Pétition en Navarre et Aragon en faveur de l’introduction de deux ourses pour récupérer la population des Pyrénées Occidentales

 

Faute de pouvoir introduire de nouveaux ours dans les Pyrénées françaises en raison d’une hostilité très claire des populations des vallées pyrénéennes (voir les résultats de la consultation publique de 2011), le mouvement écologiste lance une offensive sur le versant sud dans les trois provinces d'Espagne : Navarre, Aragon et Catalogne.

Comme le fait remarquer Bruno Besche Commenge : « Il s’agit en fait d’une pétition initiée par Natursarea Nafarroa Zuberoa : “Gobierno de Navarra y Gobierno de Aragón: Que cumplan la Ley y actúen soltando 2 osas para recuperar el Oso Pardo”. Comme le FAPAS asturien lui-même l’avait dénoncé, le précédent projet Life rejeté par l’Europe était une supercherie destinée à capter des millions européens dans un contexte espagnol de crise que chacun connaît. Le FAPAS parlait d’”escroquerie” et, de fait, dans le projet la réintroduction proprement dite n’avait aucun caractère réel ! ». Et il précise : « L’actuel projet serait porté par la seule Catalogne et c’est pour faire pression sur la Navarre et l’Aragon que la pétition est lancée ».

Un dossier à suivre d’autant qu’en Espagne tous ces projets ont connu des rebondissements divers avec des dessous financiers étonnant sans pour autant aboutir (1).

 

 

Initiative citoyenne en Aragon et Navarre – Deux ourses pour récupérer la population des Pyrénées occidentales


Natursarea est un réseau social créé pour échanger opinions, réflexions et propositions à propos de l’ours brun et du milieu naturel. Il est constitué de Roncalaises et Roncalais ainsi qu’à titre individuel de personnes liées par ailleurs à des associations conservationnistes navarraises. Mais le réseau cherche des soutiens au delà de la Navarre car le problème concerne aussi l’Aragon et, versant nord, le Béarn et Zuberoa (La Soule).

Le collectif rappelle qu’il y a plus de 10 ans que le Gouvernement français a annoncé pour le première fois le lâcher de deux ourses sur le territoire béarnais : « annonce maintes fois répétée, la dernière en 2011, mais jamais réalisée. » Il ajoute que le Programme de Renforcement et récupération de l’Ours Brun dans les Pyrénées dispose déjà de toutes les données techniques nécessaires, « est vu d’un bon œil par l’UICN (Union de Conservation de la nature), et jouit majoritairement du soutien social dans toutes les enquêtes effectuées. »

Sur ce plan, il souligne que « entre 70 et 80 % des personnes interrogées soutiennent expressément le lâcher d’individus pour récupérer l’espèce. » En outre, il fait remarquer que, versant espagnol, la récupération de l’ours brun a toujours été considérée comme un problème français jusqu’en 2011, année où « pour la première fois le Ministère de l’Environnement, à travers sa Fondation pour la Biodiversité, la Fondation Ours brun (FOP), et toutes les communautés pyrénéennes et cantabriques où l’ours est présent, ont soumis à l’appel d’offre du projet Life Europe un projet de récupération de cette espèce. » Mais ce projet, qui supposait un investissement de 14 millions d’euros, fut rejeté par Bruxelles.

Comme le rappelle Natursarea c’est alors que, pour l’appel d’offres 2012, un nouveau projet a commencé à être rédigé qui a été finalisé en Septembre. Il ne concerne que les Pyrénées et corrige les déficiences qui ont motivé le rejet précédent. Comme son prédécesseur, il propose le renforcement du noyau occidental avec le lâcher de deux femelles, et l’amélioration génétique du noyau catalan avec l’arrivée de deux mâles.

Cependant le projet n’est soutenu que par la Catalogne tandis que Navarre et Aragon, qui avaient donné leur accord, ont au dernier moment annoncé qu’ils s’en retiraient. C’est pour cette raison que le collectif exige que les deux administrations maintiennent « leur engagement juridique et européen en faveur de la conservation de l’ours brun moyennant le lâcher urgent de deux ourses et la soumission du projet en cours au prochain appel d’offres de LIFE. » Sans cela, on serait condamné à la disparition du noyau occidental d’un animal « qui est un emblème de la nature, une icône touristique et un héritage culturel, sans lequel on ne peut concevoir les Pyrénées. »

Traduction : B. Besche-Commenge ASPAP/ADDIP

Source : Pirineodigital.com du 27 novembre 2012

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Notes


(1) En France, depuis les années 1980 jusque vers 2005, les aspects financiers de cette opération de conservation puis d’introduction d’ours dans les Pyrénées présentent un caractère étonnant. C’est le terme politiquement correct que nous emploierons. A titre indicatif, l’association ADET-Pays de l’ours a reçu officiellement de l’Etat en 2010 et 2011 pas moins de 120 000 Euros pour la défense de l’ours dans les Pyrénées. Vu l’ampleur et la qualité du travail réalisé, cela laisse quelque peu rêveur et nous permet de douter de l’intérêt écologique d’une telle largesse financière. Retour

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