Loup et cohabitation - Nice-Matin plus fort que plus de 20 ans d'expérience de professionnels de l'élevage

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La cohabitation entre éleveurs, bergers, randonneurs, populations humaines avec les loups est une espèce d’obsession récente qui n’a jamais existé à travers l’histoire de la France et de l’Europe. Après plus de 20 ans d’expérience, d’essais, de tentatives…. De la part des professionnels de l’élevage et du CERPAM, voilà qu’une journaliste de Nice-Matin a subitement une révélation. Elle a LA ou LES solutions après une enquête plus que légère et devient ainsi une grande spécialiste à la place de ceux qui y sont confrontés au quotidien depuis des millénaires.

Les fantasmes d'une journaliste de Nice-Matin sont assez édifiants. Un article totalement orienté vers des acteurs pro-loups qui ressemble à s'y méprendre à un long communiqué de Férus. Inexactitude et mensonges font les ingrédients de la manipulation en faveur du loup. Pour chaque point de l'article, assez mal documenté, nous faisons des observations pour chacun des points.

Pour mieux comprendre, ci-dessous des vidéos faites par un éleveurs sur la réalité du pastoralisme et les manipulations sur le retour du loup.

- Vidéos

- Après un mois d'enquête, 7 propositions pour une cohabitation Homme-Loup

Au fil de notre dossier, nous avons croisé la route de techniciens, chercheurs, scientifiques, bergers… Tour d’horizon des mesures mises en œuvre et des propositions pour améliorer leur efficacité. Ils ont évoqué des pistes pour une cohabitation Homme-Loup plus sereine. Au fil de notre enquête, nous avons croisé la route de techniciens, chercheurs, scientifiques, bergers… Ils ont évoqué des pistes pour une cohabitation Homme-Loup plus sereine.

“Il n’y a pas une solution, mais plusieurs, pour arriver à limiter les attaques sur les troupeaux”, préviennent-ils.
Tour d’horizon des mesures mises en œuvre et des propositions pour améliorer leur efficacité.

1. Renforcer la présence humaine

Le berger est la clé de voûte de la protection des troupeaux. Cette mission de surveillance est-elle correctement assurée dans la région?

“Oui” expliquent les porte-parole des éleveurs, avant de souligner qu’il n’est pas facile de surveiller des cheptels ovins qui comptent plus de 1000 brebis en alpage. Alors, pourquoi de pas “recruter” des bergers et aides-bergers supplémentaires? “Ce ne serait pas rentable”, expliquent en substance les éleveurs ovins.

Une autre difficulté est soulevée par des observateurs : le savoir-faire des bergers et des éleveurs.”C’est un sujet “tabou”, alors, les pouvoirs publics ne veulent pas l’aborder,” note Gérard Caratti, retraité du ministère de l'Ecologie. Et pourtant, estime-t-il, il faudrait mettre les pieds dans le plat. Pas pour jeter le discrédit sur une profession très rude, mais pour faire un diagnostic et avancer. “Certains professionnels disent qu’ils mettent tout en place, mais dans les faits, laissent leurs troupeaux éclatés sur plusieurs km2, c’est du pain béni pour le loup”. A l’inverse, poursuit-il “je connais un berger qui, au coeur d’un territoire de loups, dans le Mercantour n’a pas eu d’attaques. Quand il est parti ça a été la catastrophe.”

- Observations

Il existe des éleveurs favorables à la présence des loups. Cette situation leur permet d'avoir des aides pour les clôtures, les chiens et les bergers de l'ordre de 80%.

Néanmoins, le principe de la présence humaine a quelques failles qui, si elles devaient être corrigées, feraient changer d'avis ceux qui pensent avant tout à leurs avantages financiers. En effet, si le gardiennage devait être réellement assuré en respectant la législation du travail, il faudrait 4 bergers sur l'estive travaillant 8heures chacun par jours et un assurant les remplacements les jours de repos ou fériés. Le problème est qu'il n'y a qu'un seul berger par troupeau ou estive qui est subventionné. D'autre part, notre législation est restrictive quant à l'embauche de roumains et à l'indemnisation des auto-entrepreneurs bergers.

De plus, il existe peu ou pas de cabanes pastorales pouvant accueillir autant de bergers en un même lieu, selon les normes de la législation du travail,pour peu qu'il y ait hommes et femmes qui cohabitent dans le même espace.

Nous voyons ici qu'il est assez peu probable que les troupeaux soient gardés jour et nuit, 24h sur 24. Un seul berger pour 150 ou 1500 brebis, c'est la même chose et le même coût.

Les journalistes et les écologistes peuvent parler, face à la réalité leurs préconisations n'apparaissent que comme des fantasmes impossibles à mettre en place depuis.... 25 ans.

- Comment avancer?

En renforçant la présence humaine. Avant chaque estive, l'association Férus défenseur du prédateur, lance un appel aux bénévoles. Moyennant gîte et couvert, ils aident les bergers dans les alpages.

Toujours dans l’idée d’épauler les éleveurs, le parc du Mercantour a proposé pour l’été prochain la mise en place d’une équipe de 4 bergers itinérants et expérimentés. Une “task force” au secours des bergers visés par des attaques répétées sur leurs bêtes.

“Ce serait bien de mettre en place une sorte de compagnonnage, de transmission de savoir des bergers, avant qu’ils ne raccrochent. Ils pourraient ainsi partager leur expérience de terrain”, suggère aussi Gérard Caratti.

Autre nécessité: améliorer les conditions de vie des bergers en estive. "Il faut travailler avec eux, sur le terrain, et mettre les moyens. En finançant la rénovation ou la construction de cabanes, améliorer les infrastructure, notamment l'alimentation en eau", commente Davide Sigaudo, technicien en charge de la prévention des attaques de loup depuis 14 ans dans la région de Cunéo.

Faire du loup un trophée de chasse, le cantonner à une partie de son territoire, l’équiper de puce électronique, protéger les troupeaux grâce à des lamas ou multiplier les bergers: chaque pays où le canidé est implanté a son approche.

En Roumanie, une main d'oeuvre pas chère

Le loup n’a jamais disparu de Roumanie. La population est aujourd’hui estimée entre 2.000 et 2.500 canidés. Elle est régulée comme en France par un quota de tirs défini chaque année au printemps (généralement de 10 à 20%). Pour leur passer...

Loup en Europe

2. Améliorer le travail des chiens de protection

La plupart des éleveurs ont pris des “patous”. C’est, de l’avis des spécialistes, “le meilleur outil de protection." Mais les Montagnes des Pyrénées ne semblent pas être suffisamment efficaces pour éloigner durablement le loup. Pas assez agressifs. “Ils font un travail exceptionnel, note Walter Depétris, DDTM des Alpes-Maritimes, mais le loup revient. Il existe une cinquantaire de races de chiens de protection, il faut donc affiner.”

Jean-Marc Landry, chercheur Suisse_ dont les travaux sont (légèrement) subventionnés par la DDTM du Var (mettre le lien vers papier), une association hélvète de chiens de protection, et soutenus par le parc du Mercantour_travaille sur cette question depuis plusieurs années.

“Des essais sont menés en Suisse et en France avec d’autres races comme les bergers d’Anatolie, explique-t-il. Car, pour dissuader le loup d’attaquer les troupeaux, il doit intégrer qu’il y a un risque trop élevé à le faire.”

Une fois les “bons chiens” sélectionnés, encore faut-il que les éleveurs et bergers sachent les utiliser. L’Etat a pris la mesure de cette difficulté et entend amplifier cette année l’accompagnement et la formation des éleveurs et des bergers.

“C’est compliqué à gérer pour eux: ils doivent faire face à une meute de loups avec une meute de chiens, observe Jean-Marc Landry. J’ai rencontré des bergers qui m’ont confié: on est pas des éleveurs de chiens. Le savoir-faire doit être réappris.”

"Jean-Marc Landry, éthologue suisse, spécialiste des chiens de protection et des loups travaille sur le terrain, avec les éleveurs et les bergers, pour aboutir à des solutions concrètes.

"Son nom: Jean-Marc Landry.

"Sa mission: arriver à faire cohabiter éleveurs et loups....."

Dans les faits, Landry est à la recherche permanente d'idées lui permettant de soutirer quelques subventions publiques. C'est avant tout un commerçant (ils dispose d'une société en Suisse) qui vend des prestations de service avec plusieurs partenaires tels que des associations elles-mêmes subventionnées avec de l'argent public et des éleveurs de chiens de protection notamment des "berger des Pyrénées" qui sont assez loin d'être efficace avec le loup.

3. Installer des barrières hautes, électrifiées et plantées de façon circulaire

Les bergers et éleveurs azuréens nous ont raconté comment le loup en tournant autour des barrières effraie leurs bêtes. Elles emportent alors les filets de protection électrifiés. “ça ne sert à rien d’en mettre des plus hauts, les brebis m’arrachent tout quand elles paniquent”, a expliqué un berger de Pierlas.

Dans la Région de Cunéo, en Italie, Arianna Menzano, vétérinaire en charge du projet Life wolf Alps a détaillé comment se prémunir contre ce problème: "la solution c’est de faire des clôtures les plus rondes possibles, pour éviter l’accumulation de brebis dans les angles, qui créent des points de fragilité. De faire un double-enclos, et, de laisser un maximum d’espace aux bêtes à l’intérieur."

Des consignes suivies à la lettre par Maurizio Mauro qui plante en estive des barrières électrifiées d’1,50m. “Pour éviter que le loup saute par dessus”.

- Observations

Circulaires ou non, si le loup décide de passer, il passera. Imaginons un seul instant des clôtures dans les estives, souvent caillouteuses, de 3m de haut, enterrées du 20 cm, pour y concentrer des moutons qu'il faudrait nourrir comme dans un élevage industriel. Pas trés sérieux....

Sur le plan environnemental, une telle situation est désastreuse. Piétinement et détérioration des sols, concentration d'azote, et.... tout ce qu'il ne faut pas faire.

Sur certaines estives enneigées l'hiver, il faudrait tout refaire chaque année...

Des idées lancées sans réflexion et surtout sans rien connaitre de l'élevage et de la montagne sans parler de l'interaction du pastoralisme sur la biodiversité.

Des idées d'amateurs....

4. Effaroucheurs lumineux, sonores: varier les dispositifs

Turbo fladries, fox lights, canons tonnfort, ces dispositifs d’effarouchement visuels ou sonores fonctionnent… un certain temps. C’est la limite de ces dispositifs. Car le loup s’habitue. “Le prédateur a peur de ce qui est nouveau, confirme l’éthologue Jean-Marc Landry. Donc, si ce “nouveau” n’apporte pas de danger, les loups vont l’intégrer dans leur environnement.” Alors comment faire pour que ces dispositifs continuent d’être dissuasifs? “Il faut les déplacer tous les 10 jours environ.”

Eric Vissouze, technicien dans les Alpes-de-haute-Provence suggère aussi d'alterner, et de préférer l'effarouchement sonore par brouillard.

Un collier “répulsif” est en cours de développement. Jean-Marc Landry et sa petite équipe travaillent sur cette solution.
Un développement pour l’instant nimbé de secret…

- Cet éleveur des Alpes-de-Haute-Provence a trouvé un système ingénieux pour éloigner le loup de ses bêtes

Après une nuit noire qui a coûté la vie à 54 bêtes, Jérôme Béridon a mis en place cet été des effaroucheurs lumineux pour protéger son troupeau. Le dispositif a fonctionné. Rencontre au cœur des Alpes.

Une vallée étroite et sauvage en lisière du Massif des Monges. C’est à Auzet, au Nord de Digne, que Jérôme Béridon élève des brebis mérinos. En cette belle journée de décembre, elles pâturent à flanc de montagne, à l’entrée du hameau de l’Infernet. "Le petit enfer". Glacial.....

- Observations

Cet éleveur d'Auzet, dans les Alpes de Haute-Provence, (le maire d'Auzet est administrateur de Férus) est un proche de l'association pro-loup et pro-ours Férus. Nul doute qu'il soit en faveur de la cohabitation. Ce choix des journalistes est clairement orienté en faveur du loup comme ils l'ont également fait avec Maurizio Mauro en Italie.

L'utilisation de Foxlight, comme préconisé par Jérôme Béridon, n'est efficace que quelques jours. Puis le loup s'habitue et comprend qu'il ne risque rien. Cette préconisation n'est pas sérieuse mais sert une propagande écologiste pour les uns et obtenir de l'argent public pour les autres.

5. Ne pas tirer sans discernement

Les tirs léthaux... ou pas

Les tirs de “prélèvement”, c’est “l’arme fatale” mise en oeuvre par le gouvernement pour “faire baisser la prédation”. Au delà du débat entre les pro et les anti “chasse au loup”, quelle est l’efficacité de cette mesure?

“Le tir fait partie de la panoplie de protection des troupeaux, mais il doit être utilisé à bon escient. Il ne faut pas tirer n’importe lequel. Il faut intervenir sur les individus qui posent problème pour soulager le berger confronté à la pression de prédation. Il faut donc se donner les moyens d'y parvenir. En revanche, d'abattre des loups d'une manière aléatoire risque d'éliminer des individus qui n'attaquent pas les troupeaux ou de déstructurer la meute. Dans certains cas ça peut provoquer une augmentation des dommages. On a encore peu de connaissance sur l'impact des tirs aléatoires et il faut faire attention de ne pas jouer aux apprentis sorciers”, prévient Jean-Marc Landry.
Le risque:
Tuer le mâle ou la femelle Alpha. “Ce sont eux les chasseurs les plus en pointe sur la faune sauvage, explique Gérard Caratti qui a suivi de 2008 à 2012, 4 loups pour le programme prédateur-proie piloté par l’ONCFS et le parc du Mercantour. Si vous en tuez un, le risque c’est que les autres, moins aguerris aillent à la facilité, et se rabattent sur le bétail, plus facile à attraper.” Il étaie son propos par un exemple. “A Saint-Etienne de Tinée, en 2011, une louve a été braconnée, à 100 mètres environ d’un troupeau. Sans chiens et sans protection, ces bêtes n’avaient pas été attaquées de toute la saison. Or, deux jours après la mort de la femelle, huit moutons ont été tués par le loup.”

Gérard Caratti explique aussi qu’il faudrait viser les plus jeunes. Une tâche cependant très complexe: “quand ils ont 8-9 mois, c’est presque impossible de loin de les distinguer des adultes.”

L’éthologue Jean-Marc Landry évoque la piste de tirs non létaux. “Quand il est mort, le loup n’apprend rien aux autres. Alors que s’il est atteint,et qu'il ressent une forte douleur, il associera le troupeau à un danger, quand il fuira devant du bétail, les autres fuiront aussi. Des études préliminaires américaines montrent que celà peut fonctionner.”

- Observations

Les associations écologistes ne voudraient aucun tir et crient au scandale et au crime quant aux autorisations de tir. Pour prés de 10 000 victimes d'animaux d'élevage déclarés par an, il n'y a que 36 autorisations de tirs de loups. La proportion est totalement inégale.

Il semble que dans les secteurs où le loup a été totalement éliminé, le calme soit revenu. plus de prédation et vie pastorale se faisant dans la tranquillité pour les bêtes qui ne sont plus stressées.

Cherchez l'erreur autant que l'équation de solution.....

6. Réguler les loups à la naissance

Gérard Caratti suggère de “prélever les louveteaux à la tannière”. “Dans les zones où la prédation est la plus problématique sur les troupeaux, plutôt que de tirer sur les mauvais loups et risquer d’augmenter les attaques, mieux vaut intervenir à la naissance. Et prélever une portée de loups. Car c’est pour nourrir les louveteaux, que le mâle alpha chasse”.

Comment localiser les tanières? “Il faut marquer un loup, dans chacune des meutes. La technique de capture, nous l’avons. Il suffit de la mettre en oeuvre dans les endroits à problèmes. On pourrait faire le test sur 2-3 meutes, puis faire une évaluation des résultats à la fin de l’été.”

- Observation

Réguler n'a aucun intérêt. Il suffit d'un seul loup pour qu'il fasse de nombreux dégats. Par contre, plus de loups, plus de dégâts. C'était l'option prise par les anciens.

7. Organiser un “Grenelle du loup et de l’environnement”

Pour avancer sur la “cohabitation Homme-Loup, il faut parvenir à sortir de l’irrationnel qui domine chez les pro comme chez les anti loups”, estime Gérard Caratti. Et définir des “choix politiques clairs”, renchérit Geneviève Carbone, éthologue et ethnozoologue.

“Officiellement le dossier du loup est très encadré, mais en fait, les préfets subissent le pouvoir périphérique: des élus locaux qui ont le bras long, des représentants des fédérations de chasse... dénonce Farid Benhammou. Soumis à des groupes de pression, on n’arrive pas, au plus haut niveau de l’Etat, à appliquer des solutions raisonnables.” Et le géographe de souligner, “cette dimension politique et géo-politique est très importante (lien vers les travaux de Farid Benahmmou). La gestion de la faune et de l’environnement ne peut pas être laissée aux seules mains des techniciens.”

Avec Julien Andrieu, bio-géographe à l’université de Nice Sophia Antipolis, ces universitaires pointent du doigt l’urgence de "travailler ensemble. En réunissant une équipe pluri-disciplinaire: techniciens biologistes, pastoralistes, psychologues, géographes, mathématiciens...”

Mais, avant de démarrer, estiment-ils, il faut un cap. Pour le définir ils suggèrent l’ouverture d’un “Grenelle du Loup et de l’Environnement."

- Observations

Encore des universitaires qui parlents sans rien savoir pour ne rien dire. Praés de 25 ans de dialogue, discussion, essais, expérimentations, etc.... sans aucun résultat sérieux, bien au contraire, puisque la prédation augmente d'année en année. Qu'ils s'bastiennent de parler pour éviter des embrouilles supplémentaires.

Quant à Geneviève Carbone qui n'a pas tout dit au cours de son audition devant la commission parlementaire de 2003, on ne peut pas lui faire plus confiance qu'à un loup au milieu des brebis.

Nous voyons bien ici que l'auteur n'est manifestement pas bien informée. Ou bien, oriente-t-elle son article dans lse sens de Férus sans aucune réflexion personnelle. Le drame de ces journalistes militants ou incompétents, c'est qu'ils font l'opinion public.

- Auteur

Sophie Casals
Source:
Nice-Matin du 8 février 2016