Accord pour participer à la plate-forme européenne sur la coexistence entre les populations et les grands carnivores

 

La meilleure façon d’éviter les contestations pour une réunion est de ne réunir que des personnes qui sont d’accord entre elles sur le sujet objet du dialogue. Le plus odieux est, pour participer à l’échange, de faire signer un accord préalable ce qui rejette, par principe, toutes personnes en désaccord. Méthode imparable qui va exclure de nombreuses parties.


Accord pour participer à la plate-forme européenne sur la coexistence entre les populations et les grands carnivores

 

En reconnaissance des défis posés par la conservation des grands carnivores dans l'Union européenne, la Commission européenne a mis en place une Initiative pour les grands carnivores. Suite à des discussions avec les parties prenantes, il a été décidé d'établir une plate-forme européenne dédiée aux grands carnivores en vue de fournir un cadre de dialogue structuré entre les parties prenantes sur les questions soulevées par la coexistence des personnes et des grands carnivores. Ce sera un regroupement volontaire des principales organisations d'intervenants ayant un intérêt dans les grandes questions de carnivores.

La mission de la plate-forme est de :

Promouvoir les voies et les moyens pour minimiser et trouver des solutions possibles aux conflits d’intérêts entre l’homme et la présence de grands carnivores, par l'échange de connaissances et en travaillant ensemble dans une composition non limitée, constructive et mutuellement respectueuse.

Les organisations ci-dessous acceptent les principes de base suivants:

1. Travailler dans le cadre juridique de l'UE

La Directive Habitats de l'UE (92/43/CEE) est l'instrument juridique global pour la conservation et la gestion durable des espèces de grands carnivores dans un état de conservation favorable dans l'UE.

2. Assurer la base de connaissances nécessaire

Toute la gestion des grands carnivores doit être déterminée sur la base de preuves scientifiques solides en utilisant les meilleures données disponibles et fiables.

3. Reconnaissance des considérations et des préoccupations socio-économiques et culturels

Les sociétés humaines ont le droit d'utiliser leurs ressources naturelles et préserver le patrimoine culturel de manière durable dans des paysages multifonctionnels, dont les grands carnivores sont une partie intégrante. La contribution des activités économiques et les valeurs de ces paysages doit être reconnu. La nécessité d'assurer la sécurité du public doit également être reconnu.

4. Solutions aux conflits par le dialogue constructif entre les parties prenantes

Trouver des solutions découlant de conflits avec les grands carnivores et faciliter la coexistence de l'homme et les grands carnivores est mieux assurée grâce à un dialogue constructif entre les parties prenantes aux niveaux local, national et européen. Ces solutions doivent être adaptées aux conditions locales et régionales.

5. L'engagement dans la coopération transfrontalière

La grande majorité des populations des espèces de grands carnivores dans l'UE ont des espaces qui traversent les frontières nationales. Par conséquent les solutions nationales ne fonctionnent pas en vase clos, sans dialogue significatif des parties prenantes impliquant la coopération transfrontalière dans l'UE, et le cas échéant, avec les pays voisins, en tenant compte, entre autres, les lignes directrices pour les plans de gestion de la population des grands carnivores.

Les organisations soussignées s'engagent à la plate-forme européenne sur les grands carnivores. Ce faisant, ils s'engagent à travailler ensemble pour trouver des solutions aux conflits découlant de la coexistence de l'homme et les grands carnivores par

  • partager leurs expériences et leurs savoir-faire pour relever les défis de la coexistence de l'homme et des grands carnivores ;
  • écouter et discuter les expériences et les points de vue des autres parties prenantes;
  • engager un dialogue pour la recherche de consensus et d'accepter que les solutions peuvent parfois impliquer des compromis;
  • être ouvert à accepter des exemples de bonnes pratiques en matière de coexistence réussie de l'homme avec les grands carnivores;
  • exprimer une volonté de transférer et de tester ces exemples de bonnes pratiques;
  • s'assurer de leur capacité à participer pleinement aux travaux de la plate-forme.

Signatures des organisations......

 

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L’accord pour participer à la plate-forme européenne est un chantage odieux


La notion de « plate-forme » dans certains langages, notamment à l’ONU, sous-entend à court terme un financement privé. Dans le cas des grands carnivores, il est clairement mentionné que la commission européenne en assumera la charge durant deux ans. Mais après ? Nul doute que l’orientation de la privatisation et de la financiarisation environnemental sera prise comme dans de nombreux autres domaines. Nul doute que la protection de l’environnement n’est qu’un alibi où les grands carnivores doivent devenir rentables. C’est une constante rencontrée à tous les niveaux dans le domaine de l’environnement.

Cette notion étant éclaircie, ce type d’accord est quelque peu étonnant. Les conditions sont clairement établies :

« … un cadre de dialogue structuré entre les parties prenantes sur les questions soulevées par la coexistence des personnes et des grands carnivores ». Les parties prenantes sur les questions…. Mais pas n’importe lesquelles…

« Ce sera un regroupement volontaire des principales organisations d'intervenants ayant un intérêt dans les grandes questions de carnivores ». Volontaires mais….. Dans le cadre de la Directive habitats c’est en acceptant la présence de grands carnivores quelque soient les conditions. Il n’y a aucune place à l’idée de n’avoir aucun grands carnivores. Il doit y en avoir puis on discute pour : « Trouver des solutions découlant de conflits avec les grands carnivores et faciliter la coexistence de l'homme et les grands carnivores est mieux assurée grâce à un dialogue constructif entre les parties prenantes…. »… Et le dialogue ne peut-être que « constructif ». Evidemment, puisqu’il s’établit qu’entre personnes étant toutes d’accord « aux niveaux local, national et européen ». Et le plus extraordinaire est que : « ces solutions doivent être adaptées aux conditions locales et régionales ».

Ce dernier point est important car il présuppose des discussions et des accords de coexistence locaux et régionaux. Mais que se passe-t-il si aucun accord n’est possible avec les populations locales et régionales ?

La directive habitats pour rappeler le droit qui s’impose avec toute sa rigueur et sans discussion possible. La loi c’est la loi…. Discuté et voté par qui ? Evolutive dans le cadre « d’un dialogue positif » ?

Ou bien, dictature écologique de la commission européenne ?

Il est incontestable que cet « accord pour participer à la plate-forme européenne sur la coexistence entre les populations et les grands carnivores » est le résultat d’un odieux chantage où les populations sont exclues. Les responsables nationaux laisseront ils se développer ce type de comportement européen mené uniquement sur des bases lobbyistes au profit d’intérêt apparemment occultes…. Peut-être pas pour longtemps.

Louis Dollo, le 3 juin 2014

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