Le Haut Adour pour l'ours ?

 

Début février 2006, en suivant l'exemple de la ville de Bagnères de Bigorre, le Haut Adour (vallée de Campan) se prononce pour l'introduction d'ours. Cette position n'est pas sans créer de vives réaction dans les autres vallées des Pyrénées en particulier dans le Pays Toy.


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées
Renforcement de la population d'ours dans les Pyrénées en 2006

 

Bagnère-de-Bigorre candidate pour accueillir des ours au printemps 2006


La municipalité de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) est favorable à la réintroduction de l'ours. Deux ours pourraient être lâchés sur le territoire montagne au printemps prochain.
Le territoire de Bagnères de Bigorre inclus, entre autre, la station de ski de La Mongie et le versant Est du Pic du Midi et du col de Sencours.

Source : Lourdes-Infos du 1février 2006

[Ndr : Le Maire de Bagnères de Bigorre, Roland Castells, a toujours été hostile à la possibilité pour les randonneurs d'accéder à la terrasse touristique du Pic du Midi. C'est toujours lui qui bloque la possibilité pour les skieurs de montagne d'effectuer la descente à ski du Pic du Midi après avoir utilisé le téléphérique, sauf accompagnés d'un guide de haute montagne.
[Les inspirations de Roland Castells sont toujours déconcertantes, au point de s'interroger sur les limites de sa capacité de réflexion. Le cas du pic du Midi est assez édifiant !
[A noter également que sur le versant Ouest de Sencours et du Pic du Midi, la commune de Sers en Pays Toy est fondamentalement contre cette introduction et que tous les groupements pastoraux exerçant sur le territoire de la commune de Bagnéres et alentours sont hostiles à cette introduction.]

Débats sur les Forums :
* Pyrénées
* Ossau.net (Forum fermé au sujet de l'ours suite à des excès écologistes)
* Kairn.com (Forum abandonné suite à des excès écologistes)
* Lourdes-Infos (Forum fermé)

Bagnères de Bigorre : Le maire dit « oui » aux lâchers d'ours


Parmi les dix-sept questions à l'ordre du jour du conseil municipal qui s'est tenu lundi soir, le dossier peut-être le plus sensible était sans nul doute celui inscrit au point numéro neuf : gestion de la biodiversité, réintroduction de l'ours.

Un vaste sujet, qui ici, en plein cœur des massifs pyrénéens alimente les débats entre les « pros » ours et les « antis ».

Le premier magistrat de la cité thermale, en la matière, n'a pas l'intention de se retrancher derrière diverses considérations politiques. Rolland Castells annonce haut la couleur à son équipe municipale, « si ce dossier est sur la table, c'est parce que je suis favorable à la réintroduction de l'ours ».

L'édile ne manie pas la langue de bois et assure la plus grande transparence quant à sa décision, grandement motivée par la mort récente de l'ourse Canelle, de souche pyrénéenne. « À mon avis, elle a été exterminée. Je ne suis pas juge mais toutes les précautions avaient été prises pour prévenir de la présence de l'animal. Certains se sont autorisés à aller au-delà. » Face à ce qu'il n'hésite pas à qualifier « d'assassinat » (voir la réaction de l'avocat), Rolland Castells apporte tout son soutien à la possibilité d'envisager un lâcher de deux ours (sur les cinq, au total, qui devraient être réintroduits suite à une décision gouvernementale) sur le territoire montagne de la commune.

Sans parler de l'image identitaire très forte du plantigrade sur le massif, la mascotte du TPR n'est-elle pas un adorable nounours, chiffres à l'appui (voir encadré), le maire a tenté de démontrer que l'ours est bel et bien un emblème des Pyrénées. « Quand on dit que l'ours est un intrus, je ne suis pas d'accord. »

MESURES D'ACCOMPAGNEMENT
La solution ? Afin de favoriser une meilleure cohabitation entre l'animal et le pastoralisme, le premier magistrat mise sur une amélioration des mesures d'accompagnement, le gardiennage, l'emploi des bergers, la reconstruction de cabanes et pourquoi pas l'aide précieuse de ce bon vieux patou, dont les preuves, quand il s'agit de veiller sur un troupeau, ne sont plus à faire. « C'est dans ce sens que je mets mon engagement ». L'enjeu repose aussi sur un approfondissement du comportement dit anormal du mammifère et de citer Papillon qui ne se laissait nullement effrayer par l'homme. Bien sûr, Rolland Castells est bien conscient du danger. « Certes l'ours prélève sur les troupeaux mais entre ce qu'il fait et les dégâts causés par les chiens errants, on aura du mal à établir la vérité ».

Enfin, il en va de la conservation du patrimoine naturel, « unique et diversifié. Pour les générations futures, on se doit de préserver l'ours. Je comprends que les éleveurs soient inquiets », insistait Rolland Castells qui avant d'inviter les conseillers à se prononcer, concluait son propos par ces mots : « la réintroduction n'est pas une catastrophe ».

Auteur : Gwénola Champalaune
Source : Dépêche du Midi du 1 février 2006

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Réintroduction d'ours à Bagnères de Bigorre : vive réaction du Maire de Sers

Suite à la décision de la municipalité de Bagnères de Bigorre d'accueillir des ours d'origine slovène au printemps prochain, nous avons demandé à Jean-Louis Noguère, maire de Sers, premier voisin de Bagnères par les terrains de La Mongie, du Pic du Midi et de la vallée de Lesponne ce qu'il pensait d'une telle initiative. Ce fut la stupeur et la colère pour le premier magistrat de ce village du Pays Toy. Nous connaissons le positionnement unanime des villages Toy contre une telle réintroduction. Jean-Louis Noguère voit dans cette décision bagnéraise de la "provocation" à l'égard des communes Toy et un "manque de courage de la part de Roland Castells qui n'a pas eu la correction de prévenir ses voisins de ses intentions et de leur en parler en face".

Jean-Louis Noguère que nous avons eu en cours de réunion à la mairie de Sers envisage de saisir le Préfet dès jeudi pour réaffirmer la position de sa commune contre la réintroduction d'ours.
Source : Lourdes-Infos - Mis en ligne mercredi 1 février 21h25

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Roland Castells, maire de Bagnère de Bigorre : Oui à la réintroduction de l'ours

Rolland Castells, maire de Bagnères de Bigorre, s'est déclaré favorable à la réintroduction de l'ours, lundi soir lors du conseil municipal.

Rolland Castells a annoncé la couleur à son équipe municipale, « si ce dossier est sur la table, c'est parce que je suis favorable à la réintroduction de l'ours ».

L'édile n'a pas manié la langue de bois et a assuré la plus grande transparence quant à sa décision, grandement motivée par la mort récente de l'ourse Canelle, de souche pyrénéenne.

Rolland Castells a apporté tout son soutien à la possibilité d'envisager un lâcher de deux ours (sur les cinq, au total, qui devraient être réintroduits) sur le territoire montagne de la commune.

Sans parler de l'image identitaire très forte du plantigrade sur le massif (la mascotte du TPR n'est-elle pas un adorable nounours) chiffres à l'appui, le maire a tenté de démontrer que l'ours est bel et bien un emblème des Pyrénées. "Quand on dit que l'ours est un intrus, je ne suis pas d'accord".

Source : La Dépêche du Midi du 2 février 2006

[Ndr : Stupéfiant cet intérêt soudain de Rolland Castells pour l'ours et sa sensibilité, plus d'un an aprés, à la mort de Cannelle. Ne faut-il pas y voir un intérêt financier particulier ? Combien est-il proposé aux communes qui acceptent une introduction d'ours ?]

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Ours : les Toys s'insurgent contre le Haut-Adour


La décision de la commune de Bagnères-de-Bigorre et de la communauté de communes de la haute Bigorre de se porter candidates à l'accueil d'ours sur leur territoire montagneux, (voir La Dépêche du Midi d'hier ), a soulevé un vent de tempête en pays Toy (vallée de Luz) où élus et éleveurs s'insurgent contre Rolland Castells, le maire et conseiller général de Bagnères, qui a initiée cette démarche.

« Nous ne comprenons pas la position de ce vieil ours de l'UDF qui a pourtant ratifié au conseil général une motion contre la réintroduction du plantigrade dans notre département » s'irrite Jacques Pelegry, le président de l'interprofessionnelle AOC Mouton Barèges-Gavarnie qui regroupe des éleveurs ovins, des bouchers et des restaurateurs. Pour lui, « c'est la preuve qu'il est contre le monde agricole et ses acteurs qui rencontrent déjà suffisamment de difficultés pour sur vivre et devraient maintenant subir perpétuellement les prédations d'un fauve ».

Noël Fourtine, éleveur et maire d'Esterre, est tout aussi remonté : « Nous ne sommes contre les ours. Simplement, nous n'en voulons pas chez nous et si l'on en lâche en Haut-Adour ils viendront forcément ici. Rolland Castells n'a qu'à les garder chez lui en créant une réserve ! Cet animal constitue une menace pour le pastoralisme. Il décime les troupeaux et parfois même, comme nous l'avons vu dans notre vallée il y a quelques mois, il n'a plus peur de l'homme et n'hésite pas à s'introduire dans les bergeries pour trouver sa nourriture ». Daniel Borderolle, le président de l'association des maires du pays Toy, ne décolère pas : « Je pense que le maire de Bagnères est un opportuniste. Il change de position comme de chemise? Encore une fois, il considère lles montagnards comme des individus de seconde zone. Si, chez lui, des territoires sont abandonnés ce n'est pas le cas chez nous où l'activité s'étend jusqu'en haut des montagnes ! Ici ». L'élu se demande « si derrière tout ça, il n'y aurait pas d'autres enjeux du type subventions » que voudrait s'accaparer le Haut-Adour. Noël Fourtine poursuit : « La présence de l'ours va casser le tourisme. Ici, les gens se promènent partout. S'il y a des fauves, ils ne viendront plus ». Et Jacques Pelegry de conclure : « On parle de la sauvegarde de la biodiversité mais ces ours sont Slovènes et non Béarnais. Des Slovènes il y en a plein en Slovénie. Aujourd'hui ce sont les bergers qui disparaissent. Certains se mobilisent plus pour l'animal que pour ces hommes ou les pauvres. C'est inacceptable ! ».

Hier, dans les pâturages, des éleveurs prévenaient : « Si il y a des ours un jour ici, il y aura un drame. On n'attendra pas qu'ils s'en prennent à nous et à nos bêtes. On le tuera avant ».

Auteur : Guillaume Atchouel
Source : La Dépêche du Midi du 3 février 2006.

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Mort de Cannelle : Roland Castells l'a qualifié d'assassinat... l'avocat du chasseur réagit


[Ndr : Rolland Castells, maire de Bagnères de Bigorre, n'est pas à une bavure et une stupidité près. Pourtant cet expert comptable ayant un minimum de formation juridique devrait savoir ce qu'est la présomption d'innocence et une procédure judiciaire. Avant de qualifier d'assassinat, ne devrait-il pas lui aussi s'assurer que chez lui tout est blanc ?]

«M.Castells dit n'importe quoi !»
Thierry Sagardoytho, le défenseur de René Marquèze, le chasseur suspecté d'avoir tué l'ourse Canelle le 1er novembre 2004 à Urdos (P.A.), considère que «Rolland Castells dit n'importe quoi lorsqu'il qualifie d'assassinat la mort de la femelle béarnaise» (voir la Dépêche du Midi d'hier). L'avocat insiste : «C'est une immense et immonde connerie de parler comme ça, d'employer ce mot et d'oser dire qu'elle a été exterminée quand on est au courant de rien ! Comme d'autres qui parlent sans savoir, le maire de Bagnères est à 100 lieues de ce que contient le dossier judiciaire». Thierry Sagardoytho affirme que «ceux qui connaissent le dossier savent, malheureusement, que nul ne peut prévoir où l'ours se trouve à un instant donné».

Il demande à tous de «faire davantage preuve de sang-froid, d'autant que son client n'est pas encore jugé et qu'il doit donc, pour l'heure, bénéficier de la présomption d'innocence comme l'exige la loi».

Quant à René Marquèze, il a toujours juré avoir tiré en situation de légitime défense, après que l'ourse, accompagnée de son ourson, l'eut chargée à plusieurs reprises. Il aurait également déclaré au juge, ne pas avoir su que l'animal se trouvait dans le secteur où il prenait part à une battue aux sangliers.

Auteur : Guillaume Atchouel
Source : La Dépêche du Midi du 3 février 2006.

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Pour ou contre, ils se positionnent
Ils sont "pour"

Georges Azavant, président du parc national des Pyrénées : Je suis d'accord mais c'est un point de vue personnel qui ne reflète aucunement l'avis du conseil d'administration du parc national. Si l'on ne fait rien et qu'aucune mesure n'est prise, c'est la disparition de l'ours qui nous guette. Mais il est dommage que cette réintroduction se fasse sans l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn. Et puis, cinq ours, c'est un peu trop. Il aurait peut-être fallu commencer par deux et dresser un premier constat au bout d'un an ou deux.

Rolland Castells, maire de Bagnères : Quand on dit que l'ours est un intrus, je ne suis pas d'accord. Pour favoriser la cohabitation du pastoralisme et des plantigrades, je mise sur une amélioration des mesures d'accompagnement et de gardiennage, la reconstruction de cabanes et l'emploi de bergers et pourquoi pas l'aide de notre bon vieux patou. C'est dans ce sens que je mets mon engagement.

Ils sont "contre"

Jean-Louis Cazaubon, président de la chambre d'agriculture : Je me dois de dire non. La réintroduction de l'Ours dans les Pyrénées est un gros danger non seulement pour l'activité touristique mais aussi pour le pastoralisme et les professionnels de la montagne. Au nom de la biodiversité et du modernisme, c'est toute l'harmonie entre l'homme et la montagne qui est en péril.

Guy Dotter, guide de haute-montagne (Sainte-Marie-de-Campan) : « Les Pyrénées ne sont pas un territoire assez vaste. L'ours a besoin de grands espaces et peut se retrouver en présence de bétail ou de touristes, avec les conséquences que l'on peut imaginer. Ce sont surtout les citadins, qui sont favorables à sa réintroduction. Si la réintroduction réussissait, un jour ou l'autre, il y aura un problème avec des visiteurs, là on ne parlera plus de la même façon ».

Chantal Robin-Rodrigo, députée des Hautes-Pyrénées (PRG) : Il n'y a aucune nécessité de réintroduire des ours dans les Pyrénées. L'ensemble des élus du massif s'était déjà réuni pour peser le pour et le contre et rien de positif n'en était ressorti. Surtout quand on connaît les dommages causés par Papillon. Il faut tout de même garder en mémoire son intrusion dans une grange à Chèze, situé à 1 200 mètres d'altitude. Les vallées sont profondes et habités, un ours ne peut y vivre sans qu'il y ait des problèmes.

Jacques Béhague, conseiller général du canton de Luz (Pays Toy) : Je souhaite que le débat sur la réintroduction reste dans une polémique maîtrisée. Nous défendons avant tout une profession qui vit au coeur des montagnes. Les sondages sont faits sur des gens qui n'habitent pas dans les Pyrénées et qui ne vivent pas de l'élevage.

Michel Pélieu, maire de Bordères Louron et vice président du conseiller général : Attention, je ne suis pas un anti-ours. C'est un animal mythique et fascinant, véritable patrimoine de nos Pyrénées. Mais en matière de réintroduction, je suis plutôt réservé. La cohabitation avec le pastoralisme qu'il faut défendre me semble difficile à la vue des idées aussi diamétralement opposées.

"Ni oui, ni non"

Jean-Louis Lechène, guide de haute-montagne (Cauterets) : « Personne ne peut être contre dans la mesure où l'on n'est pas concerné. Mais le grand public n'imagine pas toujours quue la présence de l'ours n'est pas vraiment compatible avec l'élevage? La réintroduction de l'ours ne ssera toujours que du rafistolage. Cela n'empêchera pas la détermination des chasseurs et des bergers de le voir disparaître ».

Henri Sallanabe, président de la confédération paysanne : Je n'ai pas vraiment d'idée arrêtée sur la question. Dans ce dossier, il ne faut surtout pas être radical. Si réintroduction il y a, il faudra évoquer le problème de l'harmonie avec le pastoralisme. Et j'espère que cette harmonie est possible. Mais pour cela, il faudra s'asseoir autour d'une table afin de trouver les solutions pour que tout le monde en sorte gagnant.

Pierre Forgues, député et conseiller régional a un avis plutôt mitigé sur la question : Je suis d'accord si les éleveurs acceptent. L'ours est une image originale de nos Pyrénées, mais il faut penser aux problèmes que cela pourraient leur poser. Ils sont les premiers à protéger et je suis entièrement de leur côté. Ils font parti de la richesse de nos montagnes, tout comme l'ours.

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A savoir...

L'ours, un emblème. Il constitue les armoiries de plusieurs communes et clubs de sport du département comme Tournay, Ossun et le Tarbes-Rugby-Pyrénées. Il a donné son nom à plusieurs endroits en montagne. Il fait partie du patrimoine.

Commission d'étude. Commandée par le conseiller général de Lourdes Est José Marthe, une étude sur la réinsertion de l'ours dans les Pyrénées est en train d'être menée par le conseil général. D'une durée de six mois, elle est présidée par Jean-Claude Palmade.

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L'idée de l'ours fait son chemin en Bigorre


Quatorze points inscrits à l'ordre du jour du conseil de la CCHB (Communauté de Communes de la Haute Bigorre). Si treize d'entre eux ont été délibérés en peu de temps, la question numéro dix, volontairement reportée par le président de la CCHB lui-même, Rolland Castells, aura permis aux délégués communautaires de s'épancher beaucoup plus longuement.

De même que les conseillers municipaux, deux jours auparavant, les membres de la CCHB ont eu à prendre position sur ce qui était intitulé à la ligne numéro 10 : la gestion de la biodiversité et avec elle la réintroduction de l'ours dans le massif pyrénéen.

Avant de laisser s'entamer le débat autour de la table, Rolland Castells a souhaité exposer les raisons de son engagement. Alors que la collectivité de la Haute Bigorre est la seule à avoir été sollicitée dans le département afin de délibérer sur le sujet, le président de la CCHB soulignait : « Je ne suis pas le seul à avoir pris position. Une bonne quarantaine d'élus s'est prononcée pour. C'est peut-être la première fois qu'on demande à une collectivité de se prononcer. » (1)

Rolland Castells, lui, plutôt que de se confiner dans des considérations personnelles, voit dans la réintroduction une manière de redonner un nouvel élan au pastoralisme et fait fi des pressions et autres contenus politiques. « J'ai toujours été un homme libre. En tant qu'élu local, ma formation politique ne m'a jamais influencé. Peu d'élus s'expriment sur le sujet. Il faut écouter les gens. Il faudrait arrêter d'opposer l'agriculture, l'élevage et la protection de l'environnement. » D'ailleurs, le président de la CCHB ne se voile pas la face. Aujourd'hui, la problématique de l'ours et demain se posera celle du loup. Il s'agit de se montrer exigeant sur les activités pastorales « et en tout cas d'envisager la situation sereinement. »

Rolland Castells se veut aux côtés du pastoralisme. « Je ne dis pas que l'ours est un compagnon que l'on peut mettre dans son jardin. Il n'agresse pas naturellement l'homme. »

Ces propos avaient-ils convaincu l'assemblée ? Place au débat. (Voir ci-dessous).

Auteur : Gwénola Champalaune
Source : La Dépêche du Midi du 3 février 2006

(1) Les collectivités du canton de Luz se sont unanimement prononcés contre. Contrairement à ce que pense Monsieur Castells, ce n'est donc pas la première fois. A noter qu'au 3 février, seulement 3 communes de la chaîne des Pyrénées se sont prononcées pour être condidate à une réintroduction.

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Tenir compte du pastoralisme


Parmi les délégués communautaires, il faut savoir que certains, en plus de leurs fonctions d'élus, occupent, dans leur vie quotidienne la profession d'éleveurs. Ceux-ci ont affirmé clairement leur opposition au plantigrade. André Dubeau, maire de Mérilheu, réagissait aux propos de Rolland Castells. « Après tout ce que tu as dit, tout est parfait. Ce n'est pas maintenant qu'il faut discuter. Les gens ne connaissent pas le milieu de la montagne. Vous parlez de l'ours pyrénéen mais ce n'est pas lui qui est réintroduit. Son attitude n'a rien à voir. » L'ours et l'homme, une histoire d'amour impossible selon Bernard Ibos, maire d'Hauban. « Ce sont deux concurrents complets. L'agriculture en montagne est totalement sinistrée. Après, c'est vrai qu'ici le secteur se prête à la réintroduction, notamment le Montaigu. En revanche, le Chiroulet est très fréquenté par des randonneurs. » Claude Dorignac, maire de Bettes, ne présage rien de bon. « Qu'on maintienne l'espèce mais si on multiplie, c'est la mort du pastoralisme. Pour Paris et Bruxelles, il n'y a plus personne dans nos régions, on peut remettre l'ours. Mais pour nous éleveurs qui sommes sur place, que faut-il faire ? Je vois que la grosse majorité est favorable. On va être dédommagés. Quelques éleveurs, je dirai farfelus, vont dire oui en espérant que l'ours attaque. On va être payés. Et la brebis stressée et la vache affolée. Après tout, ce n'est pas si grave. L'élevage, cela ne touche que quelques paysans. » Un terrain sur lequel n'entend pas glisser Rolland Castells. « Personne n'a le mépris pour la profession des paysans comme tu sembles le laisser entendre. Il s'agit avant tout de maintenir l'espèce ».

Jacques Brune ne cache pas son inquiétude due en grande partie à la confusion du dossier et ne rejoint pas Rolland Castells. « Je ne vois pas l'utilité d'aller réintroduire des espèces extérieures. Sur la forme, on est devant une décision prise en très haut lieu. Je dis oui si la mesure avait été concertée. Je dis non parce qu'on n'est pas dans une bonne méthode. Dans ce dossier, très sincèrement, je m'abstiendrai. Bagnères ce serait bien que vous le gardiez l'ours. Vous avez des voisins. Pensez-y. Dans le principe, j'estime qu'il y a une défaillance de l'État. » Un climat qui n'étonne pas du tout Alain Amaré. « À Bagnères, en ville, on a une vue des choses qui n'est pas la même. Ce qui nous fait réagir, c'est un forcing de la vallée d'à-côté. Ce qui est l'affaire de quelques personnes qui s'arrêtent sur les attaques. Cela rejaillit sur notre vallée. Je voudrais savoir combien de personnes ont été tuées par l'ours ici dans le département. » Pour terminer sur une note d'humour, « moi qui vais à vélo au Tourmalet, j'espère ne pas le rencontrer. » Yves Lafaille votera contre. « L'ours est un prédateur. J'ai peur qu'il reste en limite des forêts. Nous, le pastoralisme, c'est de petits troupeaux qui se multiplient sur toute la montagne, ce qui en fait toute sa richesse mais aussi toute sa complexité. » Le président de la CCHB remet les pendules à l'heure. « On n'est pas sur une invasion d'ours. » Le maire de Pouzac ne veut pas se mettre en porte à faux par rapport à son conseil municipal. C'est par ces mots de Marcel Prieu que le débat était clos. « En France, sur le plan humain, il y a des problèmes qui mériteraient une discussion beaucoup plus importante. »

Le moment était venu de mettre au vote. Une réintroduction adoptée par 31 pour, 5 contre, 7 abstentions.

Auteur : Gwénola Champalaune
Source : La Dépêche du Midi du 3 février 2006

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Le maire est confiant en l'arrivée de deux ours


Rolland Castells, le maire de Bagnères de Bigorre et président de la communauté de communes de la Haute-Bigorre, pense « que les choses sont très bien engagées pour que le ministère de l'Environnement et du développement durable décide de procéder au lâcher de deux ours slovènes (un mâle et une femelle) dans la zone de montagne des territoires dont il a la charge ».

La semaine dernière, l'élu a fait adopter - à une majorité écrasante - par les deux collectivités qu'il préside et au sein desquelles siègent des éleveurs, la possibilité d'accueillir ces plantigrades.

Rolland Castells, qui a été le premier élu des Hautes-Pyrénées à avoir fait part publiquement qu'il « est favorable à la réintroduction de l'animal pour sauver l'espèce », considère que l'arrivée de ces ours « serait une chance, une opportunité pour doper l'économie locale, et notamment l'agriculture et le tourisme de montagne, dans la mesure où ces lâchers sont accompagnés d'aides financières conséquentes ».

À l'heure où beaucoup, dans le massif pyrénéen, réaffirment leur refus de l'ours, le ministère de l'Environnement voit d'un très bon œil la décision prise par le maire de Bagnères et les élus de la Haute Bigorre.

Auteur : Guillaume Atchouel
Source : La Dépêche du Midi du 6 février 2006

[Ndr : il fallait s'y attendre. plus qu'une conviction, l'argent est le nerf de la guerre]

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Castells : « On devrait avoir deux ours »


Réintroduction. « A priori c'est oui pour l'introduction de deux ours sur notre territoire de montagne », se félicite Rolland Castells, maire de Bagnères-de-Bigorre et président de la communauté de communes de la Haute-Bigorre. La semaine dernière, ces deux collectivités territoriales qu'il dirige se sont prononcées, à une majorité écrasante, pour l'accueil de ces plantigrades. Décisions qui ont été prises après que le ministère de l'Environnement et du Développement durable eut sollicité, via la préfecture, ces territoires des Hautes-Pyrénées.

« Ces lâchers devraient avoir lieu au printemps. Des spécialistes vont désormais travailler au repérage des zones les plus adaptées à l'animal. La balle est désormais dans le camp de l'État », poursuit l'élu qui voit dans ce programme « l'occasion d'un développement possible de l'agriculture et du tourisme grâce à l'obtention des fonds qui accompagnent ces réintroductions ».

À ceux qui assurent que l'animal est incompatible avec le pastoralisme, Rolland Castells fait savoir : « Les prédations seront indemnisées et des aides conséquentes seront consenties pour protéger les troupeaux et permettre aux bergers de travailler sereinement. Toutes ces contreparties seront nettement plus significatives que les inconvénients ».

La réalisation et l'achat de clôtures et de cabanes seront financés tout comme l'acquisition de chiens (patou). Ces enveloppes seront aussi affectées au recrutement des bergers.

« Utilisons cette opportunité, clame l'édile, qui invite toutes les personnes concernées à se mettre autour d'une table pour faire avancer les choses ensemble. »

Rolland Castells réfute les accusations selon lesquelles il serait contre les agriculteurs de montagne : « C'est totalement faux et infondé. Pour preuve, je me suis engagé pour mettre aux normes l'abattoir de ma commune et je suis conscient de l'importance de leur rôle. En acceptant l'ours, je réaffirme ma volonté de les accompagner encore plus. Et puis, plusieurs éleveurs qui siègent à la communauté de communes se sont aussi prononcés pour ».

Face à la levée de boucliers que suscite en pays Toy sa volonté d'accueillir le plantigrade, Rolland Castells martèle : « Je n'aime pas les intégrismes, de quelque côté que ce soit ».

Pour finir, il précise : « Il ne s'agit pas de multiplier partout et à l'infini les ours. Il s'agit de sauver une espèce et de maîtriser ses populations ». D'ailleurs, le programme prévoit des mesures pour les spécimens qui se révéleraient ingérables ou trop familiers avec l'homme. C'est dans quelques semaines que le ministère de l'Environnement doit rendre publics les lieux de réintroduction qu'il retiendra.

Auteur : Guillaume Atchouel.
Source : La Dépêche du Midi du 6 février 2006

Prédateur ou compagnon ?


Entre les fervents défenseurs du plantigrade et les farouchement opposés, l'annonce d'un éventuel lâcher de deux ours sur le territoire montagne du secteur de Bagnères (une délibération adoptée majoritairement en conseil municipal et au sein de la Communauté de communes de la Haute Bigorre (voir nos éditions des 1er et 2 février) a relancé le débat, déjà très vif.

Au Conservatoire botanique, Gérard Largié, directeur, précise que «l'animal en tant que tel ne pose pas de problèmes par rapport à la conservation de certaines espèces. Sur un plan écologie, l'ours fait partie d'un ensemble plus global.»

Au CPIE, (Centre Permanent d'Initiative à l'Environnement) l'un des membres de l'équipe explique : «par rapport à la structure, on reste neutre sur la question de la réintroduction. On n'a pas à afficher de positions sur le sujet. Bien sûr, en dehors, entre nous, chacun a son avis personnel.»

Pour Alain Castanier, sous-préfet de l'arrondissement de Bagnères : «Cela correspond à une politique du gouvernement de réintroduire cinq ours. Enfin, je ne sais pas s'il s'agit de cinq ours ou cinq ourses. La ministre de l'environnement fera une annonce mi-mars pour indiquer les lieux où ils seront lâchés. Là, ils sont en liberté en Slovénie. Il va falloir les capturer. Puis, ils seront amenés en France et relâchés. Je ne connais pas les choix de la ministre. Il est clair que si c'est dans les Hautes-Pyrénées, il est fort probable que Bagnères soit retenu suite aux deux votes favorables du conseil municipal et de la Communauté de communes.»

Éric Abadie, responsable du groupement des éleveurs de Campan n'a pas souhaité s'exprimer sur la question.

Jean-Louis Cazaubon, président de la chambre de l'agriculture y est totalement opposé. «C'est une fausse bonne idée. Au nom de la biodiversité, on peut faire passer beaucoup de choses. Il faut faire le distingo entre le nounours et l'ours à quatre pattes. Nicolas Hulot est favorable. Il a convaincu le président Chirac. Eux, ils le voient de Paris. Demandez à ceux qui vivent la montagne. On va mettre à mal ce qui fait que la montagne est belle. On va imposer cela aux sauvages pyrénéens, peut-être.»

Propos recueillis par Gwénola Champalaune.
Source : La Dépêche du Midi du 6 février 2006

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Ours : Jean Lassalle donne de la voix


« On ne peut pas se laisser imposer la loi par un ministre quel qu'il soit ». Le député béarnais Jean Lassale, n'apprécie pas la position sur l'ours du maire de Bagnrèes. En se prononçant pour le renforcement de la population ursine en Bigorre, Rolland Castells, maire de Bagnères, de même que toute la communauté de communes de la Haute-Bigorre, suscite la réprobation du député béarnais : « J'ai appris qu'il se portait volontaire pour un éventuel renforcement… Je suis malheureusement obligé de désavouer une telle position… Nous avons connu un problème similaire chez nous avec Canelle ».

Et Jean Lassalle d'aller plus loin quand à la position de l'élu haut-pyrénéen : « On ne doit pas prendre pour argent comptant les décisions ministérielles de Nelly Ollin dont la volonté est de diviser le massif ». Pour le président de l'association des peuples de montagne « Les ours ne resteront pas sur le secteur considéré… Ils iront ensuite en pays Toys et en vallée »

Source : La Dépêche du Midi du 10 février 2006.

[Ndr : A noter que Roland Castells et jean Lassale sont du même parti politique c'est à dire l'UDF. Nous voyons que la question de l'ours divise au-delà des partis politiques. Mais peut-être aussi que l'UDF manque de cohésion ou de réflexion collective pour avoir une position officielle]

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Que dit son copain Jean Lassalle ?


Jean Lassalle, président de l'IPHB et député UDF du haut Béarn est dans le même parti politique que Roland Castells. Que pense Jean Lassalle de la position de son "copain" ?

"Rolland Castells est un copain, mais il ferait mieux de s'occuper des stations de skis ou de thermalisme plutôt que du dossier des ours sur lequel il n'a aucune connaissance, c'est comme si moi tout d'un coup je voulais prendre les commandes de la fusée Ariane ! L'ours ne va pas rester en Bigorre, il va se précipiter en pays Toy puis chez nous".

Droles de copains !

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