Les loups présents en France seraient d'origine italienne

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Les loups dans la nature en France seraient d’origine italienne. Selon les personnes auditionnées par la commission parlementaire, ils ne peuvent pas provenir d’élevages qui n’auraient que des loups "de souche polonaise, soit nord -américaine, soit, plus récemment, mongole". Mais disposons-nous des bonnes références?

- Questionnements

Comment peut-on l’affirmer lorsque plus haut, dans le rapport, est posé le problème des loups captifs desquels il est écrit: "Il est impératif que tous les loups en captivité soient clairement répertoriés et contrôlés par l'administration". Rien ne permet d’affirmer qu’il n’existe que des loups de souche non italienne dans les élevages. De la même manière, comme le loup de Fontan, rien ne permet d’affirmer qu’il n’existe que des loups d’origine sauvage dans la nature.

Si, avec 12 ans de recul par rapport à 2002, nous reprenons l’ensemble des observations, nous pouvons affirmer qu’avant 1992 il existait des loups en liberté depuis de nombreuses années sans connaître un développement important avec des prédations souvent attribuées aux chiens pour simplifier la situation d’autant qu’il n’existait aucun système d’indemnisation des dégâts des loups. (Cf. "Le loup en France au vingtième siècle: recherches bibliographiques" de Jacques Baillon)

En 1992, à l'expertise du loup tué à Aspres, le Muséum de Grenoble ne faisait pas de distinction d'origine. Les conclusions indiquent: "Provenance: Europe". D'où viennent précisément les loups?
L'interrogation est permise.

Le développement important de la présence du loup ne se fait sentir qu’à partir de 1992 au point que la commission parlementaire doute du nombre de loups annoncé par l’administration en écrivant: "Ces chiffres confirment le sentiment que la commission s'est forgé au cours de ses déplacements, que la présence de loups est bien plus importante qu'annoncée officiellement".

Comment, subitement, en 10 ans, les loups ont-ils pu proliférer et devenir inquiétants pour l’élevage alors qu’il n’en a rien été au cours des 20 années précédentes?
De la même manière, nous pouvons nous interroger sur:

  • L’absence d’observations de loups en Italie dans un « trou » entre les Apennins et le Mercantour
  • L’absence de références aux loups antérieurs à 1992 par les personnes auditionnées
  • L’absence d’observations de loups entre le Mercantour et les Pyrénées-Orientales en 1999
  • La non-prolifération du loup ibérique vers le nord (notamment en Catalogne) alors qu’on nous fait croire que le loup italien colonise la Catalogne.

Face à une telle situation, nous pouvons également nous interroger sur la «surprise» affichée par la version officielle du retour du loup en France tout comme nous nous interrogeons sur l’absence d’analyse de toutes les observations faites dans le Var avant 1992 en présence de Geneviève Carbone alors doctorante au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, devenue, par la suite, au début de 1993, la référente du suivi du loup au Parc National du Mercantour.

La version officielle du retour du loup pourrait bien n’être qu’une version médiatique avec d’autres finalités moins visibles, plus idéologique s’environnementale et manipulée, à cette époque, depuis la Direction de la Nature et des Paysages du Ministère de l’environnement devenu "Ecologie et développement durable".

Louis Dollo

- Les loups présents en France sont d'origine italienne

"Le professeur Taberlet s'est ainsi exprimé devant la commission: « Je commencerai par l'identification de l'espèce et de la lignée. C'est le travail que nous avons réalisé au niveau historique. Nous avons utilisé des poils et des matières fécales comme source d'ADN. Nous avons séquencé ce que l'on appelle la « région de contrôle » de cet ADN mitochondrial - soit une région de trois ou quatre cents paires de base environ, qui est relativement variable - et, information très intéressante, nous avons trouvé à cette époque, en même temps qu'Ettore Randi en Italie, que la lignée italienne de loups possède une séquence mitochondriale qui est tout à fait unique au niveau mondial. C'est extrêmement intéressant car cela veut dire que, par la suite, on a pu caractériser cette lignée italienne.»

"Que peut-on conclure sur l'identification de l'espèce et de la lignée à partir de l'ADN mitochondrial?

"Premièrement, il est parfaitement possible de discerner le chien du loup en France, quand il s'agit de la lignée italienne, à partir d'indices collectés sur le terrain.
Deuxièmement, la lignée italienne est identifiable de manière certaine. Reste toujours le problème des hybrides potentiels: Il faut signaler que l'ADN mitochondrial pose un problème car comme il n'est transmis que par les femelles, si l'on a un croisement entre une louve et un chien, l'hybride sera identifié comme étant un loup, dès lors que sa mère est un loup. C'est une des limites de la méthode.

"Ainsi, l'analyse génétique des loups présents sur le territoire français confirme leur origine italienne, du moins, plus précisément, de ceux dont on a retrouvé des poils ou des excréments. Pour autant, elle ne nous dit pas comment ces loups sont arrivés jusqu'en France. Cela suppose simplement que s'il y a eu lâché de loup, ceux-ci auront dû être pris en Italie puis transportés en France. En effet, tous les loups captifs en France sont soit de souche polonaise, soit nord -américaine, soit, plus récemment, mongole.
Une telle opération est-elle possible?

Selon M. Luigi Boitani, « il n'existe que trois centres dans lesquels le loup est élevé en captivité: le parc national de la Maiella, le parc national de la Sila en Calabre et le Parc du Mont Amiata en Toscane. Ensuite, il y a un loup, un seul individu, gardé par l'université de Pérouse. Ces loups sont sous le contrôle d'un organisme public, le Corpo forestale delle stato, un corps de gardes forestiers. A part celui-ci, il n'existe aucun autre endroit en Italie où le loup italien soit captif. Tous les autres loups qui vivent dans les jardins zoologiques ou dans d'autres parcs en Italie sont des loups non italiens, provenant de Yougoslavie, de Russie ou d'autres pays. Or aucun des centres que j'ai cités n'a jamais laissé libre un loup. »

"Reste l'hypothèse d'une capture de plusieurs loups sauvages et de leur transport, puis de leur lâcher en France. Cette hypothèse n'est pas à exclure, même si l'on sait qu'il est très difficile de capturer un loup sauvage et qu'un loup « imprégné » par l'homme, est beaucoup moins adapté à la vie sauvage.

Source: Extrait du rapport de la "Commission d'enquête sur les conditions de la présence du loup en France et l'exercice du pastoralisme dans les zones de montagne" - 2003 - Le rapport complet