse et chasseurs dans les Pyrénées 
La chasse en montagne et dans les Pyrénées

 

La réintroduction de l'ours ne doit pas gêner les chasseurs


La fédération départementale a tenu son assemblée générale à Lavelanet.

La fédération départementale des chasseurs de l'Ariège a tenu son assemblée générale au Casino, Lavelanet. « Un confort parfait mais aussi de fortes préoccupations » lançait en préambule Etienne-Jean Barbelanne, à l'heure du bilan de gestion d'une année. Au niveau national, le Grenelle de l'Environnement, a été une grande histoire. Quand au Grenelle de la chasse, le 26 juillet dernier, l'accord conclu entre chasseurs et protecteurs de la nature était qualifié d'historique. « Pour moi, la loi Poniatowski du 31 décembre 2008, constitue aussi un réel avancement, elle met fin à toute controverse sur l'agrément des Fédérations des Chasseurs au titre de la protection de l'environnement… » affirmait Etienne-Jean Barbelanne.

Après avoir précisé le souci sur le plan national au vu de la diminution du nombre de ses pratiquants, l'augmentation, dans la plupart des régions, de dégâts de grand gibier et l'érosion du pouvoir d'achat mettant à mal les demandes ou la validation des permis de chasser, Jean-Etienne Barbelanne évoquait le travail d'arrache-pied effectué sur le plan départemental, dont celui visant le dénombrement des populations de gibier avec les techniciens, aidés des chasseurs, mais aussi par les louvetiers.

Sur le plan pratique et sur tout le département, la population de sangliers a bien été contenue, les prélèvements sont sensiblement équivalents à ceux de l'année écoulée et les dégâts sur les récoltes agricoles ont grandement diminué. « À ce sujet, je suis heureux de vous faire remarquer ici que les Ariégeois chassent sans doute mieux que leurs voisins qui avaient eu quelques velléités à vouloir nous faire chasser sur les mêmes périodes pratiquées chez eux » se félicitait le président.

L'ours et le grand tétras
Sur le schéma départemental de gestion cynégétique (centre de formation, missions pédagogiques intensifiées), c'est la phase finale. A sont tour, le préfet prend la parole en saluant le positionnement constructif et partenarial de la Fédération, tant sur les sujets techniques que politiques tout en évoquant ses inquiétudes pour ce qui est de la chasse du Grand tétras en 2009. Sur le sujet de l'ours, il se félicite des relations instaurées entre l'Administration et la Fédération, il apprécierait que des mesures soient prises par les chasseurs pour favoriser la cohabitation entre la pratique de la chasse et la présence du plantigrade. Le maire Marc Sanchez, rappelait le partenariat de la fédération dans un projet de la station de ski des Monts d'Olmes.

Le sénateur Jean-Pierre Bel manifestait son désaccord avec le préfet sur la réintroduction de l'ours, « cette opération ne fait qu'accentuer les difficultés des éleveurs de montagne ». Etienne-Jean Barbelanne réaffirmait la position de la fédération, « la chasse ne saurait en aucune manière être affectée par la réintroduction de l'ours, il appartient à chaque président d'ACCA, à lui seul et sans contrainte, d'adapter la pratique cynégétique à la présence de l'ours, s'il le juge utile ».

Source : La dépêche du Midi du 5 mai 2009

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Communiqué de l’Amicale des chasseurs de montagne - 18 juin 2009


Alerté par la Fédération des chasseurs de l’Ariège des tentatives conduites par l’administration pour empêcher la chasse en cas de présenc d’ours, le Conseil d’administration de l’Amicale a, ce 18 juin, décidé de rejoindre l’ASPAP.

Après une première prise de contact, une réunion entre dirigeants des deux structures consacrera cette adhésion dans les tous prochains jours. Le front du refus et de la résistance s’élargit encore.

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Les chasseurs de montagne rejoignent l’ASPAP


L’Amicale des chasseurs de montagne, créée dans les années 70 pour faire valoir ses spécificités, revendique aujourd’hui réunir une soixantaine de sociétés de chasse locales, soit une très grande partie des ACCA de la montagne ariégeoise.
C’est cette amicale qui, aujourd’hui, entend rejoindre l’Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées (ASPAP), notamment connue pour son opposition aux réintroductions d’ours sur le massif. Anecdotique ? Pas vraiment : ces chasseurs de montagne sont aussi membres de la Fédération départementale de chasse (FDC 09), laquelle "nous a alertés des tentatives conduites par l’administration pour empêcher la chasse en cas de présence d’ours", indique le communiqué de l’Amicale.

Pour les montagnards, l’adhésion prochaine à l’ASPAP montre que "le front du refus et de la résistance s’élargit encore". Résistance, on le comprend, au virage que prend le Plan Ours vis-à-vis de la pratique de la chasse. Car en 1996-97, date des premières réintroductions, l’Etat avait bien pris garde à ne pas froisser les chasseurs : "Au démarrage de l’opération (…), il avait été annoncé qu’aucune mesure réglementaire en matière de chasse ne serait imposée, peut-on lire sur le site de l’Etat consacré à l’ours dans les Pyrénées. (…) Chaque problème lié à cette activité a donc été résolu de manière consensuelle. C’est dans ce cadre que les fédérations des chasseurs de la Haute-Garonne, puis de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées ont rejoint le projet et sont devenues partenaires. A ce titre, un technicien de chacune des trois fédérations départementales est mis à disposition au sein de l’équipe technique ours (sous responsabilité de l’ONCFS) en charge du suivi technique des ours sur l’ensemble du massif pyrénéen".

Partenaires au départ, les fédérations de chasse ? Les logos des FDC figurent bien sur les documents officiels et de communication relatifs à la réintroduction, même si tout récemment, la FDC 09 évoquait une "présence de l’ours qui lui a été imposée". Mais le vent tourne : des accidents de chasse (mort de l’ourse Cannelle en 2004, tir sur l’ours Balou à Prades en septembre 2008…) sont passés par là, et le Groupe national ours change aussi la donne.

Sa réunion le 18 décembre dernier, et en particulier l’idée avancée de "zones de présence préférentielle de l’ours" semble, selon nombre de chasseurs, de nature à briser le statu quo. Durant cette même réunion du Groupe national ours, le président de la FDC 09 Etienne-Jean Barbelanne a déclaré "être totalement contre la recherche d’habitats où l’ours se sentirait le mieux. Il est très difficile de faire admettre la présence d’ours aux chasseurs ; choisir un territoire et y cantonner l’ours n’est pas acceptable, il faut respecter la liberté des chasseurs".

On ne connaît pas pour l’heure la synthèse des ateliers du Groupe national ours, synthèse qui doit pourtant être remise "à Mme la Secrétaire d’Etat à l’écologie au mois de juin 2009". Mais la création d’éventuelles réserves de chasse sur les sites considérés comme "vitaux" pour les ours pourrait être un casus belli entre le Plan ours et le monde de la chasse, qui viendrait alors grossir les rangs des opposants aux réintroductions. On peut, à ce titre, considérer la démarche de l’Amicale des chasseurs de montagne comme comme un avertissement sans frais…

Auteur : A. C.
Source : La Gazette ariègeoise du 25 juin 2009

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Le tribunal administratif de Toulouse suspend la chasse en Ariège

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L'arrêté préfectoral d'ouverture de la chasse est suspendu, notamment au motif de l'absence de mesure de protection de l'ours lors des chasses en battues.

Extrait de l'ordonnance du tribunal administratif de Toulouse du 17 septembre 2009, jugeant en référé à la demande du Comité Ecologique Ariégeois :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du préfet de l'Ariège en date du 10 juin 2009 fixant la période d'ouverture générale de la chasse à tir et de la chasse au vol pour la campagne 2009/2010 dans le département, est suspendue en tant que cette décision concerne le grand tétras et le lagopède alpin et en tant que cette décision ne prévoit aucune mesure de protection de l'ours s'appliquant à la chasse en battue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de celte décision.

Article 2 : II est enjoint au préfet de l'Ariège de prendre des mesures de protection de l’ours s'appliquant à la chasse en battue dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de l'arrêté en date du 10 juin 2009 en tant que cette décision ne prévoit aucune mesure de protection de l’ours s'appliquant à la chasse en battue.

Information du 22 septembre 2009 (par mail)

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Les battues dans le collimateur


Tribunal La chasse au lagopède et au grand tétras est suspendue. Comme les battues si l'ours est présent.

C'est fait : le tribunal administratif a tranché sur la requête en référé déposé par le Comité écologique ariégeois début septembre. La décision a été rendue hier après-midi et, depuis, c'est l'effervescence dans les milieux de la chasse de ce département (lire ci-dessous). Certains craignaient, jusqu'à la préfecture elle-même, que la justice ne suspende dans son intégralité l'arrêté fixant l'ouverture et la fermeture de la chasse en Ariège. Or Mme Carthé-Mazères, juge des référés, a choisi une voie « inédite », pour reprendre l'expression du président du Comité écologique ariégeois, Jean-Pierre Delorme. En effet, elle a choisi de suspendre l'arrêté du 10 juin « en tant que cette décision concerne le grand tétras et le lagopède alpin et en tant que cet arrêté ne prévoit aucune protection de l'ours en ce qui concerne la chasse en battue ». Le juge des référés invite également le préfet a « prendre des mesures de protection de l'ours en ce qui concerne la chasse en battue, dans un délai d'un mois ». Ce qui signifie que la chasse au grand tetras et au lagopède alpin sont suspendues.

Pour l'ours et les battues, les choses se compliquent. Tout repose, en effet, sur la lecture de cette décision de justice. Hier, la préfecture de l'Ariège, comme la fédération de chasse, se refusaient à tout commentaire officiel, renvoyant la balle dans le camp de leurs juristes respectifs. Car l'application concrète de cet arrêté laisse de nombreuses questions dans un flou artistique. On imagine mal, tout d'abord, que les battues se poursuivent alors que le tribunal estime que l'ours doit être protégé. Elles pourraient donc être suspendues, dans l'attente d'un nouvel arrêté organisant la chasse dans le département. Quant aux zones où la presence de l'ours est avérée, elles sont des plus fluctuantes : on sait que ce « randonneur » d'origine slovène se promène énormément.

La logique voudrait donc, en prenant cette décision à la lettre, que les battues soient suspendues dans l'ensemble du département, en attendant que ces mesures de protection soient prises. Et l'arrêt des battues, c'est la chasse qui se met en sommeil, d'où la surprise, et la consternation, qui se lisaient hier dans les rangs de la Fédération de chasse. On imagine aussi l'inquiétude des milieux agricoles, alors que les dégâts causés par les sangliers sont de plus en plus souvent montrés du doigt, dans l'Ariège comme ailleurs.

Du côté du Comité écologique ariégeois, on confirme d'ailleurs que cette lecture pourrait bien être la bonne, sans en tirer gloriole. Pour le reste, la satisfaction était de mise hier soir, à l'annonce de ce jugement : « C'est une bonne nouvelle, commentait son président, Jean-Pierre Delorme. Mais je trouve dommage qu'on ait du en arriver là. Il aurait été plus intelligent de parvenir à en discuter dans les instances départementales consacrées à la chasse et qu'on entende notre point de vue. Mais les chasseurs n'acceptent aucune limitation aux droits de chasse. Et c'est un groupe de pression très efficace ».

La balle, désormais, se trouve dans le camp de la préfecture de l'Ariège. Dès ce matin, le président de la fédération de chasse Jean-Luc Fernandez et le préfet Jacques Billant doivent se retrouver pour une réunion de crise, afin d'analyser la décision du tribunal administratif de Toulouse. Quant aux chasseurs, ils ont désormais les yeux tournés vers Foix, dans l'attente de la mise en œuvre de ce jugement alambiqué.
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Les chasseurs se disent « suffoqués »
Pas de réaction officielle, hier, du côté de la fédération de chasse, qui a mis le jugement du tribunal administratif de Toulouse entre les mains de ses avocats. Même chose du côté de la préfecture de l'Ariège : « Nous allons prendre les mesures qui s'imposent à la lecture de cette décision, en concertation avec les différents partenaires qui sont concernés », expliquait-on du côté du cabinet du préfet, Jacques Billant.

Par contre, officieusement, c'était la consternation à la fédération de chasse. Une lecture pointilleuse de la décision, en effet, pourrait bien aboutir à la suspension des battues dans l'ensemble du département. « Nous sommes suffoqués, commentait un haut responsable de la chasse en Ariège. Il y a un risque pour les battues, donc pour la chasse dans son ensemble. Nous n'en resterons pas là : cette histoire va aller jusqu'au conseil d'Etat s'il le faut ». Et de s'interroger sur l'application pratique de cette ordonnance : « Le juge va au-delà des recommandations du ministère de l'Ecologie, en ce qui concerne la protection des ours, car, dans ce domaine, rien n'est prévu par la loi. Il n'y a aucune directive du ministère. Le juge, là, fait plus fort que le ministre lui-même ». Et de prévenir : « C'est quelque chose qui va mobiliser aussi fort que si la chasse avait été officiellement fermée » !

Source : La Dépêche du Midi du 23 septembre 2009

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Les chasseurs ariégeois entrent en résistance


La guerre est déclarée, du côté des chasseurs et des ruraux ariégeois.

La guerre, oui, et l'on parle même de «désobéissance civile», de représailles, voire de ressuciter la célèbre Guerre des Demoiselles (1). Le vice-président d'une société de chasse, abasourdi et furieux, prévient:

«Pour l'instant, on est assommés, mais attendez-un peu que la connerie nous prenne. Nous ne pourrons tenir personne». Dans son petit village de montagne, la société de chasse a déboursé 36000 € en baux pour la location des forêts domaniales. Et les chasseurs ont payé fort cher permis et cartes de chasse, jusqu'à 700€, pour des «gens qui, souvent, vivent au Smic», poursuit ce chasseur. «Imaginez qu'on va leur dire de rester à la maison. La chasse, c'est toute leur vie: on l'attend, et on en parle toute l'année».
Ulcéré, le président de la Fédération de chasse, Jean-Luc Fernandez, depuis son bureau de la Maison de la chasse, répond aux chasseurs qui l'interrogent, et qui, pour certains, n'y croient pas encore. «Je me demande si la juge a pris la mesure de ce qui peut se passer demain en Ariège, souligne-t-il. Et si elle avait tous les éléments en main pour prendre sa décision. Certes, nous la respecterons, mais nous ferons tout pour mobiliser les chasseurs et, au-delà, le monde rural. Par contre, je préviens : on ne nous forcera pas la main. Les chasseurs ne quitteront jamais la montagne. Et je dégage toute responsabilité pour ce qui pourrait arriver». Un chasseur ajoute: «Cette décision, nous l'attaquerons par tous les moyens, légaux et illégaux». Enfin, Jean-Luc Fernandez se dit éberlué par la portée de la décision du tribunal: «Ils ont osé! Ils ont osé supprimer la chasse dans ce département. La chasse est fermée. C'est une atteinte fondamentale à nos libertés, une attaque contre la ruralité».

Au lendemain de la décision rendue par le tribunal administratif de Toulouse, sur un référé exercé début septembre par le Comité écologique ariégeois (pour la défense du lagopède alpin, du grand tetras et la protection de l'ours) contre l'arrêté préfectoral autorisant l'ouverture de la chasse, la colère gronde en Ariège. La préfecture, de son côté, paraît embarassée, cherchant visiblement des consignes claires du côté du ministère de l'Environnement. Et confrontée, désormais, à des chasseurs et des ruraux révoltés, avec lesquels la négociation pour sortir de la crise pourrait être difficile.

En Ariège de 1829 à 1832 .Cette «guerre» est due au vote le 27 mai 1827 d'une nouvelle règlementation du code forestier, qui concernait notamment le ramassage du bois, les coupes et surtout le pâturage désormais interdit, le droit de marronnage, et les droits de chasse, de pêche et de cueillette». La guerre des Demoiselles doit son nom au fait que les paysans apparaissaient déguisés en femmes pour attaquer essentiellement la nuit, les grands propriétaires, les gardes forestiers et gendarmes, les maîtres de forges et les charbonniers (d'après Wikipedia).
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Du coté des écologistes
« La situation va se rétablir »
Pour Jean-Marie Delorme, les chasseurs n'ont pas à s'inquiéter. « Nous n'avons jamais voulu interdire la chasse. Si une décision rapide est prise par l'administration, la situation devrait se rétablir dans un délai d'une semaine », assure le président du comité écologique. « L'ouverture se fera au coup par coup. Je ne vois pas comment cela pourrait marcher autrement. Là où il y a l'ours, les chasseurs auront l'obligation d'éviter ce territoire ». Comment le repérer ? « Il y a l'équipe de suivi et les gens qui les aperçoivent. Cela a déjà fonctionné dans certains endroits ».

Pour lui, cette situation a été provoquée par l'administration et notamment Jean-François Valette, l'ancien préfet : « Sous la pression de la fédération de chasse, il n'a pas voulu appliquer la loi comme nous le demandions. D'où notre recours en justice ». « C'est dommage d'avoir été obligé d'en arriver là. Le système administratif est tel qu'il y a d'énormes blocages malgré les bonnes intentions de part et d'autre ». Et de conclure : « Il n'est pas question de pénaliser les chasseurs. Je déplore que l'administration laisse traîner les choses ».
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Du coté des chasseurs
L'ours ne nous chassera pas de chez nous « Un ours, fut-il slovène, ne nous chassera pas de nos montagnes » : la déclaration de Jean-Luc Fernandez est antérieure à la décision du tribunal administratif rendue ce mardi, et elle donnait déjà le ton. On imagine donc dans quel état d'esprit le président de la Fédération de chasse, qui compte 7500 adhérents, a abordé hier son rendez-vous de crise à la préfecture de l'Ariège, chargée d'appliquer la décision de la justice. « En tant qu'ancien rugbyman, je n'aime pas les matchs amicaux, je préfère les affrontements directs », confiait également Jean-Luc Fernandez. Et d'avertir : « Suspendre les battues concerne une large partie de la chasse : il y a le sanglier, mais également le lièvre, le lapin… Pour moi, cette décision du tribunal suspend la saison de chasse dans le département de l'Ariège. Je vais mobiliser les chasseurs, les agriculteurs, les élus. Ce samedi, Foix sera bloquée ». La Fédération de chasse, qui a décidé de boycotter les indemnisations aux agriculteurs pour les dégâts causés par les sangliers, bat donc le rappel des troupes. Oubliant les cas particuliers du lagopede et du grand tetras : ce n'est plus d'actualité.

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« Une catastrophe pour l'agriculture»
Hier matin, en lisant la Dépêche, les agriculteurs ariégeois n'en croyaient pas leurs yeux. La décision du tribunal administratif est à leurs yeux « une catastrophe pour le monde agricole ». Mais, elle est surtout « inadmissible ». Ainsi, c e matin, une réunion de crise aura lieu à la chambre d'agriculture pour trouver un plan d'action. « Les chasseurs ont un rôle important, celui de réguler les populations. Si on ne régule pas durant un an, ce sera un désastre. Déjà qu'ils ont du mal à réguler les sangliers, si en plus on les empêche de chasser », se désespère Jean-François Naudi, de la FDSEA.

En Ariège, dans certains secteurs comme Mirepoix, les dégâts liés aux sangliers sont très importants. « L'an dernier, j'ai rempli un dossier d'indemnisation de 8 890 €», indique Jean-François Naudi. Et pour lui, ce n'est pas le seul problème, blaireaux et sangliers sont également la cause de nombreux accidents de la route.

Et ce dernier de conclure : « Si les chasseurs boycottent les indemnisations pour protester, il faudra que les écolos payent les dégâts ».
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À l'assaut de la préfecture, le 3 octobre
Le monde rural à l'assaut de la préfecture. C'est une mobilisation sans précédent qui se prépare pour le 3 octobre prochain (voire, au plus tard, le samedi 10), à Foix. Dès hier, les chasseurs étaient invités par leur fédération à venir nombreux manifester, à cette date, dans les rues de la ville, avec familles et amis. De leur côté, l'un après l'autre, les élus ariégeois se sont manifestés ce jeudi soir pour assurer la Fédération de chasse de leur soutien et de très nombreuses fédérations pyrénéennes sont déjà montées au créneau. Pour sa part, le monde agricole, lui aussi, sort de son mutisme: les tracteurs sont également attendus dans les rues de Foix dans dix jours. Mais d'ici là, préviennent les chasseurs, des actions d'éclat isolées ne sont pas à exclure.

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Les chasseurs invités à rester chez eux
Comme «La Dépêche» le laissait entendre dès hier, la chasse est désormais suspendue dans l'ensemble du département, et les chasseurs invités à rester chez eux, même si quelques coups de fusil ont été entendus hier, ici ou là, en Ariège. La décision du tribunal administratif, et ses conséquences, n'ont pas été commentées hier par la préfecture de l'Ariège. Par contre, la fédération de chasse en a tiré toutes les leçons, tant en ce qui concerne le lagopède alpin et le grand tetra, que pour l'ours. «L'arrêté est suspendu, la chasse est fermée. Ils ont osé supprimer la chasse dans le département», résumait hier Jean-Luc Fernandez, président de la Fédération de chasse, tandis que les membres de son staff invitaient les chasseurs, au téléphone, à «laisser les fusils au ratelier dès ce week-end». Hier soir, du côté de la préfecture, impossible d'avoir un interlocuteur pour faire le point sur la situation. Tous les responsables étaient en réunion. Et un peu perdus, semble-t-il.

Source : La Dépêche du Midi du 24 septembre 2009

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Des politiques aux ruraux, tous derrière les chasseurs


Tandis que la préfecture tarde à sortir de son mutisme, les témoignages de soutien affluent à la Fédération de chasse.

Le président de la fédération de chasse, jean-Luc Fernandez, a lancé une invitation à Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat en charge de l'Ecologie à venir le rencontrer, se disant prêt à organiser un référendum populaire dans les cantons concernés par l'ourLa Fédé hausse le ton. Ils étaient tous réunis, la mine grave, derrière le président de la Fédération de Chasse, Jean-Luc Fernandez, hier après-midi: des administrateurs à l'air, à la mesure de l'enjeu. Le président Fernandez a martelé: «L'heure est grave pour les chasseurs ariégeois. Cette attaque n'est pas anodine. Elle interdit tous les modes de chasse, dans l'ensemble du département, pas seulement la chasse au grand tetras ou au lagopède. Nos juristes sont formels». Et d'asséner :

«Dans la vie, il y a trois choses qui me tiennent à coeur : ma carte d'identité, ma carte de chasse et ma carte d'électeur. La seconde, personne n'a le droit de me l'enlever. Les chasseurs doivent se battre pour leurs cartes de chasse». Et, dans ce combat, les chasseurs ne sont pas seuls. Ils ont rçu déjà de très nombreux soutiens.

Calleja monte en ligne.
Philippe Calléja maire de Saverdun, patron départemental de l'UMP ne décolère pas, s'en prenant aux écologistes « qui doivent assumer les conséquences de leurs actes », à la justice « qui doit appliquer la loi et non la faire, en laissant travailler la ministérielle ».
Et d'insister, en ce qui concerne l'arrêt des battues : « il y a un véritable problème de régulation des populations d'animaux sur le territoire». L'élu se dit donc entièrement au côté des chasseurs dans leurs actions, « pour les appuyer et les défendre dans les combats qu'ils ont à mener ! »

Une pétition sur le web.
Une pétition circule désormais sur le web, ainsi formulée : « A signer d'urgence en soutien aux chasseurs de l'Ariege ! On interdit la chasse sous prétexte de la protection de l'ours, c'est scandaleux! Réagissez en signant massivement ». (http://www.petitionduweb.com). Il y avait déjà près de deux cents signataires, de toute la France, hier à midi.

LA FNSEA :
« Nous demandons au préfet de prendre un arrêté au plus vite pour la reprise des battues ». Du côté de la FNSEA et de la chambre d'agriculture le message est clair. La décision rendue par le tribunal est « irresponsable ». « Nous devions mettre en place le plan Borloo pour réguler les sangliers. Nous avons arrêté. C'est désormais impossible.», dénonce Jean-François Naudi, de la FNSEA.

Et ce dernier de rappeler que le comité écologique a toujours refusé d'assister aux commissions.

Le Syndicat national de la chasse : « une décision injuste ».
« L'objectif de ces associations particulièrement ciblées anti-chasse n'a d'autres buts que de nuire à la chasse par l'appropriation indirecte des territoires et ainsi affaiblir le monde cynégétique. L'ours n'est pas présent sur tout le département de l'Ariège et n'est pas classé sur la liste des espèces menacées. Il va de soit que cette décision risque de faire jurisprudence et s'étendre à d'autres départements pyrénéen
[.] Qu'apporte le gouvernement comme réponse aux chasseurs qui ont payé un permis et qui ne peuvent exercer leur passion et leur mission de régulation d'une espèce causant des nuisances et des accidents de la route ? Le monde cynégétique est en colère depuis de nombreuses années, attention à la goutte d'eau qui va faire déborder le vase ».
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La colère de Bonrepaux
Dire que le président du conseil général Augustin Bonrepaux est en colère est un euphémisme. Non seulement il ne mâche pas ses mots mais encore cette affaire de chasse le pousse dans ses retranchements : « Depuis 1 996, je m'oppose à ces réintroductions, martèle-t-il, car j'avais prévu les conséquences. Les chasseurs se sentaient protégés. Ils ont eu tort. On le voit aujourd'hui. Idem pour les éleveurs qui n'ont pris conscience que tardivement du fait qu'il fallait se regrouper. Si j'ai initié la création de l'ADIP en 2001 puis celle de l'ASPAP, c'est bien parce que je sentais qu'un jour, la chasse serait menacée et, au-delà, la vie ariégeoise dans toutes ses composantes. Comme c'est le cas dans les Asturies et en Slovénie, j'ai toujours pensé qu'un jour on interdirait la chasse. Il revient à l'État aujourd'hui de cantonner les ours et au comité de suivi de les contenir. Les chasseurs, les éleveurs et les élus doivent être solidaires et montrer leur détermination. Je vais proposer à mes collègues d'écrire au président de la République pour rétablir le droit de vivre sans entrave et en démocratie. Je regrette que le comité écologique veuille paralyser le département en bloquant tous les projets alors qu'ici, nous sommes dans un lieu parmi les mieux préservés en France. Se rendent-ils compte qu'ils portent préjudice à la nature ? Les dégâts des cerfs, des chevreuils, des sangliers, trop nombreux, sont déjà là pour en attester. Ceux qui polluent ailleurs viennent ici se réguler. Je ne comprends pas cette écologie là. Quant au président départemental de l'UMP ou à CPNT, je ne les ai jamais entendus hurler sur les réintroductions. J'irai à la manifestation du 3 octobre et j'appelle à la mobilisation. Depuis le début, les réintroductions ont coûté entre 2 et 3 milliards d'euros. Et on nous dit qu'il faut faire des économies. Je chasse depuis l'âge de 12 ans. Ce à quoi j'assiste est irresponsable ».

Source : La Dépêche du Midi du 25 septembre 2009

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Les battues autorisées, mais...


Les explications données par les services de la préfecture, hier, laissent les chasseurs perplexes.

Nous l'avions écrit dans notre édition d'hier : le préfet de l'Ariège a demandé au tribunal administratif de Toulouse des explications sur l'ordonnance rendue mardi dernier concernant la chasse dans le département. En fin de journée, la préfecture mettait en ligne le communiqué suivant : « Par ordonnance en date du 17 septembre 2009, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a rendu une ordonnance relative à l'exercice de la chasse dans le département de l'Ariège pour la campagne 2009-2010.

Le préfet de l'Ariège a aussitôt demandé au tribunal administratif l'interprétation qu'il convient de retenir de ce jugement. Le tribunal administratif vient de faire connaître qu'il rendra un jugement interprétatif de son précédent jugement le mardi 29 septembre. Dans l'attente : Les effets de l'arrêté préfectoral du 10 juin, fixant la période d'ouverture générale de la chasse, sont suspendus en ce qui concerne le grand tétras et le lagopède alpin dans le département de l'Ariège ; la chasse de ces deux espèces est donc interdite jusqu'à ce qu'il soit statué par le jugement au fond.

La chasse en battue reste autorisée, la décision mentionnée par l'ordonnance ne visant que l'absence de mesures de protection de l'ours, et non la chasse en battue elle-même. Une injonction est faite au préfet de définir des mesures de protection de l'ours dans le délai d'un mois, sans suspendre la chasse en battue ».

Pour Jean-Luc Fernandez, président de la fédération : « Cela fait quatre fois que je rencontre le préfet et quatre fois que j'ai des interprétations différentes. Les juristes autour de moi le confirment : la chasse est bien arrêtée. Pour le grand tétras, il n'y a que l'Ariège concernée et pas les autres départements. Nous avons une charte signée avec l'État en juin qui précise qu'il n'y aura aucune atteinte à la pratique de la chasse. Aujourd'hui, on change la règle et on revient sur la parole donnée. En qui pouvons-nous avoir confiance ? On va continuer à défendre notre position ».
Pas de démobilisation donc du côté des chasseurs qui continuent à recevoir de nombreux soutiens.

La mobilisation se poursuit
Hier, à notre rédaction, outre les lecteurs qui réagissent à cette affaire nombreux sont ceux qui ont pris fait et cause pour la fédération de chasse de l'Ariège : l'ADDIP (coordination des associations de sauvegarde du patrimoine pyrénéen) qui dit « halte à la volonté des associations conservationnistes de s'approprier les Pyrénées aux dépens de leurs habitants et de leurs élus ».

La fédération de pêche du département qui apporte un soutien « unanime dans la très grave crise que traverse actuellement la fédération des chasseurs ».

Les deux députés, Frédérique Massat et Henri Nayrou qui, à leur tour « déplorent la chasse aux chasseurs » et qui n'hésitent pas à évoquer « la méconnaissance et le mépris de la réalité montagnarde que l'on peut déceler chez certains ».

Un collectif d'associations de la nature
De l'autre côté, un collectif d'associations (Force Nature Environnement, Comité écologique ariégeois, FNE Midi-Pyrénées, Nature Comminges, Unimate 65, Nature Midi-Pyrénées, FIEP, Sepanso-Béarn, Ferus, CIAPP) se félicite dans une lettre ouverte de la « meilleure protection de l'ours, du grand tétras et du lagopède alpin ». Pour ces associations , « Enfin la situation de ces espèces est prise au sérieux. Le juge administratif a pris conscience de l'enjeu, au contraire de la préfecture de l'Ariège et de la Fédération départementale de la chasse ». Et d'évoquer la mort de « Cannelle » ou « Balou » touché par balles à Prades lors d'une battue aux sangliers l'année dernière.

Mardi, le jugement interprétatif du tribunal administratif de Toulouse permettra d'y voir peut-être un peu plus clair. Et il faudra attendre un mois pour connaître les conclusions du préfet.

En attendant, la manifestation des chasseurs qui ont prévu de bloquer Foix, samedi prochain, est maintenue. D'ici là, chacun aura tout loisir d'exprimer sa position.

Source : La Dépêche du Midi du 26 septembre 2009

Associations écologistes ou le bal des clowns ?


Le collectif d'associations qui vient d'être créé, fait sourire pour qui connaît un minimum l'organisation des écologistes. Mieux. Leur collectif donne le sentiment de n'être qu'une sorte de bal de clowns qui tentent de faire illusion de nombre alors qu'ils ne sont rien.

Jugez-en à partir de ce que dit la Dépêche du Midi. Les forces en présence membres du collectif sont. : Force (ou France… apparemment il y a une coquille) Nature Environnement, Comité écologique ariégeois, FNE Midi-Pyrénées, Nature Comminges, Unimate 65, Nature Midi-Pyrénées, FIEP, Sepanso-Béarn, Ferus, CIAPP.

1ere observation : nous ne voyons pas l'ADET-Pays de l'ours ni une association de circonstance créée dans les Pyrénées-Orientales à la veille de la mise en place du Groupe National Ours. Peut-être n'ont-ils qu'une existence de principe.
2ème observation : France Nature Environnement (FNE) est une fédération nationale regroupant des associations et des fédérations. Elle se décline au niveau régional et départemental.

  • Pour Midi-Pyrénées nous avons donc FNE Midi-Pyrénées (ex UMINATE Midi-Pyrénées). Puis au niveau départemental nous avons UMINATE 65 qui fédère les associations des Hautes-Pyrénées dont la branche bigourdane de Nature Midi-Pyrénées, Comité écologique ariégeois pour l'Ariège, Nature Comminges pour la Haute-Garonne et Nature Midi-Pyrénées, association a vocation régionale.
  • Pour l'Aquitaine, nous avons FNE Aquitaine (ex SEPANSO Aquitaine) qui fédère entre autre le FIEP et Sepanso-Béarn elle-même fédérant les associations du Béarn.
  • Le CIAPP (collectif international) qui est un rescapé des luttes contre le tunnel du Somport et régulièrement ressorti de sa tombe pour faire le nombre. Dans les faits, ce comité n'a plus de vie et tout juste une existence. Pas de réponse au téléphone ni aux mails, pas d'activités et en fait n'est qu'un collectif d'associations dont celles citées plus haut.
  • FERUS qui n'a aucune domiciliation ni assise pyrénéenne adhère directement à FNE au niveau national.

Nous voyons donc qu'au final il n'existe qu'une seule organisation : FNE (France Nature Environnement) qui a été financé ; selon son rapport financier en ligne sur son site Web, à 73 % par des aides publiques, c'est-à-dire par les contribuables.

Selon certains observateurs politiques et écologistes, FNE est le bras armé du Ministre de l'écologie pour faire pression sur l'opinion et sur les autres ministères. Une sorte d'organisation " para militaire " au service du ministère de l'écologie qui a pour politique de faire du lobbying et si cela ne marche pas, assigner systématiquement en justice soit directement soit par ses associations satellites.

Chacun appréciera ! Mais à priori, ces associations ne sont que des clowns manipulés dont il ne faut pas avoir peur.

Louis Dollo, le 1er octobre 2009

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