La biodiversité appliquée à la montagne
La biodiversité dans les Pyrénées

 

Le maintien et le développement de biodiversité en montagne sont des actions essentielles pour préserver l'environnement montagnard notamment dans les Pyrénées. La biodiversité est un des piliers du développement de la montagne en partioculier dans les Pyrénées.

"Les montagnards sont les premiers gardiens de la biodiversité des montagnes. Pendant des millénaires, ils ont appris à connaître l'intérêt de l'alternance des cultures, des terrasses, des plantes médicinales, et d'une exploitation forestière durable garantissant nourriture, fourrage et bois de chauffe. Et pourtant, ces savoirs exceptionnels sont souvent négligés ou ignorés par ceux qui n'appartiennent pas aux communautés de montagne". Voir....

Pastoralisme et biodiversité
Biodiversité - Stage et débats publics
Juin 2008 - CNRS - Universite d'Evry
Chambres d'Agriculture et syndicats agricoles pour la biodiversité en zone d'élevage

Suivre l'essentiel du "Grenelle de l'environnement"

 

Biodiversité et animaux d'élevage
L'élaboration de la stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité - SPVB
Convention sur la diversite biologique - Protocole de Nagoya

Projet de loi-cadre sur la biodiversité
Biodiversité et la marchandisation, la finance, les activités économiques.... un bon business
"No Net Loss" / "Aucune perte nette" de biodiversité
Projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages

 

   

Accueil du Monde des Pyrénées
Environnement des Pyrénées

 

 

Des agriculteurs cherchent à améliorer la biodiversité sur leur exploitation


Qu'ils soient membres des réseaux de l'agriculture biologique (FNAB), de l'agriculture durable (CIVAM) ou raisonnée (FARRE), plusieurs agriculteurs travaillent avec la LPO afin de préserver ou améliorer la biodiversité sur leur exploitation.

La diversité du monde vivant ou biodiversité permet aux Hommes depuis des millénaires, de répondre à leurs besoins en alimentation, chauffage (haies, forêts…), vêtements (lin, coton, laine, soie…), soins (plantes médicinales)…. Outre cette valeur d'usage, la biodiversité présente également une valeur sociale et culturelle à travers les activités de loisirs (tourisme) ou par le plaisir qu'éprouvent les millions d'observateurs de la nature (ornithologues, entomologistes amateurs). Cependant, depuis plusieurs années, les spécialistes internationaux s'alarment face à l'érosion massive de nombreuses espèces animales et végétales. Dans son quatrième rapport « GEO-4 », le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) rappelle que les espèces meurent cent fois plus vite que ce que montrent les études fossiles et 12% des oiseaux, 23% des mammifères et plus de 30% des amphibiens sont menacés d'extinction.

S'il est difficile de déterminer les causes exactes de ce déclin, l'intensification et l'organisation de l'agriculture sont souvent citées comme un facteur important de la transformation des communautés d'êtres vivants et des milieux, favorisant des écosystèmes et des espèces plus productives au détriment d'autres espèces. Les programmes de préservation de la biodiversité sont donc très souvent axés sur le monde agricole. C'est le cas par exemple du programme Agriculture et Biodiversité mené par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB), les Centres d'initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural (CIVAM) et le Forum de l'Agriculture Raisonnée Respectueuse de l'Environnement (FARRE). Ce programme expérimental, initié en 2004 par la LPO s'inscrit dans la stratégie nationale qui vise à stopper la perte de la biodiversité en France d'ici 2010. Ce chantier consiste à établir des liens entre les réseaux d'agriculteurs d'horizons et d'approches différents, à mettre au point les bonnes pratiques et surtout à les diffuser à une très large échelle.

Environ 130 exploitants appartenant à des réseaux d'agriculteurs volontaires de l'agriculture biologique (FNAB), de l'agriculture durable (CIVAM/RAD) et de l'agriculture raisonnée (FARRE), se sont impliqués dans cette démarche au sein de 18 départements. Au cours de l'année 2005, tous ont été sensibilisés puis regroupés en réseau départemental. Un état initial de la biodiversité a ensuite été réalisé sur chaque exploitation. Puis l'agriculteur, accompagné de l'animateur de son réseau et de celui de la LPO a élaboré un plan d'action pour améliorer la biodiversité de son exploitation. Fin 2007, environ la moitié des agriculteurs avaient validé et pour certain mis en oeuvre leur plan de gestion.
En Aveyron par exemple, les 12 agriculteurs engagés ont tous validé leur plan et ont débuté sa mise en œuvre. Les actions engagées peuvent être l'entretien ou le rétablissement des haies. Outre ses fonctions agronomiques et culturelles, la haie a de nombreux rôles écologiques. Elle sert de zone de refuge et d'abri pour la faune, ses fleurs profitent aux insectes pollinisateurs et ses fruits aux oiseaux et aux mammifères. Elle constitue également un couloir de circulation de la faune et un habitat propice pour la nidification grâce à ses arbustes épineux qui découragent les prédateurs. Les agriculteurs prévoient donc d'entretenir, de restaurer ou de replanter des haies en respectant les dates et techniques de taille qui doivent être compatibles avec les périodes de reproduction de la faune sauvage.
Certaines exploitations présentent également des tourbières qui abritent une faune très spécialisée. Les agriculteurs sont invités à ne pas les drainer pour bénéficier de points d'eau qui peuvent être utile à leurs troupeaux en période de sècheresse. Dans le cas des exploitations céréalières, les agriculteurs peuvent modifier leur mode de fauche pour permettre aux oiseaux qui nichent au raz du sol, de pouvoir fuir à l'approche des machines : fauche plus tardive, fauche plus lente et centrifuge à partir du centre de la parcelle, installation de grillage autour des nids, etc. D'autres mesures peu coûteuses sont conseillées : laisser les arbres morts ou leurs souches qui peuvent fournir des gîtes ou de l'alimentation, installer des « issues de secours » (planches) dans les cuves à eau et abreuvoirs pour les oiseaux ou micromammifères qui viennent y boire ou encore installer un piquet au milieu des champs pour que les rapaces puissent s'y poser pendant leur chasse… Une gestion adaptée des jachères peut elle aussi avoir des effets bénéfiques : couvert végétal peu dense pour une meilleure circulation des animaux, mise en place d'un an minimum, privilégier la fauche plutôt que le broyage, etc.

Toutes ses actions vont être mises en œuvre au cours de l'année 2008 et l'année 2009 sera consacrée à l'évaluation et à la restitution. Le suivi du « niveau de biodiversité » des parcelles est notamment basé sur un outil statistique spécifique : le Suivi Temporal des Oiseaux Communs ou STOC, développé depuis bientôt 20 ans par le Muséum National d'Histoire Naturel (MNHN). À travers un comptage répété et effectué selon un quadrillage précis, cet outil rend compte des variations spatiales et temporelles de l'indice d'abondance des populations nicheuses d'oiseaux communs. Il permettra d'évaluer l'impact des actions mises en œuvre sur la biodiversité des parcelles engagées.

Auteur : F.ROUSSEL
Source : Actu-Environnement du 8 janvier 2008

Observations : Avec le recul en 2014, 6 ans après cet article, nous pouvons constater que l'agriculture bio reste marginale et le caractère "bio" est firtement discuté. La label, essentiellement fait pour rassurer le consommateur urbain est surtout une forme de business et de marchandisation de l'environnement et de l'agriculture raisonnée.
A côté de ces labels, il existe l'agriculture raisonnée, sans label, parfois en AOC / AOP. C'est notamment le cas en montagne et dans les Pyrénées. Quelle différence y a-t-il en terme de pratique d'élevage entre une exploitation d'ovins de race barégeoise en AOC/AOP et sa voisine avec des tarasconaises sans label ? Aucune. Même chose si nous allons dans le Couserans ou la vallée d'Aure.
Il faut donc relativiser certaines affirmations au cas par cas.

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Les pique-assiettes de la nature


Avertissement : Même si ce sujet n'est pas spécifiquement lié à la montagne, certaines espèces peuvent être concernées. Autant faire connaître le phénomène exposé ci-dessous.

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La biodiversité de l'Europe est menacée par l'intrusion d'espèces venues d'ailleurs telles que le rat musqué ou la berce géante, mais on en sait peu sur l'étendue du problème. Ces espèces allogènes envahissantes (IAS) peuvent perturber la flore et la faune locales, occasionner des dommages considérables à la nature et nuire gravement à l'économie.

La Commission a lancé depuis le 3 mars une consultation en ligne destinée à collecter des suggestions sur les moyens les plus efficaces de réagir à ce problème à l'échelle de l'Union européenne. Les résultats de cette consultation seront utilisés pour l'élaboration d'une communication de la Commission sur un cadre communautaire relatif aux espèces allogènes envahissantes, dont l'adoption est prévue pour la fin de l'année.

"L'Europe, a déclaré le Commissaire Dimas, est déterminée à mettre un terme, d'ici à 2010, à l'appauvrissement de la biodiversité. Nous savons que les espèces envahissantes sont un des plus grands périls qui menacent la biodiversité, ce qui, souvent, n'est pas sans conséquences pour l'économie, mais nous ne disposons d'aucun système harmonisé pour lutter contre ce fléau et en évaluer les effets. Nous espérons une forte participation à la consultation publique, pour que l'Europe puisse mieux cerner le problème et concevoir, à terme, un mécanisme approprié permettant de le régler définitivement."

La consultation lancée par la Commission
La Commission européenne s'attaque au problème en lançant une consultation en ligne qui restera ouverte du 3 mars au 5 mai 2008. Toutes les parties intéressées, y compris les particuliers, les représentants des entreprises et des consommateurs, les groupes d'intérêt, ainsi que les ONG et autres organisations, sont invitées à communiquer les informations dont elles disposent et à faire part de leurs avis. Les résultats de cette consultation seront utilisés pour l'élaboration d'une politique communautaire relative aux espèces allogènes envahissantes, dont les différents aspects seront présentés dans une communication de la Commission à la fin de l'année 2008.

Les dangers des invasions
Les écosystèmes sont dynamiques par essence et de nombreuses espèces se sont acclimatées loin de leur aire d'origine. Souvent, c'est l'intervention humaine qui préside à l'introduction de nouvelles espèces: il en va ainsi des rhododendrons d'Europe, rapportés de l'Himalaya, et de certaines cultures de base telles que la tomate, la pomme de terre ou le maïs, qui proviennent des Amériques. Or, s'il est vrai que de nombreuses espèces introduites ont fortement bénéficié aux économies locales, il en est d'autres qui compromettent l'équilibre et prolifèrent en occasionnant de graves préjudices tant à l'environnement qu'aux intérêts économiques et à ceux des personnes. L'Europe ne dispose à l'heure actuelle d'aucun cadre cohérent de lutte contre l'invasion des espèces allogènes envahissantes et il est à craindre que les mesures fragmentaires qui sont en place ne permettent pas de réduire significativement les risques que ces espèces font peser sur les écosystèmes européens. La consultation se veut un premier pas vers une démarche européenne dans la lutte contre ce fléau.

Un problème mondial
On sait qu'un important «contingent» d'espèces allogènes est déjà présent dans l'Union européenne. En Méditerranée, par exemple, une algue envahissante dénommée Caulerpa taxifolia cause des dégâts de grande ampleur. Dans quasiment toute l'Europe de l'Ouest, l'environnement et l'économie subissent de graves dommages dus à la moule zébrée (Dreissena polymorpha), qui obstrue les prises d'eau des centrales électriques et entre en compétition avec les espèces indigènes de moules.

Quant au pseudorasbora (Pseudorasbora parva), d'origine asiatique, il a rapidement colonisé toute l'Europe après avoir été introduit dans des étangs en bordure du Danube, en Roumanie, dans les années soixante. En raison des parasites qu'il héberge, les conséquences se sont révélées très lourdes pour les espèces indigènes. Les mesures correctives peuvent coûter extrêmement cher. À titre d'exemple, l'Allemagne dépense chaque année quelque 44 millions € pour réparer les dommages causés aux berges et talus des cours d'eau par les rats musqués et des plantes exotiques telles que la renouée ou la berce géante.

Très souvent, les introductions accidentelles sont un effet collatéral des circuits commerciaux et de la mobilité internationale. Parmi les autres causes fréquemment constatées, on peut citer les exfiltrations d'espèces détenues dans des jardins ou dans des aquariums (cas de la plupart des plantes allogènes installées en milieu sauvage), d'animaux élevés en captivité (cas de la plupart des mammifères envahissants) ou d'espèces aquacoles. Par ailleurs, le stockage délibéré d'espèces d'eau douce allogènes par les pêcheurs à la ligne est aussi une cause répandue de fuites dans le milieu naturel. Dans l'environnement marin, les organismes aquatiques nuisibles sont souvent introduits par le biais des eaux de ballast, que les navires embarquent quelque part dans le monde et rejettent très loin de là.

Le problème de l'appauvrissement de la biodiversité
La biodiversité du monde est gravement menacée par de nombreux dangers souvent liés aux activités humaines, qui sont aggravés par les changements climatiques. On sait qu'une partie du problème tient aux espèces allogènes. La biodiversité sous-tend la circulation des biens et des services liés aux écosystèmes (denrées alimentaires, combustibles, fibres, qualité de l'air, débit et qualité de l'eau, fertilité des sols et cycle des éléments nutritifs); elle constitue aussi un ressort fondamental du tourisme. Toutefois, environ deux tiers des services liés aux écosystèmes dans le monde sont en déclin. Dans l'Union européenne, ce phénomène se manifeste sous la forme de l'effondrement des stocks halieutiques, de dommages étendus causés aux sols, de dégâts dévastateurs dus aux inondations et de la disparition de la vie sauvage.

Source : Nature & Agriculture du 5 mars 2008

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Protéger la biodiversité


"Partenariat montagne" : un site très intéressant à lire dont le WWF, qui en est membre, devrait s'inspirer plus souvent. Il y est entre autre écrit :

Protéger la biodiversité
Les montagnards sont les premiers gardiens de la biodiversité des montagnes. Pendant des millénaires, ils ont appris à connaître l'intérêt de l'alternance des cultures, des terrasses, des plantes médicinales, et d'une exploitation forestière durable garantissant nourriture, fourrage et bois de chauffe. Et pourtant, ces savoirs exceptionnels sont souvent négligés ou ignorés par ceux qui n'appartiennent pas aux communautés de montagne.


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Encore un argument qui devrait pousser à se prendre en main sans laisser la place aux autres.

Louis Dollo, le 1 mai 2007

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L'érosion de la biodiversité, nouvelle urgence mondiale


La conférence des Nations unies sur la biodiversité, qui s'est achevée, vendredi 30 mai à Bonn (Allemagne), a réaffirmé l'objectif de freiner le rythme de disparition des espèces et des écosystèmes d'ici à 2010. Pourtant, personne ne juge plus vraiment réaliste cet engagement pris il y a six ans par la communauté internationale. Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens sont menacés, selon l'Uniutte contre la désertification des trois priorités arrêtées au sommet don mondiale pour la conservation de la nature. La biodiversité relève avec le climat et la le la Terre à Rio en 1992.

Pendant deux semaines à Bonn, plus de 5 000 experts venus de 191 pays ont dressé un tableau sombre d'une situation qualifiée par certains de "crise silencieuse". Alors que le changement climatique occupe le haut de l'agenda international, l'enjeu que constitue la préservation de la diversité biologique reste largement ignoré. Pourtant, il ne s'agit pas simplement de "sauver les pandas et les tigres" comme l'a rappelé le commissaire européen à l'environnement, Stavros Dimas, mais de ne pas épuiser "un capital naturel" dont les sociétés humaines restent dépendantes pour leur survie.

Signe que l'heure est grave, un économiste indien, Pavan Sukhdev, a été chargé de faire sur la biodiversité un travail d'évaluation comparable à celui réalisé par le Britannique Nicholas Stern sur le changement climatique en 2006, dont les conclusions avaient conduit les gouvernements à prendre le sujet davantage au sérieux. M. Sukhdev, qui, lorsqu'il ne dirige par le département des marchés de la Deutsche Bank en Inde, milite dans une des grandes associations de conservation du pays, a révélé à Bonn les premiers résultats de son étude : l'appauvrissement biologique coûterait 2 000 milliards par an, soit 6 % du produit national brut mondial. L'urbanisation, la standardisation des pratiques agricoles, la pollution, la prolifération d'espèces envahissantes introduites par les échanges commerciaux, le changement climatique enfin, sont les principales causes du phénomène.

Les 191 pays réunis à Bonn ne se sont cependant pas arrêtés à ce constat. A l'initiative de l'Allemagne, un mécanisme de financement des aires protégées devrait voir le jour. La chancelière Angela Merkel a promis 500 millions d'euros d'ici à 2012. Des aires protégées pourront être instaurées en haute mer, un espace qui n'est jusqu'à présent soumis à aucune réglementation.

Un groupe de recherche réunissant les meilleurs spécialistes de la biodiversité devrait prendre forme en 2009. Là encore, il s'agit de se doter, au niveau mondial, d'un instrument de connaissance aussi performant que le GIEC pour le climat. Un moratoire sur la fertilisation des océans a par ailleurs été adopté. Cette technique censée accroître le stockage du carbone par le plancton suscite pas mal d'inquiétude. A Bonn, il a été demandé aux Etats d'interdire cette pratique tant que des fondements scientifiques ne seront pas mieux établis.

Enfin, un pas a été franchi vers l'instauration d'un traité international sur l'utilisation des ressources génétiques. Une feuille de route a été adoptée pour parvenir à un accord en 2010. Ce dossier constitue un des points les plus conflictuels dans les relations entre les pays en développement où se concentre l'essentiel de la richesse biologique et les pays industrialisés souvent accusés de "biopiraterie" par les premiers.

Si le document de Bonn reste prudent, il semble acquis que l'on s'achemine vers la création d'un certificat d'origine sur les gènes convoités par les industriels de la pharmacie, de la cosmétique, mais aussi par les grands semenciers. Dès lors, la rémunération qu'attendent en retour les pays du Sud sera plus facile à établir. Aujourd'hui, seuls une soixantaine de pays ont une législation réglementant la bioprospection.

Auteur : Laurence Caramel
Source : LE MONDE du 02.06.08

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Biodiversité cultivée : L'Europe fait un premier pas avec la directive sur les variétés de conservation. Les professionnels des semences font des propositions suite au « Grenelle »


Suite à son adoption à l'unanimité par la Commission européenne le 17 avril 2008 la directive 2008/62/CE sur les variétés de conservation est parue au journal officiel de l'UE le 21 juin 2008.

Cette directive (voir le texte de la directive) permet l'inscription au catalogue, et donc la commercialisation, des semences "des races primitives et variétés agricoles naturellement adaptées aux conditions locales et régionales et menacées d'érosion génétique" selon des critères plus souples que pour les variétés nouvellement créées.

On retiendra que les Etats membres doivent la transposer le 30 juin 2009 au plus tard.Les professionnels des semences ont souhaité cette adaptation de la réglementation en matière de conservation de la biodiversité cultivée. En effet, ils sont directement concernés et conservent notamment les collections de ressources génétiques et sont à l'origine des collections nationales.

Cette adaptation doit se poursuivre. En France le projet de loi « Grenelle » prévoit pour la politique génétique des semences des critères d'évaluation des variétés répondant aux enjeux de développement durable ainsi que la création d'une annexe au catalogue pour les variétés anciennes.

Pour s’adapter effectivement aux nouvelles demandes de la société, les professionnels des semences préconisent la création d'une annexe au catalogue pour les variétés anciennes de grandes cultures analogue à celle pour les variétés potagères. Ceci permettrait la commercialisation des variétés françaises de plus de 25 ou 30 ans selon les espèces pour tous les utilisateurs, agriculteurs et amateurs, avec des tests de valeur agronomique à des fins uniquement informatives.

Par ailleurs, ils recommandent que l'adaptation des critères d'évaluation aux enjeux de développement durable, notamment à la réduction des autres intrants pour les variétés conventionnelles, se fasse au niveau européen. Chaque Etat aurait ainsi la même politique d'inscription des variétés, dans le cadre d’un catalogue des variétés déjà totalement communautaire. Ce serait d’ailleurs une opportunité pour la présidence française à l'UE de défendre un objectif ambitieux pour l'agriculture durable en Europe.

Information communiquée par le GNIS
Le Gnis représente l'ensemble des professionnels de la filière semences, constituée de 71 entreprises de sélection (dont 80% sont des PME), 243 entreprises de production, 20 300 agriculteurs-multiplicateurs, 15 000 salariés, 24 000 points de vente et 34 000 variétés.

Source : Agrisalon du 27 juin 2008

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Les plantes poussent de plus en plus haut pour échapper à la chaleur


Le réchauffement climatique a entraîné la migration de nombreuses espèces végétales vers des altitudes plus élevées depuis ces dernières décennies, selon une étude conduite par une équipe internationale, publiée jeudi aux Etats-Unis.

Comparant la distribution de 171 plantes forestières à des altitudes variant de celle du niveau de la mer à 2.600 mètres entre 1905 et 1985, puis de 1986 à 2005, ces chercheurs ont déterminé que ces végétaux avaient grimpé de 29 mètres en moyenne par décennie.

Ces observations montrent que les changements climatiques n'affectent pas seulement la distribution en longitude et en latitude des espèces végétales mais également en altitude.

Ceci suggère aussi que la plupart des espèces de plantes occupant la même zone et partageant les mêmes caractéristiques physiologiques ont tendance à migrer, expliquent les auteurs de ces travaux parus dans la revue américaine Science datée de vendredi.

Le changement est plus marqué pour les végétaux dont l'habitat se situe dans les régions montagneuses ainsi que pour les herbes caractérisées par un renouvellement plus rapide, souligne l'étude.

Ces tendances confirment la théorie selon laquelle les espèces végétales d'altitude sont plus sensibles au changement climatique, souligne Jonathan Lenoir de l'AgroParisTech, à Nancy (est de la France), principal auteur de cette étude.

Le réchauffement du climat a provoqué une réponse biologique et écologique des animaux et des plantes à la surface de toute la planète, comme le montre l'évolution de la distribution et de la densité des espèces, mais aussi dans les profondeurs marines, relèvent ces chercheurs.

Les scientifiques notent également que le changement climatique en France où une grande partie de l'étude a été menée, a été caractérisé par des hausses annuelles moyennes de température d'une ampleur beaucoup plus grande (+ 0,9 degré Celsius) que dans le reste du monde (+ 0,6 degré).

Dans les régions alpines, la hausse de la température moyenne approche même + 1 degré, depuis le début des années 1980, ce qui explique le recul des glaciers.

Source : Yahoo Actualité du 26 juin 2008

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L'INRA vante les bienfaits de l'agriculture biologique pour l'environnement


L'agriculture biologique est bénéfique à la biodiversité, laquelle rend à son tour des "services" aux agriculteurs, affirme l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) dans un rapport qui rompt avec 50 ans de priorité accordée à l'amélioration des rendements.

Après avoir épluché articles scientifiques, rapports internationaux et documents durant un an et demi, 26 écologues, agronomes, sociologues, économistes et juristes sont arrivés à la conclusion que l'agriculture intensive sur des paysages homogènes était mauvaise pour l'environnement.
Au contraire, les "éléments semi-naturels" comme les haies, les bosquets ou fossés, trop souvent disparus pour faire place aux grosses machines, permettent de sauvegarder la biodiversité.

"La complexité du paysage peut atténuer les effets négatifs de l'intensification de l'agriculture", a déclaré lors d'un colloque Xavier Le Roux, de l'Inra.

Dans un paysage encore suffisamment diversifié, l'adoption d'un mode de production moins intensif permet de multiplier insectes pollinisateurs et ennemis naturels des ravageurs, et de compenser relativement bien les pertes de productivité liées à la suppression des engrais chimiques.Les chercheurs ont constaté que pour que cette compensation fonctionne bien, le pourcentage d'élements naturels dans le paysage devait être supérieur à 30%. Ils attribuent également à ce facteur une importance plus grande qu'à la "connectivité" (les trames vertes) qui permet aux espèces mobiles (insectes volants, petits mammifères) de se déplacer, mais ne suffit pas à garantir une
biodiversité satisfaisante.

L'écologue Eric Garnier, du CNRS, a ajouté qu'après l'abandon des intrants chimiques, la biodiversité d'une parcelle pouvait être naturellement multipliée par cinq en 5 à 10 ans, mais qu'au delà, "un certain entretien est nécessaire si on veut la maintenir au même niveau".

Favorable à la biodiversité, l'agriculture biologique peine à se développer. Le nombre d'exploitants, en hausse dans les années 1990, a cessé de progresser depuis 2002.L'agriculteur prêt à renoncer aux pesticides et aux engrais chimiques doit surmonter de nombreuses difficultés, à commencer par l'acquisition de nouvelles connaissances et une réorganisation de son temps de travail. Dans une profession à la mentalité encore très marquée par le productivisme, l'agriculteur qui se convertit au biologique risque en outre l'incompréhension de son entourage, sans compter les difficultés à écouler ses produits dans les circuits classiques de distribution.

La biodiversité est désormais définie par la loi comme une valeur à protéger, mais "le droit a du mal à se l'approprier, et elle ne pèse pas lourd par rapport à la propriété privée (foncière, et aussi intellectuelle pour les OGM) ou à la liberté des échanges", relève la juriste Isabelle Doussan.

Elle souligne qu'au niveau européen, la PAC conditionne ses aides au respect de la réglementation et de "bonnes conditions agricoles et environnementales", mais que "les pénalités sont sans rapport avec les coûts de mise en oeuvre de pratiques favorables à la bioversité".

En Espagne, l'Université de Barcelone a récemment publié une étude mettant en évidence une "réduction drastique des cultures de maïs biologique" en Catalogne et en Aragon, où la présence de 55% et 42% de maïs transgénique Bt "rend leur coexistence (avec le bio) pratiquement impossible".

Source : Agrisalon du 4 juillet 2008

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La Réunion gèle 40 % de ses terres pour protéger la biodiversité


Ce matin, Jean Hivert prend la route des hauts de Saint-Leu, sur l'île de la Réunion. Trois fois par semaine, ce scientifique du Conservatoire national botanique de Mascarin recense sur le terrain les plantes qui figureront dans l'Atlas de la flore réunionnaise. Le projet a été lancé il y a trois ans. Jusqu'à présent, 15 % de la superficie de l'île ont été couverts. Au rythme de deux mailles par jour, soit 2 km2, le travail avance lentement.

"A deux personnes, nous devons couvrir 2 500 km2 et je n'ose plus prévoir quand nous aurons terminé. Cette marche sera certainement la plus longue de ma vie", sourit Jean. Pour un botaniste, la Réunion est un terrain rêvé. Elle est, avec les autres îles de l'archipel des Mascareignes, l'un des 34 "points chauds" de la biodiversité mondiale reconnus pour abriter un nombre exceptionnellement élevé d'espèces uniques. Des espèces qui figurent aussi parmi les plus menacées.

A la Réunion, un tiers encore de la végétation primaire est resté intact, soit bien davantage qu'à Maurice ou à Madagascar. En 2007, un parc national naturel a été créé pour la protéger. Il épouse grosso modo les limites du domaine forestier géré jusqu'alors par l'Office national des forêts (ONF), couvre 100 000 hectares, soit plus de 40 % de la superficie de l'île. Le 9e parc national français a été officiellement inauguré mercredi 9 juillet.

Sa création a donné lieu à de houleux débats. Et si les élus se sont finalement rangés à l'idée, les craintes demeurent. Dans une région où le taux de chômage dépasse 20 % et où un grand nombre d'habitants vivent d'allocations de solidarité, l'idée de devoir un jour sacrifier des projets de développement sur l'autel de la biodiversité ne plaît pas à tout le monde.

D'autant qu'ici, la croissance démographique alourdit chaque jour un peu plus les besoins. En 2030, selon toutes les prévisions, la population atteindra 1 million d'habitants, contre 765 000 aujourd'hui. "Les gens ne pourront pas faire autrement que de monter vers les hauts, et le parc sera entouré d'une vaste ville", prédit Dominique Strasberg, professeur à l'université de la Réunion. Les communes situées dans la zone tampon entre le parc et le littoral ont deux ans pour rédiger un cahier des charges qui fixera les termes d'un modus vivendi.

Le relief fracturé de la Réunion constitue, dans cette compétition pour l'espace, le principal atout des défenseurs de la biodiversité. La succession d'événements volcaniques à l'origine de ce caillou posé au milieu de l'océan Indien a mis à l'abri, en les rendant difficilement accessibles, des paysages singuliers. Comme la forêt primaire de Bebour-Bélouve qui offre, au coeur de l'île, le spectacle de fougères arborescentes pouvant atteindre une quinzaine de mètres de haut.

La beauté de ces paysages n'est pas la seule raison qui milite en faveur de leur préservation. "La régulation des pluies repose sur cette végétation. La "mer" de nuages qui recouvre l'île la plupart du temps produit ce que nous appelons des "pluies occultes" que seuls certains arbres sont capables de capter. Sans eux, l'alimentation en eau de tout le territoire serait totalement désorganisée", explique le géographe René Robert.

Sur son cahier, Jean Hivert note méticuleusement toutes les espèces qu'il rencontre. Une colonne est réservée aux plantes envahissantes, ces "pestes végétales" qui colonisent petit à petit les espaces les plus reculés et constituent pour le moment l'une des menaces principales pour la survie des plantes endémiques. A la Réunion, les spécialistes estiment à une centaine le nombre de ces "plantes du mal". "L'ensemble du parc est touché à des degrés divers", affirme Julien Triolo, de l'ONF. C'est à lui que Jean Hivert envoie des messages d'alerte lorsqu'il identifie un nouveau foyer d'invasion sur lequel il est encore possible d'agir.

Le plus souvent, l'arrachage se fait à la main, mais, dans les cas les plus graves, les botanistes optent pour une riposte biologique en introduisant un parasite ou un insecte prédateur. Cette opération très délicate vient d'être engagée dans le sud de l'île pour lutter contre le raisin marron, une liane dont la progression est galopante.

"Il faut en moyenne dix ans pour trouver le bon agent ; cela marche une fois sur deux et cela coûte très cher", avertit Christophe Lavergne du Conservatoire botanique de Mascarin. Dans ce cas précis, l'insecte a été importé de Sumatra. Avant de procéder aux premiers lâchers sous serre, les scientifiques se sont assurés en laboratoire qu'il ne s'attaquerait pas aux cultures commerciales comme la canne à sucre, le café, la mangue... ni aux autres plantes indigènes.

La lutte contre le goyavier, considéré comme l'une des cinq plantes les plus conquérantes au monde, est plus délicate. Le commerce de ses baies rouges est devenu une source de revenus pour certains habitants vivant à l'intérieur du parc. Depuis une dizaine d'années, à l'occasion d'une fête populaire, la petite commune de La Plaine-des-Palmistes élit même, sa "Miss Goyavier". Et le maire ne veut surtout pas entendre parler de "peste végétale".

Auteur : Laurence Caramel
Source : Le Monde du 16 juillet 2008

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La science des animaux fait sa "grande révolution"


Science des animaux, la zoologie est parfois encore perçue à travers l'image des grands naturalistes de l'histoire, tels Buffon, Daubenton, Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, pour n'en citer que quelques-uns. Mais en deux siècles, cette discipline a bien changé et s'est considérablement diversifiée en bénéficiant des acquis de la biologie moléculaire, de la génétique et de techniques nouvelles comme l'imagerie ou encore le microscope à tomographie, qui permet d'étudier des coupes épaisses et de les reconstituer en trois dimensions.

Pour décrire ce foisonnement scientifique, on parle aujourd'hui de "zoologie intégrée". C'est le thème du congrès international qui se tient jusqu'au 29 août à Paris et à la faculté des sciences d'Orsay (Essonne). Cette nouvelle zoologie a pour objectif "d'intégrer plusieurs informations sur les organismes ainsi que leurs interactions, explique Jean-Marc Jallon, professeur de biologie à la faculté des sciences d'Orsay et président du congrès. Les zoologistes recherchent aujourd'hui des mécanismes communs, alors que, pendant longtemps, ils ont cultivé les différences entre les organismes. La grande révolution de la zoologie est la recherche de l'unité, comme dans les sciences physiques".

Les travaux de génétique, notamment, ont montré "qu'une grande similitude génétique du monde vivant se traduisait par une importante diversité des espèces, à cause des variations qui ont lieu au niveau de l'expression des gènes", ajoute M. Jallon. Mais "ces derniers restent soumis à l'effet de l'environnement, car seuls survivent les gènes les plus adaptés". Les travaux sur la vie animale portent aussi sur le comportement sexuel et la reproduction, les différents aspects de la communication ou encore les mécanismes de spéciation (séparation entre espèces).

La diversité des espèces est bien plus grande qu'on ne le pensait, puisque, selon Edward Wilson, professeur à l'université de Harvard, "nous n'avons découvert et classé que 10 % d'entre elles". Le scientifique estime "qu'il est possible de découvrir et recenser les 90 % restant en vingt-cinq ans, car les techniques existent".

"BIODIVERSITÉ ÉNORME"

En attendant, il faut classer celles que l'on connaît... et celles que l'on découvre. C'est le rôle de la taxonomie. Or, aujourd'hui, "nous sommes incapables d'appréhender correctement la diversité taxonomique dans les écosystèmes", explique Simon Thillier, professeur au Muséum national d'histoire naturelle et spécialiste de la systématique. Cette science associe la taxonomie et la phylogénie qui étudie les variations de parenté entre les espèces. "Nous devons arriver à prendre en compte une biodiversité énorme, et rendre les informations accessibles aux responsables chargés de faire respecter la biodiversité", ajoute-t-il.

Face à ce défi, plusieurs initiatives internationales ont été lancées pour rendre les données accessibles sur Internet. On peut citer l'Encyclopedia of Life, lancée en 2007 par plusieurs institutions scientifiques américaines, ou encore Global Biodiversity Information Facility, créée en 2001 à l'initiative de l'OCDE, qui vise à réunir sur la Toile toutes les bases de données disponibles sur les espèces. Enfin, le Consortium pour le code-barres du vivant a pour but d'identifier une espèce à partir d'une séquence du génome, accessible en ligne à partir d'un petit appareil portable.

Finalement, dans ce contexte dynamique, "on constate que la crise de la taxonomie est en train de se résoudre, car le nombre de chercheurs augmente et que la zoologie se porte bien, se réjouit M. Jallon. L'intérêt pour cette dernière devrait s'accentuer en raison de la place croissante prise par la biodiversité et sa conservation".

Auteur : Christiane Galus
Source : Le Monde du 29-08-2008

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