Le bilan loup par le député des Alpes-Maritimes Charles-Ange Ginésy

 

 

Le 25 juin 2014, le député UMP des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy, avait posé une question orale à la Ministre de l’écologie. Il avait reçu une réponse convenue politiquement correct sans grand intérêt pour des éleveurs confrontés au quotidien aux grands carnivores. Les syndicats agricoles, toutes tendances confondues, ont pris des positions fermes et dures allant jusqu’à appeler à la révolte comme Christian Fourcade, Président de la FDSEA des Hautes-Pyrénées lors de la manifestation de Foix en Ariège. Le député UMP de Lozère, Pierre Morel à l’Huissier, a déposé un recours auprès de la "commission des pétitions" au Parlement européen et le médiateur de la République. Pendant ce temps, nous avons une ministre qui cherche à rassurer les éleveurs en passant son temps à inaugurer les chrysanthèmes.


Les éleveurs ont-ils besoin d’être rassurés ? Non ! Ils ont besoin d’actes concrets sérieux autres que des arrêtés d’opérette pour se donner bonne conscience.

Pour Charles-Ange Ginésy, « le constat est alarmant ! » Et il pose cette question : « Devons-nous rester sans agir ? » Pour ce député au cœur du problème, aux portes du Parc National du Mercantour, principal responsable de cette catastrophe écologique, sociale, économique et humaine, «les éleveurs sont de plus en plus victimes de ce prédateur, ils sont à bout de nerfs. Ce sont eux qui sont menacés de disparition, c'est pourquoi l'Etat doit les protéger ». Le plus extraordinaire c’est que cette protection est inscrite dans la loi, article L 113-1 du Code rural alinéa 8 et personne n’y fait référence. Surtout pas les services de l’Etat qui se comportent, le plus souvent, comme dans une véritable dictature. Et nous ne sommes qu’au début des surprises.

Charles-Ange Ginésy poursuit : « Je demande à Ségolène Royal, Ministre de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie de bien vouloir prendre des mesures rapides sur l'exécution du plan loup et sur l'autorisation des prélèvements par les chasseurs ». Les arrêtés de tirs ont été pris avec un laxisme pour ne pas dire une désinvolture impressionnante. Alors que la logique aurait voulu qu’il soit mis en œuvre dès la montée en estive en Avril / Mai, ils n’ont été signés que le 30 juin. Quant à l’arrêté autorisant les chasseurs à intervenir, il est encore à la consultation. Ce qui veut dire qu’aucune mesure concrète sérieuse ne sera prise avant début août. On voudrait gagner du temps pour laisser se développer les meutes en laissant les bergers sans défense, on ne ferait pas mieux.

La problématique des Parcs Nationaux

Et puis il y a cette aberration irresponsable qui interdit toute défense par arme aux bergers qui estivent au cœur du Parc National du Mercantour et les autres (Vanoise, Ecrins, Pyrénées). Les bergers ne peuvent qu’observer les loups manger leurs bêtes sans rien dire et sans rien faire. Qui d’autre, en France et dans le monde, accepterait de laisser détruire son outil de travail sans réagir ?

Des chiffres officiels contestables

Les chiffres présentés par le député Charles-Ange Ginésy sont les chiffres officiels qui ressortent des documents de l’ONCFS et de la DREAL Rhône-Alpes. La méthode employée fait abstraction des attaques sur des bêtes non indemnisables. C’est le cas sur des troupeaux de moins de 50 bêtes appartenant à des retraités ou particuliers pour entretenir des terrains (avec parfois que 2 ou 3 individus dans une propriété), des animaux de loisir comme les chevaux détenus par des particuliers, des chiens, etc…. Nous pouvions également noter que les dites statistiques officielles nous montrent une progression inquiétante des dossiers non indemnisés…. Pourquoi ne retenir en attaque que ce qui est indemnisé et non toutes les attaques observées. Par ailleurs, pour alimenter les modèles de calcul du nombre de loups présents, il n’est retenu que les attaques indemnisées, ce qui a pour effet de fausser les résultats et de réduire le nombre de loups. Et nous ne parlons pas des attaques jamais déclarées par des propriétaires qui se savent non éligibles à l’indemnisation comme c’est le cas pour les vautours.

Le bilan présenté par le député est un bilan à minima qui reste néanmoins significatif. Mais pour être complet, beaucoup d’autres données devraient être incluses. L’administration pro-écologiste n’y a pas intérêt.

 

Il est évident qu’il faudra agir rapidement si la Ministre ne veut pas voir se développer une révolte violente.

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